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Saint Seiya - Partie 1 : Une légende sans fin

[Dossier] Saint Seiya – Partie 1 : Une légende sans fin

Après un premier essai pour étendre l’univers de sa saga avec Saint Seiya Episode G (disponible en France, ainsi que sa suite, chez Panini), Masami KURUMADA a décidé de confier les rênes de sa saga et de son univers à Shiori TESHIROGI et Chimaki KUORI, deux femmes pour deux visions différentes de l’un des titres fondateurs du shônen.

Saint Seiya 30thCependant, avant d’arriver à cette version « moderne », Saint Seiya a eu le droit à le droit à beaucoup d’autres adaptations : anime, film en 3D, jeux vidéos… Pour fêter les 30 ans de l’univers créé par KURUMADA et la venue des deux mangaka qui travaillent actuellement sur la saga, Manga Mag revient sur cette série mythique. Dans la première partie de ce dossier, nous reviendrons sur les différents mangas qui ont fait les beaux jours de la saga.

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Saint Seiya

de Masami KURUMADA
Terminée en 28 volumes (normale) / en 22 volumes (deluxe)

Logo-SaintSeiyaLuxe

Force et courage sont nécessaires pour devenir chevalier. C’est ce que Seiya a appris lorsqu’il s’entraînait dans le sanctuaire en Grèce. Pour remporter l’armure d’or et retrouver sa sœur, il doit affronter lors d’un tournoi les dix chevaliers de Bronze. Mais l’armure est volée avant la fin du tournoi par l’un de ces chevaliers qui veut conquérir le monde. Une lutte s’engage alors, les chevaliers de Bronze devront s’unir pour défendre la terre…

Saint Seiya fait partie des monuments fondateurs du shônen : amitié, dépassement de soi, lutte pour une cause commune, sacrifice, nouvel ennemi plus fort à chaque fois… Le titre possède tous les ingrédients qui ont fait l’âge d’or du genre dans les années 90 et les usent jusqu’à la moelle.

Même s’il y a une sorte de simili-tournoi au début de la série, le concept de chaque partie est d’une linéarité enfantine : chaque chevalier de bronze doit faire face à un ennemi et continuer son chemin pour rejoindre ses compagnons face au « boss » de fin de niveau.

En pratique, les saints doivent combattre des adversaires qui les dépassent, en force, en expérience… Pour gagner le combat, ils devront « bruler leur cosmos » et faire exploser leur énergie dans un torrent d’attaques spéciales (sachant qu’une même attaque ne marche pas deux fois sur un chevalier).

KURUMADA puise un grand nombre de ses idées dans la mythologie grecque mais pas seulement puisqu’il emprunte aussi à l’astrologie. On sent, dès le début, qu’il ne cherche pas à se cantonner à un domaine ou à une culture en particulier.
Lorsqu’il introduit les chevaliers, il le fait en Grèce (c’est pour ça qu’Athéna est leur meneuse) et leur donne une constellation protectrice. Les étoiles donneront aussi leurs noms à certaines attaques comme Antares pour l’attaque ultime du Chevalier d’Or du Scorpion, mais aussi à des personnages comme Aldebaran qui deviendra le chevalier d’or du Taureau.
Les deux principaux ennemis seront, pour leur part, pris de la mythologie grecque (Poseidon, Hadès) et même si les premiers volumes se concentrent plutôt sur les chevaliers en tant que tels (avec toute la partie liée au Sanctuaire), Athéna reste principalement en guerre contre des dieux grecs.

Le mangaka a su diversifier son titre grâce à une galerie de personnages particulièrement variée.
Dès le départ, il introduit ses chevaliers comme compartimentés en trois groupes qui se distinguent par leur puissance : Bronze, Argent et Or.
Si le groupe des chevaliers de bronze est le plus commun, c’est aussi de là que vont venir les héros. Après la première partie, la popularité a sûrement décidé des personnages qui continueraient à faire rêver les lecteurs du Jump et le groupe a été réduit à 5 personnages : Seiya, Hyoga, Shiryu, Shun et Ikki.

