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[Dossier] Osamu TEZUKA, retour sur 20 ans de publications

Par commodité et simplification Osamu TEZUKA a souvent été résumé comme l’inventeur du manga. Au fil des années l’image de l’auteur s’est affinée, son image de créateur s’est transformée en celle du père du manga moderne, une qualification plus respectueuse de l’Histoire du manga. Il a su insuffler dans ses récits une narration dynamique, inspirée des nombreuses références américaines ou occidentales qu’il a engloutit pendant sa jeunesse et ainsi donner ses lettres de noblesse au manga. 

Durant sa vie, TEZUKA a pu réaliser une quantité impressionnante d’oeuvres, elles ont été rassemblées par l’éditeur japonais Kodansha à la fin des années 70. C’est la collection « Osamu TEZUKA Complete Manga Works », elle représente 400 volumes regroupant plus de 40 ans de carrière allant de 1946 à 1989.
Les oeuvres de TEZUKA sont parvenues en France via la télévision avec Astro Boy, Princesse Saphir ou encore Le roi Léo, mais le nom de TEZUKA reste souvent inconnu dans l’hexagone. Très tôt les éditeurs ont commencé à traduire des oeuvres du maître, mais au vu de la pléthore de titres, le choix n’était pas évident pour eux. 

Dans ce dossier nous allons pouvoir revenir sur l’historique complet de publication des ouvrages liés à TEZUKA, faire le point sur les disponibilités actuelles, les alternatives et ce que nous réserve le futur.

Au programme :

  • 1996 : TEZUKA dans les Starting-blocks
  • 2003 : La TEZUKA Mania s’amorce
  • 2006 : L’engouement bât son plein
  • 2008 : Une sur-publication excessive
  • 2010 : La TEZUKA Mania s’essouffle
  • 2012 : TEZUKA, l’auteur oublié
  • Que nous réserve 2018 !
  • C’est l’heure du bilan
  • Comment découvrir TEZUKA en 2018.
  • Sortir des frontières !
  • Quels titres espérer pour le futur ?
  • Un dernier mot

1996 : TEZUKA dans les Starting-blocks

En 1990 Akira débarque en France dans son édition couleur. Puis en 1993 c’est au tour du premier volume de Dragon Ball. Ces deux séries sont publiées par Glénat, éditeur de la première heure sur le marché du manga.

Dès 1996, l’éditeur lance trois séries emblématiques du maître : Le roi Léo (3 volumes) qui raconte les aventures d’un lionceau découvrant la modernité et les Hommes. Cette oeuvre inspira d’ailleurs des passages du Roi Lion de Disney. Vient ensuite Astro Boy (32 volumes) la série emblématique de l’auteur avec son robot justicier et Black Jack (25 volumes), conte noir sur la médecine moderne. L’éditeur mise avant tout sur la renommée internationale et la diffusion de l’animé d’Astro Boy et Le roi Léo. 

Sur ces trois séries seule Le roi Léo fut complète. Astro Boy et Black Jack sont stoppés au bout de 12 volumes. Le marché n’est clairement pas prêt, l’édition cartonnée typique de l’éditeur de l’époque est discutable et le choix d’allonger artificiellement le nombre de volume n’aidera pas les lecteurs à investir dans la série. Astro Boy était prévu en 32 volumes au lieu de 23 et Black Jack en 25 volumes au lieu de 17. Cette expérience aura refroidi l’éditeur pour de nombreuses années. 

Dès l’année suivante en 1997, un second éditeur suit le mouvement, Tonkam, il publie intégralement La vie de Bouddha (8 volumes) qui narre de manière romancé la vie complète de Bouddha et L’histoire des 3 Adolf (4 volumes) oeuvre complexe qui se déroule pendant la seconde guerre mondiale, deux oeuvres maîtresses de l’auteur. L’éditeur se concentrera surtout sur des titres sortis dans les années 70 et 80.
Il faudra attendre l’année 2000 pour que Tonkam publie l’oeuvre qui accompagnera toute la carrière de TEZUKA : Phénix, l’oiseau de feu (11 volumes), série d’histoires traitant de la renaissance et de l’immortalité. À noter qu’un volume de Phénix reste inédit à ce jour. L’éditeur publiera aussi un recueil d’histoires courtes de science-fiction : Le cratère (2 volumes). Les éditions sont correctes pour l’époque mais loin des standards d’aujourd’hui.

Fin 2002 c’est 7 séries publiées qui représenteront au total 52 volumes.

2003 : La Tezuka Mania s’amorce

En 2003 un troisième éditeur se lance timidement dans la course, il s’agit de Delcourt, il publie en premier Ayako (3 volumes), l’histoire dramatique d’une jeune fille qui reste enfermée toute sa jeunesse dans un Japon en pleine reconstruction. L’édition est standard mais reste correcte même aujourd’hui. L’éditeur fait le choix d’adopter une charte graphique sur sa collection. Sa ligne directrice sera surtout composée d’oeuvres des années 70.

À partir de 2004 c’est l’effervescence, les éditeurs prennent conscience du manque de présence de l’auteur et tour à tour décident de publier un maximum d’oeuvres. Asuka un nouvel éditeur important arrive, il décide de mettre les moyens et reprend l’oeuvre injustement stoppée Black Jack (17 volumes) et publie intégralement la série. Ce dernier traduit dans la foulée Nanairo Inko (5 volumes), série qui montre l’amour de TEZUKA pour le théâtre. La majorité des oeuvres publiées par l’éditeur se situera entre les années 60 et 80.
L’éditeur a fait le choix du format bunko que Glénat avait expérimenté avec L’école emportée quelque temps plus tôt. Ce petit format permet de publier à bas coût mais ne fait pas honneur aux oeuvres du fait de sa petite taille, toutefois la qualité générale de l’objet reste au rendez-vous.

