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[Éditorial] Merci Nolife, see you space cowboy !

Dimanche 8 avril, la soirée The end of [N]olife venait clôturer les 11 ans d’existence de la chaîne thématique Nolife. Après plus d’une décennie de diffusion sur l’ADSL, puis le câble et plusieurs fins annoncées, la chaîne créée par Sébastien RUCHET et Alex PILOT a définitivement rendu l’antenne…

On aura pu, durant ces dix ans, reprocher beaucoup de chose à cette chaîne atypique et notamment l’amateurisme d’un certain nombre de ses présentateurs mais on ne peut pas lui retirer une passion indéniable qui semble toujours avoir dicté les choix de sa rédaction et de sa direction.

Avec des moyens dérisoires, non soutenue par un grand réseau comme Canal, Nolife aura réussi un pari qui semblait perdu d’avance en proposant une chaîne pop culture totalement déconnectée des grands networks et de leur obligation immédiate de résultats, se permettant de produire des émissions qui n’auraient eu leur place nulle part ailleurs.
Alors que YouTube est loin d’être ce qu’il est aujourd’hui, en 2007 deux compères lancent une chaîne qui va proposer des contenus qui seront, plus tard, ceux qui feront (du moins en partie) le succès de la plateforme vidéo : web séries, let’s play, programmes informatifs courts autour de thématiques « geek »…

Que l’on parle de jeu vidéo (au cœur de ce qu’était Nolife), de manga, d’animation, de j-music, de culture japonaise, de comics, de produits dérivés, d’informatique, mais aussi de jeux de rôles et de plateau, la chaîne osera proposer du contenu pour toutes les thématiques qui intéressent le public que l’on nomme souvent (à tort ?) geek.

Difficile d’exister dans un marché où la publicité s’est faîte rare sur les chaînes thématiques peu de temps après l’intégration de Nolife à son antenne et où sans être adossé à un gros diffuseur (Canal, Orange, SFR), il faut tenter de subsister par soi-même, produire toujours plus de contenu mais avec toujours moins de capitaux.
Bien aidés par leur simplicité et leur sympathie, Sébastien RUCHET (ex-rédacteur chez Animeland) et Alex PILOT (créateur des Bitoman), qui produisaient jusque là des reportages pour Game One, ont réussi durant dix ans à réunir tant de personnes diverses autour d’eux pour les aider dans cette tâche ardue, en donnant de leur temps, de leur compétence et de leur savoir.
Une chaîne de télévision dirigée par deux personnes dont les dents ne rayent pas le parquet, non mais quelle idée ? C’est pourtant cette accessibilité qui aura permis à Nolife d’exister aussi longtemps, cette simplicité qui tant plu au public avec des personnalités toujours disponibles lors d’événements, des gens finalement pas différents à l’antenne et en off.
Surtout une chaîne fondée et dirigée par deux passionnés qui ont voulu, contre vents et marées, produire le média qui leur ressemblerai avec, autour d’eux, des amis et des gens de confiance dont le seul but était de partager leurs passions et leurs hobbies.

J’ai eu la chance de rencontrer Sébastien RUCHET dans les locaux de Nolife alors que je m’occupais du podcast Mangacast pour qu’il nous présente le service Noco en 2014. Ce fut un plaisir et un honneur. Avec le recul, ça devient même un souvenir doux-amer au regard de la fin de la chaîne, cette chaîne que je pensais insubmersible tant elle avait vécu de naufrages avortés, toujours rattrapée par la bouée de sa bonne étoile… C’était vrai jusqu’au jour de cette annonce, le 1er avril, même si la news n’avait rien d’un poisson…

Désormais, Nolife émet en mode « zombie » avec des rediffusions jusqu’à ce que son signal soit purement et simplement coupé.
Triste fin pour une chaîne pionnière qui aura beaucoup fait pour son public et la reconnaissance en France de la pop culture mais avec un bilan dont ses acteurs ne peuvent rougir tant ces gens se seront battus becs et ongles pour montrer leurs passions sous le meilleur jour.
Voir disparaître un média indépendant pop culture est toujours un déchirement. On ne peut qu’espérer le meilleur pour les équipes en place, leur souhaiter de vite rebondir et, qui sait, peut-être bientôt les revoir quelque part ?

Merci à toutes ces personnes, devant et derrière la caméra, qui auront œuvré durant onze ans pour faire aboutir cette utopie et la rendre (un tant soit peu) viable afin d’apporter du contenu jour après jour.
Merci à toutes ces personnes qui auront donné tant de leur temps, souvent pour ne rien y gagner, prenant sur leur vie de famille et leurs loisirs pour produire toujours plus d’émissions et de reportages.
Ce que vous avez fait, vous pouvez en être fiers. On vous aime.

Merci pour tout Nolife, see you space cowboy !




A propos de Kubo

Kubo
Enfant de la "génération Club Dorothée", c'est un gros lecteur de mangas depuis plus de 20 ans et fan invétéré de Dragon Ball. Fondateur du podcast Mangacast, il est aussi l'un des créateurs de Manga Mag.

Un commentaire

  1. Oui, see you space…
    J’ai vraiment aimé la première année de la chaine et sa seconde année aussi. Mais j’ai hélas décroché quand ils ont vu que les série (nerdz, flanders, Noob) ont bien fonctionné et que ces derniers ont finit par prendre leur indépendance. D’autant plus que ces programme sont pas fait pour moi (alors que j’aime beaucoup Bitoman d’Alex Pilot).

    Une chaine qui aurait résisté même si sont pari de départ était de plus en plus difficile à tenir.

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