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Dossier Boichi

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Jojo’s : Phantom Blood & Battle Tendency

Le temps a du vous paraître long depuis le mois de septembre mais la folie Jojo’s Bizarre Adventure reprend de plus belle et aujourd’hui, c’est pour vous parler un peu des deux premières saisons de la saga (qui servent de prologue en quelque sorte) que l’on vous a concocté ce petit article.
Pour rappel, vous pouvez retrouver nos chroniques des saisons 5 et 6 ici.

Phantom Blood

À la fin du XIXe siècle, en Angleterre, lord Joestar voit arriver dans sa maison le jeune Dio Brando, le fils d’un homme qui lui a sauvé la vie. Reconnaissant, il décide de l’adopter mais le jeune homme s’avère particulièrement ambitieux et prêt à tout pour s’emparer de la fortune familiale. Dio semble même prêt à prendre la place du fils de lord Joestar…

À toute histoire exceptionnelle, il faut un départ hors du commun : des personnages attachants, une histoire bien rôdée mais aussi une manière originale de la raconter. Hirohiko ARAKI, mangaka immortel qui rajeunit avec les années, a réussi l’exploit de propulser sa saga au rang de légende en quelques années seulement.

Le premier chapitre Jojo’s Bizarre Adventure (JoJo no Kimyô na Bôken) est prépublié en décembre 1986 (nous fêterons donc cette année sa 30e année de publication !) dans les pages de l’hebdomadaire de Shueisha que l’on ne présente plus, le Weekly Shônen Jump.
À l’époque, ce sont des séries comme Hokuto no Ken, plus connu sous le nom de Ken le Survivant qui cartonnent. C’est pour cette raison que lorsque l’on voit Jonathan Joestar, on a l’impression de voir l’héritier du Hokuto. 

Phantom Blood 1 Phantom Blood 2 Phantom Blood 3

Dans Phantom Blood, l’élément clé n’est autre que le masque de pierre. Cette relique qui appartient à la famille Joestar est au cœur d’une légende sanglante… On nous le présente comme un objet rituel utilisé lors de nombreux sacrifices humains et ARAKI va surtout l’utiliser comme symbole de déshumanisation.

À partir du moment où un être humain se laissera attirer par le masque, il perdra petit à petit de ce qui fait de lui un être humain pour devenir un vampire lorsqu’il le revêtira et l’activera par le biais d’une goutte de sang.
C’est le cas de DIO bien sûr qui clame lui-même abandonner son humanité pour devenir un être d’un genre nouveau (la folie, vous savez…) mais aussi d’un autre personnage qui aura un peu plus d’importance dans Battle Tendency, Straits.

Ce fameux masque fait aussi le lien entre les différents personnages de la saga.
Sans lui, Zeppeli n’aurait pas cherché à en savoir plus sur l’onde et n’aurait jamais rencontré Tonpetty (du chanteur Tom Petty) qui n’aurait pas pu le mener à Jojo.
Sans lui, DIO et le vendeur chinois n’auraient pas eu cette relation de maître/esclave qui va déterminer toute la suite de la série et avoir des répercussions sur d’autres parties de la saga.
Sans lui, les Joestar et les Zeppeli n’auraient pas été embarqué dans la lutte contre les hommes du piler dans Battle Tendency. 

Ce qui la force de cette première partie de la saga, c’est indéniablement ses personnages. Qui ne se souvient pas de Jojo, de Zepelli (premier du nom) ou même de l’insupportable (même si on l’aime) Speedwagon.

Jonathan Joestar, le héros de cette histoire et le point de départ d’une lignée qui laissera son empreinte dans l’histoire. En effet, ARAKI fera en sorte de suivre l’un des descendants des Joestar pendant chacun des saisons qui composent son œuvre (à l’exception de la cinquième qui mettra en scène un héritier de DIO).
Il est difficile de définir correctement le protagoniste de Phantom Blood dans la mesure où il possède énormément de qualités (le cœur, la force et l’esprit) mais est animé d’une naïveté qui frise la bêtise, surtout au début de la série.
Il en fera les frais lorsqu’il tentera de faire ami ami avec DIO lors de son arrivée au manoir Joestar mais aussi et surtout lorsqu’il devra visiter les tréfonds de Londres à la recherche de celui qui a vendu le poison à DIO.

On a parlé de Ken un peu plus haut mais le protagoniste d’ARAKI possède une musculature tout aussi développée et n’hésite pas à se service de sa force pour défendre la veuve et l’orphelin. Que ce soit Erina (la caution “romance” de la série) harcelée par des petites frappes au service de DIO ou pour massacrer des criminels londoniens, le jeune maître n’hésite pas à se lancer à corps perdu dans la bataille.

Comment parler des personnages sans parler de Speedwagon ?
Celui qui a rendu fou des générations de fans en tant que narrateur non-désiré des événements qui apparaissent presque dans chaque case n’était, à l’origine, qu’un voyou qui sévissait dans les allées sombres d’un Londres où le crime pullule.
C’est son combat avec le jeune Joestar le fera changer complètement. On peut dire qu’il a été touché par une sorte de grâce “jojoesque”, un peu comme Bruford.
Les deux personnages ont beaucoup changé au contact de Jojo qui, en utilisant ses poings, a permis de faire sortir la bonté qui se cachait dans ses deux personnages alors qu’ils étaient teintés de ténèbres.

