Publicité


Accueil / Dossiers / [Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

Kazuo KAMIMURA (1940-1986) est un mangaka spécialisé dans le gekiga que les éditions Kana éditent depuis les débuts de leur collection Sensei.
Cette année, le Festival BD d’Angoulême décide de mettre son oeuvre en avant avec une superbe exposition, preuve que l’auteur n’est pas passé inaperçu chez les amateurs de bande dessinée. Il sera d’ailleurs consacré par le jury puisque Le Club des Divorcés remporte, cette année, le Fauve du Patrimoine.

Les œuvres de Kazuo KAMIMURA :
Le Club des Divorcés | Lorsque nous vivions ensemble | maria
Le Fleuve Shinano | L’Apprentie Geisha | Une Femme de Shôwa
Lady Snowblood | Folles Passions | La Plaine du Kantô

Kazuo KAMIMURA
Kazuo KAMIMURA © DR

Kazuo KAMIMURA est un auteur qui aime les femmes. Impossible de ne pas le voir tant elles sont au centre de son oeuvre. Que ce soit les geisha, les femmes modernes (de son époque bien évidemment), les femmes traditionnelles japonaises ou encore celles qui ont vécu pendant la guerre, il fait en sorte de ne pas en oublier lorsqu’il les fait apparaître dans son oeuvre.

Dans trois de ses œuvres, Le Fleuve ShinanoLorsque nous vivions ensemble et Le Club des Divorcés, c’est la femme des années 70 qui est mise en valeur. Même si ces trois œuvres possèdent une base très différente (un couple, une divorcée, une jeune femme qui refuse de rentrer dans le “moule”), c’est l’héroïne qui soutient chacune d’entre elles.
Avec ces trois titres, on a trois points de vues similaires mais à des époques différentes de la vie d’une jeune femme de l’ère Shôwa (1926-1989). Yukié veut échapper au mariage et aux traditions, Kyôko cherche désespérément le mariage et va se mettre à vivre avec son petit-ami dans l’espoir de le convaincre et Yukô doit vivre avec le poids d’un mariage raté.

Dans Le Fleuve Shinano, on retrouve une jeune femme qui ne veut pas se laisser porter par les convenances et, ainsi, n’accepte pas de faire ce que la société lui demande. Ayant eu une jeunesse difficile mais surtout loin d’être traditionnelle (son père a des inclinations loin d’être bien vues dans le Japon de l’époque), elle va vivre sans se soucier de la notion de tabou.
Yukié ne va pas se défiler lorsqu’il s’agira d’afficher sa relation avec son professeur et va vivre une véritable relation passionnelle avec lui même si, comme tout le monde le sait, les « histoires d’amour finissent mal ». On retrouvera aussi, dans une moindre mesure, cette idée de relation avec un supérieur dans Une Femme de Shôwa puisque la jeune Shôko fera don de sa première fois à celui que les filles de l’internat surnommait “La Limace” avant de devenir Geisha.
La vie de Yukié n’est pas facile. KAMIMURA veut montrer à quel point il est difficile d’être une femme moderne dans un pays qui se perd dans une volonté perverse de forcer certaines traditions. Le Japon que décrit le mangaka est un enfer pour les femmes qui cherchent à s’épanouir d’une façon différente de ce que les hommes qui contrôlent le pays considèrent comme « la norme ».

Lorsque nous vivions ensemble est un cas que l’on pourrait considérer comme un peu à part dans la mesure où le personnage n’est pas féminin (ou du moins pas exclusivement). C’est le couple Jirô/Kyôko qui est au centre de l’oeuvre du maître. Cependant, il place souvent la femme au centre du récit. Chacune des différentes phases de la série est amorcée par la jeune femme.
C’est dans une volonté de construction (elle imagine, à terme, se marier avec Jirô) que le début de leur mise en collocation commence. C’est dans une volonté de reconstruction de sa part qu’elle va se terminer. Alors que les deux tourtereaux se connaissent à peine, ils vont faire l’erreur de vivre ensemble sans savoir ce que ça implique. Alors qu’ils ne sont pas mariés, ils vont mentir sur ce petit détail, ce qui atténue le côté « rebelle » de leur action. Ils ne s’affichent pas véritablement, ils cherchent juste à vivre à leur façon.
Kyôko est dépeinte comme une jeune japonaise en proie aux doutes. Elle est partagée entre la tradition (elle veut un mariage) et l’amour qu’elle porte à Jirô (qui lui, souhaite continuer une relation au jour le jour, sans restrictions). C’est cette dualité qui va, très souvent, provoquer les plus grands troubles dans le couple. Le jeune homme ne cherche pas forcément à faire de demande et répète son envie d’être libre, ce qui va pousser sa compagne à faire quelque chose dont elle ne se remettra jamais vraiment et qui apporte un point de rupture net dans leur relation.

