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[Dossier] Bilan de l’année manga 2016 : les tops, les flops, l’état du marché…

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[Éditorial] Kazé Manga et les couvertures de la discorde

L’année 2016 est partie pour être une très bonne année pour le marché du manga. Elle a déjà vu l’arrivée en France de deux titres très attendus des fans : One-Punch Man chez Kurokawa et My Hero Academia chez Ki-oon.
Comme si ça ne suffisait pas, elle s’apprête à en accueillir un troisième titre majeur de Shueisha chez un éditeur différent (Kazé Manga) : Platinum End, de Takeshi OBATA et Tsugumi OHBA, qui débarquera en volume relié fin mai.

L’arrivée de chaque nouveau titre du duo à l’origine de Death Note et Bakuman (tous deux parus chez Kana) est toujours un événement. Une fois de plus, Shueisha a décidé de ne pas faire appel à un éditeur historique pour l’un de ses derniers titres phares mais à sa “filiale” française. C’est sur Kazé Manga que mise l’éditeur japonais, lui ayant même permis la mise en place d’une sortie en simultrad.

Cependant, ce n’est pas vraiment ce qui nous intéresse aujourd’hui. Pour accompagner la sortie de son nouveau titre comme il se doit, Kazé Manga a décidé de marquer le coup avec une opération marketing qui avait déjà fait polémique il y a un peu plus d’un an de cela.
Pour ceux qui ne s’en souviennent pas, cette opération a fait l’objet d’un coup de gueule de Kobito (libraire spécialisé de son état) dans le Mangacast Omake 25, daté de mars 2015.

Malgré la désapprobation de plusieurs libraires, l’éditeur français a décidé de refaire le même type d’opération avec la chaîne de magasins Fnac et de proposer une couverture originale à ceux choisiront d’acheter le premier volume de Platinum End chez le revendeur (même si la couverture régulière est aussi proposée).

platinum-end-kaze-manga-tome-1   Platinum-End-Special-Fanc-manga-1

Comme vous pouvez le voir, la différence entre les deux n’est pas « folle » mais le soucis n’est pas là. De la même manière que lors de l’offre spéciale sur le tome 14 de Blue ExorcistKazé Manga risque de s’attirer (une nouvelle fois) les foudres des libraires spécialisés.

Le lecteur, même s’il est fidèle à un point de vente, sera peut-être attiré par la couverture exclusive et d’être tenté de faire l’achat de ce premier tome chez la grande surface culturelle. C’est d’ailleurs l’objectif de la Fnac que d’attirer un public qui déserte ses points de vente.
Il en va de même pour le lecteur attiré par le goût du “collector” qui tentera donc par tous les moyens de se procurer un objet disponible en édition limitée. Certains en achèteront même un petit stock histoire de les revendre lorsque le volume ne sera plus disponible via les canaux traditionnels.

En favorisant la grande distribution, l’éditeur grignote un peu plus les parts de marché de libraires indépendants qui tendent vers le famélique dans un secteur des détaillants en grande difficulté.

D’un point de vue financier, on peut admettre que Kazé souhaite favoriser la “grande distribution” dans la mesure où la Fnac commandera un nombre d’exemplaires bien supérieur à celui des libraires qui doivent faire avec des moyens plus réduits, même si on ne parle là “que” de quelques centaines d’exemplaires.

Quand on constate que l’édition spéciale Fnac du Blue Exorcist 14 est toujours disponible sur Fnac.com, un an après sa mise en vente, on en vient à se demander l’impact réel de ce type d’opération sur le public français… et son intérêt pour une chaîne qui s’éloigne de plus en plus de son ADN culturel.

Fnac Blue Exorcist 14

Ce qui est plus difficile à comprendre, c’est pourquoi la maison d’édition ne fait pas (plus ?) d’opérations avec les spécialistes du manga. Ils restent un très bon baromètre de la qualité d’un titre mais aussi une source de conseils avisés pour le lecteur débutant ou même tout simplement hésitant.

En réalité, le lien mis en place entre Kazé et la Fnac ne gênerait personne si l’éditeur se donnait la peine d’organiser des initiatives similaires chez les libraires.
Un peu à la manière d’Ototo qui avait organisé une distribution de nouvelles couvertures pour son titre Samidare, l’éditeur aurait pu mettre des couvertures “collector” différentes à disposition des boutiques.
Sans avoir besoin de mettre en place toute la logistique nécessaire pour que le tome soit imprimé, relié et préparé avec la jaquette spécifique, elle aurait tout simplement été offerte par le libraire aux acheteurs du volume.

