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King’s Game – Le survival manga selon Ki-oon

King’s Game – Le survival manga selon Ki-oon

Cela fait maintenant plusieurs années que les lecteurs français ont pu découvrir le phénomène King’s Game (Ôsama Game) de Nobuaki KANAZAWA en manga chez Ki-oon et en roman chez Lumen. Avec la fin d’Origin, le début de Spiral et la venue d’Hitori RENDA pour Japan Expo, Manga Mag s’est dit qu’il serait bon de revenir sur un titre qui n’a pas laissé les lecteurs de manga indifférents.

Ki-oon

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King’s Game (5 tomes)

Nobuaki est réveillé en pleine nuit par un étrange message qui met au défi deux de ses camarades de lycée de s’embrasser. À en croire le mystérieux expéditeur du mail, la classe entière participe à un “King’s Game”, un jeu du Roi auquel elle ne peut se soustraire. Jour après jour, à minuit pile, un nouveau défi s’affiche sur le téléphone portable des lycéens, qui finissent par découvrir la cruelle vérité : ils ont 24 heures pour exécuter les ordres du Roi, et la sanction en cas de désobéissance est la mort. Suicides ou meurtres ? Puissance occulte ou criminel de chair et de sang ? La mort s’abat inéluctablement sur ses jeunes victimes, où qu’elles se trouvent et quoi qu’elles tentent pour s’échapper. Le couperet se rapproche dangereusement de nos héros… Parviendront-ils à démasquer le Roi avant qu’il ne soit trop tard ?

Impression

Un thriller achevé, un autre démarre aux éditions Ki-oon, c’est presque une règle. En général, l’éditeur a le nez pour trouver et exploiter de très bons titres dans chaque genre. Avec la saga King’s Game, ils ont montré qu’il y avait un gros marché pour le survival manga en France.

Il faut l’avouer, une fois commencé, il est difficile de lâcher un volume tant que l’on n’est pas arrivé à la fin. Le problème ici, c’est qu’une fois les deux premiers chapitres passés, le traitement de l’action fait plus penser à un shônen qu’à un seinen.

L’âge des personnages y est pour beaucoup puisqu’on reste dans une classe de lycée qui fait très jeune (je suspecte d’ailleurs le choix de l’établissement et de l’âge des héros uniquement pour que certaines scènes ne paraissent pas trop choquantes).
Même si les auteurs passent du temps à développer un petit groupe d’élèves, la plupart n’est pas vraiment travaillée et aucun caractère ne sort du lot. Alors oui, ce n’est que la première “partie” et l’auteur cherche encore son style mais le titre peine à réellement convaincre à ce niveau-là.
Il s’avère surtout que les élèves tombent comme des mouches, à cause d’un non-respect des règles instaurées par le Roi ou même d’une épreuve. Les auteurs ont plusieurs personnages dont ils peuvent disposer afin d’accélérer un peu les choses et de ne pas avoir à faire des épreuves pour chacun des membres de la classe.

Le titre veut faire dans le huis clos sauf que, comparé à Judge ou Doubt, la prison est psychologique et non physique. Les personnages ont plus peur de la douleur du châtiment promis par le roi que du châtiment lui-même. La “blague” de départ laisse donc rapidement place à l’horreur et à l’angoisse d’être appelé pour obéir à un ordre.

Le lecteur est placé dans le même sac que les élèves puisque l’on ne nous distille absolument aucun indice concernant l’identité du fameux “Roi” avant la toute fin de la série. Certains événements laissent penser qu’il pourrait avoir des pouvoirs surnaturels, d’autres que c’est un élève… Bref, il n’y a aucune certitude dans King’s Game. 

Les auteurs jouent énormément sur l’ambiguïté autour de “l’origine” du jeu. Le mystère plane et les différentes missions, banales au départ mais toujours plus sordides alors que la série avance, n’aident pas vraiment (et surtout ne laissent pas le temps) aux personnages de trouver l’identité de leur tortionnaire.
En voulant continuer toujours plus loin dans la surenchère, les auteurs en arrivent même à des situations assez peu crédibles, comme cet élève qui reçoit un “SMS de l’au-delà” et qui se suicide par la même occasion.

Malgré cette impression d’avoir un déroulement un peu tiré par les cheveux, KANAZAWA parvient à maintenir un certain suspense au fil de l’œuvre. Le lecteur se sent presque forcé de continuer pour savoir ce qui se passe dans cette classe et surtout… il veut savoir qui est le Roi.
La curiosité est un vilain défaut et la vôtre sera exploitée au maximum avec des pièges, des fausses pistes et de nombreux tours scénaristiques qui garderont l’intérêt du lecteur intact jusqu’à la fin.
En effet, ce qui ne manque pas à King’s Game, c’est du rythme. Le suspense est renforcé par un déroulement rapide de l’action. Les événements s’enchaînent vite et on n’a pas le temps de s’ennuyer. Chaque tome se lit en une petite demi-heure si on est un gros lecteur et force est de constater qu’on ne voit pas le temps passer.

Le gros point faible de King’s Game n’est autre que sa fin. Sans trop en dévoiler, il semblerait que le scénariste ait cherché à faire en sorte d’ancrer sa conclusion dans la réalité alors qu’une touche de surnaturel aurait très probablement permis au récit de beaucoup mieux fonctionner. Dommage…

D’un point de vue purement graphique, Hitori RENDA fait du très bon boulot en installant très rapidement une ambiance sombre et très réaliste. Que ce soit au niveau de l’utilisation des trames ou de l’encrage, il parvient à très bien transmettre les sentiments d’angoisse et de peur ressentis par les personnages.

