Publicité

Accueil / Dossiers / Reportages / Dans les coulisses / [Dans les coulisses] Delcourt/Tonkam & Soleil

Publicité

[Dans les coulisses] Delcourt/Tonkam & Soleil Manga

[Dans les coulisses] Delcourt/Tonkam & Soleil

Dans les coulisses vous propose de découvrir l’envers du décor de l’industrie du manga, en France, d’aller à la rencontre des gens qui font l’édition, de voir comment et où ils travaillent.

Aujourd’hui ce sont les éditeurs Delcourt/Tonkam et Soleil Manga qui reçoivent Manga Mag.
Rencontre avec les gens qui éditent Food Wars!, Gantz, Zelda et Prison School !

C’est au deuxième étage du « Happy Building », le siège des Éditions Delcourt dans le 10ème arrondissement de Paris, que l’on retrouve les équipes des deux labels.
Les éditeurs nous ont ouvert leurs portes pour vous permettre de découvrir qui sont les acteurs qui font les catalogues Soleil et Delcourt/Tonkam et où ils travaillent.

Delcourt-Tonkam     Soleil Manga

Le coordinateur du pôle manga : Iker BILBAO

Iker a débuté comme coéditeur de Soleil Manga, poste qu’il occupe toujours en compagnie de Joanna ARDAILLON (absente le jour de notre reportage), mais depuis quelques temps, il est aussi le coordinateur de l’ensemble du Pôle Manga des Éditions Delcourt, ce qui inclut autant Soleil que Delcourt/Tonkam.
Il joue le rôle de conseiller manga pour Guy DELCOURT, PDG du groupe du même nom dont Soleil est une filiale, mais n’est pas directement en charge des éditeurs des labels manga. En effet, il n’hésite pas à signifier que Pascal LAFINE, éditeur de Delcourt/Tonkam, est sous la direction de Guy DELCOURT, comme tous les éditeurs du groupe.
Son avis est avant tout « consultatif », car son rôle est essentiellement de gérer la coordination générale du manga dans le Groupe Delcourt, d’évaluer les offres commerciales, d’effectuer la mise en place des comptes d’exploitation et la stratégie globale.

Au niveau éditorial, il peut proposer des titres à Pascal LAFINE et Joanna ARDAILLON en fonction des lignes éditoriales et arbitre si besoin est lorsqu’ils souhaitent tous les deux le même titre. Du fait de sa co-direction éditoriale de Soleil Manga depuis 2007, de très nombreux titres du catalogue relèvent de ses choix.

Iker avoue passer un certain temps à effectuer de la veille concurrentielle, à lire les livres de la concurrence pour analyser les choix effectués, déceler des tendances, voir ce qui se fait question technique et choix de design.
Passionné de statistiques, c’est lui qui effectue l’analyse des chiffres du marché et possède des fichiers de données très précis.

Il fait aussi le lien entre les assistants éditoriaux et les éditeurs, notamment sur le planning des parutions et s’assure qu’il n’y a pas de problème avec les traducteurs prestataires.

La gestion du dossier de la publication numérique des mangas du groupe est de son ressort, tâche qu’il effectue en lien avec les gens de la fabrication.

Enfin, c’est lui qui s’occupe de présenter les nouveaux titres à paraître aux autres services du groupe, mais aussi aux libraires lors de grandes messes comme à Angoulême.

Ses mangas favoris :
One Piece, les titres de Mitsuru ADACHI, Hana Yori Dango, How do you Love Me, les premiers volumes de Nana et de Hunter x Hunter, Hideout

L’éditeur de Delcourt/Tonkam : Pascal LAFINE

Pascal a débuté à Tonkam il y a 22 ans puisqu’il a travaillé à la librairie de la rue Keller à Paris mais aussi, dès leur début, pour les éditions du même nom. En 2001, avec le départ de Dominique VERET pour Akata, il reste dans la maison mais devient le seul responsable de l’éditorial du label. Puis en 2005, Delcourt rachète Sheffer Tonkam, soit la librairie et les éditions du même nom.

Aujourd’hui, son rôle consiste, comme pour tout éditeur, à dénicher les futurs titres du catalogue. Il regarde ce qui parait au Japon, dans les magazines et en volumes reliés, fait des fiches à destination de Guy DELCOURT pour les œuvres qui l’intéressent avant que ce dernier ne valide (ou refuse) ses choix.

Étant dans l’édition de manga depuis ses balbutiements, il avoue qu’il trouve la lutte que se livrent les différents éditeurs du marché un peu « dure » avec des propositions commerciales énormes auxquelles les historiques n’étaient, jusqu’alors, pas habitués.
« Pour Gantz, il n’y avait aucune concurrence, alors que pour Inuyashiki [autre titre d’Hiroya OKU, paru chez Ki-oonles propositions ont été folles ! Ça devient compliqué même avec ses « propres » auteurs. »

Il souhaite, par son travail, « faire découvrir le manga autrement, apporter quelque chose d’un peu différent » de ses concurrents.
C’est en parcourant les magazines de prépublication , en allant au Japon voir les livres en rayon, ou en surfant sur des blogs japonais pour voir ce dont les fans nippons parlent le plus que Pascal arrive à dénicher ses titres.
« Je n’ai pas envie d’aller à l’évidence mais de partager avec les gens ce que j’ai aimé. Ex-Vita, par exemple, personne n’y a cru, et pourtant… »
« J’aime trouver des mangas originaux. Kiss Him, Not Me, c’est un shôjo de fou ! C’est un plaisir de découvrir ce genre de livre ! », ajoute-t-il.

