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[Dossier] Naruto – Partie 2 : Descente dans l’enfer des ninjas

« C’est la guerre mon colonel ! »

Impossible de vous parler de la deuxième partie de Naruto sans mentionner la grande guerre des ninjas. Pour les jeunes aspirants que l’on avait découvert au début de la série, elle constitue le passage à l’âge adulte. Ils vont découvrir les atrocités de la guerre mais surtout du monde dans lequel ils vivent.

KISHIMOTO commence à la mettre en place alors que Tsunade se trouve dans le coma. Un nouvel hokage est choisi pour assurer l’intérim : Danzo, chef d’une troupe équivalentes aux services secrets. Ses idées étant très proches de celles d’un Vladimir Poutine, je vous laisse imaginer ce qu’il lance une fois au pouvoir…
Politique, luttes d’influences… Il n’y a pas de limites pour l’auteur qui s’amuse à diversifier un peu son oeuvre après une série de combats qui semblait ne jamais vouloir s’arrêter. En tout cas, on a le droit à un passage plutôt sympathique mais… court… puisqu’il sert de tremplin à une autre séries de combats encore plus longue et violente que la première.

La guerre s’annonce dantesque, dès le début. C’est un peu une all-star battle avec tous les personnages de l’univers créé par KISHIMOTO et si vous avez suivi jusqu’ici, ils sont très nombreux. Les ninjas de tous les différents villages vont s’allier afin de vaincre… 3 ninjas et une armée de zombies. Bien sûr, ce ne sont pas n’importe quels revenants puisque l’auteur fait revenir absolument tous les personnages majeurs morts au combat.

Il ne doit ceci qu’au talent de Kabuto qui est devenu une sorte d’Orochimaru survitaminé (comprenez « dopé »). Ce dernier peut donc ressusciter les morts et les contrôler (tous sauf 1, on vous laisse deviner qui) grâce à une technique qui n’a… absolument aucun effet secondaire et n’a aucune contrainte réelle d’utilisation. On vous parlait de surenchère de techniques et d’invincibilité, vous voila servi…

Cette guerre qui viendra ruiner le personnage d’Itachi une deuxième fois aura quand même quelques bons combats et permettra au mangaka de vraiment montrer tout ce qu’il a dans le ventre niveau dessin tant les techniques sont multiples. Feu, eau, vent, bois, terre… Il y a une palette assez effrayante de techniques qui vaut vraiment le coup d’oeil.
Il nous offrira aussi la jeunesse de Kabuto, ce personnage qui, jusqu’ici, restait une énigme alors qu’il se place comme l’une des clés de la série. Manque de pot… On retrouve une histoire que l’on a vu environ 300 fois dans la série : celle d’un orphelin que la guerre n’a pas épargné.

Il faut croire que KISHIMOTO avait vraiment envie que l’on comprenne que la solitude mène au côté obscur puisqu’il le martèle à chaque occasion : Haku, Naruto, Sasuke, Nagato et maintenant Kabuto… Ça commence à faire beaucoup et même si l’intention est belle et insister sur l’importance des liens entre les gens est une cause admirable, il aurait peut-être fallu le faire avec un peu plus de subtilité et avec des éléments différents…

Avec la guerre, on continue dans le thème de la répétition avec le dernier flashback concernant Kakashi, Obito et Rin. Comme pour Naruto, Sasuke et Sakura ou encore Orochimaru, Tsunade et Jiraya et même Nagata, Konan et Yahiko, on retrouve deux personnages qui ont été lésés et une troisième qui s’est désolidarisé du groupe. Chacun des groupes possède ses similitudes et ses différences mais on retrouve la même dynamique à chaque fois. Que ce soit le destin où la répétition, on se demande pourquoi l’auteur continue à insister sur leurs liens.

On notera aussi un deus ex machina un peu facile. Après plus d’une trentaine de tomes passés à faire le méchant et à se positionner en psychopathe sans coeur déterminé à tuer tout le monde, Sasuke fait volte face (encore une fois, oui) mais ça n’a l’air de choquer personne et tout le monde l’accepte comme si de rien n’était et comme s’il n’avait jamais été méchant. Évidemment, la reformation de la Team 7 fait plaisir (miam miam fan service) et viendra donner un petit coup de nostalgie aux lecteurs de la première heure après plusieurs années de séparation.

Références et similitudes

Au fil de cette deuxième partie, on remarque que KISHIMOTO n’abandonne pas ses références de base. Ces quelques lignes ne prétendent pas toutes les couvrir mais tentent de discerner deux axes majeurs dans ses choix.

Tout d’abord, on retrouve cette passion qu’il a pour la mythologie japonaise avec le duo de dieux Susanô et Amaterasu mais aussi le nom des techniques ultimes du clan de Sasuke : Izanami et Izanagi (deux divinités typiques du pays du soleil levant liées à la création du monde). Pour couronner le tout, la forme finale de Susanô n’est autre qu’un tengu, ce monstre nippon au long nez et aux ailes de corbeaux.

