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[Interview] Yoshiyuki SADAMOTO et son parcours

Yoshiyuki SADAMOTO, on ne le présente plus vraiment. Ce chara-designer a fait les beaux jours du studio Gainax et reste le mangaka d’Evangelion aux yeux d’une fanbase assez folle.
Pas étonnant me direz-vous ? Pas si sûr quand on connaît le nombre de projets sur lequel il a travaillé !

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Manga Mag : Commençons par une vieillerie. Vous avez travaillé sur la saga ./hack en tant que chara-designer. Qu’est-ce qui vous avait motivé à accepter ce projet ?

Yoshiyuki SADAMOTO : Ce qui s’est passé pour ./hack, c’est que j’ai rejoint le projet suite une offre de Bandaï et de M. Matsuyama qui sont venus à Gainax et qui m’ont proposé de faire un jeu. Ils ont commencé par faire The World, le monde à l’intérieur, le monde de //hack et de créer cet univers. Le problème c’est que, personnellement, je ne joue pas aux jeux-vidéos et donc si je ne trouve pas quelque chose d’intéressant j’ai du mal à m’investir dans un projet.

Je me suis donc posé la question « Qu’est-ce que ce jeu nous amène de nouveau ? ». C’est ainsi qu’on m’a dit : « Ce jeu ne se limite pas seulement à du réseau, ce n’est pas un jeu exclusivement en ligne. Il permet aussi, via les réseaux sociaux et autres de participer à l’évolution du jeu ». C’est cet aspect que j’ai trouvé intéressant et c’était une nouveauté à l’époque.

Ce qui m’a également poussé à rejoindre ce projet est une chose qui m’inquiétait à la base, à savoir comment est-ce qu’ils vont passer les personnages de la 2D vers la 3D. Pour ce point, l’équipe avait pris les devants et avait choisi un des personnages d’Evangelion pour le transformer en 3D. Ils pouvaient donc me montrer directement le résultat. Il m’a semblé satisfaisant et m’a ainsi poussé à m’investir clairement dans le projet.

 

Manga Mag : A propos de votre manga Evangelion, après la fin un peu folle de l’anime ou de The End of Evangelion, comment avez-vous réfléchi afin d’essayer d’apporter un sentiment de clôture aux fans de la série?

Yoshiyuki SADAMOTO : Dés le début, quand j’ai commencé à écrire le manga, j’avais déjà la fin en tête donc je savais très bien vers où j’allais me diriger. Quand on a commencé à monter la série, le fil était très clair : c’était un père qui appelait son fils qu’il avait délaissé depuis longtemps pour le rejoindre. La série a commencé par une rencontre avec le père et son fils mais en vérité la mère était présente à l’intérieur du robot donc il y avait déjà un triangle de personnes qui était monté comme ça et j’ai travaillé sur cette base jusqu’à arriver à la fin que vous connaissez.

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Manga Mag : En interne, des rumeurs parlent des problèmes de production de la série de 1995. Par exemple, certains animateurs n’auraient pas été payés à la fin…

Yoshiyuki SADAMOTO : Je pense que c’était le projet plutôt qui ne rapportait vraiment pas beaucoup et qui n’a pas été payé très cher. Je pense pourtant que tout a été payé. Il faut dire que, comme beaucoup de séries télévisées de l’époque, elle a été basée sur très peu de celluloïds par épisode, c’était une prérogative. C’est logique, moins il y a de cellulos moins il y a besoin de personnes pour dessiner, faire bouger les personnages, enfin pour les animer. Ainsi, les frais sont réduits.

Plus on augmente le nombre de cellulos, plus on va vers un film, un dvd ou autre, quelque chose de plus coûteux donc c’est vraiment juste par nécessité budgétaire  que tout avait été réduit au minimum. En réalité, on nous a clairement dit : « Faites tout bouger avec le minimum de cellulos ». C’était ce qu’on nous avait demandé carrément au niveau de la télé. De plus, en général, quand c’est un jeune réalisateur, il a droit d’utiliser moins de cellulos alors que quand c’est un vétéran, il peut se permettre d’en avoir un peu plus.