Une femme divorcée au Japon dans les années 70 ne bénéficie pas d’une aura particulièrement positive. Au contraire et peu importe les circonstances du divorce, elle sera vue comme fautive et donc comme une traînée. Dans Le Club des Divorcés, Kazuo KAMIMURA fait le portrait de Yûko, une femme qui n’a pas eu de chance puisqu’elle s’est perdue dans un mariage amorcé trop tôt. En effet, elle n’a que 25 ans lorsqu’elle divorce.
De nos jours, qui possède encore des a priori sur le divorce ? Dans une société où l’on nous martèle que 50% des mariages finissent par casser, il est très difficile de ne pas le compter comme un acte presque banal. Pourtant, dans le Japon des années 70, c’est autrement plus compliqué et bien plus difficile à assumer que de nos jours. C’est encore plus vrai quand il y a un enfant qui rentre dans l’équation.
Le mangaka va donc nous raconter l’histoire d’un combat, celui d’une femme qui ne cherche pas forcément à être différente mais avec qui la vie n’a pas été clémente et qui n’a pu faire autrement que de se séparer de celui avec qui elle aurait dû rester jusqu’à la fin de ses jours. Les choses sont difficiles pour une jeune divorcée mais elle tient bon. Avec l’aide de Ken et de ses hôtesses, elle parvient à faire tourner son affaire tant bien que mal et ce, malgré les difficultés financières.

Les femmes du quotidien ne sont pas les seules à intéresser KAMIMURA. À ses débuts, l’artiste possédait un atelier qui se situait au-dessus d’un okiya (la demeure des geisha) et aurait appris à les connaître. Souvent considérées, à tort, comme des prostituées de luxes, ces femmes sont des accompagnatrices qui sont là dans le but de divertir les clients.
Les deux kanji qui constituent le mot geisha signifient d’ailleurs « personne » et « art », faisant d’elles des « personnes qui pratiquent les arts » et rien d’autre.

Le mangaka va nous faire découvrir le « monde des fleurs et des saules », un univers à la fois beau et triste comme son nom l’indique. Les geisha n’avaient pas toutes les mêmes raisons d’exercer leur métier et n’avaient pas non plus toutes le même chemin pour y arriver. C’est ce qu’on nous explique dans L’Apprentie Geisha et dans Une Femme de Shôwa.

Dans L’Apprentie Geisha, O-Tsuru est vendue par ses parents, incapables de se nourrir eux-mêmes et la jeune fille va rapidement accepter son destin et travailler dur en tant que shikkomiko pour devenir une courtisane réputée. Maladroite, elle va faire énormément d’effort pour parvenir à maîtriser tous les « arts » qui feront d’elle une geisha.
La jeune fille découvre un monde qui ne lui déplaît pas au premier abord, elle voit tout ce qu’il implique lors de ses déplacements avec des geisha attitrées et n’aura qu’une idée en tête : repayer sa dette au plus vite afin de pouvoir travailler pour elle-même.

Alors qu’O-Tsuru est élevée dans le monde des geisha, Shôko, héroïne d’Une femme de Shôwa va y tomber après une vie mouvementée. Elle n’est pas élevée comme shikkomiko mais doit se débrouiller dans la rue, survivre et trouver un endroit où dormir chaque soir. Elle va passer par un internat et « étudier normalement » (du moins tant qu’on l’a laissée) avant de devenir geisha.
C’est sa détermination et sa témérité qui lui permettent d’entrer dans un univers fermé dans lequel elle n’était pas amenée à vivre. Malgré cette arrivée soudaine, elle s’y impose presque tout naturellement et même si on ne voit pas vraiment ce qu’elle « devient », son entrée laisse présager un avenir plus positif que ne l’a été son passé tumultueux.