Toujours en 2004 Tonkam pursuit sa lancée avec L’arbre au soleil (8 volumes) qui raconte la vie de son arrière grand-père alors médecin et MW (3 volumes) l’histoire très noire d’un psychopathe sans état d’âme. L’histoire des 3 Adolf (4 volumes) connaît une réédition, l’éditeur change les couvertures et apporte une nouvelle traduction mais garde le même format. C’est surtout La vie de Bouddha (8 Volumes) qui aura droit à une magnifique édition grand format d’excellente qualité.

Cette année marque le début de la publication des oeuvres créés par Tezuka Production, l’entreprise qui gère les droit de l’auteur. Régulièrement Tezuka Production commande des reboots à la nouvelle génération de mangaka ou des histoires s’inspirant de l’univers. Jusqu’ici, seules ses oeuvres ont été publiées, c’est alors que Casterman choisira de publier Osamu Tezuka Biographie (4 volumes) narrée en manga par Tezuka production, un excellent moyen de découvrir sa vie de façon simple et accessible dans leur collection Écriture en très grand format. Ce sera la seule publication sous le label Casterman.

Asuka s’essaye au spin-off avec Ray (7 Volumes), oeuvre oubliable de Akihito YOSHITOMI qui se sert du mythe de Black Jack pour attirer un lectorat fan de l’auteur. C’est d’autant plus regrettable que l’oeuvre nous fait miroiter la venu du médecin en noir tout le long sans jamais le voir. Il faudra attendre 2007 avec Ray+ (1 volume) pour enfin avoir droit à un vrai spin-off.

Fin 2004 c’est 9 nouvelles séries publiées qui représenteront au total 59 volumes supplémentaires.

Deux ans après Ayako, en 2005, Delcourt continue sa collection avec deux nouveaux titres : Barbara (2 volumes) qui raconte la vie complexe d’un artiste et parle de la création artistique, et Kirihito (4 volumes) qui narre le tragique destin d’un médecin atteint d’une maladie rare. Gardant les couleurs de la collection, l’édition contenue dans la lignée d’Ayako.

Asuka publie L’enfant aux trois yeux (8 volumes) proposant un voyage mystique et fantastique et Vampires (3 volumes) racontant l’histoire de loups-garous ! Oui ! Toujours au format bunko.

C’est aussi l’arrivée de quatre nouveaux éditeurs. Neuf éditeurs différents publient alors les oeuvres de TEZUKA. Il semble que cette année là bon nombre d’éditeurs veulent avoir un titre de l’auteur à son catalogue.

Cornélius se lance dans la publication d’oeuvres des années 60, le premier titre publié est Prince Norman (3 volumes) une oeuvre de science-fiction interplanétaire avec des êtres aux pouvoirs surnaturels. L’éditeur choisit un grand format aux couvertures typiques de leur ligne éditoriale.

Soleil lance deux titres dont le classique Princesse Saphir (3 volumes) le classique qui revisite les contes de princes et de princesses et Unico (2 volumes) une histoire pour les plus jeunes avec une licorne. L’éditeur orientera ses choix éditoriaux vers des titres accessibles aux plus jeunes. L’édition est classique et ne sont pas des standards de l’époque.

Taïfu Comics entre dans le jeu et choisi de publier les oeuvres les plus anciennes en choisissant en premier Metropolis (1 volume) datant de 1949 ! Le manga créé à partir de l’affiche du film éponyme. L’édition reste standard mais de très bonne qualité.

Génération Comics se manifeste avec la publication d’Astro Boy (3 volumes), ce n’est pas l’original mais le remake de 2003 dessiné par Akira HIMEKAWA réalisé pour fêter la naissance théorique du robot dans le manga original.

Fin 2005 c’est 9 nouvelles séries publiées qui représenteront au total 29 volumes supplémentaires.

2006 : L’engouement bât son plein

Nous sommes en 2006, déjà 10 ans que les premières oeuvres de TEZUKA sont parues en France. Cette année sera aussi une excellente année pour l’auteur.
Les Éditions Fleurus manga publie L’atelier Manga : Astro Boy qui nous permet d’apprendre à dessiner Astro Boy et le mette en mouvement dans une case . Une publication de Tezuka Production réalisé par Junji KOBAYASHI un animateur de nombreux films et séries animées.

Asuka publiera Ludwig B. (2 volumes) une fresque inachevée sur Beethoven, et l’art book Black Jack – Illustration Museum au format bunko ! Choix étrange pour un recueil d’illustration. Surfant sur la renommé de Black Jack, le remake de Kenji YAMAMOTO Black Jack – Le Médecin en Noir (3 volumes) est publié, il reprend la trame des histoires d’origine sans vraiment convaincre, toutefois la publication sera dans une édition classique.

Casterman sort un nouveau titre sous son label Sakka : I.L (1 volume), l’histoire d’une femme caméléon. Il sera publié dans un grand format dans la lignée de la collection Sakka.

Cornélius publie une nouvelle oeuvre des années 60 : Hato toujours plus haut! (3 volumes), oeuvre particulière mélangeant conte illustré et manga classique dans l’ambiance d’un conte de légende Japonaise.

