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Dossier Soul Eater

[Dossier] Soul Eater : Retour sur le manga d’Atsushi OHKUBO

Atsushi OHKUBO a eu le droit à une double actualité au mois de mai. Les amateurs du style de l’auteur auront déjà repéré la sortie de sa nouvelle série, Fire Force chez Kana mais ce n’est pas tout puisque Kurokawa en profite pour relancer Soul Eater, la série fleuve d’un auteur qui a fait ses beaux jours lors de ses premières années dans le monde de l’édition.
Avant de vous lancer, sachez que ce dossier n’abordera pas Soul Eater Not! pour une raison évidente contenue dans le titre lui-même, la série n’a rien de ce qui fait le sel et la spécificité de Soul Eater.

Soul Eater

Soul Eater, le manga

Afin d’accéder au rang suprême de « Death Scythe », une arme démoniaque doit ingérer 99 âmes humaines et 1 âme de sorcière. Cette mission est confiée aux Meisters, des spécialistes du combat qui vont récolter les âmes au péril de leur propre vie. Dans Soul Eater, partez à la chasse aux âmes en compagnie des élèves de l’institut Shibusen, école de formation pour faucheurs d’âmes !
Maka Soul Eater 10th
SOUL EATER (c) Atsushi Ohkubo / Square Enix Co.Ltd.

Autant le dire dès le départ, Soul Eater ne démarre pas sur une très bonne note.
Les premiers chapitres sont complètement dénués de fil rouge et même de véritable liens. On découvre ceux qui seront les personnages principaux de l’oeuvre mais dans un cadre qui semble les isoler les uns des autres. Le mangaka pose pourtant la base de son scénario, à savoir la complicité entre le meister et son arme ainsi que le but final de chaque paire : récolter 99 âmes plus celle d’une sorcière pour pouvoir devenir une Death Scythe.

Même s’il est vrai que cet objectif sera très vite relégué au second plan, l’auteur ne l’oublie jamais et le garde toujours dans un coin de sa tête pour le ressortir au bon moment. C’est peut-être la seule chose qui garde de ces chapitres qui sont en décalage avec le reste de l’histoire. On peut imaginer qu’OHKUBO n’avait peut-être pas prévu une longue série au départ ou voulait tester un peu le terrain tellement la cassure est nette après le premier « vrai » chapitre de la série après l’introduction.

On voit pourtant dans ces quelques histoires quelque chose d’assez intéressant : les caractères des personnages n’étaient clairement pas fixés. Soul était aussi beaucoup trop sûr de lui alors qu’on voit rapidement dans la série qu’il incarne le doute permanent.
On remarque ainsi que Kid avait une tendance assez perverse à peloter les poitrines de ses deux armes démoniaques. Pour contraster, ce dernier avait même une tendance à déprimer pour le moindre petit problème géométrique, élément qui ne sera pas (ou presque pas) conservé dans l’histoire principale.

Ce qui fait de Soul Eater un titre aussi unique, c’est assurément tout le travail fait autour du thème de la folie par son auteur. Considérée comme une maladie hautement contagieuse, elle s’exprime sous des formes diverses et variées.

Dès les premiers chapitres (ceux qui sont un peu à part et où l’intrigue n’a pas encore démarrée), on retrouve des indices sur le grand projet de l’auteur. C’est vrai au niveau des personnages, on le voit avec les rictus de Soul, le sourire de Tsubaki lors qu’elle tue son frère. Cependant, c’est aussi quelque chose que l’on retrouve dans les décors avec l’ombre du château de Cendrillon qui sourit de manière dérangeante ou encore le sourire démoniaque teinté de sang que l’on retrouve sur la lune.
OHKUBO a quelque chose en tête mais la série n’a encore pas pleinement les moyens de l’exprimer. L’univers n’est pas encore posé, aucun méchant d’envergure n’a encore eu le temps de pointer le bout de son nez mais ça ne saurait tarder.

Lorsque Médusa entre en scène, le manga prend une toute autre envergure. L’heure n’est plus aux petites missions sympathiques mais un danger qui menace l’équilibre de la planète toute entière fait son apparition : le Grand Dévoreur Asura. Sa folie est tellement puissante qu’elle va déclencher une vague d’activations chez les autres personnages. C’est à partir de ce moment que le danger est omniprésent dans Soul Eater. Plus personne n’est à l’abris et tous peuvent succomber à des tourments personnels ou à ceux de cet ennemi dont l’attaque permanente est invisible.

Le “gentil” que l’on pourrait considérer comme le plus affecté par la vague de folie n’est autre que Stein. Chez lui, c’est le sentiment de meurtre qui est exacerbé et qui va le ronger de l’intérieur, provoquant chez lui des conflits internes d’une violence inouïe. Le plus talentueux meister de Shibusen (l’école fondée par le maître Shinigami) va faire en sorte de réprimer tous ses instincts pour ne pas être emprisonné.

Soul Eater
SOUL EATER (c) Atsushi Ohkubo / Square Enix Co.Ltd.

Ainsi, le mangaka s’amuse à “torturer” ses personnages et à les faire entrer dans des états seconds. Il aime beaucoup jouer avec les sept péchés capitaux que l’on retrouve dans le livre d’Eibon (différemment utilisés) mais aussi dans les différentes formes de folies exprimées par les protagonistes.
On peut assimiler cette volonté de Médusa de posséder une force gigantesque à une certaine gourmandise. Elle qui veut toujours plus (alors qu’elle est déjà hyper forte en tant que sorcière) va chercher à s’approprier la folie elle-même et n’hésitera pas à mettre son propre enfant en péril en le/la plaçant au centre de ses expériences.
On retrouve aussi l’avarice chez le personnage de Noah qui veut tout pour lui et est absolument contre le partage. Il n’hésite pas à utiliser des éléments qu’il considère comme jetables pour arriver à ses fins et surtout, ne supporte pas qu’on tente de lui prendre ses biens.
Girrico est l’exemple même de la colère rendue folle. Le temps a eu une très mauvaise influence sur lui et sa nature impatiente (la vitesse, c’est un peu son pouvoir) et il est tellement énervé qu’il ne va pas réussir à contrôler sa propre force et va aller jusqu’à faire exploser son âme, c’est dire à quel point la folie peut vous retourner un cerveau !

Bien sûr, il n’y a pas que les péchés capitaux qui servent à l’auteur et on note aussi des degrés de folie différents chez les héros. Ce sont Kid et Black Star, que l’on peut facilement considérer comme les deux personnages les plus puissants de la série qui en sont les meilleurs exemples.
La folie de Kid se manifeste par son amour de l’harmonie et de l’ordre. Ce dernier ne cache pas sa volonté que tout soit réglé au millimètre près et ses petits coups de dépression ou de colère lorsqu’il doit faire face à des éléments dissymétriques. Alors qu’il est enfermé dans le livre d’Eibon, la folie du Grand Dévoreur lui fait goûter à la symétrie absolue, celle du néant, et c’est là qu’il va se rendre compte qu’il est impossible de faire abstraction totale de la folie, que c’est quelque chose qu’il faut contrôler.
Black Star arrivera à la même conclusion lors de son combat contre ce Kid complètement névrosé et à la limite de la démence. Conforté par les anciens dans sa quête de pouvoir, c’est pour obtenir la puissance ultime qu’il daigne se laisser aller à la folie. La différence, c’est que lui parvient à la maîtriser assez rapidement, preuve de sa volonté et de son mental à toute épreuve.

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A propos de Ours256

Ours256
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