Dans Le Club des divorcés, Yukô se pose comme une geisha des temps modernes dans son club qui met en place ce que seront les bars à hôtesses traditionnels. La jeune femme est belle, cultivée et sait faire la conversation et entretenir l’envie et l’intérêt du client. Il y a chez ce personnage, cet aspect beau et triste à la fois que l’auteur tente d’insuffler dans sa vision de la geisha.
Pour Yukô, ce n’est ni la pauvreté des temps de guerre (O-Tsuru) ni le hasard et la détermination (Shôko) qui l’ont fait basculer dans le monde des fleurs et des saules mais bel et bien le regard de la société. Son bar, elle l’a ouvert parce que trouver un travail sans qualification et après un mariage raté, est impossible dans le Japon mis en images par celui que l’on surnomme le peintre de l’ère Shôwa.
Elle n’avait d’autre choix que de se tourner vers des mécènes pour continuer à vivre par elle-même.

KAMIMURA est un auteur qui écrit beaucoup avec son vécu et sur ton temps. C’est ainsi que les événements historiques qui l’ont marqué se retrouvent de manière constante dans son récit.

Né en 1940, la deuxième guerre mondiale l’a beaucoup marqué et notamment les retombées de la capitulation du Japon après les deux attaques nucléaires d’Hiroshima et Nagasaki le 6 et 8 août 1945. L’occupation américaine est très présente au début de La Plaine du Kantô et va arriver dans la vie de Kinta sans crier gare.
L’oeuvre s’ouvre avant la fin de la guerre, sur le crash d’un B-29 américain qui se fait dégommer par un chasseur japonais Zéro. Le pilote n’étant pas mort et peu de gens parlant anglais dans le village, c’est le grand-père de Kinta qui va avoir la charge de « l’ennemi » (tous veulent l’exécuter sommairement) et à la surprise de tous, il va décider de ne pas le tuer mais de le soigner. Ce dernier offrira au jeune garçon son premier “chewing-gum”, c’est peut-être un détail mais ça lui aura permis de pas mal frimer auprès de ses copains !
Plus tard, on retrouvera d’autres soldats et notamment un joli cœur qui va peut-être trop chercher à s’intégrer. En profitant de la femme de l’un des militaires japonais, il sera retrouvé mort avec la demoiselle en question. Ce qui est intéressant, c’est la réaction japonaise qui, conscients de leur statut de « dominés » vont chercher à punir le Japonais responsable du crime plutôt que d’étouffer l’affaire, chose qu’ils auraient fait sans hésiter quelques mois auparavant.

On retrouve un pan plus sombre de la présence des G.I.s dans Une Femme de Shôwa puisque lors d’une fuite, la petite Shôko va tomber nez à nez avec un soldat américain qui viole une jeune japonaise sans que ça n’ait l’air de le gêner plus que ça…
Une réalité terrible mais qui correspond pourtant au vécu des populations d’après-guerre. D’ailleurs, quand la jeune fille devient une « petite fille aux allumettes », ce sont les forces armées de l’Oncle Sam qui vont le plus facilement et le plus rapidement profiter des services de la jeune fille.

KAMIMURA parle aussi très souvent de l’Incident de la Mandchourie (L’Apprentie GeishaLe Fleuve Shinano…). Les définitions des limites de ce territoire (souvent au centre des rivalités sino-japonaises) varient mais il englobe souvent le nord-est de la Chine et des parties du sud-est de la Russie.
En septembre 1931 , un pan de chemin de fer japonais est détruit dans un attentat que les Japonais vont utiliser pour renforcer leur contrôle du secteur et créer un état qu’ils contrôlent via un empereur installé artificiellement.
Le problème de cet « attentat », c’est qu’il n’en est pas vraiment un. Les Chinois n’ont absolument pas prémédité ni perpétré cet acte d’une violence rare mais ce sont les Japonais qui l’ont provoqué dans le seul but de créer une raison d’attaquer le pouvoir local.

