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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

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Festival Angoulême BD

[Éditorial] Le naufrage de la « maison Angoulême »

Ce 43ème Festival international de la BD d’Angoulême avait bien mal commencé avec une première polémique sur l’absence totale de femme dans la sélection pour le Grand Prix 2016.
Polémique qui a tellement enflé que la majorité des auteurs sélectionnés ont annoncé ne pas vouloir en faire partie, jusqu’à ce que l’organisation du festival décide de retirer toute liste pour laisser les votants (les auteurs de BD inscrits par leurs maisons d’édition) choisir les artistes qu’ils souhaitaient.

Si cette première affaire avait déjà largement écorné l’image d’un festival pas au mieux de sa forme, la cérémonie des Fauves a viré au naufrage total.
Les Fauves sont les prix remis par la “profession” aux bandes-dessinées de tout horizon parues chez nous et qui font office de référence pour les éditeurs. Un semblant de “prix Goncourt” de la BD.

Le 30 janvier au soir, lors de la cérémonie de remise des prix, grand bonheur pour les éditions Komikku qui se voyaient remettre le Fauve du Polar pour Inspecteur Kurokôchi. Une belle récompense pour ce petit éditeur. Sauf que non… Comme le reste du palmarès jusqu’alors révélé, tout cela n’était que de « l’humour », une fausse remise des prix, des « Faux Fauves »
Plusieurs éditeurs (et auteurs) se sont ainsi vu, un court instant, détenteurs de la plus importante récompense de la profession avant qu’on ne leur annonce que non tout cela était bidon et que les « vrais » gagnants allaient être annoncés…

Twitter_Souigbi_FauxFauves

Selon le festival, cité par Libération, l’idée viendrait du présentateur Richard GAITET (qui officie sur Radio Nova), et le représentant de l’instance de signifier que « tout était très exagéré et clairement de l’humour ». Allez dire ça à ceux qui ont réellement cru gagner un prix, et allez tester leur “humour” sur la question.

Twitter_Cornelius_FauxFauves

Comme le signifie l’éditeur Le Lézard Noir : « j’en serais malade, si on avait fait ça à MOCHIZUKI c’était la fin du monde », en référence à Minetarô MOCHIZUKI, mangaka invité pour présenter sa dernière œuvre Chiisakobé. En effet, l’auteur japonais aurait sans doute fortement apprécié le grand « humour » du festival et de l’animateur.
Comment peut-on franchement penser que cela va être bien reçu ? Quand bien même les artistes et les éditeurs en question auraient été prévenus (ce qui n’était vraisemblablement pas le cas), quel irrespect cela démontre…

Twitter_LezardNoir_FauxFauves

Le Festival d’Angoulême ne semble pas beaucoup tenir compte de l’expérience de ses erreurs passées. Habituée aux polémiques en tout genre, légitimes ou non, il ne semble pas que l’équipe en charge soit particulièrement attentive à la réception de ses divers choix et actions.
Déjà de plus en plus décrié par les professionnels du secteur, plus encore par les éditeurs spécialisés, le festival vient d’écorner un peu plus une image déjà peu reluisante…
On se demande franchement si les organisateurs prennent vraiment la bande-dessinée comme quelque chose de sérieux ou si tout cela n’est qu’une grosse pantalonnade…




A propos de Kubo

Kubo
Enfant de la "génération Club Dorothée", c'est un gros lecteur de mangas depuis plus de 20 ans et fan invétéré de Dragon Ball. Fondateur du podcast Mangacast, il est aussi l'un des créateurs de Manga Mag.

14 commentaires

  1. Hallucinant comment le FIBD s’est pris tout les pieds dans le tapis cette année. La cerise sur le gâteau c’est la réaction du délégué général du festival (http://www.sudouest.fr/2016/01/31/bd-a-angouleme-le-faux-palmares-fache-les-editeurs-2259643-813.php):

    « Le problème, c’est la dictature du tweet »

    A moins que ça aussi c’est de l’humour, on n’en sait plus rien.

    • Kubo

      Il n’a pas tort en un sens (sur cette phrase spécifique), Twitter est un amplificateur souvent virtuel et un nid à polémiques. Mais c’est aussi (surtout ?) un espace de libre expression et c’est dur à vivre pour un vieux festival qui a existé bien avant d’avoir à se soucier du web 2.0 :p

      • Oui je suis d’accord, les réseaux sociaux ont souvent tendance à réagir au quart de tour (pour de bonne ou mauvaises raisons). C’est surtout le  » Le problème » dans sa phrase qui m’a tiqué. Vu la réaction d’éditeurs et d’auteurs qui étaient dans la salle sans forcément avoir twitter entre les mains je me dis qu’il y avait d’autres problème avant celui du web :p

        • Kubo

          Il faut dire que pour eux Twitter aura été un vrai problème cette année :p
          Le réseau à fait beaucoup pour la propagation des polémiques autour de ce 43e festival, et particulièrement lors de la cérémonie des fauves où ça tweetait sec entre journalistes et éditeurs.
          Ils ne font que payer leur mauvaise gestion et des partis-pris non réflechis depuis plusieurs années.

  2. Je n’avais pas entendu parler de ça, mais dans le cadre d’une compétition officielle qui est censée être « haut de gamme », c’est une vraie honte. La personne qui en a eu l’idée ne devrait jamais plus être impliquée dans ce festival. C’est un vrai manque de respect pour toutes les oeuvres qui ont été nommées dans cette mascarade.

