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[Portrait] Dominique VÉRET, fondateur de Tonkam et d’Akata

Dominique VÉRET a œuvré dès les premières heures du manga en France, passionné de BD internationale et de culture, on lui doit la fondation de la librairie Tonkam, à Paris, la création des éditions du même nom, l’organisation de nombreux événements, et, depuis quelques années, la direction de collection des mangas Delcourt, puis le lancement des Éditons Akata.
Portrait d’un enfant terrible du manga qui n’a pas sa langue dans sa poche !

Les débuts

Dominique VÉRET est un enfant de la bande dessinée. Il se définit comme étant de la première génération « qui lut autant de littérature que de BD. Avant nous on ne lisait que de la littérature ».
Il grandit, dans les années 60, avec des classiques comme Tintin, Spirou, le journal Pilote et les BD de gares.

C’est un sacré personnage, connu et reconnu pour ses coups de gueule mémorables et pour son franc parlé intransigeant.
Ayant grandi dans la France post-soixante-huitarde, où la contestation est à son comble, il a été ce qu’on appelle un « fumeur de pétards », et aussi consommateur de LSD quand sa génération était psychédélique. Des expériences, l’homme en vivra de multiples, toujours attaché à sa dualité militante et spirituelle.

Peu porté sur les études (il a arrêté ses études en seconde), Dominique se cherche plusieurs années, avant d’opter pour une orientation professionnelle en adéquation avec ses goûts : la BD.
Émancipé, sur les conseils d’un juge, à 18 ans (alors que la majorité était encore à 21), il se retrouve à travailler pour France Loisirs, au service des retours.
C’est là qu’il découvrira que les ouvrages abîmés sont revendus à des brocanteurs spécialisés.

Cette expérience va faire tilt.
En 1976, il a 20 ans, et va se mettre à racheter les invendus de grands éditeurs comme Dargaud, Le Lombard, Glénat, Les Humanoïdes Associés… pour les revendre sur son stand aux Puces de Montreuil.
Là, sa petite affaire va s’élargir aux collectors de tous poils et à l’occasion.

Il fera très tôt une rencontre décisive dans ce que sera sa vie.
Lors d’une soirée passée dans la boîte de nuit rock Le Gibus, il fait la connaissance d’une fille « avec une dégaine de punk ». Cette punkette c’est Sylvie CHANG, qui deviendra sa femme et sa plus fidèle associée.

Dominique traînera ses guêtres aux Puces de Clignancourt, à Montmartre, puis reviendra à Montreuil, où tout a commencé.
C’est là qu’il ouvrira sa première vraie boutique : Hopaline Cassidong, toujours axée sur la BD.

Très porté sur les arts-martiaux et sur ce qu’ils véhiculent, il se lance dans la boxe thaïlandaise. Organisateur d’une soirée boxe thaï et baston au festival d’Angoulême dans les années 80, il ira même jusqu’à s’occuper d’un club de boxe thaï à la demande de son professeur Pornthep MAISOMDET (Jocky Gym, Bangkok), du milieu à la fin des années 80, ‘L’Alsace de Bagnolet’ à Bagnolet, Seine Saint-Denis.

Intéressé par tous les genres de bandes dessinées, Dominique se penche très tôt sur le cas des comic books. Pas trop les super-héros, « ça n’a jamais trop été ma tasse de thé, le héros patriotique américain je m’en bas les couilles » dira-t-il, mais plutôt les comics underground, les contestataires.

Éternel curieux, il observe l’intérêt grandissant des “gamins” pour le dessin animé japonais, depuis les premières diffusions d’Antenne 2 à celles de La Cinq et du Club Dorothée.
Il voit arriver tous ces jeunes qui se réunissent devant la librairie parisienne Junku. Et les mêmes de créer peu de temps après le fanzine Animeland.