Son découpage use (et abuse ?) des plans larges qui permettent au lecteur de se poser non pas en tant qu’acteur mais en tant qu’observateur. Il y a une sorte de détachement qui permet de mieux apprécier la souffrance et la détresse de ces personnages qui, bien qu’un peu clichés, restent attachants.

Ki-oon propose son format seinen habituel qui fait le boulot à merveille. Les ouvrages sont épais, robustes et particulièrement agréables en main. Avec ses noirs profonds, l’impression rend honneur au travail du dessinateur qui manie les noirs avec intelligence et efficacité.

La première saison de King’s Game ne convainc pas complètement en tant que manga mais fait partie de ces séries qui se lisent plutôt bien lorsqu’on les lit d’un coup. Avec un groupe de protagonistes solide mais une fin qui semble assez peu inspiré, on sent que le titre capitalise sur sa capacité à créer du suspense. Ce n’est pas une mauvaise idée mais difficile de dire si ça va tenir sur la longueur…

King’s Game Extreme (5 tomes)

Chaque nuit, par SMS, le King’s Game somme ses participants de se plier à un défi toujours plus extrême. Les joueurs ont 24 heures pour obéir… sous peine d’y laisser la vie ! Qui est l’expéditeur de ces mystérieuses injonctions ? Quelles sont les racines de ce jeu cruel ? Plus crucial encore : quand le message tombe et que la sentence est imminente, comment échapper à la mort ?

King's Game Extreme

Dans King’s Game Extreme, Nobuaki est encore sous le choc du premier jeu du roi alors qu’il arrive dans son nouveau lycée. Incapable de renouer des liens avec des gens de son âge, le jeune homme va être marginalisé dès le départ au début de la nouvelle partie. Eh oui, il pensait que c’était fini mais il va être de nouveau attiré dans la spirale infernale…

Point d’originalité ici puisque le début de la série est quasi identique à celui de la précédente.
Les ordres donnés par le Roi sont exactement les mêmes et on s’attend à une “rediff’” de la première partie. Cependant, on se rend compte en quelques chapitres que KANAZAWA n’a pas choisi la facilité car il introduit un petit changement. Certaines règles ne sont plus les mêmes et les restrictions semblent encore plus violentes qu’avant.
De plus, Nobuaki n’est pas “juste” un participant de ce nouveau jeu du roi. C’est un survivant du précédent. À cause de ses connaissances, il sera immédiatement ciblé par la plupart de ses nouveaux camarades de classe comme étant son organisateur. Comme d’habitude, les humains ne réfléchissent pas, redoutent tout ce qu’ils ne connaissent pas et tout ce qu’ils ne comprennent pas…

Au niveau des personnages, le seul nouvel élément remarquable est une fille particulièrement manipulatrice nommée Natsuko Honda. Cette dernière va réussir à retourner toute la classe contre le jeune garçon qui va d’ailleurs être laissé pour mort sans que personne ne soit plus choqué que ça.
Ce genre de choses était déjà évoqué dans des séries comme Gantz qui relativisait énormément le massacre et la violence chez les jeunes mais il semblerait que ce mal être de la société japonaise face au lynchage collectif soit plus répandu qu’on aurait pu le penser…
Natsuko est un personnage réellement détestable mais peut-être mal utilisé. En tant qu’exact opposé de Nobuaki (survivante d’un jeu du roi qui a très mal tourné), elle aurait presque pu faire plus mal si les auteurs avaient poussé le contraste entre les deux protagonistes au maximum.

Plus que dans la première saison, Nobuaki apparaît comme une figure christique. Lynché, calomnié, laissé pour mort… S’ils l’avaient crucifié, on aurait pu avoir l’image parfaite… En tout cas, sa classe ne l’a pas épargné et pourtant, il n’hésite pas à tout faire (il est même prêt au sacrifice ultime) pour tenter de les sortir de la spirale infernale et les aider à sortir du jeu du roi.

En fait, et une fois de plus, Extreme pêche par un manque d’originalité. Les scènes où le héros se trouve impuissant ne manquent pas et, plutôt que de tenter un effet de déjà-vu entre les deux séries, on aurait préféré que les pages soient utilisées pour quelque chose de différent et de plus motivant.

Au niveau du scénario, il n’y a donc aucune folie puisque la recette demeure inchangée. Par contre, on peut néanmoins émettre une réserve au niveau du dessin. C’est clairement moins beau que la première série et certains personnages qui apparaissant dans des flashbacks sont même méconnaissables…
Difficile de trop juger les arrière-plans tant l’action se déroule pendant la nuit (ou dans des endroits sombres) mais une chose est sûre, ils n’ont pas dû demander beaucoup de travail au dessinateur…

L’édition de Ki-oon a eu le droit à un changement non-négligeable puisque l’année de sortie d’Extreme, l’éditeur s’est offert un petit lifting. Même si le format de l’œuvre et sa fabrication restent inchangés, le logo qui apparaît sur la première de couverture et sur le dos fait partie de la nouvelle charte de graphique de l’éditeur !

King’s Game est un titre qui a ses bons côtés, notamment une très bonne gestion de l’angoisse des personnages parfaitement complémentaire à l’ambiance lourde et pesante que les auteurs cherchent à instaurer. Le rythme est, lui aussi, toujours géré avec talent en proposant juste ce qu’il faut pour garder le lecteur intrigué du début à la fin.

Avec ce genre de manga, il y a deux possibilités, soit on aime et « roulez jeunesse » soit on n’aime pas et on vomit sa haine sur le titre via les réseaux sociaux à chaque nouvelle sortie. On a d’ailleurs pu le voir une fois de plus lors de l’annonce de Spiral, la quatrième saison, il y a quelques jours…

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A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

Un commentaire

  1. il faudrait que je m’y mette il a l’air super bon ce manga. merci pour l’article

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