 

Manga Mag : Pourquoi ne pas avoir repris la relation entre PenPen et Misato dans les derniers films Evangelion

Yoshiyuki SADAMOTO : Il faut bien se dire que c’est un choix qui privilégie le fil conducteur de la série. Réduire la série sur trois grands films n’est pas chose facile donc le choix a été fait justement de raccourcir et d’enlever ce qui n’était pas primordial à la narration. C’est pour ça qu’il a été présenté comme juste un animal, ce qui est le cas, et les relations ou les choses qui ont pu avoir lieu avec PenPen n’ont pas d’incidence sur l’histoire donc n’ont pas leur nécessité dans un triptyque, c’est ce que je pense en tout cas.

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Manga Mag : Y a-t-il une raison spéciale qui fait que vous ne collaborez pas sur le prochain Mamoru Hosoda ?

Yoshiyuki SADAMOTO : En ce qui concerne The Boy and the Beast, je n’ai pas participé pour une simple et bonne raison : le temps. C’est que l’année ou M. Hosoda est venu me demander si je pouvais participer, je me suis trouvé dans l’incapacité de lui répondre oui parce que je devais finir mon manga (qui se dirigeait vers ses derniers chapitres) et j’avais aussi d’autres projets en cours donc je ne pouvais pas rajouter quelque chose en plus.

 

Manga Mag : Quel est votre implication sur le projet Fukushima de Gainax. Il semblerait que vous allez former des animateurs, ce qui ferait de vous un professeur. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Yoshiyuki SADAMOTO : Il faut bien comprendre que Gainax Fukushima n’est pas une filiale, elle n’est pas une société commune à Gainax, c’est une société sœur, donc c’est une société à part qui a été créée suite à la demande des gens de Fukushima à Gainax parce qu’il y a un des fondateurs de Gainax qui est originaire de Fukushima. Cependant, c’est vraiment une société indépendante. Il est vrai qu’il y a une certaine forme d’entraide entre les sociétés mais ce sont des aides tout ce qu’il y a de plus classiques.

Autre point, je n’ai jamais donné de cours, ni jamais enseigné là-bas, ni formé des gens. Ce que j’ai fait, par contre, c’est que j’ai aidé sur le chara-design pour l’animé qui faisait la promotion de Fukushima qui était payé par une association de la région. C’est la seule chose à laquelle j’ai participé. Il est bien sur possible que, par la suite, j’aille sur place pour former des débutants là-bas qui sont de Fukushima puisque le but de la société, c’est de former des gens de de la région pour que les gens apprécient Fukushima, redonnent un amour de Fukushima. En tout cas, pour le moment, ce n’est pas encore dans les cartons d’aller former des gens.

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Manga Mag : Votre manga sur Aoki Uru est toujours prévu ? Si oui ce sera un oneshot ou quelques tomes ?

Yoshiyuki SADAMOTO : Le projet est encore en période de pré-production mais il faut bien comprendre que, comme c’est du cross-media, selon ce que Gainax va choisir de faire en premier, ce que je vais dessiner va changer. S’ils ont décidé de faire Aoki, ça va être du Aoki mais s’ils décident de faire une nouvelle série télévisée, je vais plutôt dessiner une série liée à cet anime dont je ne peux pas donner le titre. Combien de tomes ? Comme c’est du cross media, eh bien on ne le sait pas encore, ce sont les audiences qui l’influenceront.

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Manga Mag : Merci pour votre temps et bon séjour en France !

© khara

Traduction : Emmanuel BOCHEW

Remerciements :
Warning Up et staff Japan Expo pour l’organisation de l’interview ainsi que Rukawa de Manganimation.net pour la préparation des questions

Interview réalisée par Ours256 pour Manga Mag

A propos de Ours256

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J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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