Le mangaka utilise cet incident comme cadre dans L’Apprentie Geisha puisque l’histoire d’O-Tsuru commence juste après l’attaque. Elle va devoir vivre dans un monde où la guerre affame les populations et dans lequel certaines familles sont obligées de vendre leurs enfants pour pouvoir vivre. Elle n’est pas devenue shikkomikparce qu’elle le voulait mais parce que ses parents ont été obligé de la céder pour pouvoir survivre.

En parlant de geisha de manière libérée mais pas que, KAMIMURA s’impose comme un auteur en avance sur son temps puisqu’il n’a aucune peine à évoquer de nombreux sujets à risque ou tabous de la société japonaise. Il parle des femmes, de sexe (libéré, libertin mais aussi traditionnel), de création et aussi de liens.

L’auteur met en scène des personnages qui se cherchent souvent et qui vont passer par l’acte sexuel pour se découvrir, pour échapper à une société qui veut les brider et en faire des marionnettes. C’est le cas Jirô et Kyokô mais aussi de Shôko (dans une moindre mesure) mais aussi de Yukié, Kinta et Yamada.
Les deux premiers découvrent leurs personnalités dans des ébats enflammés et vont rapidement voir que le sexe est probablement la seule chose qui permet de tenir leur relation.
Shôko va comprendre ce qu’elle doit faire de sa vie et surtout marquer celui qui a été son ancien professeur par sa droiture et sa miséricorde absolue.
Yukié va se rendre compte qu’un mode de vie avec un partenaire unique ne lui convient pas et qu’elle veut vivre par la passion et rien d’autres.
Kinta, habitué à des choses assez libres dès le départ (il a vu une scène d’ébats très violents qui ont conduits à la mort de la mère de Ginko alors qu’il était très jeune), va vivre avec un dessinateur spécialisé dans le bondage qui prend des modèles live chez lui… Il va aussi réaliser que, face au sexe, il ne peut que difficilement se contrôler. Lorsqu’une femme se donne à lui, il ne cherche presque pas à résister, même si les sentiments sont inexistants, ce qui va le pousser à s’isoler.
Yamada, un peu comme Sutehachi, va trouver l’inspiration dans les relations qu’il peut avoir et il n’aura aucun problème à essayer des choses différentes. Coucher avec des hommes ou des femmes ne le dérange pas, tant qu’il peut en tirer de quoi faire un dessin.

Relations homosexuelles, corruption mais aussi… vengeance ! Avec Lady Snowblood, KOIKE et KAMIMURA mettent en scène la rébellion d’une femme qui agit… comme un homme. Elle se bat de toutes ses forces, avec un sabre, avec ses jambes, avec ses charmes mais toujours avec une volonté de fer et l’envie de tuer d’une lionne.
Dans un pays où la femme était (et est toujours selon les endroits) poussée à rester à la maison pour s’occuper des enfants et faire la cuisine, le personnage de Yuki est une véritable révolution qui va à l’encontre de tout le système de pensées à la japonaise.

Bien sûr, le mangaka s’interroge aussi beaucoup sur son métier et sur ce qui fait et forme un auteur. On le voit notamment dans La Plaine du Kantô et Folles Passions mais aussi dans Lorsque nous vivions ensemble dans une moindre mesure.