Même si Seiya, le personnage principal, est insupportable pour beaucoup (de par son caractère, son style, sa naïveté), il n’en reste pas moins un excellent héros lardé de stéréotype du genre.
Il n’hésite pas à voler au secours des demoiselles en détresse, il sait se surpasser quand ses amis sont en danger, il possède le sens du sacrifice… Il a même le droit à une enfance mystérieuse/tragique puisqu’il a été séparé de sa sœur, disparue depuis. Bref, KURUMADA ne l’a pas choisi pour rien.

Pourtant, l’auteur n’a pas délaissé les autres personnages pour autant. Les autres chevaliers de Bronze possèdent tous un background différent ayant un véritable impact sur leur façon d’être.
Le caractère un peu pleurnichard de Hyoga (dont la mère se trouve congelée dans un bateau qui a coulé) le rendra incapable de donner son maximum contre certains ennemis (Camus ou même Kraken).

On ne vous en a pas encore beaucoup parlé mais ce qui fait l’un des principaux attraits de Saint Seiya, ce sont les armures. KURUMADA s’est vraiment fait plaisir à ce niveau là puisque leur complexité évolue selon leur place dans la hiérarchie.
Une armure de bronze ne sera donc pas aussi détaillée et pas aussi complexe dans sa construction qu’une armure d’or. On le voit dans les différentes « fiches techniques » que l’auteur propose à la fin de chaque tome. Elles nous permettent de voir l’armure sur son socle qui montre donc une forme plus proche de la constellation.

Plus qu’une simple protection, le mangaka a donné une vraie vie à ses armures qui peuvent prendre certaines décisions comme celle du Cancer qui refuse d’être utilisée par Masque de Mort, considérant que ses décisions sont diaboliques.
Les armures peuvent aussi mourir si elles sont trop endommagées et les ramener à la vie demandera une très grande quantité de sang qui ne pourra pas être versé en permanence.
Comme « tout ce qui ne tue pas rend plus fort », à chaque nouvelle « réparation », elles évolueront pour prendre un design à chaque fois plus moderne et plus agréable à l’œil jusqu’à ce que les chevaliers de bronze obtiennent leurs « armures divines » lors du combat final.

Sans trop rentrer dans le détail, il est impossible de parler de Saint Seiya sans évoquer le combat des 12 maisons du Zodiaque qui reste LE passage clé de la série. D’une banalité à couper le souffle d’un point de vue scénaristique (une suite linéaire de combats), il est pourtant resté gravé dans la mémoire collective comme un passage d’anthologie.

Pourquoi ?
L’un des éléments de réponse n’est autre que l’intensité des affrontements qui ne laisseront pas de répit au lecteur qui tournera frénétiquement les pages pour connaître le destin des chevaliers de bronze et l’issue du combat contre des adversaires qui auraient dû être bien trop puissants pour eux (la différence de puissance est récurrente dans les premières cases de chaque affrontement).
Le second n’est autre que le charisme naturel des chevaliers d’or qui sont (quasiment tous) clairement cools. Que ce soit Shura du Capricorne et sa justice froide et tranchante (certains diront « aveugle ») ou Shaka de la Vierge et ses pouvoirs qui relèvent du divin, chaque Gold Saint possède une aura singulière.

Rarement des ennemis n’auront été aussi charismatiques et ce, malgré le changement de camps de certains. KURUMADA n’hésite pas à user et abuser du sempiternel « Oh ! Tu étais mon ennemi mais tu veux devenir mon allié car tu as découvert ma vraie valeur ?! » des shônen.

Au niveau du dessin, c’est impressionnant de médiocrité, on ne va pas se mentir. KURUMADA n’a absolument aucune maîtrise des proportions (regardez certaines jambes qui feront pâlir les joueurs de foot de Captain Tsubasa) mais n’a pas l’air de beaucoup s’en soucier.
Les personnages ont des physionomies toujours assez semblables et il y a des fois où on se demande si un nouvel arrivant n’est pas juste un copier/coller d’un autre avec une coupe de cheveux différente mais… force est de constater que ça passe !
Au niveau des décors, ça reste assez sommaire mais il y a quand même un petit effort qui est fait lors de la saga Hadès avec un passage en enfer qui viendra relever un peu le niveau et proposer de la variété.

