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©ONE・村田雄介/集英社・ヒーロー協会本部
©ONE・村田雄介/集英社・ヒーロー協会本部

Un poing et puis c’est tout !

Depuis que l’on savait que les droits étaient, enfin, ouverts, c’est avec une certaine fébrilité que l’on attendait l’annonce de l’éditeur français choisit pour éditer le (futur) hit One-Punch Man.

On le sait depuis quelques jours, c’est, donc, Kurokawa qui a décroché la timbale, coupant l’herbe sous le pied de nombre de ses concurrents qui s’étaient, aussi, positionnés sur ce blockbuster annoncé. Le label d’Univers Poche aura, donc, grillé la politesse à un géant comme Glénat, qui peine à renouveler son catalogue ces dernières années, ou à Kazé Manga, pourtant filiale de l’éditeur japonais, mais dont les parts de marché n’avancent plus depuis un bon moment.

Cela faisait un certain temps que des titres de Shueisha n’avaient plus autant suscité l’intérêt auprès des éditeurs occidentaux. Alors la mise sur le marché des droits de My Hero Academia (Boku no Hero Academia) et de OPM a fait perdre le sommeil à plus d’un responsable éditorial.

D’autant que l’auteur original de One-Punch Man, l’énigmatique ONE, refusait obstinément des éditions papier étrangères de son manga. Fait troublant, la mise sur le marché des droits du manga à coïncidé avec la production de l’adaptation animée par Madhouse

On se rappellera l’euphorie du CM de Glénat Manga à l’annonce de l’ouverture à la négociation.

glenat_twitter_opm

La proposition de Kurokawa, dont certains font état, pour obtenir ce manga que tout le monde s’arrachait, est tout bonnement exponentielle, particulièrement vis à vis de la situation du marché aujourd’hui. Preuve supplémentaire que les éditeurs français croient en ce manga, et qu’ils ont tous besoin d’une nouvelle locomotive.

Il faudra toute l’énergie dont l’éditeur est capable pour maximiser le potentiel d’OPM. On risque d’en entendre BEAUCOUP parler ces prochains mois !
Car l’annonce a été anticipée, d’abord pour profiter de la diffusion de l’animé, ensuite pour générer un certain buzz. Le tome un ne paraissant qu’en janvier 2016, planning du distributeur Interforum oblige, il faudra savamment entretenir l’attente pendant ces quelques 90 jours…

Shueisha, en confiant sa pépite à Kurokawa, à envoyé un message fort au marché français : il n’y a plus « d’éditeurs historiques » qui tiennent, ou de filiale qui aura le premier choix, les mangas iront aux éditeurs qui leur semblent les plus à même de les défendre.

Le temps où Glénat, Kana, puis Kazé, étaient privilégiés semble révolu. Il aura suffit d’un seul bon gros coup de poing dans la fourmilière pour changer un certain statu quo.

On a hâte de voir l’accueil que réservera le public français à ce manga !

One-Punch-Man-Kurokawa-2

A propos de Kubo

Kubo
Enfant de la « génération Club Dorothée », c'est un gros lecteur de mangas shônen, particulièrement ceux issus du Weekly Shônen Jump et des publications Shueisha en général, mais l’âge aidant ses lectures s’orientent de plus en plus vers les seinen.

14 commentaires

  1. intéressant, je n’avais pas vu ça comme ça mais en effet le fait que Kazé n’avait pas la primeur m’avait surpris. ça doit pas être la fête chez eu de savoir qu’il n’ont pas (autant) l’appui de leur maison mère

    • Kubo

      Si les droits avaient été ouverts en 2013 ou 2014, le choix aurait peut-être été différent pour Kazé. Mais, honnêtement, leurs chiffres ces derniers temps sont plutôt décevants. Leur maison-mère doit craindre qu’ils soient incapables d’exploiter pleinement une telle licence, particulièrement vu l’intérêt unanime des concurrents pour le titre.

  2. Etant donné le ton de l’édito et les informations qu’y sont donnés doit on également s’attendre à une surprise quand à l’attribution de My Hero Academia étant donné que les historiques ne comptent plus ou alors passent en second plan dans les attributions ?

    • Kubo

      L’argumentaire se base essentiellement vis à vis d’OPM. Je ne peux rien dire quant à MHA, qui ne sera, sans doute, pas annoncé avant début 2016. D’ailleurs je n’ai peut-être aucune info dessus, je n’en dis rien, je laisse planer le doute dans mon édito.

      Mais clairement, le choix de Shueisha pour OPM à démontré que la toute puissance des « historiques » était révolue, et qu’on peut, désormais, s’attendre à tout 😉

      • Je comprends ton point de vue rassure toi . Le paysage éditorial en ressort vraiment chambouler par cette annonce et ce n’est pas plus mal. Kurokawa est de loin mon éditeur favori. Surtout qu’on peut s’attendre à ce qu’ils sortent la nouvelle série d’Atsushi Ohkubo qui vient de débuter. En tout cas les mois à venir promettent d’être enthousiasment avec les changements de direction éditorial qui s annonce chez Kazé Pika et peut être glénat comme tu en parlais sur ton précédent édito.

        • Kubo

          On entendait beaucoup de chose avant l’attribution, et ce choix montre un vrai changement dans la politique française de Shueisha.

          2016 devrait être une année passionnante !

  3.  » l’énigmatique ONE, refusait obstinément des éditions papier étrangères de son manga. » La raison est que…!?? Kubo !

  4. Bon et bien depuis le temps qu’on parle de cette série, il ne reste plus qu’a lui donner sa chance, j’espère que ça vaut le coup !

  5. Comment peut on s’affoler sur des mangas (OPM et machin héros) dont on ne connait en théorie pas le potentiel en France et en théorie inconnu en France?