Un nouveau venu apparaît timidement, il s’agit de la maison d’éditions Milan avec son label Kanko, et publiera au format bunko Avaler la terre (2 volumes) où l’on suivra 7 filles exécutant le plan machiavélique de leur défunte mère.

Toujours en 2006, Soleil publie Don Dracula (2 volumes) au format bunko, oeuvre légère et comique avec des vampires ainsi que le spin-off de Princesse Saphir dessiné par TEZUKA : Les enfants de Saphir, titre dispensable reprenant les couleurs de son ainé.

Delcourt continu de son coté avec 2 nouveaux titres, Demain les oiseaux (1 volume) une excellente oeuvre d’anticipation où des oiseaux remplacent l’humanité et Dororo (4 volumes) qui lorgne sur les terres de Shigeru MIZUKI avec son héros qui doit combattre des démons pour retrouver son corps. Les deux séries respectent toujours la charte de la collection de l’éditeur et restent dans le même format.

Delcourt ne s’arrête pas en si bon chemin et lance la collection Histoires pour tous (20 volumes). Cette collection regroupe de nombreuses histoires courtes réparties dans bon nombre de ces oeuvres. Une excellente opportunité de découvrir tous les genres de l’auteur, mais cette collection a le défaut de publier partiellement des ouvrages de la « Osamu TEZUKA Complete Manga Works ».
Dans cette dernière nous pouvons bénéficier de l’intégralité des titres suivants : Flying Ben, Grand Dolls, Lion Book 1, 2 et 5, SF Mix, Shinsengumi et Tiger Book 4. Mais partiellement de ceux-là : Daibousou, Godfather no Musuko, Kami no Toride, Lion Book 3, 4, 6 et 7, Rakuban, SF Fancy Free, Tiger Book 1 3 et 5 à 8, Yoru yo Sayonara. Bonus appréciable un chapitre inédit du Cratère est présent.
La collection a sa propre charte graphique mais reste dans la lignée des autres publications de l’éditeur.

Fin 2006 c’est 12 nouvelles séries publiées qui représenteront au total 41 volumes supplémentaires.

En 2007, la Tezuka Mania auprès des éditeurs continue et le nombre de sortie reste stable. Il faut dire qu’en l’espace de 3 ans, 29 nouvelles séries sont sorties ou sont en cours de publication, ce qui représente l’investissement de 128 volumes ! Sans oublier les 52 volumes des acheteurs de la première heure.

Asuka se fait plus timide en publiant seulement Ray + (mentionné plus haut) et Midnight (4 volumes), une des séries les plus difficiles à trouver à ce jour, reprenant l’ambiance de Black Jack mais avec un chauffeur de taxi et ce toujours en format bunko.

Delcourt publie sa dernière nouveauté jusqu’à ce jour avec une oeuvre des années 50 : La légende Songoku (4 volumes) reprenant à la sauce TEZUKA le célèbre roman chinois Saiyuki le voyage en occident qui a inspiré bon nombre de manga comme Dragon Ball. Point étonnant il ne respecte plus la charte graphique mise en place par l’éditeur.

Soleil publie aussi aussi son dernier manga original de TEZUKA à savoir Triton (3 volumes) qui narre le combat de Triton contre la famille de Poseïdon. La série reste toujours au format bunko.

Taïfu comics publie le second volet de la trilogie de science-fiction démarré avec Métropolis en 2005, à savoir : Lost World (1 volume) de 1948 qui nous transporte dans un île peuplée de dinosaures.

L’éditeur Milan publiera son dernier TEZUKA avec Tonkaradani (1 volume), recueil d’histoires courtes de contes pour enfants. L’édition sera dans une taille standard et non plus en bunko.

Il reste encore Tonkam qui réédite Phenix, l’oiseau de feu (11 volumes) dans une nouvelle édition. Sept ans plus tard l’oeuvre retrouve une seconde vie mais l’édition n’a rien d’exceptionnel, elle reste dans le même format que l’ancienne. De plus il manque toujours un volume à traduire.
L’éditeur publiera cette année la dernière nouveauté de son catalogue à savoir Shumari (4 volumes), oeuvre traitant des Aïnous et du virage brutal de la modernité Japonaise, ce titre est aussi difficile à se procurer que Midnight, et il avait bénéficié d’une édition de qualité au format standard.

Fin 2007 c’est 8 nouvelles séries publiées qui représenteront au total 29 volumes supplémentaires.

2008 : Une sur-publication excessive

L’année 2008 signe la fin de l’engouement pour la publication des oeuvres du maître. Malgré des nouvelles éditions, de nombreux titres commencent à être en rupture toutefois cela n’a pas empêché d’avoir des nouveautés cette année là.

Taïfu Comics fini sa trilogie avec Next World (2 volumes) de 1951, cette fois l’auteur nous raconte d’expérimentation et de bombes atomiques. Il semble que l’éditeur n’avait pas d’autres ambitions que de faire découvrir les oeuvres de jeunesse et ne publiera plus de nouveaux titres.

Asuka publie une superbe version grand format « intégrale » de Vampire (1 volume). Hélas cette intégrale ne reprend que les deux premiers volumes de l’édition originale comprenant seulement le premier arc narratif. Le second arc étant incomplet et présent uniquement avec le volume 3 de l’édition précédente. Choix marketing discutable sur cette appellation.
Ils publient aussi Black Jack Neo (2 volumes) de Masayuki TAGUCHI, manga qui revisite intégralement l’oeuvre originale. Un bel hommage, même si l’exécution reste moyenne.