Évidemment, tout ceci reste en phase à ce qu’il avait amorcé dans la première partie de la série en la personne d’Orochimaru et ses mouvements de yokaï ainsi que son origine venant du monstre Yamata no Orochi qui n’était autre qu’un serpent géant à 8 têtes (et non pas à 8 queues, on vous a vu venir !) qui se nourrissait régulièrement de jeunes filles vierges.

Cependant, il n’hésitent pas non plus à piocher énormément dans la culture occidentale et il semble qu’il affectionne tout particulièrement ce qui vient d’Angleterre. On retrouve de nombreux éléments similaires à Harry Potter dans son travail. Les deux plus évidents sont Itachi et son rôle très similaire à celui de Rogue mais surtout Orochimaru qui ferait pâlir le travail de Voldemort avec ses horcruxes dans chacun des ninjas qu’il a marqué de ses crocs.

Deuxième référence très anglophone, Roméo et Juliette de William SHAKESPEARE. La rivalité entre les Senju et les Uchiwa a quand même tout de celle entre les Montaigu et les Capulet. Cet antagonisme poussé à l’extrême entre les deux représentants des clans se matérialisme dans un amour complètement fou de Madara qui ne peut plus se passer de ses combats contre Hashirama. On retrouve même Mercutio dans le frère qui se fait tuer, c’est dire…

On notera aussi ce que l’on peut considérer comme un clin d’œil plus qu’une référence à One Piece dans les derniers chapitres où la mère du sage ultime aurait mangé le fruit du chakra avant de complètement changer. Ce dernier à d’ailleurs une forme rappelant étrangement celle d’Eiichiro ODA.

En guise de conclusion…

Cette deuxième partie de Naruto est marquée par deux morts : l’une qui a le droit aux honneurs et qui se voit parfaitement utilisée dans la suite de l’histoire et une seconde qui passe presque inaperçu en tant qu’acte héroïque comme un autre. On y verrait presque une matérialisation de la série elle-même.

La première partie semble avoir eu le droit à tous les soins alors que la seconde n’est qu’une succession de combats et d’arcs qui rallongement artificiellement la série. Jamais KISHIMOTO n’aura les bonnes sensations des premiers volumes et même s’il aura eu le mérite de mettre en place un univers d’une diversité remarquable, il se sera engouffré dans une lutte d’envergure qui lui aura coupé la possibilité de revenir à quelque chose de plus simple.

Même si les promesses du début de la guerre étaient grande (avec la dose de fanservice qu’un tel rassemblement implique), on voit vite le mangaka retomber dans des thèmes qu’il a déjà beaucoup (trop) traité pendant la série pour vraiment convaincre.
Avec 72 tomes au compteur, Naruto se termine cependant sur une bonne note avec l’affrontement final promis et une ouverture sur la jeune génération (intégralement en couleur) qui n’est pas sans rappeler les débuts des aventures du ninja aux cheveux orange. Promis, on vous en reparle très vite !

Naruto - Partie 1 : Un ninja qui a créé sa légende naruto-partie-3




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

2 commentaires

  1. Merci beaucoup pour ce dossier. Quoi qu’on en dise, Naruto aura marqué sa génération. Il me semble qu’il a également joué un rôle important dans le marché du manga en france.

    Nous avons effectivement eu le droit à énormément de combat dans la deuxième partie du manga, mais n’oublions pas qu’il s’agit d’un shonen, il faut donc le prendre pour ce qu’il est.
    Et justement en parlant de ça, Naruto est bien l’un des seuls Shonen à ouvrir explicitement un débat (littéralement parlant, il y a de la parlote dans naruto) autour de ses thématiques.
    Là où très peu de shonen n’osent se mouiller pour mettre en scène ce genre de dialogue dans le récit.

    En ce qui concerne la dernière partie, seule l’apparition du dernier antagoniste est de trop pour moi. S’arrêter au méchant juste avant aurait sans doute été préférable.

  2. Enfin lu ce second dossier sur Naruto. Bravo pour avoir dégagé les lignes de force de cette seconde partie, tu as mis en lumière des éléments auxquels je n’avais pas toujours bien prêté attention (il faudra que je me relise les tomes un de ces jours). Ma nostalgie pour la série est encore monté d’un cran. 🙂

    Comme Naruto a été le premier manga que j’ai vraiment suivi assidument, je garde un avis moins critique que le tien, même si la guerre prend une tournure – suite à l’apparition de vous savez qui – qui va ressembler à un déchaînement de puissance qui m’a parfois un peu lassé. C’était même marrant de lire l’auteur nous dire que ** était tellement fort qu’il ne savait pas comment le faire chuter…

    En lisant ce dossier, je me demande à quel point le rythme de parution a pu jouer dans ce que Masashi Kishimoto a produit. On ne le saura sans doute jamais.

    Merci !

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