Avec une organisation de ce genre, Kazé Manga aurait probablement essuyé moins de critiques négatives mais surtout moins de ressentiment de la part des libraires spécialisés qui s’estiment lésés.
Il y avait déjà à perdre sur un titre comme Blue Exorcist (meilleure vente de l’éditeur) et on ne peut que commencer à imaginer l’impact que cette “couverture collector” pourrait avoir sur la sortie du dernier bébé du duo qui a fait – voire même qui fait encore – les beaux jours de Kana.
Comme toujours, ce sera au lecteur de décider de ce qui lui convient et de la conduite à adopter.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

14 commentaires

  1. De toute façon platinum end c’est nul (à part les anges qui sont stylés je l’avoue)

  2. Rien à cirer des jaquettes collector, en plus là avec Platinium End, je préfère la version standard. Il faudrait vraiment que la jaquette en jette un max pour que ça m’intéresse un tant soit peu…

  3. Une question, on sait si la couverture spéciale FNAC est réalisée par le même artiste qui fait la couv’ originale ou non pas encore ?
    Sinon, pas vraiment d’opinion tranchée sur le sujet, c’est deux grandes entreprises qui font du business y a aucun mal là dedans, après évidemment du coté des petits détaillants/libraires c’est légitime d’être mécontents d’être mis sur la touche comme ça, c’est pas très original mais chacun est dans son rôle, j’ai envie de dire.

  4. C ‘est ce qui ce faisait il y a plus de vingt ans dans les comics … et cela ne les pas sauvé

    • Kubo

      Ça se fait toujours, les couvertures variantes sont une part non négligeable du marché des comics. D’ailleurs Panini propose de temps à autre des variantes exclusives Fnac, mais aussi avec d’autres chaînes. Et ne parlons pas des USA où c’est monnaie courante.

  5. Je ne l ‘ ignore pas , mais il y a beaucoup moins de variantes covers qu ‘ autre fois , à l ‘ exception de la sortie kiosque de Dark knight returns III , les éditeurs devraient ce méfié , mais bon l ‘ histoire est une boucle

    • Kubo

      Aux USA ? Je n’en ai pas l’impression. Le nombre de variantes est devenu délirant, avec minimum une par comic shop un tant soit peu important et par x artistes divers.
      Les events comme AvX ou Secret Wars ont eu pléthore de variantes en tout genre dont une partie est venue jusqu’à nous.
      DKR3 en kiosques ? Au USA ce sont les comic shops qui écoulent les comics, je ne croient pas qu’ils aient le même type de maisons de la presse que nous, et en France il est sorti en librairie uniquement. 😉

      • Je me suis mal exprimé , en France DKR3 est commercialisé en librairie , mais ces même numéros , commercialisé à l ‘ unité au USA ont étez commercialisé . Le nombre de variantes cover à étez un palliatif passagé pour la vente de comics il y a vingt ans , cela à entre autre faillit tué Marvel ( je renvois au documentaire Marvel Renaissance , trouvable sur le net ) .
        Sur un sujet parallèle , il faudrait parlé ici ou en podcast des éditions deluxe , perfect etc des manga

        • Kubo

          Aux USA, avant les trade paperbacks ils sont vendus en fascicules oui, mais en comic shops.
          Mais les variantes sont toujours aussi nombreuses, notamment chez Marvel et DC qui ont des artistes qui ne font presque plus que ça (J. Scott Campbell par exemple). chaque event à au moins 6 variantes par volume.

  6. ça ressemble un peu au commentaire que j’ai laissé à Kazé sur leur post Facebook annonçant justement cette jaquette limitée. Je ne suis pas libraire, mais je ne comprend pas ce genre d’initiative. Pourquoi favoriser une grande surface/chaîne au détriment de libraires indépendants qui eux sont impliqués dans leur travail, conseillent leur clients efficacement etc …

  7. En tout cas la demande était présente, la version fnac est dejà sold out avec 2000 exemplaires alors que ao no exorcist et ses 500 exemplaires est toujours en stock après plus d’un an 😉

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