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[Interview] Yoko HANABUSA, auteure de Gwendoline

Nous sommes le 13 mai et aujourd’hui sort le deuxième tome de Gwendoline aux éditions Isan Manga. On vous avait parlé de la série il y a quelques mois, juste avant de rencontrer l’auteure lors de sa venue en France.

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Pour vous présenter, est-ce que vous pouvez nous donner un détail sur vous que vous n’avez encore jamais donné en interview ?
Yoko HANABUSA : Bonjour, je suis Yoko HANABUSA et si vous voulez quelque chose d’insolite, je dois vous avouer que les musiciens que j’aime le plus actuellement sont ceux du groupe World Order. Même si j’étais impatiente de venir en France, vous ne pouvez pas imaginer à quel point j’attends leur concert à la fin de l’année (Ndlr : Concert qui a eu lieu fin 2015, les propos ayant été recueillis en novembre) !

Comment et pourquoi êtes-vous devenue mangaka ?
Yoko HANABUSA : Mes parents m’ont appris que, lorsque j’avais entre deux et trois ans, j’adorais déjà dessiner. Dès qu’on me donnait un crayon ou un bout de papier, je ne faisais que ça !

En primaire, j’étais très influencée par les mangas de l’époque. Je copiais beaucoup les dessins des oeuvres que j’adorais et c’est ainsi que j’ai commencé à vraiment apprendre et à forger mon style.

En étant au lycée, j’adorais le piano, ce qui fait que j’hésitais entre devenir professeur de piano ou mangaka. Cependant, on m’a dit, et je m’en suis rendue compte par la suite, que je n’avais pas du tout de talent pour le piano donc j’ai choisi d’être mangaka !

De tous les personnages que vous avez créé, lequel est votre préféré et pourquoi ?
Yoko HANABUSA : Mon personnage préféré fait partie de ceux que j’ai créé dans Gwendoline. Il s’agit de Sara car la base du personnage et son caractère son très marqués. C’est quelqu’un qui fort tout en étant gentille. Même auprès des lecteurs, elle a eu beaucoup de succès et plus de gens, au Japon en tout cas, se reconnaissaient plus en elle qu’en Gwendoline.

Les fameux World Order
Les fameux World Order

Quels sont les titres qui vous ont inspiré ?
Yoko HANABUSA : Mes influences sont très variées.

Dans un premier temps, en parlant de manga, il y a bien sûr les shôjo classiques de mon époque donc Attacker You! (Jeanne et Serge chez nous), Versailles no Bara (La Rose de Versailles ou Lady Oscar chez nous), Ace wo Nerae.

À côté de ça, j’ai aussi été influencée par les films et les romans, notamment étrangers. Il y en a une que j’adorais, et que j’adore toujours en fait, qui s’appelle Pintanel (Ndlr : une oeuvre espagnole) où l’aventure possède une place de choix.

Est-ce qu’il y a des manga que vous suivez encore avec passion de nos jours ?
Yoko HANABUSA : Je suis une grande fan de l’Attaque des Titans. Eh oui, il ne faut pas croire que je ne lis que du shôjo !

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En plus de votre métier de mangaka, vous avez aussi une fonction professorale à l’université de la Toei. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ?
Yoko HANABUSA : Quelqu’un de la Toei Animation m’a proposé de devenir professeur pour leur école de dessin et de manga. Mon travail consistera principalement à inculquer les bases du manga aux étudiants.

Certains jeunes mangaka veulent parfois aller un peu trop vite et leur base n’est pas assez solide. Pour ma part, je pense qu’il est important d’avoir un socle solide et de savoir comment devenir mangaka avant de se lancer.

Dans Gwendoline, pourquoi avoir choisi l’Angleterre comme second cadre pour votre récit ?
Yoko HANABUSA : À l’époque, Lady Diana était venue au Japon et lorsque je l’ai vue, j’ai été émerveillée par le style des ladies anglaises. Du coup, j’ai eu envie de dessiner et de raconter quelque chose qui se passe en Angleterre !