Personnage au centre de La Plaine du Kantô, Kinta vit entouré d’hommes cultivés. C’est le cas de son grand-père mais aussi de son père adoptif, Yanagawa Ôgumo. Ce dernier voit en lui un artiste depuis son plus jeune âge, à une époque où il ne se posait même pas de question sur son avenir ou sur ce que cela signifiait d’être adulte.
Il va prendre le pinceau, poussé par son mentor, mais ne va jamais vraiment y mettre un effort maximal. Il va profiter de son talent naturel et se laisser porter par ses productions. Alors que les rencontrent le décident à s’investir un peu plus, il va se retrouver bloqué à nouveau. Entravé par une femme et un rival, il perd peu à peu confiance et va avoir du mal à se remettre sur de bons rails.
Cette apparition d’un rival va pourtant le stimuler au départ puisque l’intérêt qu’Ôgumo porte à Yamada, ce jeune garçon sorti de nulle part, va créer un petit sentiment de jalousie qui va le pousser à se remettre en question. Cependant, ce n’est pas facile de rattraper plusieurs années perdues à cause d’un manque d’investissement et Kinta va s’en rendre compte sans être découragé pour autant.
Les premiers résultats positifs de ses efforts lui donneront assez d’énergie pour continuer, preuve que KAMIMURA cherche à expliquer aux jeunes auteurs qui liraient que c’est grâce à la persévérance qu’ils parviendront à atteindre leur but. Il n’y a que le travail qui permette d’arriver au succès.

Dans Folles Passions, KAMIMURA va tenter d’expliquer la différence entre un dessinateur et un artiste de manière plus évidente. Il y a Hokusai, maître incontesté et incontestable qui est incapable de rendre une commande à temps (« L’art ne se commande pas ! ») et Sutehachi, plus modeste et apprenti qui cherche à vivre de son art.
Hokusai ne cherche pas à vivre de ses productions à tout prix, c’est pour ça qu’il fuit ceux à qui il doit un dessin et qu’il cherche à laisser libre court à son talent sans vraiment le forcer. En tant qu’artiste, il représente la liberté ou du moins cette aspiration à la liberté que le mangaka considère comme le génie.
Pour Sutehachi, l’apprenti, on sent cette idée, beaucoup plus terre à terre, d’exercer un métier et de pouvoir subvenir à ses besoins grâce à lui. Le jeune homme s’applique (malgré son caractère un peu bourru), fait des efforts pour obtenir une certaine stabilité que son maître n’a pas. Même s’il admire le talent d’Hokusai, il n’est pas forcément fan de son style de vie.

La renommée d’Hokusai n’est plus à faire et c’est pour cela que le mangaka ne va pas forcément chercher à l’encenser où à prouver son génie. Au contraire, il va montrer l’homme derrière la légende et ses envies fluctuantes et son style en perpétuelle évolution puisqu’il le remet en question au fil de ses rencontres et tout au long de sa vie.

Jirô, protagoniste de Lorsque nous vivions ensemble est un peu comme Sutehachi. Son métier d’illustrateur, il le fait pour vivre. Il sait très bien ce qui se passera s’il rate une date de rendu. Même si les époques dans lesquelles évoluent les deux personnages ne sont pas les mêmes, elles ont la même influence restrictive sur les auteurs.
Alors qu’elles imposent un certain cahier des charges et une limite de temps aux « créateurs », elles leur donnent accès à des sources d’inspiration presque infinies, chose assez paradoxale. Que ce soit avec le monde qui les entoure où les gens qui les entourent, les artistes et les dessinateurs ne sont jamais à court d’idée dans les oeuvres de l’estampiste.

On notera aussi l’utilisation fréquente de poèmes dans les titres de KAMIMURA. L’auteur possède un caractère lyrique indéniable qui fonctionne parfaitement avec son dessin proche de l’estampe. Le plus notable restera probablement celui d’Aku YÛ qui a écrit La Fête de la lumière blanche, oeuvre qui rythme les pages de La Plaine du Kantô et qui revient ponctuer les moments clés de la vie de Kinta.
Ces derniers sont parfaits pour le rythme puisqu’ils sont utilisés dans des scènes clés qui peuvent être laissées à la libre interprétation du lecteur, la poésie servant ainsi de guide pour lui permettre de mieux comprendre ce que le mangaka a voulu dire.
Ces vers apportent aussi une certaine mélancolie à des scènes qu’ils viennent conclure. C’est notamment le cas dans Lorsque nous vivions ensemble où le texte semble écrit par le narrateur qui revoit les moments qui ont fait basculer sa vie et se souvient avec nostalgie de ce qui les rendait si doux et si amers à la fois.

Lire la suite




A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

Laisser un commentaire

[the_ad id="59920"]