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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

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[Éditorial] Ghost in the Shell : l’esprit est-il dans la machine ?

Le 29 mars prochain, le long-métrage Ghost in the Shell de Rupert SANDERS (Blanche-Neige et le chasseur) sortira dans les salles françaises. L’occasion pour les différents acteurs de la licence, Glénat et All the Anime, de proposer de nouvelles éditions du titre en marge de l’arrivée d’un film live qui aura suscité bien des émois…

Ghost in the Shell (2017)Dans la galaxie des animéfans cette adaptation américaine du manga de Masamune SHIROW aura soulevé de nombreux débats et controverses avant même que la première bande-annonce ne soit mise en ligne.
On a d’abord eu le whitewashing du film car les personnages originaux de la saga de SHIROW étant japonais, il est apparu naturel aux fans que le casting de cette production hollywoodienne devait l’être aussi.
C’était bien évidemment omettre que les remakes américains (car c’en est un, du long-métrage animé de Mamoru OSHII) sont majoritairement remaniés pour correspondre aux canons locaux. Les États-Unis revoient les œuvres à leur sauce, c’est monnaie courante chez eux. Le True Lies de James CAMERON était un remake de La Totale ! de Claude ZIDI, revu dans la forme et dans son casting.
Si la production a choisi de conserver une (petite) partie japonaise avec le personnage de Daisuke ARAMAKI joué par Takeshi KITANO ou bien encore la présence d’une actrice telle que Rila FUKUSHIMA (Wolverine – Le Combat de l’Immortel), il apparait que ce Ghost in the Shell est un film américain pur jus, et qu’en tant que tel, son action et son casting reflètent cet état de fait.

On a aussi parlé d’une tentative de transformer numériquement certains acteurs occidentaux pour leur donner un aspect plus “asiatique”, certains allant même jusqu’à affirmer que la production tentait de le faire pour transformer l’actrice principale en Motoko KUSANAGI.
Officiellement, la production aurait reconnu ces tests, mais a nié les avoir effectué pour le rôle du Major, une polémique de plus qui n’a pas arrangé l’image du long-métrage auprès de la communauté des amateurs d’animation et des pourfendeurs du whitewashing.

Mira Killian
Mira Killian (Funko POP!)

Le Major Motoko KUSANAGI justement, campée par l’actrice américaine Scarlett JOHANSSON (L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, Avengers), “change” de nom pour devenir Mira KILLIAN dans le film de SANDERS.
Si on part du principe que l’héroïne du film live n’est pas japonaise, il n’apparait pas illogique de lui changer son patronyme. Si le réalisateur avait conservé KUSANAGI, nulle doute que les railleries à propos d’un personnage portant un nom japonais sans l’être auraient été légion. La polémique était d’ailleurs fortement alimentée par le fait qu’une occidentale porte le nom de KUSANAGI. Une fois devenue Mira KILLIAN, le Major perd son “identité” japonaise.

Si le Ghost in the Shell de SANDERS semble beaucoup emprunter au film d’OSHII, cela reste une œuvre à part entière à laquelle le réalisateur britannique doit insuffler sa vision avec des changements qui risquent d’en faire râler plus d’un.
Quel aurait été l’intérêt réel pour le spectateur d’assister à une (pâle ?) copie stricto sensu du film animé de 1995 ? Dans un remake, n’est-ce pas intéressant d’avoir le regard et la créativité d’un autre ?
On devrait être face à la relecture de deux classiques, du manga de SHIROW et du film d’OSHII (bien qu’il semble plus pencher de ce côté-ci), avec une vision hollywoodienne de la chose, mais aussi avec la sensibilité de Rupert SANDERS.
Son Ghost in the Shell sera peut-être un navet, ou au contraire peut-être apportera-t-il quelque chose de nouveau à la licence, difficile à dire à ce stade. Malgré tout, il apparait malaisé de juger de son film avant même qu’il ne soit sorti, avant même de l’avoir vu. Œuvre culte s’il en est, la licence Ghost in the Shell a provoqué d’emblée une levée de bouclier mais, dans tous les cas et quel que soit le résultat final, il ne pourra qu’amener un public nouveau vers le meilleur de la licence GITS et ça, c’est positif.
En tout cas, Paramount, loin de ces considérations, suit sa feuille de route et vient de lancer un site viral autour du long-métrage : IAmMajor.me

Ghost in the Shell Perfect Edition 1Malgré ces diverses polémiques, les acteurs du manga et de l’animation japonaise semblent plus disposés que jamais à profiter de la mise en lumière exceptionnelle que le film américain permet.
Glénat, onze ans après son édition grand format, nous propose enfin le manga original de SHIROW dans une version au plus proche de la japonaise.
All the Anime / @Anime, déjà éditeur de Ghost in the Shell ARISE et de Ghost in the Shell The New Movie, en profite pour nous proposer le film de 95 (et sa version 2.0) en haute définition Blu-ray avant de s’atteler cet été à un coffret intégrale Blu-ray des deux séries Ghost in the Shell: Stand Alone Complex.

Rendez-vous donc dans quelques semaines pour savoir si l’attente en valait le coup et si les polémiques étaient justifiées.
Dans tous les cas, 2017 sera l’année Ghost in the Shell et on ne peut que s’en réjouir !

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A propos de Kubo

Kubo
Enfant de la "génération Club Dorothée", c'est un gros lecteur de mangas depuis plus de 20 ans. Fondateur du podcast Mangacast, il est aussi l'un des créateurs de Manga Mag.

2 commentaires

  1. L’ajout de Ghost in the Shell : innocence au début de mois chez Netflix ne parait pas non plus dû au hasard.

    La réédition du manga me permettra enfin de pouvoir de découvrir quelles ont été les libres interprétations de Mamoru Oshii.

  2. Finalement on a eu la réponse.

    L’esprit n’est pas dans la machine.

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