    Autant OPM j’ai connu car on en parle depuis un moment sur internet mais Machin héros c’est quoi? J’ai du tapper sur google pour voir (et lire…) de quoi il en retournait.

    Car y a beaucoup de manga au Japon qui cartonne et pourtant pas licencié et ne « buzz » pas. Donc pourquoi cela qui cartonne aussi (j’ai vu les chiffres de ventes) on se jette dessus et on en parle comme de messie.

    Qu’est ce qui fait la différence dans vos articles, discussions pour qu’un manga qui marche bien/cartonne au Japon passe de la case: « On s’en fou on en parle pas » a « ca Buzz,on attend juste qu’un éditeur français récupère les droit »

    merci d’avance.

    • Kubo

      Comme le signifiait Dominique VERET dans le portrait qui lui était consacré, les éditeurs français se basent sur la « hype » japonaise pour faire leurs choix, en sus de leur ressenti à la lecture du titre. C’est d’ailleurs toute la qualité d’un directeur éditorial : sentir ce qui va fonctionner chez nous.

      De plus OPM, comme MHA, sont des titres Shueisha, premier éditeur de manga du Japon, et, à ce titre, les œuvres qui viennent de ses magazines leaders sont encore plus scrutés que les autres. Les 2 leaders de notre secteur sont des titres Shueisha.

      Dans les faits, le vrai « buzz », aujourd’hui, c’est One-Punch Man. Vu comme il y a eu bataille, et comment les éditeurs en parlaient depuis 2 ans, il n’y a pas photo.
      En France on en parlait un peu, mais au Japon c’est vraiment un titre phénomène qui a attiré beaucoup de boites pour la production d’un animé.

      My Hero Academia était, aussi, très demandé et semble avoir un potentiel tout à fait particulier, d’autant qu’il devrait être soutenu, d’ici quelques temps, par une adaptation animée qui lui donnera de la visibilité.

      De notre côté, nous sommes attentifs à ce qui fait réagir les éditeurs, les titres sur lesquels ils misent beaucoup. C’est logique, nous sommes dans notre rôle quand nous le faisons. N’étant pas, nous même, des éditeurs, nous nous basons sur les actions et les choix des éditeurs, car c’est eux qui font le marché.
      Ça ne signifie pas qu’ils ne se trompent pas, mais ça reste une démarche logique.

      • Ok merci pour MHA (plus rapide)

        Au sujet de One Punch Man comment on peut expliquer cette hype énorme, editeurs, médias et gens lambda. Alors qu’en théorie le manga est… inconnu chez nous.

        L’influence du scantrad (francais ou anglosaxons) a donc été si important pour que le manga soit si connu? J’ai l’impression que tous le monde connait ce manga, et l’a lu ou feuilleté alors qu’en théorie non.

        Je parles pas de l’animé vu qu’il vient juste d’etre commencé a diffusé donc en rendre pas dans l’équation (il ne va qu’asseoir cette popularité)

        • Kubo

          Je pense que la « hype » sur OPM, c’est comme pour tout, il suffit que quelques personnes en parlent, après découverte en scan ou dans le Jump US, pour que ça fasse boule de neige.
          En plus, les éditeurs français sont sur le coup depuis les tous premiers tomes japonais, et ça se sait donc ça fait parler.
          De fil en aiguille ça devient quelque chose d’attendu par nombre de lecteurs…

          Je pense que, de fait, nombreux sont ceux qui sont allé voir des scans pour se faire une idée après en avoir entendu parler (j’en connais pas mal :p).
          C’est de « bonne guerre » dans l’absolu, vu qu’en fin d’année dernière il n’était toujours pas question d’une édition papier étrangère 😉

  6. J’ai découvert il y a qq jours vos podcasts et les ai dévorés. C’est super intéressant, notamment les différentes ITWs et dossiers (un GROS merci pour votre boulot !).

    Et à la lecture de cet article je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a un réel décalage entre la vision des éditeurs et la réalité du marché vis-à-vis du scantrad. Concrêtement, la hype de OPM est principalement expliqué par sa trad unofficiel, pareil pour MHA qui cartonne et est propulsé dans les top des manga scantradé depuis plus d’un an maintenant.

    Or j’ai eu l’impression lors de plusieurs interviews que certains editeurs semblaient complètement déconnecté de cette réalité, dénigrant presque les lecteurs de scantrad (qui leur ont offert une com’ sur OPM faut pas se mentir et qui achètent bien plus que la moyenne), prétextant que ce n’était en rien un indicateur pour choisir ou même s’intéresser à des séries. Et même côté technique, on n’a pas l’impression qu’un seul croit vraiment au trad par ordi, on nous propose propose du 6€/mangas scanné (WHAT??) ou quelques euros pour un chapitres (WHA-WHAT??) quand on a un catalogue BD de ouf à 10€/mois.
    J’aurais bien aimé avoir votre ressenti là dessus, vous qui discutez de vive voix avec eux, est-ce que c’est plus une communication officielle voulue par les corp où certains acteurs se la jouent vraiment encore vieux jeu et ronchon à ce niveau là ? Franchement en écoutant certains intervenant et en tant que lecteur de scantrad ça me donne plus envie de les boycotter vu ce qu’ils ont l’air de penser de « nous », et pourtant mes achats mangas se comptent en centaines.
    Et l’argument du « c’est compliqué parce que les droits sont éparpillés » est crédible, mais y’a un moment ça fait 10 ans qu’on en lit sur l’ordi des scantrad, ils peuvent pas s’accorder sur un système de rétribution ? Tester des trucs ? Crunchy, Spotify, Netflix etc… ça leur donne pas des idées ?

    En tout cas continuez votre boulot c’est super !

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