On remarque d’ailleurs qu’ARAKI se sert de Jonathan comme d’un marqueur de bien et de mal. En effet, les personnages qui se situent à la limite, à qui il reste une part de bonté, évolueront de manière toujours très positive au contact du héros alors que les autres sombreront dans les ténèbres les plus totales.
On le voit avec Tarkus qui se refuse à toute humanité et qui a clairement décidé de rejoindre les rangs du mal absolu tant son rejet du bien est marqué. Il suffit de voir comment il se débarrasse des restes de son compère Bruford pour s’en convaincre.

Cependant, l’exemple le plus évident n’est autre que DIO. L’autre protagoniste de la série se présente comme une pourriture finie dès le départ. Évidemment, son père ne laissait pas espérer grand-chose (la série démarre quand même sur un vol…) mais il semblerait que les multiples passages à tabac et engueulades n’aient pas arrangé le fils…
Dès son apparition, il arbore un air suffisant et un petit sourire en coin comme seul les antagonistes peuvent en avoir. DIO multiplie les sales coups à un niveau effrayant pour un ado et au-delà de sa méchanceté gratuite, c’est son machiavélisme qui impressionne.
Alors qu’il se rend compte qu’il n’arrivera pas à ses fins en pourrissant Jojo, il va mettre son plan de côté pendant plusieurs années afin de pouvoir préparer calmement ses plans.

Cette capacité à jauger les situations et de prendre des décisions froides mais efficaces vont rester profondément attachées au personnage de DIO à travers les saisons de la série. Que ce soit dans Stardust Crusaders, Golden Wind (dans une certaine mesure) ou même dans le récent Steel Ball Run, ces caractéristiques restent inhérentes au personnage.

À ce côté froid et sinistre s’ajoutent un côté grandiloquent et extravagant. C’est évidemment le contraste entre les deux aspects de la personnalité de cet antagoniste d’exception qui va lui donner toute sa substance.
Avec des répliques qui peuvent aller du bruit (« Urrrryyyyyyyyy » !) à la folie pure comme le « It was me… DIO! » (« C’était moi… DIO ! »), devenu un meme (un élément ou un phénomène repris et décliné en masse sur internet) depuis ; on vous en reparlera.

Autre pierre angulaire du récit d’ARAKI : William Zeppeli. C’est lui qui va venir apporter le “pouvoir” dans la vie de Jonathan Joestar. C’est un peu le “guide” ou “maître” du genre shônen. Alors que le héros est perdu, Zepelli, homme de l’onde, va venir lui donner une force qu’il ne soupçonnait aucunement.
C’est grâce à l’onde que Jonathan va pouvoir lutter contre DIO et contre ses sbires diaboliques.

L’auteur choisit un pouvoir assez particulier pour son héros puisqu’il fait appel à… la respiration. Pas de boules de feu ou d’explosions de cervelles après cinq secondes puisqu’ici, c’est le rythme et le contrôle qui vont augmenter la force et l’efficacité.
Coup de chance, il s’avère que l’onde émet une énergie similaire au soleil, seule chose qui permettra de se débarrasser définitivement des vampires créés par DIO.

La rivalité entre les Joestar et DIO remontent donc à la fin du XIXe siècle et va perdurer jusqu’à notre époque. Sans trop en dire (la chronique de Stardust Crusaders sera là pour ça), on voit que la haine de l’héritier des Brando n’est due qu’à la jalousie et c’est sur ce sentiment seul qu’il basera ses idées de vengeances et de destruction…

Phantom Blood 4 Phantom Blood 5

Dès le début de sa saga, ARAKI nous fait partager sa passion de la musique. Dans le nom de deux personnages clés, on retrouve déjà l’utilisation noms de groupes célèbres (Tarkus fait référence à Emerson, Lake & Palmer, Bruford à Bill Bruford, Zeppeli à Led Zeppelin et Speedwagon à… REO Speedwagon bien sûr !), un procédé qui devient sa marque de fabrique.
On le retrouve bien sûr dans Battle Tendency (la deuxième saison) avec AC/DC et Wham mais elle trouvera sa pleine mesure à partir de Stardust Crusaders et la création des stands, un concept qui va complètement révolutionner la série.

Le mangaka profite de ses connaissances musicales mais aussi de ce qu’il sait sur le monde anglophone pour étoffer son univers.
Phantom Blood se déroule exclusivement en Angleterre, le pays de naissance de Jojo qui fait partie de ces fils de nobles dont raffolent les Japonais (on retrouve le même tableau dans Gwendoline par exemple).
Outre la vie de riche, ARAKI nous montrera un peu les quartiers sombres de la capitale anglaise et fera intervenir quelques personnages qui devraient vous rappeler de “bons souvenirs” (un certain Jack par exemple).
L’intervention de Tarkus et Bruford, même s’ils n’existent pas, montre une volonté d’ancrer son récit dans une certaine réalité puisqu’ils font partie de ces victimes de conflit (qui a réellement eu lieu) qui n’ont pas eu la chance d’être du côté des vainqueurs…

Ce n’est pas un hasard si Jojo’s Bizarre Adventure continue d’être édité au fur et à mesure que le monde se met au manga. La série, découpée en saisons depuis qu’elle a pris une ampleur qui l’a propulsée au rang de saga.
Tout récemment, les nord-américains de Viz Media ont même fait le pari de sortir une version deluxe sur le modèle de ce qui s’est fait au Japon sur l’édition dite Jojonium mais ça, on vous en reparlera un peu plus tard !

Jojo’s Bizarre Adventure : Phantom Blood est édité en France chez Delcourt/Tonkam.

To Be Continued




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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