La publication la plus marquante est celle de l’édition format Deluxe de Black Jack (17 volumes). Stoppé par Glénat, repris en petit format par Asuka, cette série méritait d’avoir une édition à sa hauteur. L’éditeur mettra le paquet et éditera même un volume 0 reprenant des histoires intégralement en couleur. Toutefois l’histoire se compliquera rapidement pour cette édition nous reviendrons sur ce sujet plus loin.

Tonkam éditera une magnifique édition Deluxe de L’histoire des 3 Adolf (4 volumes) et qui signera la dernière publication sous le nom de Tonkam.

Cornelius publiera une nouvelle oeuvre de science-fiction : Kaos (3 volumes) oeuvre abordant la condition l’être humain sur fond de grands mythes classiques tels que Cain et Abel ou Robinson Crusoé, précédée par Le château de l’aurore (1 volume) qui se situe dans un Japon féodal où de mystérieux accidents surviennent lors de la construction d’un château.

Contre toute attente un nouvel éditeur apparaît, il s’agit de Kana. Resté à l’écart de la course entre les éditeurs, Kana propose Ikki Mandara (1 volume), cette oeuvre se situe en Chine avec une héroïne qui résiste aux tourbillons de l’Histoire. L’édition de type omnibus est assez basique et regroupe plusieurs volumes dans un format classique carré-collé.

Fin 2008 c’est 8 nouvelles séries publiées qui représenteront au total 27 volumes supplémentaires.

L’année 2009 est marquée par l’arrivée de deux excellents ouvrages sur le maître. Jusqu’ici seuls les mangas de l’auteur étaient traduit. Certains éditeurs comme Asuka avaient réalisé un travail éditorial en fin de volumes présentant les grandes lignes de sa vie et un listing des oeuvres disponibles, mais aucune analyse ou biographie complète.
C’est chose faite avec les Éditions H : Osamu TEZUKA : dissection d’un mythe comportant une histoire courte en fin de volume et l’énorme livre rouge Osamu TEZUKA : Le dieu du manga d’Helen McCARTHY aux éditions Eyrolles illustré de superbes images. 

Cornélius publie Sarutobi (1 volume) où l’on suit les tribulations d’un shinobi, ce sera son dernier tome. Le titre Captain Ken aurait pu en faire partie, mais depuis 2009 l’éditeur semble vouloir vider ses stocks en proposant des packs de ses titres.

La femme insecte (1 volume) narre l’histoire mystérieuse d’une jeune femme qui réussit tout ce qu’elle entreprend. Ce sera la seconde et dernière publication des éditions Casterman sous le label Sakka, signant ainsi la fin de sa présence.

Kana, fraîchement arrivé l’année précédente publie Gringo (1 volume) dans le même format que Ikki Mandara. Gringo est une des dernières oeuvres inachevées de TEZUKA qui raconte l’histoire d’un Japonais envoyé par son entreprise qui souhaite s’exporter en Amérique du Sud.
L’éditeur annonce la publication d’Astro boy Anthologie (6 volumes) l’éditeur ne prendra pas le risque de publier les 23 volumes originaux. À l’origine 5 volumes sont prévus, mais un 6ème se rajoutera en complément de Pluto en 2012. C’est regrettable de ne pas avoir continué avec de nouveaux volumes si les ventes étaient suffisamment importantes pour ce genre de titre.

L’année 2009 sera aussi complétée par deux titres de TEZUKA production. Doki-Doki apparait pour l’unique titre Dämons (13 volumes) de Hideyuki YONEHARA, un très bon shonen d’action, l’éditeur utilisera l’image de l’auteur pour mettre en avant son titre. Le scénario est inspiré du manga Melody of iron, toutefois l’oeuvre originale reste toujours inédite en France. 

C’est le grand retour de Glénat qui n’avait plus rien publié depuis ses débuts. L’éditeur choisira des titres pour les enfants en bas âge : Astro et ses Amis (4 volumes) réalisé par Tezuka Production. Ces livres, qui abordent le design TEZUKA moderno, ont pour thèmes les couleurs, les chiffres, le corps humain ou encore la politesse. Niveau de Kawaï over 9000 !


Fin 2009 c’est 11 nouvelles séries publiées qui représenteront au total 26 volumes supplémentaires.

2010 : La TEZUKA Mania s’essouffle

À partir de 2010 les sorties commencent à se faire de plus en plus rares.
Kazé revient une dernière fois et réédite Le roi Léo (3 volumes) dans un très grand format destiné aux enfants. Une édition deluxe était prévue mais celle-ci n’a jamais vu le jour. Ce sera d’ailleurs la seule sortie des oeuvres originales de TEZUKA cette année.
L’édition Deluxe de Black Jack connait des déboires, la série a une première interruption au 5ème volume, elle reprend sporadiquement à hauteur d’un ou deux volumes maximum par an jusqu’en en 2014 avec la sortie du volume 12, puis plus rien jusqu’à l’annonce de l’arrêt de commercialisation en 2017, laissant ainsi la série incomplète. Choix regrettable et discutable sachant qu’ils auraient pu se contenter de rééditer la version bunko qui est déjà indisponible depuis longtemps.

Soleil publiera son dernier manga avec Astro Boy La légende du Chevalier Azur (1 volume) de Akira HIMEKAWA qui avait déjà dessiné le remake de 2003 d’AstroBoy.

