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[Dossier] Bilan de l’année manga 2016 : les tops, les flops, l’état du marché…

Japan Expo 2016 : Retour sur le 17ème Impact

Du 7 au 10 juillet 2016, s’est tenu, au Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte, le 17ème impact du festival Japan Expo.
Cela fait ainsi deux années consécutives que le festival évolue sans la zone “Comic Con” mais aussi que l’éditeur Pika est impliqué dans la venue de l’invité d’honneur.

JE17-texte+medaillon+impact+japonais+effets

Souvenez-vous…
L’année dernière, c’est assez tardivement (vers la fin du mois de mai) que l’invité d’honneur manga, Ken AKAMATSU (Love Hina) a été annoncé par la SEFA. Pika profitait ainsi de l’occasion pour mettre en place un simultrad pour la dernière série en date de l’auteur, UQ Holder.

Cette année, point d’offre spéciale mais un auteur qui fait rêver puisque c’est Hiro MASHIMA que le 2ème éditeur du marché français a fait revenir en France. L’auteur de Rave et Fairy Tail a donc pu retrouver un public français qui l’apprécie énormément (son titre se plaçant très souvent dans le peloton de tête des ventes de manga chez nous).
L’annonce a eu un effet boule de neige puisqu’une fois l’invité d’honneur manga révélé, les news ne se sont plus arrêtées. Pourtant, avec la situation difficile que vit notre pays cette année, un doute s’était installé quant à la possibilités de faire venir un bon nombre de guests prestigieux.

Cependant, quand on regarde l’affiche finale, il faut avouer que ça a de la gueule. Même si le nombre était plus réduit qu’à l’accoutumée, la SEFA a eu la bonne idée de contre-balancer avec la french touch.
Les auteurs de global manga étant de plus en plus médiatisés et appréciés, les organisateurs ont su capitaliser intelligemment en permettant la venue d’auteurs comme Reno LEMAIRE (Dreamland), Elsa BRANTS (Save Me Pythie), SHÔNEN (Outlaw Player), VanRah (Stray Dog) en ce qui concerne le manga ou encore Thomas ROMAIN (Oban Star RacersSpace Dandy) et Stanislas BRUNET (Oban Star RacersHellsing) du côté de l’animation.

Après tout, pourquoi pas ? Si nos auteurs ont du talent et s’ils peuvent apporter une pierre supplémentaire à l’édifice, le salon reste dans sa ligne directrice.
Japan Expo a vocation a couvrir tout ce qui tourne autour de la culture japonaise (manga, animation, cosplay, arts martiaux…), l’héritage de cette culture a donc une place de choix dans le festival. Ces frenchies qui se mettent à faire des “japoniaiseries” ont su s’imprégner du Japon et dans le cas de ROMAIN et BRUNET, y vivent et y travaillent, la preuve que l’industrie d’origine les a acceptés comme part intégrante de son développement.

En se baladant dans le salon, on se rend compte la « réorganisation » des espaces culturels  opérée l’année dernière fonctionne toujours aussi bien. Les stands sont bien agencés dans des zones délimitées intelligemment pour ne pas que tout se mélange.
Les scènes dédiées se trouvent dans des zones faciles d’accès (avec des codes couleurs pour faciliter leur reconnaissance) et de moindre circulation, ce qui a bien aidé pour arriver à l’heure aux nombreuses conférences programmées.

En fait, c’est plutôt à ce niveau là qu’il y aurait un peu à redire. Plus que l’année dernière, il y avait pas mal de conférences (et autre masterclass) intéressantes qui se chevauchaient, forçant le visiteur à faire des choix parfois très difficiles. On se doute bien que l’idée était de fluidifier un peu la circulation et les roulements entre les différentes conférences mais impossible de ne pas avoir un petit sentiment de regret vis à vis de certains événements.

Sur les photos, il apparaît évidemment que certains éléments clés étaient de nouveau au rendez-vous cette année. Le Naruto géant servait bien sûr de repère pour un grand nombre d’amis qui seraient venus se retrouver sur le festival et il servait aussi de point de départ idéal pour le festival puisque de chaque côté, on retrouvait un chemin vers une zone différente (stands éditeurs, culture, jeunes créateurs et jeux vidéo).

Il fallait aussi compter sur la Toei qui avait amené son Shenron géant qui pouvait aussi servir de point de rencontre puisqu’on le voyait assez bien d’un bon nombre d’endroits dans le festival. Le géant de l’animation avait aussi prévu un stand Sailor Moon plutôt original puisqu’il permettait d’acheter des dizaines de goodies à l’effigie de la série mais aussi… d’être coiffée et maquillée comme une sailor, de quoi faire plaisir aux jeunes filles qui arpentaient les allées du festival.

