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[Dossier] Bilan de l’année manga 2016 : les tops, les flops, l’état du marché…

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Lupin III - Mine Fujiko to iu onna, 原作:モンキー・パンチ©TMS

L’éditeur Black Box se confie

Black Box est un éditeur surtout connu pour son catalogue vidéo, mais qui, depuis quelques temps, s’est lancé dans l’édition de manga.
Manga Mag s’est entretenu avec Alexandre REGRENY, l’un des responsables de l’éditeur, pour faire le point et évoquer le futur du label.

La vidéo chez Black Box

D’amblée, Alexandre évoque la situation actuelle, très compliquée, d’un marché de la vidéo fortement impacté par le succès du simulcast et du fansub, et des ventes télévisées qui se sont fortement resserrées.
Si Black Box éditait environ 300 épisodes par an, il évoque désormais plus 100-120 épisodes sur la même période avec majoritairement des séries courtes de 13 à 26 unités. Il est devenu beaucoup trop périlleux de se lancer dans des licences plus longues.

Alexandre signifie aussi que l’apparition de multiples acteurs sur le marché du simulcast, où l’on se dispute les droits, et la restructuration du marché de la vidéo a poussé à l’augmentation tarifaire des droits d’acquisition, désormais plus proches des 3500€ par épisode (numérique et vidéo) que des 2000€ en vigueur il y a quelques années, réduisant, de fait, drastiquement la rentabilité des titres.
Il évoque un marché composé de trop d’acteurs différents compte tenu du potentiel réel. Va-t-on, une fois de plus, voir la bulle de la vidéo éclater ?

En 2016, Black Box devrait proposer 5 à 6 séries animées, essentiellement des séries récentes, les animés nostalgiques sont devenus très chers et de moins en moins rentables du fait d’une concurrence accrue.
Alexandre évoque, aussi, un projet de diffusion numérique des titres de l’éditeur dont on devrait réentendre parler prochainement, ajoutant un nouvel acteur à un marché de la VOD/SVOD déjà bien garni.

Lupin III - Une femme nommée Fujiko Mine    Lupin III - Jigen Daisuke no Bohyô

Le coffret de la série Lupin III – Une femme nommée Fujiko Mine doit sortir dans les tous prochains jours après un retard imputable au doublage, et Black Box aimerait bien aussi éditer le film spin-off de la série : Lupin III – Jigen Daisuke no Bohyô.

Le manga chez Black Box

Si le secteur de la vidéo est à la peine chez Black Box, l’éditeur mise beaucoup sur celui du manga qu’il compte renforcer en 2016 et 2017.
Il est ainsi prévu une cinquantaine de volumes sur l’année 2016.

En tant que petit éditeur sans expérience du domaine, Alexandre avoue un certain nombre d’erreurs de jeunesse notamment sur la question technique. C’est dans la douleur que l’équipe de Black Box s’est rendue compte qu’elle n’avait pas choisi le bon imprimeur, et a dû apprendre par elle-même la bonne façon de travailler les planches.
Finalement ses efforts commencent à porter leurs fruits puisque en 2015 le choix d’imprimer en Italie a été le bon, et le rendu se rapproche de plus en plus des canons du secteur.
Tout n’est pas encore au niveau des canons de l’édition mais l’éditeur apprend vite, il s’améliore et propose de bien meilleurs produits.

Devilman 1  Amon 1  la-divine-comedie-go-nagai-1-blackbox

2015 aura été, pour Black Box, l’année du lancement de la collection Gô NAGAI avec les 4 tomes de Goldorak qui ont bien fonctionné alors que le one-shot a été étonnement  ignoré, un Devilman en grande forme car très attendu (malgré une précédente édition) et un Amon sans grande réussite, ainsi qu’une Divine Comédie qui a été une bonne surprise là où l’éditeur n’attendait trop rien.

Mais la meilleure surprise de l’année a été l’accueil de Cobra qui s’est très bien vendu, malgré les précédentes éditions déjà parues, provoquant même une rupture distributeur des tomes 3 et 4 non encore parus !

Cobra-1  Cobra 02  Cobra 03

S’il commence à y avoir de plus en plus d’éditeurs intéressés par l’édition de titres de NAGAI, Black Box compte continuer à sortir des mangas du maître avec une “nouvelle” collection NAGAI qui devrait comprendre Mao Dante et Kekko Kamen.
Il avait été évoqué Violence Jack il a quelques temps, mais, pour l’heure, la situation n’avance pas particulièrement, la série étant longue (et risquée car il est demandé à l’éditeur de financer tous les tomes d’un seul coup) et Black Box n’est plus seul sur les rangs des titres de l’auteur.

Mao Dante  Kekko Kamen 1  Kekko Kamen 2

Le souhait d’Alexandre est de développer leur diffusion “abonnement” en direct via leur boutique. La diffusion classique incluant retours et plannings imposés ne correspond pas au mode de diffusion de Black Box. L’éditeur ayant, bien souvent, l’obligation de payer tous les tomes de la licence dès le début, devoir sortir les volumes progressivement et s’exposer à de gros retours rend la situation compliquée alors que le modèle idéal pour l’éditeur est de pouvoir proposer de gros packs d’un coup.

Si quitter totalement la diffusion “classique” semble exclu, il est envisagé de travailler sur deux modes de diffusion : l’un en direct avec beaucoup de licences et de tomes, et l’autre, traditionnel, mais avec nettement moins de titres disponibles.
Les tirages effectués par l’éditeur (entre 1500 et 2000 exemplaires) et l’existence de sa propre boutique lui permettant de s’auto-distribuer dans des quantités acceptables.

Le « mécénat » est aussi une solution sur laquelle l’éditeur compte beaucoup car, avec ses participants, il est possible à Black Box de financer rapidement et en nombre les tomes des licences visées, tout en permettant de proposer en cadeau des produits dérivés exclusifs.