  3. Ce que tu dis est très vrai pour le côté même les professionnels ne font plus confiance à Angoûlème. Je prends pour exemple mon libraire qui est affilié au réseau Canal BD et donc qui vend tous les types de bandes dessinées possible. En parlant avec lui il me disait que d’une les prix ne récompensent absolument pas les meilleurs ouvrages parus et que c’est plus politique qu’autre chose ( un peu comme les oscars )et qu’au niveau de la communication c’est de pire en pire. Lui non plus n’a pas digéré l’affaire Drabonball.

    Enfin bref, la direction du festival a intérêt à se remmettre rapidement en question car autant la polémique #WomenDoBD autant le faux palmarès c’est vraiment honteux.
    Surtout vu le palmarès ( Miss Marvel meilleure série mon dieu ..)

  4. Maintenant, le problème est que nous n’avons que des réactions qui simplifie toute seules. J’aurai voulu entendre de moi-même les choses et pas rapporté car cela peux-être déformé. Existe il une vidéo de celà ? Si non. Trop compliqué à accepter cela sans preuve directe (vous me suivez ?)

    • Kubo

      Je ne sais pas qui simplifie quoi. On a le même son de cloche de tellement de participants à cette « cérémonie » : d’éditeurs comme Cornelius, Urban Comics ou Komikku, touchés ou simples spectateurs, d’artistes ou bien encore du journal Libération, sans compter d’autres professionnels présents interrogés à titre personnel.
      Une source peut déformer une information, quand elles sont aussi nombreuses et que le « verbatim » publié par le FIBD montre que la supercherie était tout sauf évidente… il n’y a plus guère de doute : c’est une énorme maladresse, peu réfléchie. Une de plus.

      • Sans chercher à trouver des excuses au FIBD pour cette maladresse, pour avoir lu la transcription et entendu plusieurs échos sur la cérémonie, les lauréats auraient dû se douter que quelque chose clochait. L’idée était apparemment de récompenser non pas des titres, mais des fauves apparaissant dans les titres sélectionnés, comme un tigre dépecé dans Inspecteur Kurokôchi… Le ton fait quand même très « humoristique », et les heureux élus n’ont finalement compris ce qu’ils espéraient comprendre : à savoir qu’ils avaient gagné. Ce n’était certainement pas fin, mais rien qu’en lisant la retranscription, cela parait évident.

        • Kubo

          J’ai aussi lu, hier soir, le « verbatim » de la fausse cérémonie, et je comprends très bien que les faux lauréats n’aient pas capté « l’humour » de la chose. Utiliser les vrais prix et des vrais nommés dans un contexte de tension évidente, prix de référence oblige, est une aberration totale. Dire après coup, en ayant tous les éléments de contextes, en lisant un texte déclamé à tête reposée, que les mecs auraient dû se douter de quelque chose est un peu facile. Nombre d’entre eux ont fait le voyage pour la cérémonie et n’espèrent qu’une seule chose : gagner. Dans une telle situation, tu lie bêtement l’intitulé du prix à l’œuvre citée juste après.
          Si, à la limite, tu nommes de faux prix, des œuvres et des artistes fictifs, pourquoi pas ? Ou même que tu ne donnes pas le nom des artistes, laissant un vrai doute. Mais non ça ressemblait à un vraie remise de prix, d’autant que, va savoir pourquoi, certains « faux fauves » étaient en fait des vrais…
          Ayant lu et/ou entendu un certain nombre nombre d’échos de personnes présentes (d’éditeurs comme Ki-oon, Cornelius, Komikku, de journalistes et d’auteurs), aucun n’avait capté le côté « humoristique » de la chose et tous parlent de « cruauté » même ceux qui n’ont pas fait parti des « faux fauves », même les journalistes qui, pour beaucoup, ont live-tweeté ce faux palmarès (dont France Inter).
          C’est une énorme maladresse, mal faite, peu réfléchie qui ne fait que jeter un peu plus le discrédit sur un festival qui n’en avait pas besoin.
          Je n’ai rien écris le samedi soir car je n’avais pas suffisamment de retours (cela se limitait à ce que je lisais sur Twitter), mais en discutant avec des gens qui était présents j’ai bien compris que le malaise était grand et que ce n’était pas qu’une énième affaire montée en épingle sur Twitter.
          Tu fais strictement la même chose aux Césars (que les mecs prennent en exemple), le présentateur jamais plus tu ne le revois dans la profession et t’as une polémique qui fait la une des journaux.

  5. Il y a une dizaine d’années, Groland avait ouvert une ambassade à Angoulême, c’était bon enfant, avec un visite du président de Groland…Si maintenant, même les organisateurs se foutent des gens, c’est bien dommage

  6. J’aurais compris qu’ils s’amusent à décerner les « faux fauves » à des titres et auteurs qui n’existent pas, en faisant des jeux de mots ou autres..mais décerner un faux titre à des vrais nominés et pour leur dire, « ah non, c’est une blague », je vois pas trop ce qui est marrant ni l’intéret.

  7. Ouch, le plus beau étant l’attitude de FIBD qui fait celui qui ne comprend pas ou est le probleme.

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