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[Dans les coulisses] Kurokawa

[Dans les coulisses] Kurokawa

Dans les coulisses vous propose de découvrir l’envers du décor de l’industrie du manga, en France, d’aller à la rencontre des gens qui font l’édition, de voir comment et où ils travaillent.

Aujourd’hui c’est Kurokawa qui reçoit Manga Mag.
Rencontre avec les gens qui éditent Fullmetal Alchemist, Pokémon, Saint Seiya – The Lost Canvas et One-Punch Man !  

Kurokawa est une collection d’Univers Poche qui compte cinq autres éditeurs en son sein : Fleuve Éditions (ex Fleuve Noir), Pocket, 10/18, PKJ et 12-21.
Fondée en 2005 pour doter le groupe d’un label manga, le petit éditeur n’a cessé de monter jusqu’à atteindre la quatrième place du marché.

C’est au cinquième étage de ce bâtiment du 13ème arrondissement de Paris, situé au dessus du centre commercial Italie Deux, que l’on trouve les locaux de Kurokawa, entouré des autres labels d’Univers Poche et de divers services de la maison-mère : Editis.

L’éditeur nous a ouvert ses portes pour vous permettre de découvrir qui sont les acteurs qui font le catalogue Kurokawa et où ils travaillent.

12 Avenue d'Italie, Paris
© Google

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Grégoire HELLOT : Directeur de collection

Grégoire est le directeur de collection de Kurokawa depuis son lancement en 2005. On le connait comme journaliste jeux vidéo (Joystick, Joypad, Famitsu ou Gamekult), accompagnateur de personnalités du jeu vidéo ou bien pour son rôle de Silver Mousquetaire dans la série France Five. C’est un touche à tout qui a, depuis longtemps, démontré son expertise de l’entertainment japonais.

Bien qu’étant le visage de Kurokawa, Grégoire n’est pas salarié d’Univers Poche. Il est, comme beaucoup d’intervenants du monde de l’édition, un freelance payé, en partie, sur un pourcentage des ventes.

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Pour sélectionner les mangas qui l’intéressent, il lit majoritairement les magazines de prépublication, approximativement une quarantaine par mois. Il se focalise essentiellement sur certains qu’il estime plus en phase avec le public français même s’il confesse quelques surprises, tout cela en évitant les magazines jugés trop violents ou trop érotiques.
Pour gagner du temps, il zappe sur les titres déjà édités par la concurrence. Comme il le dit lui-même, il est « mauvais perdant », il ne lit donc plus les mangas qu’il a ratés.
Par contre il continue de lire, logiquement, les œuvres qu’il édite, pour en connaitre la suite, anticiper les changements et adapter la publication.

Quand un titre a attiré son attention, il en parle avec Adeline (LABORIE) puis avec Fabien (VAUTRIN). Si le titre passe ces premiers filtres, il est présenté au comité de direction d’Univers Poche qui va statuer sur la pertinence de faire une offre ou non.

C’est le duo Adeline/Grégoire qui décide de l’offre qui sera faite à l’éditeur japonais selon le potentiel de l’auteur, en comparant aux ventes de titres équivalents, avec souvent une part d’instinct dans la balance.
Bizarrement, Grégoire avoue qu’il se « plante » plus souvent sur du shônen, censé être « le produit le plus facile », alors que quand il joue le jeu de « l’originalité », comme avec Jésus & Bouddha ou avec Pokémon (qui avait été un échec chez Glénat), la réussite est plus régulièrement de la partie !

Dans le “trio Kurokawa” (Adeline/Grégoire/Fabien), Greg est celui qui donne les directives, les idées, les tendances générales. Il est le métronome du label.

Il relit quasi tous les volumes publiés par Kurokawa afin de proposer le meilleur produit possible, et même deux fois quand ce sont les premiers tomes d’une série ou un manga Pokémon (dont l’ayant-droit est très pointilleux).
Il s’attarde aussi beaucoup sur les titres d’humour pour s’assurer que tout fonctionne, et sur les titres Saint Seiya car les fans de la licence sont très critiques quant à la traduction.