Miyuki  Hiatari Ryôkô! 1  Katsu 1

En grand fan de Mitsuru ADACHI, Alexandre aimerait éditer cet auteur (injustement) boudé du public, notamment en sortant ses œuvres encore inédites et en rééditant celles dont les droits ne sont plus chez leur éditeur d’origine.
Bien que Tonkam soit l’éditeur naturel d’ADACHI depuis longtemps, il ne serait pas impossible de voir des titres de l’auteur chez Black Box, les ventes de ce grand nom du manga étant ce que l’on qualifierait pudiquement de “confidentielles”.

De même il aimerait lancer une collection Rumiko TAKAHASHI avec le titre, inédit chez nous, Ichi Pound no Fukuin, ou bien encore des mangas dont les adaptations animées ont été diffusées en France comme Kinnikuman ou Gu-Gu Ganmo, et même le manga de Georgie, qui n’a pas connu le succès, avec ses pages couleurs et en plus grand format.

Dans les prochains jours, Black Box devrait annoncer les titres de quatre de ses nouveautés 2016, de quoi contenter les amateurs de mangas patrimoniaux !

Porté par des gens passionnés, l’éditeur fourmille d’idées et d’envies particulièrement sur des créneaux jusqu’alors abandonnés par leurs concurrents.
Leurs appels à leur communauté pour financer certaines acquisitions, bien que discutables, permettent à Black Box d’acquérir des œuvres qui leur seraient inaccessibles sans cela, et pourraient ne jamais arriver chez nous…

KUBO




A propos de Kubo

Kubo
Enfant de la « génération Club Dorothée », c'est un gros lecteur de mangas shônen, particulièrement ceux issus du Weekly Shônen Jump et des publications Shueisha en général, mais l’âge aidant ses lectures s’orientent de plus en plus vers les seinen.

9 commentaires

  1. Merci pour cet article très instructif.
    Es tu sûr que blackblox va proposer son propre service de svod ? J avais cru comprendre que leur catalogue rejoindrait crunchyroll.

    Pour les mangas édités en pack, je suis pour! Ça évite l attente.

    Et que pensent ils du manga numérique ?

  2. Black Box fait parti de mes éditeurs préférés,grâce a l’édition de Kimengumi:)continuer comme cela.

  3. Je suis très surprise d’apprendre qu’il y a quelqu’un d’autre sur les rangs pour Violence Jack. Une série aussi longue et aussi ancienne… Si ce n’est pas Black Box qui la licencie, j’espère qu’il ne faudra pas attendre 20 ans pour voir la fin >__>

    Je trouve aussi que le mécénat est une très bonne solution. J’avais déjà trouvé que c’était une bonne idée quand Paquet s’était servi d’un système proche pour éditer Le bandit généreux en entier. J’aime bien l’abonnement, c’est plus simple pour moi vu l’éloignement des librairies manga.

    C’est dommage pour Amon. Je ne savais pas trop quoi penser de cette série quand je l’ai reçue, mais elle m’a finalement beaucoup plu.

  4. C’est assez paradoxal mais c’est un des éditeurs que j’aime le moins (communication très amateure et trollesque, problèmes avec le webshop et puis des bouquins chers, sans jaquette amovible, inutilement grands, avec du papier transparent…) et pourtant j’ai déjà participé aux mcénats et acheté un grand nombre de leurs séries ces derniers mois.
    En effet, je suis un gros fans de mangas « patrimoniaux » et d’ailleurs Gō Nagai était surement l’auteur « culte » que j’attendais le plus de lire en français.

    Je pense aussi que le mécénat est la seule solution aujourd’hui pour avoir des titres anciens assez longs même si ils feraient mieux de ne pas en abuser car les clients ne vont plus pouvoir suivre à un moment.
    J’ai déjà eu d’ailleurs l’impression que le financement des mangas Mazinger a pris plus de temps que d’habitude.
    Devoir commander une série entièrement demande un certain investissement mais au moins, ils sortent tous les tomes d’une longue série sur une période limitée et on est sûr (pour l’instant) de l’avoir entièrement. C’est typiquement le système qui aurait convenu à Cyborg 009 🙁

    Bon pour Violence Jack, j’éspère que ça se fera parce qu’ils nous ont teasé avec et je serais dégouté si finalement, il ne sortait pas.
    Bon par contre Kinnikuman, ce serait génial mais bon depuis qu’il a repris, c’est 53 tomes en cours (sans compter la « suite » avec le fils de Kinnikuman en 2 saisons de 29 et 28 tomes et je parle même pas des spin-offs) c’est encore autre chose que Violence Jack.
    Par contre, si ils sortent du Lupin 3, ce serait également une super nouvelle (je ne cracherai pas non plus sur du Adachi lol).

  5. J’ai une relation un peu délicate avec Black Box. Etant fan de Leiji Matsumoto, de Go Nagai, et de vieux shôjo, leur catalogue m’interpelle. De fait, je commence énormément de séries chez cet éditeur. Paradoxalement, je pourrais en acheter plus, mais je ne le fais pas. Ou plutôt, je ne le fais plus. Tout simplement car, vivant à l’étranger, il s’agit certainement de l’éditeur de manga dont j’éprouve le plus de difficulté à me procurer les tomes ; cela se transforme en casse-tête, je fais livrer mes commandes chez ma famille en France et ne peux les récupérer qu’une fois tous les six mois… Ce n’est vraiment pas pratique. Résultat des courses, je n’ai pas commencé Le Monde de Ran alors que la série m’intéressait. Et pour la prochaine fournée de Go Nagai, je vais prendre L’Ecole Impudique et Kekko Kamen, mais probablement pas le reste.

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