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Le Troisième Gédéon – Tome 1

Le Troisième Gédéon – Tome 1 Éditeur : Glénat
Titre original : Dai-3 no Gideon
Dessin : Taro NOGIZAKA
Scénario : Taro NOGIZAKA
Traduction : Yohan LECLERC
Prix : 7.6 €
Nombre de pages : 208
Date de parution : 08/03/2017

À la veille de la Révolution, Gédéon rêve de représenter le Tiers-État aux états généraux pour sauver la France de la misère. Georges, duc de Loire, n’aspire quant à lui qu’à détruire l’ordre établi. Quel avenir la rencontre de ces deux hommes apportera-t-elle à la France ?

Après un départ prometteur pour la série Le Couvent des damnées de Minoru TAKEYOSHI, dont le deuxième tome vient d’ailleurs de sortir en France, les éditions Glénat reviennent sur le terrain du manga historique avec Le Troisième Gédéon, le nouveau titre de Taro NOGIZAKA (publié au Japon par Shôgakukan), un auteur que l’éditeur semble affectionner puisqu’il s’était déjà chargé de la publication français de ses titres précédents, Team Medical Dragon (série terminée en 25 tomes) et La Tour Fantôme (manga terminé en 9 tomes).

À la veille de la Révolution de 1789, la France est en crise : la noblesse et le Clergé se partagent l’argent et le pouvoir alors que le peuple crie famine et croule sous les impôts et la pauvreté.
Gédéon Aymé écrit clandestinement des romans érotiques pour tenter de subvenir à ses besoins, ainsi qu’à ceux de sa fille Solange. Membre du parti patriote qui lutte pour l’abolition des privilèges, il aspire à devenir député du tiers état (corps représentant les “roturiers”) à l’assemblée des États généraux pour tenter d’améliorer la condition du peuple et donner ainsi de meilleures perspectives d’avenir à sa fille.

Un jour qu’il se trouve chez son éditeur, tous deux sont victimes d’une arrestation arbitraire de la part du seigneur du domaine, le marquis Arnauld, qui souhaite contraindre Gédéon à mettre ses talents d’orateur à son service.
Solange, la fille de Gédéon, est prise en otage et sur le point d’être pendue lorsqu’elle est sauvée in extremis par un cavalier masqué. Celui-ci se présente comme Georges sixième du nom, duc de Loire, et Gédéon reconnaît en lui l’ami d’enfance dont le père l’avait recueilli et élevé, lui évitant ainsi de finir tué par ses propres parents qui n’avaient pas les moyens d’élever un enfant.

Après avoir neutralisé le marquis Arnauld d’une façon particulièrement cruelle, Georges fait part à Gédéon de sa volonté de se joindre à son combat, mais ce dernier éprouve du mal à reconnaître dans cet homme violent l’enfant bon et généreux qu’il a connu autrefois.

Taro NOGIZAKA nous propose ici un duo (qui vire parfois au duel) intéressant entre des personnages que tout semble opposer. Gédéon, d’origine roturière, est un homme plutôt intègre, insolent et intrépide, épris de justice mais opposé à toute forme de violence : il s’est juré de ne plus se battre qu’avec les mots. C’est notamment à travers lui que l’auteur peut se permettre quelques traits d’humour assez rares dans ce cadre globalement sombre.

Georges, en revanche, est un personnage intrigant, difficile à cerner. Combattant rapide et efficace, il n’hésite pas à se faire justice lui-même sans le moindre état d’âme pour les criminels. Il semble animé d’un désir de vengeance qui le prive de tout sentiment et voue une haine particulière aux membres de la noblesse, dont il fait pourtant partie. Il est probablement l’élément qui pique le plus la curiosité du lecteur.

Les personnages évoluent dans un contexte pré-révolutionnaire évoqué sous diverses formes dans ce tome 1 : nobles despotiques, prêtres pédophiles, torture, censure, famine, pauvreté… autant de raisons qui rendent légitime le sentiment de révolte chez le peuple, ambiance que l’auteur exploite habilement pour poser les bases de l’intrigue.
Il y introduit également des personnages historiques, comme Maximilien de Robespierre, avocat de renom et partisan de l’abolition de la peine de mort (ce qui est assez ironique quand on sait le rôle qu’il jouera pendant la Révolution) ainsi que Louis Antoine Saint-Just, présenté ici comme un acolyte de Georges.

Le scénario est soigné et propose un bon équilibre entre les dialogues et les scènes d’action. Les concepts propres à l’époque sont bien expliqués, ce qui rend la lecture accessible même à ceux qui n’ont pas de connaissances approfondies du sujet.
Le dessin, quant à lui, est parfois un peu inégal, alternant des gros plans travaillés avec des plus petits dessins un peu brouillons, et donne l’impression que Taro NOGIZAKA hésite encore par rapport à l’apparence précise qu’il souhaiterait donner à certains de ses personnages.

Le niveau reste toutefois très agréable dans l’ensemble et parvient à nous offrir quelques beaux portraits : l’auteur semble d’ailleurs prendre un plaisir particulier à dessiner le visage tantôt masqué, tantôt balafré de Georges, dont les traits fins et l’aspect androgyne reflètent la noblesse que lui confère son titre de duc de Loire.
La mise en page favorise une lecture fluide, et le découpage en cases de tailles variées permet de jouer avec les plans en fonction des besoins du scénario.

Du côté de l’édition, Glénat a apparemment opté pour la sobriété : la qualité est bonne (malgré des pages assez fines) et la traduction efficace, mais ce titre aurait peut-être mérité d’être agrémenté d’une petite page en couleur…
Notons que la sortie du tome 2 est programmée pour le 7 juin prochain.

Liaisons dangereuses

Graphisme - 67%
Histoire - 72%
Mise en scène - 65%
Originalité - 69%
Edition - 60%
Dans son genre - 70%

67%

1788

Ce nouveau titre de Taro NOGIZAKA est une belle surprise. Ce premier tome pose bien le contexte et nous présente des personnages qui piquent la curiosité. Le dessin est agréable dans l'ensemble, le scénario offre un bon équilibre entre action et dialogues, et les concepts propres à l'époque sont bien expliqués, ce qui rend la série accessible. Au final, on retrouve donc un bon manga qui devrait plaire aux amateurs du genre historique.




A propos de Neko

J'ai des goûts très éclectiques, avec une préférence pour les trucs de garçons, parce que je suis une fille... Et sinon, j'aime les chats.

Un commentaire

  1. Un petit rappel : Au summum de la crise, lors des batailles les exécutions anarchiques étaient légions d’autant plus dans lors des batailles difficiles. De ce fait, la création des tribunaux révolutionnaires étaient là pour limiter les exécutions anarchiques et aussi les exactions. Les tribunaux révolutionnaires permettent de remettre du droit dans cette période en plein chaos social et politique. Dans cette période de Fury ou totalement incontrôlable, c’est bien sûr à double tranchant d’autant plus pour les révolutionnaires respectueux des droits dont fait parti Maximilien Robespierre. Donc, il n’y a rien de paradoxal dans le fait d’être abolitionniste avant la révolution et de soutenir la révolution avec ses débordements et ses guerres civiles en contradiction avec les valeurs révolutionnaires. Même Sanson le bourreau de la révolution dont l’histoire est romancée dans le manga innocence était pour l’abolition de la peine de mort.

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