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[Éditorial] Japan Expo est-il toujours aussi magique ?

Après une année assez faste en 2017, Japan Expo était de retour en forme avec de nombreux invités juste avant ses 20 ans l’an prochain. Cependant, après une bonne dizaine d’années à se rendre au festival presque religieusement lors du premier weekend de juillet, on commence à se demander si l’événement n’a pas un peu perdu de sa superbe.

Japan Expo 2018

Le 18e impact du salon organisé par SEFA Event renouait avec ce qui a fait son succès : beaucoup d’auteurs invités et une multiplication des conférences qui rendait la tâche difficile à celui qui voulait assister à tout et tenter de rafler quelques dédicaces…

Une chose est sûre, les activités sont nombreuses à Japan Expo. On peut grossièrement les diviser en plusieurs catégories : les activités culturelles, les activités « éditeurs » et les activités commerciales. Peu importe ce que l’on cherche, l’offre est multiple et variée.
Les éditeurs proposent des choses qui permettent de mettre en avant leurs dernières nouveautés comme le test de QI et le mur à escalader de Kazé pour promouvoir The Promised Neverland ou encore l’animation photo Goblin Slayer de Kurokawa. On ne va pas tout citer mais celui qui souhaitait découvrir les derniers gros titres du marché ne pouvait que ressortir conquis.
Les activités culturelles n’étaient pas en reste avec, comme chaque année des défilés, des supporters, du karaoké et c’était sans compter les nombreux tournois de jeux vidéos pour lesquels il fallait faire une queue (à la limite du ridicule si vous vouliez vous approcher de la nouvelle mouture de Super Smash Bros.) afin de s’inscrire.
Au niveau des activités commerciales, on se retrouvait une fois de plus en terrain connu. Entre le villages des jeunes créateurs, les stands éditeurs mais aussi les nombreuses boutiques qui cherchaient à vendre figurines, gunpla et autres goodies, le flux de billets verts était quasi ininterrompu. Comme chaque année, on a eu le droit à la présence de la douane avec les résultats que l’on connaît. La chasse à la contrefaçon n’est pas toujours facile mais il semblerait que ça aille toujours plus loin d’année en année…
On notera aussi une présence plus prononcée que l’an passé des « box geeks » avec au moins 3 acteurs différents. Pas sûr que cette appellation soit officielle mais elle résume bien la situation de ces boites vendues au prix fort avec un contenu plus que limité (allant des goodies qui ne sont pas vendus aux articles en fin de stock) qui n’est, d’ailleurs, pas toujours lié à la culture japonaise.

Une autre question que l’on peut se poser est celle de la légitimité du jeu vidéo à Japan Expo. Ces stands sont-ils tous nécessaires ? Il est vrai que certains éditeurs font le jeu de mettre en avant des licences liées à la culture manga/animé comme KLab (Captain Tsubasa Dream Team) ou même Bandai Namco (Dragon Ball FighterZ) pour ne citer qu’eux.
Pourtant, ils ne constituent pas la majorité des titres en essai sur le salon. Est-ce que des titres comme Kingdom Hearts 3 ou Super Smash Bros ont vraiment leur place dans un événement comme Japan Expo sous seul prétexte qu’ils sont développés par des japonais ?

Personne ne peut nier la variété des activités lors de Japan Expo même si la réalité n’est pas toujours rose. Il y a une raison qui fait que le public des « anciens » se lasse. À part les activités « éditeurs » qui changent avec l’actualité de leurs séries, il n’y a absolument aucune variation dans les autres activités proposées. Après 10 ans, ça commence à faire très répétitif. Que ce soit dans le fond ou dans la forme, le festival semble stagner.
La magie qui s’opérait chaque année lors du coup d’envoi de ce qui était (et reste) la plus grande célébration de la culture japonaise en Europe semble morte et enterrée. Un passionné qui a été les 4 jours à n’importe quelle édition de ces 6 dernières années peut aisément en zapper 3 s’il retourne au festival, à moins bien sûr d’aimer refaire la même chose encore et encore en payant une entrée qui ne cesse d’augmenter.
Bien sûr, il y a toujours les conférences d’artistes qui vont venir redonner un peu de dynamisme et d’intérêt au festival mais même à ce niveau, on commence à sentir l’effet « rediffusion ». Depuis quelques années et la présence toujours plus forte d’artistes français, ce sont ces derniers que l’on tend à voir le plus, leurs disponibilités étant plus nombreuses que les artistes japonais. Il est difficile de le reprocher aux éditeurs français qui proposent des conférences toujours intéressantes dont l’organisation est forcément beaucoup plus facile.