La librairie Tonkam

tonkam logoC’est en 1988 qu’il fonde la librairie Tonkam. Toujours aux Puces de Montreuil, plus précisément dans la rue Eugène VARLIN à Bagnolet.
88 étant l’année du dragon, c’est tout naturellement que le logo se parera de l’animal mythique, dessiné par l’artiste Mezzo. Le nom de la boutique est plus ésotérique, et reflétera les expériences vécues par Dominique en Thaïlande.

Vont y être écoulés des comics books, mais aussi les premiers mangas traduits qui sont accessible : ceux édités aux États-Unis, par des éditeurs comme Dark Horse, qu’il fait importer sur notre territoire.

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A propos de Kubo

Kubo
Enfant de la « génération Club Dorothée », c'est un gros lecteur de mangas shônen, particulièrement ceux issus du Weekly Shônen Jump et des publications Shueisha en général, mais l’âge aidant ses lectures s’orientent de plus en plus vers les seinen.

8 commentaires

  1. dossier très intéressant.

    c’est de ce genre de personnalité qu’ils nous manque dans l’édition. bon courage à lui ainsi qu’aux édition Akata

  2. Je n’ai malheureusement pas connu le Tonkam de la grande époque, mais j’ai eu l’occasion d’aller à la librairie une fois avant sa fermeture.
    Par contre, j’ai découvert bon nombre de shôjos loin des antipodes niais qui collent un peu au genre grâce à certains titres du partenariat Akata x Delcourt.
    C’est pour ça que depuis, je suis de près et presque les yeux fermés certaines sorties car on sait qu’il y a une ligne éditoriale derrière, que le choix d’éditer tel titre n’a rien d’anodin.

    Je ne me lasse jamais de lire un article à propos de ce Monsieur, aussi caractériel que passionné qui n’hésite pas à dire des vérités qui peuvent déranger.
    Particulièrement d’accord avec l’un des derniers points qu’il aborde sur le « journalisme » actuel qui s’apparente de plus en plus à de la publicité/communication déguisée (et je passe sur le cas du secteur des youtubeurs sponsorisées).

    • Kubo

      Dominique est quelqu’un qu’on pourrait qualifier de « nature », de « vrai ».
      Le milieu de l’édition est, globalement, assez aseptisé, malgré les coups bas, et au milieu de tout ça tu le trouve lui, qui dit ce qu’il pense ! ^^;

      Ses convictions sont si fortes que son catalogue s’en ressent.

      Ce qui est drôle c’est de discuter de lui avec les gens qu’il a chapeauté à Tonkam. Presque à chaque coup les mecs l’adorent, et te confient tout ce que ce mec leur a apporté.

      Et last but no least, malgré tout ce qu’il a fait, il t’accueille toujours aussi bien, toujours aussi simplement, sans prise de tête.

  3. Dossier intéressant sur une figure du milieu. Même si on peut ne pas être d’accord sur tous les points avec les positions très marqué de Mr Veret, son implication et ses convictions sont incontestablement un apport précieux pour la diversité de l’édition.
    Je souhaite bonne chance aux Editions Akata pour la suite et qu’ils continuent à nous dénicher des titres aussi intéressant malgré les difficultés actuelles.

    • Kubo

      Je continue de penser que si le marché français du manga est aussi riche de diversité, c’est, en grande partie, parce que ce gars a eu le courage de sortir des titres différents (comme Amer Béton ou Bouddha) dont le succès n’était pas évident, là où les autres se battaient pour avoir les blockbusters.

      • D’accord sur ce point! J’ai aussi beaucoup de respect pour ce qu’il a fait dans le manga. Il n’a pas sa langue dans sa poche mais je le trouve très chaleureux et sans chichi le peu que j’ai pu lui parler. Sa manière de s’emporter donne parfois lieu à des moments collectors 😉 .

  4. Ses choix de titre sont en adéquation avec ce que je cherche dans le manga. C’est un sacré personnage, mais faut reconnaître que ses choix de titres forcent le respect.

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