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Dragon Ball Super fin

[Éditorial] Dragon Ball Super, est-ce le début ou la fin d’un renouveau ?

Alors que la série animée Dragon Ball Super a tiré sa révérence sur Fuji TV après 131 épisodes, je vous propose rapide retour sur le renouveau apporté à la licence créée par Akira TORIYAMA il y a 34 ans…

Malgré ce que l’on peut penser de la qualité (discutable certes) de la série Dragon Ball Super, il est difficile de lui nier l’apport d’un réel renouveau en terme d’intérêt pour Dragon Ball et l’intérêt grandissant d’un nouveau public qui n’a pas connu Dragon Ball / Z / Kaï à la télévision.
Si Dragon Ball, et particulièrement la marque Dragon Ball Z, n’a cessé de susciter de l’intérêt malgré l’arrêt de publication du manga et la fin de la diffusion de la série télévisée, il est difficile de ne pas remarquer la relance opérée de la licence tant au Japon que dans le monde grâce à la diffusion de la série DBS et la parution de son manga.

Toei Animation et Fuji TV ont bel et bien remplacé Dragon Ball Super par GeGeGe no Kitarô mais on n’imagine pas réellement que la nouvelle série inspirée du manga de Shigeru MIZUKI va s’éterniser et alors le créneau sera de nouveau libre. Au vu des audiences très honorables de DBS au Japon, il ne serait pas étonnant de voir la team Goku revenir pointer le bout de son nez à la télévision pour poursuivre des aventures que l’on pense éternelles…
Le succès international aidant, le consortium Toei Animation / Bandai / Shueisha ne laissera assurément pas sa poule aux œufs d’or en plan alors qu’il a brillamment réussi à relancer une licence que l’on croyait définitivement endormie.

Si l’on sait déjà que Dragon Ball continuera a être exploitée en animation au cinéma, et en manga sous la plume de Toyotarô, on se doute que ses producteurs ne s’en contenteront pas et qu’ils presseront le jus au maximum.
L’œuvre créée par TORIYAMA perdurera-t-elle sous le blason « Super » ou changera-t-elle, une fois de plus, de marque ? En effet, malgré l’existence de Dragon Ball Super depuis maintenant trois ans, Dragon Ball Z n’a pas cessé pour autant d’exister et de cohabiter avec la petite dernière sur moult produits dérivés de part le monde. Même Bandai, pourtant partie prenante dans la production de l’animé, n’a jamais cessé de sortir des figurines et divers goodies “brandés” DBZ. Une façon de montrer que, malgré l’existence d’une nouvelle licence animée, la précédente (si l’on omet Dragon Ball GT) est, encore à ce jour, la plus puissante et la plus évocatrice.
A ce jour, la communication du long métrage prévu en fin d’année se fait sous blason Dragon Ball Super mais d’ici là les choses peuvent singulièrement évoluer et il ne serait pas étonnant de voir ses producteurs choisir de passer à une nouvelle étape pour faire oublier tous les errements coupables de DBS.

