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© NICKE / Ki-oon

[Interview] NICKE (Beyond the Clouds)

Alors que son manga Beyond the Clouds paraîtra en France début juillet dans la collection Kizuna des éditions Ki-oon, la mangaka NICKE nous a reçu chez elle, au Japon, pour un entretien où elle se dévoile avant sa venue à Japan Expo.

Beyond the Clouds T1Bonjour Nicke, merci de nous accorder cette interview.
Pouvez-vous nous parler de votre formation ?

Nicke : J’ai d’abord étudié l’ethnologie à l’université, c’est-à-dire l’étude de populations spécifiques et de leurs cultures, et j’ai fait pas mal d’études sur le terrain, en particulier à propos des matsuri, les fêtes traditionnelles japonaises. Ensuite, après l’université, j’ai repris des études de design et c’est là que j’ai appris comment faire des illustrations et d’autres types de designs.

On apprend dans les bonus du premier volume français de Beyond the Clouds que vous dessinez tout sur tablette graphique. Pourquoi ce choix plutôt que le modèle papier ?

Nicke : L’un des gros avantages du digital, c’est que l’on peut faire des zooms importants, et comme j’aime ajouter des détails dans mes images, je peux facilement rajouter des traits aux différentes parties du dessin. J’ai essayé la méthode traditionnelle, mais ça me prenait beaucoup de temps dès lors que je devais apporter une correction. L’autre raison, c’est que pour dessiner, je suis habituée à un logiciel, Sai, qui permet de faire un rendu spécifique des traits, et je n’ai pas retrouvé ce type d’atmosphère sur papier ou avec d’autres logiciels.

Comment avez-vous réagi en apprenant que vous seriez éditée en France, avant même le Japon ?

Nicke : J’étais très surprise ! Je ne pensais même pas que ce qui était à l’origine un fanzine sortirait un jour en livre. Quand j’ai été abordée par Ki-oon, j’ai même cru à une arnaque !

Votre style graphique semble tout droit sorti des livres pour enfants. Quel est votre lien avec ce genre particulier ?

Nicke : J’aime beaucoup les livres d’images pour enfants, depuis longtemps, comme par exemple ceux de Chihiro IWASAKI (auteure de Un Bébé arrive dans ma Maison ou Christine et Kiki – NDLR). C’est à la fois le rendu des couleurs en aquarelle, la façon dont les traits sont dessinés, et le fait que ça se termine toujours par un happy end, qui font que ces histoires me touchent beaucoup et que j’apprécie énormément ce type d’œuvres.

Vous semblez très attachée à l’univers de la saga Kingdom Hearts. Qu’est-ce qui vous plaît dans le titre créé par Tetsuya NOMURA ?

Nicke : Au départ, ma passion pour les RPG a commencé avec mes frères qui jouaient à Final Fantasy. Je me contentais de les regarder, mais j’aimais bien l’idée de trouver des compagnons pour avancer dans l’histoire et ainsi se rapprocher de la vérité au cœur de l’intrigue. Un jour, une de mes amies m’a invitée à venir chez elle et m’a proposé de jouer à Kingdom Hearts, et j’ai tout de suite complètement accroché à l’univers et aux personnages !
J’aime beaucoup Disney à la base, et là, j’ai trouvé que l’idée de pouvoir voyager entre les mondes était très attrayante, chaque histoire développée par Disney était intégrée de façon intelligente à l’histoire de Kingdom Hearts, et puis le fait de pouvoir devenir ami avec les personnages de Disney m’a également beaucoup plu ! Je crois qu’à l’heure actuelle, j’ai fait tous les jeux qui sont sortis.

Avez-vous été assez libre dans la création ou avez-vous dû effectuer des changements dans l’histoire ?

Nicke : J’ai dû en effet changer quelques petites choses par rapport à l’histoire du fanzine. Il était composé d’histoires courtes, dans le style vie quotidienne qui avaient pour but essentiel de faire en sorte que les lecteurs aient chaud au cœur, mais il n’y avait pas toutes ces notions d’action, d’aventure, de suspens ou de danger, et donc ce sont ces éléments que j’ai dû ajouter pour créer l’histoire de Beyond the Clouds.

Produisez-vous des œuvres à l’occasion du Comiket ? Vous avez été repéré par Ki-oon alors que vous étiez dans le circuit amateur. Le fanzinat était-il un tremplin pour votre carrière ou juste une passion ?