Qui dit Toei dit bien évidemment One Piece et la série fleuve d’Eiichiro ODA occupait, cette année encore, un espace non négligeable avec quelques bornes PS4 qui permettaient d’essayer Burning Blood, le dernier jeu tiré de la licence.
On notera cependant un léger recul en ce qui concerne l’exposition de la série puisqu’au niveau des figurines, il n’y avait que très peu de modèles en vitrine. C’est plutôt Saint Seiya qui avait la cote puisque l’on pouvait retrouve de nombreuses reproductions de combats cultes de la série ainsi que les nouvelles Gold Cloths tirées de Soul of Gold en exposition.
Le petit détail qui faisait sourire : il y avait du vrai sable sur le sol, de quoi rappeler aux visiteurs qu’ils seraient peut-être mieux sur la plage… !

Évidemment, avec l’état d’urgence et la législation qui en découle, le maître mot cette année n’était autre que sécurité. Pour les visiteurs, cela se traduisait par un “hall sécurité” avec ouvertures des sacs et fouilles au corps pour les personnes qui posséderaient des vêtements plus amples que nécessaires.

Les ventes “d’armes” étaient elles aussi réglementées et une fois la vente d’un katana effectuée sur un stand, l’objet devait être remis à l’acheteur dans une boite scellée qui ne laisserait aucunement planer le doute sur son contenu.

Bien sûr, ce sont les cosplayers qui ont le plus fait les frais de ces nouvelles mesures de sécurité puisque s’ils possédaient des armes trop “réalistes”, elles se voyaient automatiquement confisquées pour ne pas que le doute puisse être semé dans l’esprit des visiteurs. Idem pour les “lames” qui ne seraient pas en mousse ou dans un matériel totalement inoffensif, elles ne passaient pas le checkpoint.

Fort heureusement, aucun incident majeur n’a été a déplorer et le salon s’est déroulé sans encombre, preuve que les mesures prises étaient efficaces et pas si gourmandes que l’on aurait pu le penser au niveau du temps.

En effet, lorsque l’on regardait les entrées, on constatait qu’il y avait bien un afflux de gens dès 9h, heure d’ouverture du festival pour les gens qui auraient pris leur billet en pré-vente (ou qui posséderaient l’un des fameux premium).
Même chose si, pour une raison lambda, on se positionnait du côté de l’entrée vers 10h (heure d’ouverture de la caisse), on voyait un flux ininterrompu de gens, les premiers se mettant à courir vers la zone où pouvaient être retirés les fameux tickets “dédicace”, totem ô combien important pour la plus grande partie des fans.

Comme chaque année, le live house (et les autres scènes permettant des concerts) tournait bien avec des artistes comme Man with a Mission, Psycho le Cému, Hironobu KAGEYAMA ou encore Mayuko, sans oublier les groupes d’idoles comme Baby Raids Japan et Cheeky Parade.

Les fans avaient de quoi faire et même si certains qui étaient attendus, l’ambiance au niveau de la scène était toujours bien présente. La petite nouveauté de cette année : la nécessité de porter un gilet de sécurité pour ne pas avoir de doutes quant à la nature de certaines personnes (journalistes, etc.) placées à côté de la scène et donc des artistes. Japan Expo ne plaisantait vraiment pas avec la sécurité de ses invités comme de ses visiteurs.

Au niveau des stands éditeurs, on retrouvait plusieurs cas de figure : les irréductibles, les légèrement différents et les absents.

Les géants étaient là, comme d’habitude et n’ont pas cherché à changer une équipe qui gagne chaque année. Glénat, Pika et Kana utilisaient donc des stands aux configurations bien connues des visiteurs et même si leur habillage change chaque année en fonction des séries à mettre en valeur, le style ne change pas… et on serait tenté de se dire que c’est tant mieux !
Pour Glénat, le même espace fermé et la même difficulté que les années précédentes à circuler aux heures de pointes, un peu dommage quand on voit les nouveautés proposées par l’éditeur au mois de juillet. La présence de LINCO, auteure des Chroniques de Lapicyan était aussi présente, de quoi faire tourner l’espace dédicace à plein régime.
Pika fait partie de ces éditeurs qui aiment mettre un bon nombre de leurs séries en valeur et ça se voyait bien sur leur stand qui possédait un très joli habillage multi-séries. La grande nouveauté, c’était surtout l’ajout du stand nobi nobi!, nouvellement acquis par l’éditeur qui venait compléter l’espace de dédicace aux couleurs de Dreamland.
Chez Kana, l’espace de vente traditionnel était toujours là avec une gestion intelligente des files d’acheteurs mais si l’éditeur a fait parler de lui cette année, c’est grâce à son attraction Sky High Survival (testée par notre équipe à ses risques et périls…) qui permettait de sauter de quelques mètres et simuler la « chute » des personnages de la série. Un gros plus pour promouvoir une série de laquelle il est difficile de décrocher après les premiers chapitres.