Il y a moins de découverte pour le visiteur lambda, c’est clair, mais quid du visiteur professionnel ? Il fut un temps où Japan Expo était un moment parfait pour que la presse spécialisée et les bloggers puissent rencontrer des auteurs mais il est clair que ce n’est plus le cas. Alors qu’en 2010, une petite structure pouvait facilement obtenir une interview de 30 minutes avec un maître incontesté comme Tsukasa HOJO (quand même), il devient maintenant difficile d’obtenir du temps avec des mangaka beaucoup moins populaires.
Les plannings des auteurs sont tellement restreint que tout ce qui est proposé aux médias qui ne sont pas considérés comme « grands médias » (dont la production varie du papier de quelques lignes avec deux phrases tirées de la conclusion à un papier assez complet dont la qualité peut varier), ce sont des tables rondes (souvent assez longues) ou 4 à 5 équipes doivent se partager un auteur. Avec ce genre d’organisation, il est impossible de mener un entretien correct car il est difficile de se concerter et de structurer une suite de questions logiques qui reviendrait sur le travail et l’oeuvre de l’auteur.

On parle d’auteurs mais ce sont les disponibilités de tous les invités du festival qui sont de plus en plus restreintes. Même au niveau des éditeurs, certains ont de grosses difficultés à pouvoir caller des rendez-vous avec la presse spécialisée du fait des nombreux rendez-vous avec des éditeurs japonais. Du côté professionnel, on note un vrai déclin des possibilités données à la presse qui se retrouve parfois même sans salle pour mener certaines interviews.

Au final, il serait peut-être réducteur de ne considérer Japan Expo que par la longueur de ses queues. Pourtant, c’est bien l’élément qui semble avoir pris le dessus sur tous les autres. Peu importe ce que vous voulez faire sur le salon, il faudra vous y coller et attendre patiemment (jusqu’à plusieurs heures) avec parfois des gens qui arrivent deux ou trois heures avant le début d’un tirage au sort.
Ces queues sont-elles vraiment nécessaires ? Les tickets de dédicace ne pourraient-ils pas être mis en jeu sur le site internet du salon ou de l’éditeur qui l’organise et être fait en amont ? Quand on considère la chaleur, le coût d’une bouteille d’eau sur place (4,30 euros !!!), on se dit qu’il y a peut-être un meilleur moyen de gérer l’attente et permettre aux gens de profiter un peu plus de ce qui est proposé.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

Un commentaire

  1. Perso j’ai 31 ans, c’était ma deuxième édition et pour moi la magie est là, certes c’est blindé, le public est relativement jeune et ça reste un événement assez commercial mais ça fait plaisir d’aller à un endroit qui rassemble autant de gens qui se passionnent pour la culture japonaise ou du moins une partie de la culture japonaise. Je comprends ce que tu critiques mais je pense que c’est inévitable pour une personne qui fait 10 années de suite la même chose. On vieillit, on finit par se lasser ou ne plus être émerveillé de la même manière. Personnellement, j’aime toujours autant jouer aux jeux vidéo mais je suis rarement émerveillé et clairement moins dans un jeu qu’avant et pourtant les jeux ne sont pas moins bon qu’avant.
    Et puis le manque de disponibilité, je pense que la convention est un peu victime de son succès
    Aussi, je ne suis pas d’accord pour les jeux vidéo, après tout, s’ils sont développés au Japon, ça me paraît légitime qu’ils soient présents à la Japan Expo, d’ailleurs kingdom hearts, c’est Disney plus final fantasy (Jrpg) et ça existe aussi en manga donc après tout. Moi ce qui me dérange c’est plus le coin des artistes ou tout est un peu pareil et pas forcément lié du tout au Japon, pareil pour les jeux vidéo indépendants français dont rien n’a à voir avec le Japon, ça et plein d’autres petites choses ça et là…
    Pour finir, j’ai bien aimé y aller deux fois de suite, mais je pense que la prochaine fois, ça sera dans longtemps sauf s’ils proposent qqch de spécial pour les 20 ans, car au final, on a vite fait le tour et si c’est juste pour acheter des mangas je peux le faire dans ma librairie habituelle, et comme je n’achète pas de goodies et que faire des queues interminables ça ne me passionne pas… Vu le coup de la journée avec les achats et les frais déplacement ..

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