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Grégoire s’occupe aussi de briefer les équipes commerciales du distributeur Interforum pour leur permettre de bien connaitre les titres Kurokawa et de les proposer aux libraires. Tous les deux mois il doit leur présenter les nouveautés.
Quand il est absent, c’est Adeline qui s’en charge à l’aide d’une vidéo que Greg a préparé pour l’occasion. Il lui est même arrivé d’en tourner une dans un temple japonais !

En tant “qu’image” publique de Kurokawa, il est de son rôle de répondre aux journalistes et de représenter l’éditeur dans les médias. Navigant dans l’industrie “japonisante” depuis 1991, il est un visage connu et reconnu qui n’hésite pas à parler et à défendre ses titres.

Trois fois par an il se rend au Japon pour rencontrer les éditeurs nippons, entretenir les relations, découvrir les nouvelles tendances et licences qui marchent là-bas.

Malgré ses dix ans à la tête du label, il n’a pas peur de tourner en rond notamment grâce aux nouveaux défis qui se profilent comme l’opportunité de faire partie de la « révolution numérique » qui s’opère dans la culture en apportant sa « petite pierre à l’édifice » avec en point de mire, d’ici une quinzaine d’années, une consommation numérique du manga normale sans « voler ».

Grégoire travaille dans le bureau Kurokawa en compagnie d’Adeline, autrefois plutôt exigu mais qui qui a récemment gagné quelques mètres carrés après avoir été déplacé.

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Adeline LABORIE : Responsable de la coordination éditoriale et des relations avec la presse

C’est la seule salariée d’Univers Poche du “trio Kurokawa”.
Initialement, elle était à cheval sur deux postes au sein d’Univers Poche mais elle a très vite souhaité être à 100% sur Kurokawa, passion pour le manga oblige..

Désormais, Adeline est responsable de la coordination éditoriale. Elle gère les offres, les contrats et le suivi administratif du label, sans elle Kurokawa fonctionnerait beaucoup moins bien. Elle suit les projets en cours et répond aux diverses demandes des éditeurs ou des agents japonais.

Elle est responsable du suivi éditorial. Elle gère donc les traducteurs, leurs contrats et leurs plannings. Elle demande les visuels aux japonais et gère une partie des validations. Elle suit la fabrication des livres conjointement avec Fabien (VAUTRIN) et la fabricante.

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Adeline est en charge, de plus, de la stratégie de communication de la marque. Elle gère une partie des lancements des nouvelles séries : réalisation de supports de communication, envoi de service de presse…
Elle briefe l’agence de communication pour la création de certains communiqués de presse tels que la brique de lait pour Silver Spoon ou le masque pour Ultraman. Elle est chargée d’organiser les venues d’auteur comme celle de Yûki KODAMA lors du Salon du Livre de Paris en 2015.
Elle répond aux sollicitations de la presse quant aux besoins en visuels et supports divers, dans une certaine mesure elle tient un rôle de relation presse.
Elle relit tout ce qui s’écrit sur Kurokawa et toutes les interviews données, afin de toujours savoir ce qui se dit et la façon dont le label est perçu.

Elle participe aux choix éditoriaux de la collection. Au départ, c’est Grégoire (HELLOT) qui les repère, lui présente et ils finissent par en discuter à trois avec Fabien pour déterminer s’ils vont, ou non, faire remonter le titre à la direction pour envisager une proposition. S’il est décidé de faire une proposition commerciale à l’ayant-droit japonais, Adeline travaille avec les différents services d’Univers Poche pour présenter un projet de lancement cohérent.

Chez Univers Poche, Adeline est la référente Kurokawa, c’est le “centre névralgique” du label.

Elle travaille dans le seul bureau estampillé “Kurokawa” de l’immeuble, où s’empilent des tas de bouquins et de magazines divers.

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Fabien VAUTRIN : Directeur artistique / Conseiller en stratégie éditoriale

Troisième larron du “trio Kurokawa”, quand on demande à Fabien quel  est son rôle au sein de Kurokawa, il répond, après une longue hésitation, qu’il s’occupe de « beaucoup de choses ».
Plus précisément de nombreuses choses différentes.