Nicke : A l’origine, j’aime beaucoup dessiner, et une de mes amies m’a montré comment faire pour mettre en ligne mes dessins, que ce soit sur Pixiv ou sur d’autres sites internet japonais comme Tegaki Blog, et quand j’ai mis en ligne mes œuvres, beaucoup de gens m’ont montré qu’ils appréciaient mon travail et ça m’a fait très plaisir, mais je ne me suis pas arrêtée là parce qu’à la base j’aime aussi créer des histoires.
Beyond the Clouds – La Ville Jaune était une histoire que j’avais en tête depuis longtemps et que j’avais vraiment envie de mettre en forme sérieusement. Les fanzines sont plus nés de cette envie de donner une forme à une histoire et à un univers qui se trouvaient en moi, plus que parce que je pensais à en faire un livre. Pour ce qui est de ma production, La Ville Jaune, qui a inspiré Beyond the Clouds, n’a été vendue qu’au Comitia et cela avant que je ne rencontre Ki-oon.

Avez-vous déjà déposée des manuscrits chez des éditeurs japonais ?

Nicke : En fait, à l’intérieur du Comitia, une partie est dédiée aux éditeurs japonais, où on peut montrer ses œuvres et recevoir des remarques et des conseils, et effectivement, j’ai vu des éditeurs japonais une fois à cette occasion.

Quels sont les auteurs que vous respectez le plus ?

Nicke : J’aime beaucoup Akiko IKEDA, qui dessine un chat très particulier (NDLR: Il s’appelle Dayan) qui a beaucoup de succès au Japon. Quand j’étais petite, à l’école primaire, mes parents m’ont accompagnée à une exposition de cette artiste. C’était bondé donc je me suis sentie mal, mais mon père m’a acheté le livre d’illustrations de l’exposition et j’ai passé mon temps à le lire.

Quels sont les titres qui vous ont fait rêver quand vous étiez plus jeune ?

Nicke : Cette œuvre là m’a beaucoup marquée, au point d’écrire un essai dessus à la fin de l’université. Ce qui me passionne et m’impressionne, c’est que l’univers a été développé de manière vraiment cohérente : comment les personnages vivent, comment la ville est construite, les différents symboles qu’ils utilisent ont tous un sens et sont logiques… Je me dis que c’est vraiment passionnant de construire un univers de cette façon. Aujourd’hui encore, c’est une œuvre à laquelle je suis très attachée.

Quel est le titre que vous lisez avec le plus d’avidité de nos jours ?

Nicke : J’aime beaucoup les œuvres de Chika UMINO (auteure de March comes in like a lion – NDLR) de façon générale, mais ces derniers temps, un titre qui m’a été proposé par une amie et que j’ai lu avec plaisir, c’est Les Rôdeurs de la Nuit (édité en France chez Panini – NDLR).

Tous vos personnages possèdent une véritable individualité et un côté qui les rend particulièrement attachants. De quoi vous êtes-vous inspirée pour les créer ?

Nicke : Je n’ai pas réfléchi de manière profonde et organisée à la création des personnages, ce sont plutôt des réflexions, des images qui me viennent au fil de l’histoire.

D’ailleurs, lequel d’entre eux préférez-vous et pourquoi ?

Nicke : J’adore Théo, mais j’aime surtout dessiner Bingo ! J’aime son caractère, le fait qu’il soit stable, qu’il n’explose pas de joie et reste calme… il est très cool. En plus, il a toujours les yeux à moitié fermés et je m’amuse beaucoup à le dessiner vu que jusque-là, je n’avais pas encore jamais eu l’occasion de dessiner ce type de personnage.

Avez-vous déjà en tête la fin de votre conte ?

Nicke : Oui !

Un petit mot à adresser à vos futurs lecteurs et lectrices français ?

Nicke : C’est la première fois que j’ai la possibilité de dessiner un manga sur le long cours, et plusieurs fois j’ai songé à arrêter, mais finalement j’ai continué parce que j’ai l’impression de faire un vrai voyage avec Théo et Mia, les personnages principaux. Même si je suis toujours en pleine phase d’apprentissage, j’espère que vous nous suivrez dans cette grande aventure. Merci de vous intéresser à mon titre !

Merci Nicke, nous vous souhaitons le meilleur dans vos projets.

Propos recueillis par Kobito
Traduction : Kim BEDENNE




A propos de Kobito

Kobito
Les mangas c'est comme la vie, sauf que dans les manga à la fin tu meurs rarement !

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