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Jojo's Bizarre Adventure : Stardust Crusaders

[Dossier] Jojo’s Bizarre Adventure : Stardust Crusaders

Après Phantom Blood et Battle Tendency il y a quelques jours (mais aussi Golden Wind et Stone Ocean il y a quelques mois), il semblait impensable de ne pas enchaîner sur l’une des parties les plus importantes de la saga Jojo’s Bizarre Adventure : Stardust Crusaders. Elle marque un tournant dans le titre avec l’apparition des stands, des « bizarreries » qui vont permettre au mangaka de donner à ses combats un style et une ambiance inimitables.

Stardust Crusaders

Joseph se rend au Japon pour retrouver son petit fils, Jotaro, qu’il n’a pas vu depuis des années. Ce dernier a développé d’étranges pouvoirs qu’il utilise pour se faire un nom chez les voyous. Joseph lui explique qu’il s’agit d’un Stand, une sorte de matérialisation de son esprit combatif, possédant des capacités propres à chacun. Après ces retrouvailles mouvementées, Joseph révèle à son petit fils que Dio, le terrible vampire qui s’était opposé à leur ancêtre, est toujours de ce monde et veut en découdre avec la lignée des Joestar…

Considérée comme la partie qui a véritablement lancé la série, Stardust Crusaders est d’ailleurs la partie que Tonkam a décidé de rééditer en premier lorsqu’il a été annoncé que l’éditeur allait reprendre la série dans son intégralité.

Sachant que les lecteurs de la première édition (J’ai Lu) avaient pu avoir la suite avec Golden Wind et Stone Ocean et que la publication de Steel Ball Run (saison 7) n’était pas encore très avancée, le titre constituait une porte d’entrée parfaite pour de futurs acquéreurs de la septième partie de la saga.
C’est aussi pour cela que les deux séries ont été lancées en même temps en France, en janvier 2013. Alors que Stardust Crusaders avait le droit à un rythme soutenu d’un tome par mois, Steel Ball Run prenait son temps avec un volume tous les deux mois.
Les potentiels nouveaux lecteurs conquis par les aventures de Jotaro pouvaient ainsi se tourner vers celles de Jayro sans avoir trop de tomes à rattraper.

Stardust Crusaders - Tome 1 Stardust Crusaders - Tome 2 Stardust Crusaders - Tome 3 Stardust Crusaders - Tome 4

Dans cette troisième saison, ARAKI introduit avec brio ce qui va constituer la pierre angulaire de sa série, les stands. Plutôt que de nous expliquer ce que c’est, il nous plonge directement in medias res puisque Jotaro, qui sera le protagoniste de cette nouvelle partie, possède déjà le fameux pouvoir mais ne sait pas vraiment comment le contrôler.
Il le découvre presque en même temps que le lecteur ou du moins, il apprend à le comprendre à notre rythme. On sent que l’auteur expérimente encore un peu à l’époque et même s’il a l’idée et sait comment elle va prendre forme, il lui reste quelques détails à régler.

On le voit d’ailleurs dans le premier affrontement qui reste assez classique et ne possède pas encore la finesse à laquelle on est habitué dans la série. Cependant, les choses changent assez rapidement puisque dès la fin du premier tome, on commence à déceler un soupçon de ce qui fera le sel des combats à venir (même si ça ne viendra vraiment que dans la deuxième partie de la série, lorsqu’ils se baladent en Égypte !).

Au final, qu’est-ce qu’un stand ? L’auteur le définit souvent comme la matérialisation psychique d’une caractéristique inhérente au manieur. Concrètement, il s’agit d’exacerber un trait de caractère au maximum.
Par exemple, Jotaro, minutieux et fort comme un ours, se retrouve doté d’un stand particulièrement puissant et précis. Joseph, dont la roublardise n’est plus à prouver, possède un stand qui lui permet de voir où se trouvent certaines personnes (même si le prix à payer n’est pas négligeable !).

Là où ça devient intéressant, c’est quand les pouvoirs commencent à devenir un peu plus complexes. Au fur et à mesure que l’on avance dans l’aventure, les ennemis se font plus variés et surtout, disposent de capacités plus difficiles à combattre de manière directe.

Prenons le premier frère D’Arby rencontré par le groupe de héros. Ce dernier n’a absolument aucune force physique et ne pose pas de danger imminent. Pourtant, il possède la capacité d’extraire l’âme de ceux qui considèrent avoir perdu contre lui. En tant que joueur professionnel, il va défier un à un les membres de la fine équipe de Jotaro et leur donner beaucoup de fil à retordre…

Autre pouvoir plutôt difficile à contrer, celui du stand « Lovers » qui permet à l’utilisateur de faire ressentir sa douleur à la personne de son choix. Dan (le manieur) va ainsi prendre Joseph en otage en envoyant son stand dans son cerveau, empêchant les autres de l’attaquer…

En réalité, dans un combat de stands, celui qui connaît les capacités de son adversaire à la mainmise sur le combat et peut élaborer une stratégie pour les contrer. Savoir si le manieur est proche ou éloigné est aussi d’un grand secours, surtout quand le pouvoir est handicapant. En tout cas, le mangaka a trouvé un moyen intelligent de casser les codes du combat (type shônen) pour proposer de la variété mais surtout de la finesse.