Avant tout directeur artistique de Kurokawa, il est de sa charge de concevoir les logos des titres, les couvertures ainsi que les supports de communication et de marketing (notamment les PLV et la publicité). Au final toute la partie visuelle de l’identité de l’éditeur est de son ressort, représentant une masse de travail assez importante.
Le lettrage des mangas n’est, en théorie, pas dans son périmètre  mais il lui arrive d’en faire, notamment sur les titres traduits par son épouse et adapté par lui-même (comme Silver Spoon).

Outre cette fonction, il tient aussi le rôle de « conseiller en stratégie éditoriale ». Ce qui signifie, en clair, qu’il travaille avec Grégoire (HELLOT) et Adeline (LABORIE) au choix des licences, notamment en donnant son avis sur les titres repérés par le directeur de collection, en travaillant conjointement à la façon de vendre les titres édités, et en injectant dès le début des idées de design pour les livres.
Malgré tout son avis n’est que consultatif, Grégoire ayant toujours le dernier mot.

Au final, quel que soit le titre, ils essaient toujours de proposer quelque chose lors de la sortie : que ce soit un extrait, une édition spéciale, de la communication… Aucun manga ne doit sortir chez Kurokawa dans l’anonymat le plus total.

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A l’origine c’était Fabien qui était en charge des réseaux sociaux, charge qu’il a abandonné il y a trois ans pour pouvoir pleinement se consacrer à ses autres tâches. C’est désormais la sémillante Charlotte qui a repris le flambeau et anime la communication web de l’éditeur avec un dynamisme certain.
Comme il le dit lui-même, Kurokawa est « très ancré » dans cette culture de la communication sur le web au travers de leur blog, de Facebook et de Twitter où l’éditeur est très actif.

Pour One-Punch Man, leur gros enjeu de l’année 2016, tous les services ont mis la main à la pâte pour proposer la meilleure offre possible car c’était un titre qui était ardemment désiré.
Une fois la licence obtenue, Fabien à beaucoup travaillé sur les supports de communication avec un teaser, 5 à 6 PLV différentes (dont des spéciales pour la Fnac ou les grandes surfaces), des posters pour les magasins, des affiches pour le métro, des publicités dans la presse…

« On essaie de kiffer ce que l’on fait, de prendre du plaisir. Si on n’est pas content de notre travail, comment les gens le seraient ? »

A l’instar de Grégoire, Fabien est un freelance avec un contrat de longue durée le liant à Kurokawa. Il travaille majoritairement depuis chez lui mais se déplace régulièrement dans les bureaux de l’éditeur, notamment pour vérifier les cromalins, discuter des nouveaux titres et rencontrer ses différents interlocuteurs.

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A propos de Kubo

Kubo
Enfant de la « génération Club Dorothée », c'est un gros lecteur de mangas shônen, particulièrement ceux issus du Weekly Shônen Jump et des publications Shueisha en général, mais l’âge aidant ses lectures s’orientent de plus en plus vers les seinen.

Un commentaire

  1. Kurokawa… cet éditeur ô combien mystérieux à mes yeux qui ne pèse même pas 20 mangas dans mes ~2900, et dont le dernier titre en date qui m’ait intéressé était Civilization Blaster.

    Autant, j’ai énormément de sympathie envers les deux hommes du trio (très grande surprise d’apprendre d’ailleurs la nature de leur contrat freelance les liant à l’éditeur), autant leurs parutions me passent complètement au travers.
    J’ai adoré l’anecdote qu’avait révélée F.V. à Jonetsu au sujet du logo de Blood Lad qui avait fait fureur auprès d’éditeurs étrangers ainsi que pour l’anime.

    Je sais juste qu’il s’agit d’un éditeur qui fait plutôt mouche dans ses titres (qui fait partie du top 5 depuis des années) et qu’il n’inonde pas le marché comme bien d’autres, peut-être la raison pour laquelle il passe inaperçu à mes yeux.

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