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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

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BOKU NO HERO ACADEMIA © 2014 by Kohei Horikoshi / SHUEISHA Inc.

My Hero Academia : Entretien avec l’éditeur

C’est vendredi et notre petite semaine spéciale My Hero Academia touche à sa fin avec quelques mots d’Ahmed AGNE, l’un des deux fondateurs des éditions Ki-oon. Il revient sur l’obtention de la licence et nous explique pourquoi, selon lui, My Hero Academia est un titre qui va faire mouche !

BOKU NO HERO ACADEMIA © 2014 by Kohei Horikoshi / SHUEISHA Inc.
BOKU NO HERO ACADEMIA © 2014 by Kohei Horikoshi / SHUEISHA Inc.

Autant entrer tout de suite dans le vif du sujet, pourquoi penses-tu que Shûeisha a choisi Ki-oon plutôt qu’un « éditeur historique » pour la publication française de My Hero Academia ?

Ahmed AGNE : Je ne peux pas répondre pour eux, il faudrait leur poser la question directement ! Tout ce que je sais, c’est que c’est une série qui m’a convaincu dès ses premiers chapitres et sur laquelle je me suis positionné très tôt.

C’est très rare que je m’emballe pour un manga dès ses débuts mais le potentiel que dégagent les personnages et l’univers créés par Kohei Horikoshi me semblaient largement justifier cet engouement précoce. Nous avons proposé un projet dans lequel nous soutenions le titre sur le très très long terme, et qui faisait de My Hero Academia le lancement le plus important de l’histoire de Ki-oon.
Vous aurez remarqué que l’autre série à fort potentiel de Shueisha a, elle aussi, été attribuée à un autre éditeur non historique. Peut-être faut-il y voir une tentative de “tester” de nouveaux interlocuteurs en France…

Qu’est-ce qui t’as attiré dans ce titre ?

Ahmed AGNE : Tellement de choses !
Son rythme impeccable d’abord. My Hero Academia est un shônen qui évite l’écueil de pas mal de récits du même genre : il va toujours droit au but grâce à des combats intenses qui ne traînent pas en longueur, des séquences d’entraînements expéditives, des tournois bouclés en quelques chapitres…
Il y a très peu de gras dans le récit de Kohei HORIKOSHI et on a l’agréable impression que l’auteur ne cherche pas à étirer artificiellement son intrigue.

Sa galerie de personnages hauts en couleur ensuite : de Tsuyu, la fille-grenouille, à Eraserhead, le super-héros qui souffre de sécheresse oculaire, en passant par Kaminari l’apprenti héros qui disjoncte et devient neuneu quand il abuse de son pouvoir… L’auteur s’est vraiment fait plaisir à créer des personnages barrés et loin d’être parfaits, ce qui les rend éminemment attachants.

Un petit mot aussi sur le casting absolument génial de personnages féminins. J’insiste sur ce point car dans nombre de shônen modernes, les filles sont souvent réduites à l’archétype de la bimbo, et la seule chose qui distingue un personnage féminin d’un autre, c’est la couleur de ses cheveux ou la taille de sa poitrine.
Au contraire, dans My Hero Academia, non seulement les filles sont aussi intéressantes que les garçons, mais il n’y a pas un personnage féminin qui ressemble à un autre. Ochako n’a rien à voir avec Tsuyu, qui n’a rien à voir avec Yaoyorozu, etc…
De plus, pour une fois, l’infirmière scolaire n’est pas un canon au décolleté vertigineux, mais une petite vieille rabougrie qui distribue des bonbons Haribo à ses élèves !

C’est extrêmement rafraichissant. Le shônen n’est clairement plus le genre le plus représenté dans mes lectures, (ce qui est plutôt logique à mon grand âge), mais je prends énormément de plaisir à me balader dans cet univers. Je pense que, si j’avais 13 ans et que je le découvrais aujourd’hui, je serais complètement hystérique !

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Depuis ses débuts, la série de Kohei HORIKOSHI revient souvent en couverture du Weekly Shônen Jump.

Est-ce qu’on peut s’attendre à un dispositif de promotion sur toute l’année ou seulement sur les deux premiers tomes ? 

Ahmed AGNE : Pour nous, la période dite de “lancement” de My Hero Academia court sur trois années. C’est vraiment un investissement sur le très long terme et un succès qui se construira dans le temps. Pour la première année, nous avons notamment prévu de jouer la convergence avec un film de super-héros en programmant une campagne de spots dans les UGC nationaux juste avant la diffusion de Captain America: Civil War.

Il y aura également la publication des premières pages dans le Journal de Mickey, des spots diffusés sur Disney Channel… Sans oublier une double campagne d’affichage, ciblée autour de Japan Expo d’abord, puis au niveau national à la rentrée. Ce n’est qu’une partie des nos investissements sur cette première année, mais le mot d’ordre était vraiment de parler à un public le plus large possible.