En fait, Saint Seiya est au centre d’un phénomène assez étrange. Malgré son dessin horrible, l’œuvre reste indémodable et indétrônable dans le cœur des fans qui ont vibré avec le dessin animé et qui sont revenus à la version papier pour découvrir un titre qui reste très efficace, malgré les années.

L’édition deluxe est vraiment impressionnante. Malgré le prix élevé (9,25€), Kana ne se moque pas du client : grand format, couverture cartonnée rigide, pages couleurs (complète et bi-colore), nouvelle traduction et surtout, toutes les pages sont en papier glacé.
Comparé aux autres éditions deluxe ou autre perfect, c’est une très bonne surprise. Les Perfect de Panini et leurs pages ultrafines sont très loin… On voit qu’un très bon travail a été fourni sur la maquette, comme en atteste l’effort fait sur la retranscription des noms et sur la traduction des attaques.
La petite note en grec sur la 4e de couverture est aussi la bienvenue et donne un côté vraiment sympathique à l’esthétique de la couverture.

Au final, on se retrouve avec un monument du manga réédité de manière brillante. Il n’y a aucune honte à racheter l’intégrale si on la possède déjà et puis… Il n’y a que 22 volumes au lieu des 28 originaux. Pour ceux qui ne possèdent pas encore le titre, sachez que l’édition simple sera bientôt introuvable donc autant vous tourner tout de suite vers la deluxe.

Saint Seiya Next Dimension

de Masami KURUMADA
En cours : 9 volumes

Saint Seiya - Next Dimension Logo

Dohko et Shion, deux jeunes chevaliers de bronze, sont appelés par le Grand Pope. Celui-ci leur remet les armures d’or de la Balance et du Bélier et les informe du prochain retour sur Terre d’Hadès qui annoncera le début d’une nouvelle guerre sainte. Dans l’espoir d’éviter ce conflit, les deux jeunes garçons décident d’aller tuer Alone, le chevalier dans lequel Hadès se réincarnera. Mais un ami d’enfance d’Alone contrecarre leur projet. Alone est emmené en lieu sûr et Hadès prend possession du jeune homme. Il est donc trop tard, la guerre ne pourra être évitée…

Saint Seiya Next Dimension est une bizarrerie. Après avoir mis un point final à son manga, il a décidé d’y revenir plusieurs dizaines d’années plus tard. Le seul problème, c’est que sa création vient contredire un spin-off officiel de sa saga : The Lost Canvas.

Dans cette série publiée intégralement en couleur, KURUMADA décide de s’adonner aux voyages dans le temps et de mêler héros modernes et héros du passé. Pour tenter de sauver Seiya, Athéna décide de remonter le temps afin de faire en sorte d’effacer « l’épée d’Hadès » qui n’a pas encore percé le cœur du chevalier de Bronze mais qui s’en approche dangereusement.

Jusqu’ici, il n’y a rien de très particulier. Le mangaka fait ce qu’il sait faire : une histoire linéaire où des chevaliers vont devoir livrer une bataille difficile mais linéaire avec une limite de temps. L’auteur pousse même le vice jusqu’à les faire retraverser les douze maisons et les faire combattre les « mêmes » chevaliers.

En réalité, ce sont les Gold Saints du passé, ceux de la précédente guerre sainte (celle à laquelle Shion et Dôko ont survécu), mais KURUMADA fait tellement peu d’efforts pour varier les caractères que l’effet « rediffusion » est bien présent. Pourtant, le lecteur est toujours là et continue à avoir envie de suivre les nouvelles aventures des chevaliers de bronze dans un titre qui reste addictif.