Car comment passer sous silence l’indigence hebdomadaire qu’à pu être la série Dragon Ball Super par rapport à ses aînées (oui, j’occulte de nouveau volontairement DB GT) avec deux premiers arcs fainéants adaptant à l’économie les deux derniers films sortis au cinéma, Battle of Gods et La Résurrection de ‘F’, avant d’enchaîner sur un tournoi fratricide au comble du ridicule.
Certes, Akira TORIYAMA n’est plus réellement aux commandes et se contente probablement de (très) légers synopsis servant de trame autant pour Toei que pour Toyotarô, mais quand on tient une licence aussi forte malgré son âge, on se doit de la traiter avec un minimum de respect et de minutie.
Passons sous silence l’animation plus que discutable des premiers arcs qui aura bien fait se gausser l’internet pour aborder (rapidement) le premier arc un tant soit peu intéressant de DBS : Black Goku. Si on ne retrouve clairement pas la tension ressentie sur les arcs Namek et Cell Game, on arrive tout de même à un gros mieux tant du point de vue scénariste que technique. Malgré tout, pas de quoi se taper le cul par terre et ce jusqu’à la fin de la série.
Au final, le dernier arc, celui de la Survie de l’Univers / Tournoi du Pouvoir, aura été le plus palpitant malgré une ficelle très (trop ?) grosse et des personnages secondaires totalement anecdotiques. Ce qui a longtemps fait la force de Dragon Ball Z (j’insiste sur cette licence en particulier) ce sont ses antagonistes angoissants qui font craindre pour les héros, que ce soit Radditz, puis Vegeta, Freezer, C-17 et C-18, Cell et enfin Buu, tous ont créé un climat de tension palpable qui renforçait l’aspect épique et le dépassement de soi.
Point de tout ça dans DBS, à part peut-être Black Goku, et particulièrement dans le tournoi censé faire s’affronter les êtres les plus forts de tous les univers… La tension et la crainte n’auront jamais réellement étés présentes durant ces épisodes, la faute à des personnages le plus souvent caricaturaux, voire burlesques. Même l’adversaire final est trop simpliste, tant graphiquement que du point de vue du background.
Et que dire de cette surenchère de nouvelles transformations ? Dans Dragon Ball Super on aura eu droit à pas moins de cinq nouvelles formes : Super Saiyan God, Super Saiyan Blue, Super Saiyan Blue Kaïô-Ken, Super Saiyan Rosé (mais passé à la trapinette quand même) avant de conclure sur l’Ultra Instinct… 131 épisodes, 5 transformations quand on en compte « seulement » 3 tout le long des 291 épisodes de Dragon Ball Z

Il y a une perte de repères assez préjudiciable dans Dragon Ball Super qui garde un certain A.D.N. Dragon Ball mais celui d’un demi-frère plutôt que d’une progéniture. On sent qu’il manque la direction d’un tantôsha dans une oeuvre pré-publiée qui empêcherait des errements coupables, des antagonistes peu (ou pas) travaillés et un scénario paresseux où les enjeux, malgré le fait qu’ils soient cosmiques, ne font jamais trembler.
On ressort de DBS comme on sort d’une grosse crise de foie, avec l’impression d’avoir ingurgité trop de tout mais de ne jamais avoir eu droit à l’essentiel : au frisson.

Le premier trailer du 20ème film Dragon Ball révélé il y a quelques jours semble être plutôt rassurant à bien des niveaux car il propose un parti-pris graphique séduisant et donne à rêver d’un retour à quelque chose de plus épique, de plus dans la veine de DBZ et de ses films cultes. On espère que les attentes ne seront pas, une fois de plus, déçues et que les producteurs sauront prendre le bon chemin pour remettre ce titre culte sur de bons rails.
Car si le succès est indéniablement au rendez-vous de part le monde, et malgré la qualité discutable de Dragon Ball Super, il pourrait redevenir exponentiel avec une direction artistique et un suivi scénaristique dignes de ce nom !

Alors Dragon Ball Super est-il le début ou la fin du renouveau pour Dragon Ball ?
Si l’on se fie à l’engouement international, avec des événements de part le monde et l’édition de tout ce qui porte le flag Dragon Ball dans moult langues, on ne peut imaginer ses producteurs en rester là. Le spin-off Dragon Ball Gaiden – Tensei Shitara Yamcha Datta Ken va débarquer aux Etats-Unis avant que ce même territoire n’accueille le Dragon Ball Tour, DBS investit le centre commercial parisien des 4 Temps, DBS cartonne sur TFX, un département Dragon Ball à été créé chez Shueisha, les jeux vidéo ne se sont jamais aussi bien porté… Bref, il y a encore tellement à faire… mais les producteurs de Dragon Ball peuvent faire beaucoup mieux en s’investissant plus dans son développement et ne prenant pas tout pour acquis.
On aura déjà droit à un nouveau long métrage en 2018, probablement deux autres en 2019 et 2020… et peut-être même une nouvelle série télévisée entre-temps… Si tout cela tire les leçons des erreurs de DBS, on pourrait avoir droit à du Dragon Ball encore longtemps…




A propos de Kubo

Kubo
Enfant de la "génération Club Dorothée", c'est un gros lecteur de mangas depuis plus de 20 ans et fan invétéré de Dragon Ball. Fondateur du podcast Mangacast, il est aussi l'un des créateurs de Manga Mag.

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