Kana marquera un grand coup en publiant Pluto (8 volumes) Naoki URASAWA. Reprenant l’histoire du robot le plus fort du monde d’Astro Boy, Naoki URASAWA revisite intégralement ce récit. Un des rares spin-off de qualité à ne surtout pas manquer. L’histoire originale est disponible dans le volume 6 de l’anthologie de Kana.


L’année 2011 est un année particulière. Quasiment tous les éditeurs de la première heure ont arrêté de publier du TEZUKA.

Delcourt ressort une édition limitée d’Ayako (1 volume) pour les 25 ans de l’éditeur, l’édition se veut luxueuse mais le format n’est pas adapté à ce type d’édition.

Kana publiera un recueil de texte d’Osamu TEZUKA avec Ma vie manga (1 volume). Un excellent livre à dévorer sur la vie de l’auteur raconté par TEZUKA lui-même. Il permet de mieux appréhender sa philosophie et comprendre l’importance de son oeuvre. Un excellent choix éditorial. 

Glénat publiera une histoire pour enfants dans la même lignée de TEZUKA Moderno : Un de Perdu, Dix de Retrouvés! (1 volume). Ce sera aussi la dernière manifestation de l’éditeur.

Particularité de cette année sont les petits éditeurs qui continueront de publier le maître.
L’éditeur Editions H, après sa thèse sur TEZUKA, lance son unique publication : Sous notre atmosphère (1 volume), un recueil d’histoire moderne et sombre qui inclut l’histoire publié dans  Osamu TEZUKA : dissection d’un mythe. 

C’est ensuite FLBLB qui publie deux excellents titres dans une belle édition Alabaster (1 volume) où l’auteur nous fait réfléchir sur la définition de la beauté, et le marquant Debout l’Humanité (1 volume) où des armées de clones humains sont utilisées à des fins serviles. L’éditeur choisi de regrouper plusieurs volumes dans des gros pavés. 

En 2010 et 2011 c’est 9 nouvelles séries publiées qui représenteront au total 18 volumes supplémentaires.

2012 : TEZUKA, l’auteur oublié

À partir de 2012 les sorties se compte sur les doigts de la main.
En 2012 FLBLB publie L’homme qui aimait les fesses (1 volume), recueil satirique et érotique des années 70 qui regroupe deux titres japonais différents et inclut une histoire courte inédite.

Kana publiera Le chant d’Apollon (1 volume) oeuvre de science-fiction sur la quête du bonheur, c’est la dernière publication de l’éditeur à ce jour.

En 2013 seul La grande pagaille du diletta (1 volume) chez FLBLB est publié. Une histoire sur la puissance des médias et leurs influences qui est encore d’actualité de nos jours.
Cette année marque une initiative ambitieuse de l’association Tokiw’Asso. Elle propose une exposition itinérante et gratuite sur TEZUKA, en effet le mangaka n’a jamais eu l’honneur d’être exposé en France. Pour cela ils avaient créé un financement participatif mais celui-ci n’atteindra pas les 30% et le silence de l’association n’arrangera pas la situation. 

En 2014 Isan Manga, l’éditeur de titres patrimoniaux publiant La Nouvelle Île au trésor (1 volume) premier succès commercial de l’auteur, le titre nous emmène dans une aventure mêlant pirates, cannibales ou encore Tarzan ! Mélange atypique des références qu’a engloutit TEZUKA plus jeune. Il était temps que ce titre soit disponible en France. C’est à ce jour la seule publication de l’éditeur.
L’an 2014 rend enfin hommage au maître avec une exposition des planches originales à la galerie Barbier & Mathon à Paris. Une exposition sans prétention, simple et sombre mais qui permettra de découvrir une quarantaine de planches originales choisi par TEZUKA Production. Hormis une planche de Bomba ! Toutes les œuvres présentées étaient déjà publiées en France. 


En 2015 c’est au tour de
Black Box qui publie Mako, Rumi et Chii – Ma vie de famille (1 volume). Dans ce titre nous pouvons voir le quotidien de sa famille et les déboires qu’il rencontre. L’édition est dans les standards de l’éditeur et le papier manque de blancheur. 

Panini (Anciennement Génération Comics) revient avec un spin-off moderne de Black Jack  qui est Young Black Jack (7 volumes en france) de Yugo OKUMA qui narre la période étudiante du médecin. 

En 2016 FLBLB publie Neo Faust (1 volume), seconde adaptation du conte allemand disposé dans un contexte moderne. Ce titre est le 3ème et dernier titre inachevé de l’auteur.

Kana reste présent avec Atom the Beginning (4 volumes en cours) de Tetsuroh KASAHARA qui raconte la jeunesse des créateurs d’Astro.

En 2017 aucun nouveau titre n’est publié, à défaut nous pouvons lire une nouvelle thèse Capter le moment fuyant, Osamu TEZUKA et l’invention de l’animation télévisée de Samuel KACZOROWSKI aux Éditions L’Harmattan. Cet ouvrage est focalisé sur l’impact de TEZUKA sur l’animation Japonaise.

Entre 2012 et fin 2017 c’est 8 nouvelles séries publiées qui représenteront au total 17 volumes supplémentaires en 6 ans.

Que nous réserve 2018 !

Cette année marque l’anniversaire des 90 ans de TEZUKA. Angoulême a su, de façon remarquable, mettre en avant l’auteur lors d’une exposition superbement mise en scène. D’ailleurs un magnifique ouvrage est édité par le festival Manga no Kamisama (1 volume) reprenant l’ensemble des planches et explications présentées à l’exposition (et même plus).