On sait que Ki-oon adore les stands « qui en jettent » à Japan Expo avec espaces toujours bien utilisés. L’un d’entre eux sera-t-il réservé à HORIKOSHI cette année ? 

Ahmed AGNE : On prévoit des choses très très sympas pour cette année, mais le gros stand dédié sera pour l’année prochaine, une fois que la série sera mieux installée et qu’on aura plus de choses à exposer.

Est-ce que l’éditeur japonais avait des exigences particulières vis-à-vis de la traduction de l’œuvre ? 

Ahmed AGNE : Shueisha a des exigences très importantes sur tous les aspects de l’œuvre, ce qui est tout à fait normal puisque My Hero Academia est un enjeu capital pour eux. Ils veillent donc au grain pour être sûrs que la série sera traitée comme elle mérite.

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Vous vous en doutiez mais… Il fait aussi la couverture du Weekly Jump américain !

Beaucoup parlent d’un successeur de Naruto mais selon toi, est-ce que c’est une bonne description de l’œuvre de Kohei HORIKOSHI ? 

Ahmed AGNE : Tout dépend de la manière dont on prend cette comparaison.
De mon point de vue, c’est le « nouveau Naruto » dans le sens où My Hero Academia, a en quelque sorte pris le relais de Naruto dans le Shônen Jump en devenant la série-phare du magazine avec One Piece. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si MHA a explosé au moment où Naruto s’achevait au Japon.
C’est de là que vient cette étiquette de successeur naturel de Naruto, et aussi du fait que Masashi KISHIMOTO qui a un été un fervent supporter de la série depuis ses débuts a lui-même déclaré être persuadé que My Hero Academia était la série qui allait prendre la place de Naruto dans le magazine de prépublication.
Du point de vue de la narration et des personnages par contre, les deux séries n’ont pas grand-chose à voir.

En parlant de l’auteur, est-ce que Ki-oon s’était aussi intéressé à la précédente série de l’auteur, Crazy Zoo, parue chez Delcourt (signée par Akata à l’époque) ? 

Ahmed AGNE : Pas du tout, pour la simple et bonne raison que nous n’avions pas accès au catalogue Shueisha à l’époque où Crazy Zoo a été vendu en France !

Ki-oon publiera le manga en même temps que l’arrivée de l’anime en France. Est-ce qu’un partenariat sera mis en place avec la plate-forme qui se charge de sa diffusion ? 

Ahmed AGNE : Oui bien sûr. Un lancement aussi important se fait rarement seul, et il était capital pour nous  de travailler main dans la main avec ADN dès le départ pour que le succès soit au rendez-vous aussi bien pour le manga que pour l’anime. Notre collaboration se passe très bien, et nous avons développé de nombreuses passerelles qui, là aussi, sont amenées à perdurer.

My Hero Academia - Episode 1 (6)
© 2016 K. Horikoshi / Shueisha, My Hero Academia Project, MBS All Rights Reserved.

D’où vient ce « Tout va bien ! La cavalerie est là ! » ? Il n’est pas présent du tout dans la version anglophone de Viz avec All Might qui fait beaucoup plus « égocentrique » avec son « Fear not ! I… am here ! ». Est-ce qu’il y avait une volonté de rendre All Might plus « humble » ?

Ahmed AGNE : On voulait quelque chose de grandiloquent, à l’image du personnage qui est un hommage avoué aux super-héros du silver age des comics. Il fallait donc quelque chose qui fasse honneur au coté “sourire ultra bright” et aux collants d’All Might ; et surtout une phrase qui ne pouvait être prononcée que par lui !
La phrase de base, « N’ayez crainte, je suis là », c’est non seulement très plat, mais c’est aussi quelque chose qui pourrait être prononcée par n’importe qui. Avec « La cavalerie est là ! », pas de doute, c’est bien All Might qui s’exprime !

L’arrivée d’un shônen aussi attendu va forcément faire parler, qu’est-ce que tu dirais pour donner envie aux gens de lire My Hero Academia ? 

Ahmed AGNE : My Hero Academia, c’est un récit incroyablement attachant, qui a le bon gout de ne pas se prendre trop au sérieux, et qui possède ce qu’il faut de folie et de mystère pour qu’on ait envie de partager un bon bout de chemin avec ses personnages. C’est une lecture qui m’a rappelé ce que j’aimais tant dans le shônen !

My Hero Academia 1 My Hero Academia 2 My Hero Academia 3




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

Un commentaire

  1. Déjà préco,ils seront bientôt chez moi,j’espère quand même que cela sera un récit fleuve comme One Piece,Jojo ou Ippo,j’aime les shônen qui dure dans le temps et reste génial.

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