Avec Stardust Crusaders, ARAKI parvient enfin à faire un road manga comme il se doit. Plus fort que le duo de Battle Tendency, il met ici en scène un groupe au grand complet. La multiplicité des personnages permet évidemment de changer la dynamique de bon nombre de situations mais le mangaka garde une constante dans chacune d’entre elles : la notion de lien.
Que ce soit un combat ou une banale scène du quotidien, il fait toujours en sorte de faire comprendre au lecteur que les personnages ne se considèrent pas comme de simples « compagnons de route » mais comme de véritables camarades. Le groupe est soudé (ils font en sorte de ne jamais se retrouver seuls) face à une menace permanente qui peut venir de partout.

Alors que les volumes s’enchaînent, le groupe change, évolue, voit des personnages disparaître, d’autres apparaître, ARAKI ayant un goût prononcé pour les retournement de situations façon « deus ex machina, en fait je fais ce que je veux et c’est moi qui aura le dernier mot ». Il y a quand même un noyau dur de personnages constitué de Jotaro, Joseph et Polnareff qui restent présents du début à la fin.

Stardust Crusaders - Tome 5 Stardust Crusaders - Tome 6 Stardust Crusaders - Tome 7 Stardust Crusaders - Tome 8

Jotaro est un personnage qui ravit les amateurs d’extrêmes : on l’aime ou on le déteste ! Pour être honnête, le premier contact n’est pas facile du tout. Alors qu’il est adulé par les midinettes de son lycée, ils les envoient balader comme du poisson pourri. Sa façon de parler à sa mère est assez violente, elle aussi (insultante même à un moment).

Il n’a donc rien du gendre idéal et pourtant… au fur et à mesure qu’on le découvre, qu’on le voit se démener pour sauver ce qu’il considère comme sa seule famille, il devient de plus en plus sympathique. On découvre que derrière son air bougon et sa violence se cache un être plus sensible qu’il n’y paraît (on le voit lors de plusieurs événements tragiques de la série).

Ce Jotaro, très jeune, contraste d’ailleurs pas mal avec celui que l’on voit dans Diamond is Unbreakable (et même Stone Ocean). Il se montre comme plus posé, plus réfléchi, moins fougueux en fait. Les années l’ont aidé à calmer ses ardeurs et il parvient à réfléchir plus efficacement lors de situations de crise. ARAKI a parfaitement su faire évoluer son personnage mais aussi son stand Star Platinum qui est l’un des plus mémorables de la série.

Ce dernier est l’un des rares stands de la série basée sur la force pure. Il sera, en général, celui qui viendra porter le coup fatal à l’adversaire, à coup de « ORA OR ORA ORA ORA ! », une formule devenue culte et même reprise dans bon nombre de memes sur internet.
Bien entendu, il ne possède pas que ça puisque la précision fait aussi partie de ses qualités. Résultat, il peut attraper une balle de pistolet et même recoudre des plaies et extraire des objets avec une précision qui frôle l’indécence.

Joseph est un personnage qui n’a pas vraiment changé avec les années. Toujours aussi roublard, il n’hésite pas à utiliser la ruse pendant les combats et c’est presque toujours lui qui est à l’origine des stratégies mises en place quand l’équipe est au grand complet.
« L’ancien » du groupe est bien évidemment là pour faire le lien avec la dynastie des Joestar puisque Jotaro porte le nom de sa mère : Kujo (ça fait toujours Jojo). En tout cas, sans le placer en mode potiche, ARAKI prendra quand même soin de ne pas trop le mettre en avant pour faire qu’il ne vole pas trop la vedette à Jotaro, normal me direz-vous…

Polnareff, c’est la classe à la française… vue du Japon. Alors que les héros essaient de souffler un peu après un tumultueux voyage en avion, ils tombent nez à nez avec ce parfait spécimen venue du pays des mangeurs de fromage.
Il s’appelle Jean-Pierre Polnareff et comme Michel, son père spirituel, il possède une coupe de cheveux reconnaissable au premier coup d’oeil (qui ressemble à s’y méprendre à une toque de chef cuisinier soit dit en passant).

S’ensuivent une jolie dose de clichés de l’époque (dont certains sont sûrement toujours vrais de nos jours). Polnareff ne comprend rien aux langues étrangères et va demander plusieurs fois à Joseph de lui traduire un menu.
Il ne pense qu’avec son entrejambe et n’hésite pas à charmer les demoiselles qui passent, TOUTES celles qui passent… Un exemple probable de ce que les Japonais considèrent comme le romantisme à la française.
Il y a quand même un point plutôt positif : il possède un esprit très chevaleresque. En combat, il ne tentera pas de tromper l’adversaire et n’hésite pas à lui révéler les spécificités de son stand avant de commencer pour que la lutte soit juste.
Sachant que les chapitres de sa première apparition datent du début des années 90, c’est amusant de voir que les stéréotypes n’ont pas beaucoup changé en 20 ans !

To Be Continued




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Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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