Pika, qui n’avait jamais édité un seul TEZUKA, ressort pour l’occasion Une vie en manga (1 volume) la biographie du mangaka. Un énorme pavé reprenant à la lettre près le travail de Casterman sorti en 2004. D’un coté on ne peut que se réjouir de cette réédition, mais un rafraichissement de la traduction n’aurait pas été de trop.

Delcourt/Tonkam (qui ont entre temps fusionné) a annoncé des réédition de ces titres les plus emblématiques comme Ayako (1 volume) et L’histoire des 3 Adolf (2 volumes) pour Juin prochain. Suivi de La Vie de Bouddha (? volumes), Barbara (1 volume) et MW (1volume) en septembre. Pour le moment pas d’annonce pour Phénix ou d’autres titres de leur catalogue. Cette nouvelle édition regroupera plusieurs volumes et aura une nouvelle charte graphique de toute beauté.

Les 90 ans de l’auteur et la mise en avant du festival d’Angoulême n’auront pas émus les éditeurs. Aucune nouvelles licences ou autres réédition ne sont annoncées chez les autres éditeurs. Il nous reste plus qu’à espèrer que des surprises nous attendent pour les années qui suivent.

C’est l’heure du bilan

Après cet historique détaillé il est l’heure de faire le point.

En 22 ans de parution c’est 239 publications françaises de TEZUKA, 59 de Tezuka Production et 4 hors-séries qui nous sont parvenus, soit un total de 302 livres répartis chez 21 éditeurs différents.
Nous avons pu découvrir 52 séries différentes de TEZUKA et 14 de Tezuka Production, un bilan plus que positif pour notre pays. 

Intégralité des collections françaises + Astro Boy de Dark Horse

Ces 52 séries représentent 212 volumes traduits intégralement et 18 volumes traduits partiellement sur les 400 volumes originaux. Toutefois il reste encore 188 volumes encore inédits en France. Il faut savoir que 18 volumes sont des recueils, des guides ou encore des livres sur les techniques de TEZUKA. Donc en réalité il nous reste encore 170 volumes à découvrir et surtout l’intégralité d’Astro Boy

Comme nous le constatons, ce bilan est extrêmement positif sur la quantité de publication et l’implication des éditeurs depuis ces deux dernières décennies. Il est normal qu’une fois la grande majorité des titres publiés l’engouement s’essouffle et que les sorties se fassent rares. Le vrai problème c’est que depuis quelques années la majorité du catalogue n’est plus disponible. Il donc est difficile pour quelqu’un de rentrer dans l’univers de TEZUKA sans dépenser des fortunes sur le marché de l’occasion.
Notons que Kana est le seul éditeur à avoir encore tous ces titres disponibles.

Liste des disponibilité à la vente
Vert : Disponible – Orange : Partiellement disponible – Rouge : Indisponible

Il est vrai que le mangaka est loin de se classer dans les meilleures ventes et avec la quantité impressionnante de sorties qui y a eu, les ventes n’ont pas suivi et bon nombre de titres ont été des échecs commerciaux, tous les ingrédients pour refroidir de nombreux éditeurs. À défaut de rééditer, les éditeurs auraient du réimprimer au fil des années les volumes manquants. Les rééditions annoncées sont une maigre consolation face à la pénurie actuelle.

Il est clair que l’auteur aura surtout droit à quelques rééditions de titres emblématiques comme le proposera Delcourt/Tonkam. Les nouveaux titres se feront par le biais de petits éditeurs dans des éditions qualitatives onéreuses. Le rythme de sortie des nouveautés risque de ne pas dépasser les 1 à 2 titres par an. Restons positif et réjouissons-nous d’avoir eu la chance qu’autant de titres soient publiés en France.

Comment découvrir TEZUKA en 2018

Comme cité plus haut et avec le peu de disponibilité du catalogue, il va falloir chercher en dehors de vos libraires. Pour cela vous pouvez déjà vous rapprocher de vos médiathèques, certains titres se trouveront facilement, sinon vous pouvez toujours chiner dans les bouquineries ou sur les sites d’occasions. 

Une autre alternative souvent oubliée est le numérique. Sujet à débat, ce dernier apporte bien des avantages comme un excellent confort de lecture avec un matériel adapté ou des prix moins chers que la version papier. Le principal avantage que nous mettrons en avant ici est une disponibilité immédiate en décorrélation avec les stocks physiques. 

Voici la liste des titres actuellement disponibles :

Kana à 4,99€ pièce et 6,99€
Astro Boy Anthologie 1 à 6, Le chant d’Apollon, Atom the beginning (tous les volumes en cours de publication) et Gringo. 

Kazé à 4,99€ pièce
Black Jack Deluxe 0 à 17, Vampire 1 à 3, Nanairo Inko 1 à 5, Midnight 1 à 4, Ludwig B. 1 et 2, L’enfant aux trois yeux 1 à 8, Le roi Léo 1 à 3, Ray +, Black Jack Néo 1 et 2 et Black Jack le médecin en noir 1 à 3,

Panini à 5,49€
Young Black Jack (tous les volumes en cours de publication)

Il est intéressant de remarquer que les versions papiers sont 2 voir 2,5 fois moins cher dans de  nombreux cas, ce qui permet d’accéder à ces titres à bas coût qui font souvent 300 pages.