Moins “gros” mais conséquent quand même, Ki-oonKazé Manga et Kurokawa n’ont pas non plus pris le risque de changer de formule.
Ki-oon, avec son « cube » écran géant qui diffusaient des bandes annonces, possédait un stand repérable à des kilomètres On exagère peut-être un peu mais en termes de visibilité, c’était top. L’éditeur possédait deux auteurs en dédicace, SHÔNEN (Outlaw Player) et Hitori RENDA (Awaken), ce qui faisait que le stand ne désemplissait pas. Cerise sur le gâteau, impossible de manquer l’attraction My Hero Academia qui proposait aux visiteurs de mimer un combat sur fond vert ensuite intégré pour faire comme s’il affrontait le premier méchant de la série. Le gros bonus, chaque participant repartait avec une carte USB à l’effigie de la série contenant l’affrontement. 
Kazé, 
avec un côté anime et un côté manga proposait plusieurs nouveautés qui ne seraient disponibles qu’au mois d’août et même septembre (avec du Terra Formars et le premier tome de leur nouveau shônen Black Clover par exemple), chose qui, une fois n’est pas coutume, n’aidera pas à renouer des liens avec les librairies spécialisés qui n’avaient pas été avertis de ce genre de disponibilités.
Kurokawa misait, naturellement, sur One-Punch Man. Le manga qui a affolé la France en début d’année avait le droit à une petite zone où les visiteurs pouvaient se prendre en photo, le poing sur un mur complètement explosé ; de quoi se prendre pour un surhomme le temps d’un cliché. Pour le reste, l’espace semi-ouvert remplissait son office à merveille et les goodies proposés avaient ce qu’il fallait pour attirer le chaland.

On notera quand même l’émergence d’un nouvel éditeur non négligeable avec Delcourt/Tonkam qui possédait un stand similaire à l’année précédente dans sa forme mais beaucoup mieux organisé et surtout, sans “séparation éditeur”.
La fusion est bel et bien actée et visible.
La division se faisait plutôt en shônen/shôjo/seinen et on retrouvait les titres disponibles aux catalogues Delcourt, Tonkam et Soleil dans chaque catégorie : pratique, efficace et franchement agréable pour les acheteurs éventuels.

Plus petits, AkataDoki-Doki et Isan Manga avaient leurs stands des années précédentes, toujours bien décorés et toujours plein de goodies, surtout du côté deux premiers. L’éditeur du Limousin n’hésitait pas à proposer pas mal de choses gratuites (posters, extraits…) en plus des primes qui demandaient un achat et allait même jusqu’à proposer un concours avec tirage au sort pour gagner une 3DS lors de l’achat d’un volume d’Ugly Princess.

Les expositions étaient peut-être plus discrètes cette année mais toujours présentes avec du Tokyo Ghoul chez Glénat, du Fairy Tail (évidemment) chez Pika mais aussi un peu de Gwendoline chez Isan Manga et du Saint Seiya chez Kurokawa. De superbes dessins étaient présents, oui mais disons qu’il y a encore un peu de travail à faire sur la forme puisqu’aucune n’était au niveau de l’exposition consacrée à ARAKAWA l’année dernière.

Plus anecdotique, on retrouvait cette année le retour des Japan Expo Awards dont le palmarès a été dévoilé avant la venue de la plupart des invités, au milieu du mois d’avril.

Pour ceux qui les auraient ratés, voici un petit rappel des résultats de la section « manga » :
Daruma d’or manga (jury) : Last Hero Inuyashiki de Hiroya OKU (Ki-oon)
Daruma de la meilleure nouvelle série (jury) : Ajin de Tsuina MIURA et Gamon SAKURAI (Glénat)
Daruma du patrimoine (jury) : Cette ville te tuera de Yoshihiro TATSUMI (Cornélius)
Daruma du meilleur manga international (jury) : Radiant de Tony VALENTE (Ankama Éditions)
Daruma du meilleur scénario (jury) : Dēmokratía de Motorô MASE (Kazé Manga)
Daruma du meilleur dessin (jury) : Bride Stories de Kaoru MORI (Ki-oon)
Daruma de la meilleur fabrication (jury) : Cutie Honey de Gô NAGAI (Isan Manga)

Daruma du meilleur shôjo (public) : Blue Spring Ride de Io SAKISAKA (Kana)
Daruma du meilleur seinen (public) : Ajin de Tsuina MIURA et Gamon SAKURAI (Glénat)
Daruma du meilleur shônen (public) : Tokyo Ghoul de Sui ISHIDA (Glénat)

Si, au moment de rédiger ces lignes, les chiffres officiels de fréquentation n’étaient pas révélés, il semble que ce cru 2016 ait attiré moins de monde que l’an passé. Différents stands s’accordent pour dire que le jeudi était en progression, ils sont aussi sur la même longueur d’onde quand ils évoquent une baisse sur les trois jours suivants.
Dès lors, il semble difficile d’imaginer que le festival aura atteint son but à demi-avoué des 250 000 visiteurs pour ce 17ème impact.

Au final, cette édition de Japan Expo était loin d’être mauvaise et même si elle manquait peut-être un peu de mangaka, les équipes du festival ont quand même réussi à faire en sorte de proposer une belle alternative, que ce soit au niveau de la French Touch, des espaces culturels qui étaient bien garnis ou même de la zone dédié aux jeux vidéo où les tournois s’enchaînaient.

Photos : © Robot-M / Manga Mag




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J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

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