L’Angleterre est une contrée qui fait rêver. Dans les manga, on retrouve très souvent le schéma narratif suivant : un personnage est envoyé dans une famille et souffre des misères d’éventuels frères et soeurs. C’est même le cas dans Jojo’s Bizarre Adventure qui n’a pourtant rien à voir avec un shôjo. D’où vient cette idée de l’Angleterre que se font les Japonais ?
Yoko HANABUSA : En ce qui me concerne moi, c’est surtout les documentaires que l’on a pu voir sur Lady Diana lors de sa visite au Japon. Néanmoins, je pense que ce n’est pas un préjugé sur l’Angleterre mais les Japonais ont cette image des princes, des rois, des reines un peu comme on trouve dans les contes qui vivraient au Royaume-Uni.

Même aujourd’hui, ils ont encore une reine qui vit avec le prince et la princesse… C’est quelque chose qui fait beaucoup rêver les enfants et qui donnent envie aux auteurs d’imaginer ce qu’un intrus vivrait projeté dans cet univers.

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Lady Diana et le drapeau du Royaume-Uni  

Gwendoline, c’est un peu une Cendrillon des temps modernes, vous ne trouvez pas ?
Yoko HANABUSA : C’est exactement ça ! Il y a chez elle, ce côté charmeur qu’il y avait chez Cendrillon et autour d’elle, on retrouve une certaine magie qui fait écho à l’oeuvre de Perrault et même de Grimm.

Que ce soit la belle-mère de Gwendoline ou sa demi-soeur Mary, vous avez créé deux personnages insupportables. Vous ne vous êtes pas arrachés les cheveux en les dessinant ? 
Yoko HANABUSA : Non, pas du tout ! En même temps, je voulais retranscrire quelque chose de très humain. Vous dites qu’elles ont un caractère assez mauvais et c’est vrai qu’à l’époque, lors de leur apparition au début, tous les lecteurs les ont détestées.

L’idée, c’était pourtant de transmettre quelque chose que toutes les femmes ou même les hommes ont à l’intérieur d’eux. Je grossis les traits bien sûr mais on peut aussi avoir de la compassion pour ces personnages.

C’est amusant puisque, au fil du temps, les lecteurs ont fini par changer d’avis et ont commencé à comprendre ce qu’elles avaient d’humain. C’est ce qui m’a fait comprendre que j’avais dessiné plus que des « méchants » et je dois avouer que ça m’a fait très plaisir.

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En France, Gwendoline fut l’un des premiers anime à être importé en France, quelle a été votre réaction à l’époque ?
Yoko HANABUSA : Dans un premier temps, quand la diffusion a été décidée, j’ai simplement reçu un message de la Toei mais comme je n’étais jamais partie à l’étranger, je ne réalisais pas vraiment et je me demandé si c’était bien la vérité.

C’est uniquement lors de ma première venue en France que j’ai commencé à comprendre ce qui se passait autour de ma série. J’ai pu rencontrer les fans de la version animée et du manga qui m’ont bien fait comprendre à quel point mon oeuvre était importante pour eux.

Cette visite m’a tellement touchée que je ressens un plaisir particulier à chaque fois que je reviens en France.

Avez-vous été impliquée dans la réalisation de l’anime ?
Yoko HANABUSA : La série animée possède quelques passages qui divergent par rapport au manga mais à chaque fois, le producteur venait me demander si j’étais d’accord avant de laisser les équipes travailler.

Il venait pour me demander les traits de caractères des personnages et même des petits détails. Par exemple, on m’a demandé si Gwendoline préférait le lait ou le jus d’orange !

Par contre, en ce qui concerne l’opening et l’ending, c’est bien moi qui ai réalisé les dessins donc j’ai quand même bien participé à la réalisation !

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Pour finir, un petit portrait chinois (avec des réponses du tac au tac) :
Un auteur : Kyoko MIZUKI, l’auteur de Candy Candy.
Un manga : Ace wo Nerae (Ndlr : manga de Sumika YAMAMOTO)
Une chanson : Mind Shift de World Order
Un plat : Onigiri
Un bonbon : Mitarashi dango (Ndlr : boulettes de mochi (riz gluant) plantées sur un bâtonnet et enrobées de sauce soja sucrée qui lui donne un aspect luisant)
Un film : Les Vacances romaines (Ndlr : film de William WYLER avec, entre autres, Audrey HEPBURN)
Une marque de chocolat : Godiva

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Des mitarashi dango et des onigiri

Propos recueillis grâce à Karim TALBI
Traduction : Isan Manga




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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