C’est donc 68 volumes disponibles en mai 2018. Kana ne propose pas tout son catalogue, alors que Kazé, qui a abandonné les versions papiers, continu de proposer l’ensemble de son catalogue et même les titres sorties sous Asuka (à l’exception de Ray et de Black Jack – Illustration Museum)

Les autres éditeurs n’ont pas l’air de vouloir proposer systématiquement leur catalogue en numérique et les petits éditeurs se focalisent surtout sur la diffusion physique.

Sortir des frontières !

Puisque le marché semble au point mort et que le japonais est certainement impossible d’accès pour la majorité des lecteurs, nous pouvons nous pencher vers les publications anglaises. Pour les anglophones c’est une aubaine, pour les autres c’est l’occasion d’apprendre de façon ludique.

Actuellement il y a de nombreux éditeurs étrangers qui publient TEZUKA. Le nombre de publication n’égale pas notre catalogue, mais eux aussi ont été très actifs. Tout comme chez nous, certaines éditions sont en rupture mais le choix reste vaste. 

Nous allons nous intéresser aux titres inédits en France.
Commençons par Dark Horse qui a réédité l’intégralité d’Astro Boy (7 volumes). Il faut avouer que le format Omnibus n’est pas des plus pratiques à lire mais c’est une bonne alternative.

L’éditeur Picture Box Inc. a publié The mysterious underground men (1 Volume), qui nous fera voyager au centre de la terre, un manga de 1948 dans une édition soignée. 

Pour les commander depuis la France, les livres sont disponibles sur Amazon.


Depuis quelques années DMP/DMG (Platinum Manga) a lancé plusieurs financements participatifs avec succès pour promouvoir et publier des oeuvres de TEZUKA en anglais. Aujourd’hui bon nombre de titres sont disponibles à savoir : 

  • Atom Cat
  • Captain Ken
  • Brave Dan
  • Clockwork Apple
  • Crime and punishment
  • Storm fairy
  • Melody of iron
  • Record of the glass castle

Uniquement en numérique pour le moment, mais arriveront en physique bientôt :

  • Yaketpachi’s Maria
  • Wonder 3
  • Ambassador Magma
  • Say hello to Bookila
  • Dust 8
  • Metamorhose
  • The thief Inoue Akikizu
  • The Euphrates Tree

DMG propose certains titres uniquement en numérique :

  • Age of Adventure
  • Lemon Kids
  • Leo the lion cub
  • Mr. Cactus

Tous ces titres sont commandables sur leur site dédié eManga. La commande se fait depuis les États-Unis donc attendez-vous à payer des frais de port excessifs si vous souhaitez avoir les versions physiques, mais l’ensemble de ces titres sont disponibles en numérique.

Tous ces nouveaux titres représentent l’équivalent de 39 volumes de la collection Complete Manga Works ce qui ramène à 131 le nombre de volume encore à découvrir soit 75 séries inédites.


Pour information d’autres titres déjà disponibles en France et qui ont été publiés en anglais (sous reserve de disponibilités) :
 

DMP (Physique et Numérique) : Titron, Barbara, Unico, Alabaster, Avaler la terre, Ludwig B, Sous notre atmosphère, le Cratère.

DMG (Numérique uniquement) : La nouvelle île au trésor, Le château de l’aurore, The shinsengumi. 

Vertical Inc : Ayako, BackJack, La vie de Bouddha, Dororo, L’histoire des 3 Adolfs, MW, Kirihito, Phoenix, Princess Saphir, Les enfants de Saphir, Le chant d’Apollon, La femme insecte.

Dark horse :  Metropolis, Lost World, Next World

Viz Média : L’histoire des 3 Adolfs, Black Jack, Phoenix

Quels titres espérer pour le futur ?

Comme nous l’avons vu, la majorité des oeuvres principales ou secondaires de TEZUKA ont déjà été publiées. À ce jour il reste de nombreuses oeuvres mais une grande partie reste difficile à exporter comme ses récits des années 50. Toutefois certains titres peuvent intéresser quelques éditeurs comme :

  • Le journal de Ma-chan, les premiers yonkoma de TEZUKA.
  • Faust, la première adaption du conte populaire allemand.
  • Crime et châtiment, l’adaptation de roman de l’écrivain russe Dostoïevski.
  • Captain Ken, une bonne histoire de science-fiction vintage sur mars à l’ambiance Far West !
  • Brave Dan, qui mélange bravoure et amitié avec un tigre et nous amène dans des lieux mystiques.
  • La premiere édition de Princesse Saphir.
  • Le volume oublié de Phénix.
  • Thunder Mask, un Kamen Rider à la sauce TEZUKA.
  • Melmo, une des premières magical girl où Melmo se transforme à l’aide de bonbons.
  • Big X, un justicier aux atouts des Cyborg 009 au temps de la seconde guerre mondiale.
  • Bomba, sur la haine humaine représentée sous forme d’un cheval fantôme.
  • Nihon Hakkyo, où un jeune fille rencontre des phénomènes paranormaux et communique avec l’au-delà.
  • Suspicion, un recueil d’histoires courtes mélangeant mystère et thriller.
  • Prime Rose, une héroïne guerrière au caractère bien trempé.
  • Ambassador Magma, une oeuvre dans la lignée des robots géants.
  • Clockwork Apple, un recueil d’histoires courtes où rencontre les profondeurs de l’espoir et du désespoir.
  • Dust 8, une histoire de rescapés d’avion sous fond mythique.
  • Metamorphose, un autre recueil d’histoires courtes sur la transformation sous toutes ses formes.
  • Say Hello to Bookila, une comédie mystérieuse avec un fantôme qui hante une chaîne de télévision.
  • The Euphrates Tree, où un arbre magique va donner des pouvoir à des lycéennes.
  • The thief Inoue Akikazu, une anthologie de thrillers psychologiques.
  • Wonder 3, où le destin de la Terre repose sur trois membres envoyés par la Fédération Galactique  déguisée en aninaux.
  • Yaketpachi’s Maria, une histoire d’amour loufoque entre un esprit vivant dans une poupée sexuelle et un garçon.