Le gros avantage, c’est surtout de ne pas avoir se coltiner Seiya qui était le personnage le plus cliché de la série originale. L’auteur « corrige » cette absence grâce à Tenma, le Pégase précédent qui reste quand même un peu moins nunuche et un peu moins cliché.
Pour le reste, les autres chevaliers de bronze sont de la partie et on retrouve donc Hyoga, Shiryu, Shun et Ikki qui vont se battre à nouveau… contre les mêmes chevaliers d’or que lors de la première bataille du Sanctuaire !

En fait, c’est au niveau de ces fameux protecteurs des douze maisons qu’il y a un petit couac. En réalisant son manga, le mangaka a complètement ignoré le travail de Shiori TESHIROGI sur The Lost Canvas. Il était censé avoir supervisé et approuvé le scénario de ce spin-off qui était censé raconter l’histoire de la précédente guerre sainte.

C’est à peine s’il a repris Tenma et Alone. Bye bye les superbes chevaliers du Poisson et du Cancer inventés par TESHIROGI, on a le droit à des variations légères de Masque de Mort et d’Aphrodite… Chose très dommage quand on voit le superbe travail effectué par l’auteure dans The Lost Canvas et The Lost Canvas Chronicles.

On peut se demander l’intérêt pour un auteur de casser lui-même une mythologie qu’il a contribué à créer et des personnages qui avaient pourtant redonné vie à sa franchise. La seule chose que l’on peut en déduire, c’est qu’il n’a pas vraiment d’affection pour une œuvre qui n’est pas la sienne et qu’il a décidé de refaire les choses à sa façon.

Pour ce qui est du trait de KURUMADA… Il n’a pas évolué d’un poil en près de 20 ans. Le style rétro ferait mal si… la couleur n’était pas là pour lui sauver la mise.
Très sincèrement, pour un tel style de dessin, c’est un véritable plus. On le voit sur les armures qui sont plus belles que jamais mais aussi sur les personnages qui sont un peu plus expressifs que leurs versions en noir et blanc.

Il serait injuste d’accabler Panini au niveau de l’édition puisqu’elle est très difficilement critiquable. L’œuvre étant en couleur, elle a été imprimée sur papier glacé et bénéficie d’un soin tout particulier. C’est propre, c’est bien lettré et les coquilles se font vraiment très rares. On notera aussi un vernis sélectif du plus bel effet sur la jaquette pour couronner le tout.

Alors oui, c’est un vrai plaisir de retrouver les personnages de KURUMADA et surtout le style d’écriture simple et direct de l’auteur. Malgré la répétition, il serait dommage de passer à côté de Next Dimension qui a quand même le droit à quelques bonnes idées. Sachant que le rythme de parution est assez irrégulier, il ne faut pas être pressé pour avoir la suite !

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A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

5 commentaires

  1. Très beau dossier (enfin le peu que j’ai lu pour ne pas me spoiler.) Oui, je sais ,on est en 2016 et je n’ai toujours pas lu cette série. Par contre, l’édition deluxe de Saint Seiya n’est-elle pas à 9,25 euros au lieu de 10,55? J’ai revérifié sur Bd fugue, et ils affichent 9,25 euros.

  2. Lost Canvas est aussi bien ne pas exister.

    Actuellement la continuité officielle est Saint Seiya, Saint Seiya Next Dimension et Saint Seiya Saintia Sho.

    Le travail de Shiori Teshirogi il ne sert à rien

  3. The Lost Canvas Chronicles sont laides et ennuyeux.

  4. Teshirogi et Kuori avoir modernisé Saint Seiya?

    Mais ce que le diable vous dites.

    Pratiquement Teshirogi et Kuori avoir copié 90% des choses dans le manga Kurumada.

    Mais avant de faire ces déclarations, avez-vous lu le manga de Kurumada?

    Au Japon, le manga Kurumada(original Saint Seiya), est l’histoire la plus populaire et bien connue, avec un succès sans précédent.

    spin-off comme Episode G et Lost Canvas ne sont rien par rapport le original Saint Seiya de Kurumada.

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