Lors de tout choix de titre, après l’avoir découvert, Pascal fait une proposition à Guy DELCOURT qui, si elle est acceptée, devient l’objet d’une proposition chiffrée aux ayants-droit japonais.
Une fois le titre acquis, il doit participer aux choix du traducteur et des éléments graphiques mais aussi s’occuper, avec Iker BILBAO, du placement dans le planning des parutions.

Toujours passionné par le secteur, Pascal arrive encore à être étonné de la créativité sans limite des japonais : « des fois, ils ont des idées de fou, mais où vont-ils chercher tout ça ? »

Ayant travaillé dans les années 90 pour AB Productions (à qui l’on doit le Club Dorothée), chez qui son rôle consistait à choisir les nouvelles licences, il avoue avoir des goûts très « mainstream », parlant même d’une certaine « éducation AB ».

Ses mangas favoris :
Gantz, One Piece, L’Histoire des 3 Adolfs, Your Lie in April, Maison Ikkoku, Berserk, Onani Master Kurosawa, Death Note, L’Âme du Kyudo

Le traducteur de mangas : Florent GORGES

Florent est traducteur freelance, mais il est aussi interprète, auteur d’ouvrages tels que L’Histoire de Nintendo, co-fondateur des éditions Pix’n Love et actuellement gérant des éditions Omaké Books.

Depuis plusieurs années, il travaille sur des titres de Soleil Manga à la requête de Pierre-Alain SZIGETI, alors directeur de collection, mais à ce moment-là c’est en tant que relecteur que ses talents sont employés.

On le connait, chez Soleil, pour être le traducteur attitré des mangas Zelda, de Mario ou de Prison School. Sa passion et sa connaissance des jeux vidéo, de leurs univers, lui donnent un plus non négligeable pour les œuvres qui en sont issues.

Iker BILBAO, directeur de collection de Soleil Manga, avoue choisir Florent « pour des titres spéciaux ». Cependant, c’est un traducteur « qu’il faut séduire. Il faut qu’il accroche au titre pour qu’il accepte de le traduire ».

S’il a pu traduire jusqu’à quatre volumes par mois, avec le travail que lui demande Omaké Books aujourd’hui, il ne peut plus s’occuper que d’un volume et demi aujourd’hui.
Il avoue continuer à travailler pour Soleil Manga « par sympathie » et parce que l’éditeur édite, jusque-là « des titres qui [l’]intéressent».

Iker ajoute que le côté littéraire de Florent, en tant qu’auteur et journaliste, apporte « une vraie plus-value » aux ouvrages dont il s’occupe.

Certaines œuvres sont plus simples à traduire que d’autres, et ce n’est pas toujours celles que l’on croit. Mario, par exemple, demande « beaucoup de temps pour adapter les gags qui sont typiquement japonais », avec des jeux de mots. Le titre demande « deux à trois fois plus de temps de traduction que pour un manga normal ».

Autre titre dont Florent s’occupe, Prison School, que le traducteur trouve « très drôle à traduire ».
« J’ai accepté après avoir lu seulement le premier chapitre ! C’est du grand n’importe quoi ! Il y a de quoi faire avec toute cette panoplie de personnages et leurs façons bien différentes de s’exprimer ! »

À ce jour, Florent avoue avoir traduit la bagatelle de 250 volumes.

Ses mangas favoris :
Prison SchoolGlaucos, Full Power Monkey (inédit), The Legend of ZeldaGekka no Kishi (inédit)

Lire la suite




A propos de Kubo

Kubo
Enfant de la « génération Club Dorothée », c'est un gros lecteur de mangas shônen, particulièrement ceux issus du Weekly Shônen Jump et des publications Shueisha en général, mais l’âge aidant ses lectures s’orientent de plus en plus vers les seinen.

7 commentaires

  1. Super article, toujours très intéressant d’avoir un petit aperçu des coulisses des éditeurs.

    Après je fais faire mon râleur, mais tant que D/T ne nous sort pas la suite de jinbe evolution, ils regagneront pas 100% de ma sympathie ( plus généralement je déteste quand un éditeur « abandonne » un titre, pas de sorties, pas de com, etc), même si je trouve que dans l’ensemble sur les derniers choix éditoriaux, et sur la qualité des éditions proposées l’éditeur a fait de gros efforts. Donc bravo à eux.

  2. Bizarrement moi j’ai jamais trouvé les titres de cet éditeur aussi mauvais qu’ aujourdh’ui. A part deux ou trois titres cools, les choix éditoriaux de leurs différents directeurs de collection ne me correspondent absolument pas.

    Jinbe évolution à attiré ma curiosité y a qq temps mais au vu de la situation j’ai mm pas tenté le coup… Tant qu’ils vont jusqu’au bout d’alice in borderland ça me suffira chez eux.

    • +1 pour Alice 🙂
      PS: dommage pour Jinbe Evolution, même si il reste relativement classique sur le fond, ce titre dégage une énergie folle, notamment grâce à ses dessins magnifiques et ses persos complétements barrés que ce soit sur leur apparences ou leurs personnalités, et puis voir des samouraïs déglinguer des insectes géants sortis tout droit de Starship Troopers, c’est assez jouissif. :p

  3. Onani Master Kurosawa dans les mangas préférés de Pascal Lafine ?!
    Ça serait tellement génial que cette oeuvre soit éditée un jour !

Laisser un commentaire

banner