Ceci n’étant qu’une sélection des récits surprenantes et atypiques qui nous restent encore à découvrir.

Un dernier mot

Nous pouvons constaté que c’est un bilan en demi-teinte. D’un côté nous avons eu la chance d’avoir énormément de titres publiés en France, découvrant ainsi toutes les oeuvres majeures de l’auteur et bon nombre de titres secondaires, sans oublier les biographies ou les thèses publiées. Les 90 ans du mangaka nous permettent de bénéficier de la réédition de certains de ses titres et d’avoir eu une magnifique exposition qui a permis de mettre en avant l’auteur et le travail de sa vie. 

Toutefois cette bonne nouvelle s’amoindrit vite quand on constate le peu de disponibilité du catalogue, les séries inachevées et les rares nouvelles sorties de ces dernières années. Il faut peut-être se faire une raison, seuls les titres majeurs auront une chance d’être découverts par la nouvelle génération via une réédition. On peut aussi espérer la sortie de nouveaux titres publiés par un éditeur indépendant. L’accès aux oeuvres en anglais reste une maigre consolation du fait d’un accès contraignant à cause de la langue et du coût, en effet il faut être prêt à dépenser des fortunes en frais de port, si on est réfractaire au numérique. 

Il faut remercier les éditeurs qui ont pris le risque d’éditer TEZUKA malgré un succès commercial limité. Que ce soit pour le prestige, la renommée de l’auteur ou la passion du partage de la culture, sans eux, nous n’aurions jamais pu découvrir autant de titres et nous en sommes éternellement reconnaissant. 

La passion existera toujours, et je suis persuadé que les éditeurs sauront créer un nouvel engouement pour rendre hommage à celui que l’on considère comme le dieu du manga.

Merci encore pour ceux vous avez fait et ce que vous ferez.




A propos de darkjuju

Tout au long de mes 20 ans de passion, j’ai pu me bâfrer de Shonen explosif, savourer du Shojo épique, déguster du Seinen puissant, me gargariser de Tezuka et autres merveilles vintages et maintenant je me délecte de titres d’auteurs et underground. La diversité du manga est intarissable.

10 commentaires

  1. Merci pour ce très bon article. Dommage de ne pas avoir mentioné le cri qui tue. Car en fait, cela fait à présent 40 ans que Tezuka est publié en Europe francophone ;). Le 1er numéro du magazine « le cri qui tue », qui fut publié en juin 1978, reprend un chapitre du manga « système des super oiseaux » (鳥人大系, Chōjin Taikei) de Tezuka. Le manga a par la suite été ré-édité chez Delcourt sous le titre « Demain les oiseaux ».

    • Merci pour ton retour, effectivement il est vrai que la toute première incursion de Tezuka a été dans le cri qui tue. Hélas n’ayant pas réussi à obtenir ces magazines et étant publié que partiellement, j’ai préféré me concentrer sur les premières publications de tomes reliés. Toutefois ta remarque est tout à fait pertinente et je vais essayer d’ajouter une petite partie là-dessus.
      Si tu as des infos plus détaillés, je suis preneur 🙂

  2. Quel bel article ! Juste une chose :je ne trouve pas la trace d’une annonce de réédition de Phénix, ou as-tu pu avoir cette info ? Ce serait une super nouvelle, mêle si on a pas encore de date !

    • La réédition fera 5 volumes, l’éditeur n’a pas fait de communiqué dessus, mais l’information a été relayée par plusieurs médias et surtout la liste des titres prévue est listée dans les nouvelles éditions, ce qui confirme l’information.

      • Je viens de tomber sur une autre source qui allait dans ce sens, je me suis donc renseigné et effectivement il y aura phénix (enfin !) avec plein d’autres comme Kirihito (excellent lui aussi).
        Deuxième meilleure nouvelle de l’année niveau manga, après celle de la license de Kingdom haha. Je suis trop content.

  3. Bonjour, tous les livres de Tezuka chez Cornélius dont encore disponibles en lots à 25 euros.

    • Effectivement, je viens de mettre à jour le dossier. Je n’avais pas trouvé le dernier lot, mais après une nouvelle recherche oui !
      J’ai donc précisé « en lot » dans mes tableaux de disponibilités.
      Merci pour ton retour.

  4. Hello,

    tu trouveras pas mal d’infos sur ce site: http://japon.canalblog.com/archives/2009/01/29/12278073.html

    Sinon, je suis l’heureux possesseur des 6 numéros parus. Donc, si tu as des questions spécifiques, je me ferai un plaisir d’y répondre.

  5. …tant que j’y suis une petite suggestion pour un prochain article?

    Pourrais-tu faire un aperçu des produits dérivés dispos en Europe sur l’univers Tezuka. Il y a par exemple les statues et masques sculptés chez Leblon-Delienne (https://leblon-delienne.com/product/astro-kawai-30-cm). Je serais ravi de découvrir d’autres produits dont j’ignore certainement l’existence…

  6. Super dossier que je viens de découvrir. Du très bon boulot!

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