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[Interview] Jun MOCHIZUKI, auteure des Mémoires de Vanitas

[Interview] Jun MOCHIZUKI, auteure des Mémoires de Vanitas

Invitée d’honneur manga de la dernière édition de Japan Expo qui s’est déroulé du 6 au 9 juillet, c’est une Jun MOCHIZUKI surexcitée qui a répondu à nos questions. L’auteure de Pandora Hearts, et plus récemment des Mémoires de Vanitas dont le premier tome vient de sortir aux éditions Ki-oon, s’est révélée très bavarde !

Pour commencer, pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours et de ce qui vous a poussé à devenir mangaka ?
Jun MOCHIZUKI : Dès la crèche, une maîtresse m’avait complimenté sur mes dessins et m’avait dit : « Tu pourrais devenir mangaka plus tard ! » et l’idée a commencé à trotter dans ma tête. De plus, ma sœur, qui a 11 ans de plus que moi, dessinait aussi des mangas.

Avec votre emploi du temps très chargé, est-ce qu’il y a encore des séries que vous lisez ou êtes-vous consacrée à 100% dans la création de vos œuvres ?
Jun MOCHIZUKI : Je lis beaucoup de mangas parce qu’il y a besoin d’intégrer des éléments nouveaux dans mes histoires. Du coup, il m’arrive d’aller directement dans les librairies et d’acheter une vingtaine de titres pour ensuite passer tout mon weekend à les lire. J’adore ça !

Qui sont les auteurs que vous admirez le plus et pourquoi ?
Jun MOCHIZUKI : Je suis une grande fan d’Hiromu ARAKAWA. Je trouve que ses mangas sont extrêmement faciles à lire et très bien dessinés dans le sens où ils ne perdent pas le lecteur. J’aime la façon dont elle met des détails dans ses planches, dont elle dessine les scènes de combats.

D’ailleurs, je trouve que ses scènes d’action sont particulièrement réussies parce qu’elle choisit des angles toujours très variés et qui en même temps permettent de garder une certaine fluidité et une certaine facilité de compréhension. Je regarde beaucoup la façon dont elle cadre, dont elle introduit des lignes de vitesses car son style m’influence beaucoup.
J’ai beaucoup reçu d’ARAKAWA et j’espère vraiment me rapprocher de son niveau, ne serait-ce qu’un tout petit peu…

Kaoru MORI est aussi une mangaka qui m’impressionne. Elle parvient à mettre tout ce qu’elle aime dans ses mangas, même ce qu’elle aime de façon limite anormale, et pourtant elle arrive à le faire passer à ses lecteurs de façon naturelle. C’est quelque chose que j’aimerais bien réussir à faire dans mes œuvres.

Vous parliez d’Hiromu ARAKAWA… Manifestement, elle vous admire aussi puisqu’elle a, de son côté et à juste titre, beaucoup apprécié le premier tome des Mémoires de Vanitas
Jun MOCHIZUKI : Je pensais vraiment pas que je pourrais obtenir un commentaire de maître ARAKAWA pour mon titre donc quand mon éditeur m’a montré l’image du bandeau, je me suis dit « Ah, c’est bon ! J’ai accompli tout ce que je voulais et je peux mourir en paix ! ». Le seul soucis, c’est qu’elle a écrit dans son commentaire qu’elle avait vraiment envie de voir la fin donc je me suis dit qu’il fallait quand même que je termine la série avant de rendre l’âme !

Vous êtes déjà venue en France une fois, qu’est-ce qui vous a paru différent ? Quel aspect de notre pays qui vous a plu ?
Jun MOCHIZUKI : Déjà, au niveau du climat, votre pays n’est pas humide, même en été et ça, c’est vraiment très très agréable ! Il suffit qu’on aille dans l’ombre pour se sentir mieux. En plus, les jours sont longs donc je comprends très bien que tout le monde ait envie de partir en vacances à cette période. Après, peut-être qu’Ahmed et Mai [éditeurs chez Ki-oon – Ndlr] ne sont pas d’accord avec moi mais il m’arrive souvent, quand je suis perdue, que des gens viennent m’aider d’eux-mêmes pour m’indiquer le chemin ou me donner des explications sur un bâtiment qui m’intrigue devant lequel je me serais arrêtée.

J’aime beaucoup que de nombreux édifices soient restés en l’état depuis l’époque de Napoléon, c’est très étonnant pour nous les japonais qui avons des villes reconstruites au fil des âges, surtout à cause des constructions en bois. J’ai donc l’impression d’être dans un monde de fantasy donc je suis toujours très excitée à chaque fois que je visite la France.

Après, je trouve que le pain et les croissants… C’est juste trop bon !

En parlant d’architecture en France, est-ce que ce que vous avez vu vous a inspiré ? Est-ce que vous l’avez utilisé pour les Mémoires de Vanitas ?
Jun MOCHIZUKI : J’aime beaucoup les toits hauts, ça donne une sensation d’espace, mais aussi cette grande unité architecturale dans la ville. De façon générale, dans la construction de mon histoire, je mets tous les endroits que j’ai aimé. En tournant les pages des Mémoires de Vanitas, j’aimerais bien que mes lecteurs se disent : « Ah tiens, ça me rappelle cet endroit ! L’auteur a du l’apprécier ! ».

Une autre chose qui me plait beaucoup, c’est que, même si l’on se trouve devant une porte d’entrée, on ne sait jamais vraiment ce qu’il y a derrière. Il peut y avoir un jardin intérieur ou même une galerie… À chaque fois, j’ai toujours envie de m’y aventurer et il est vrai que je suis déjà rentrée dans des endroits en me disant : « Si on me trouve, je dirais que je me suis perdue… » !

On le voyait déjà dans Pandora Hearts et c’est encore vrai dans les Mémoires de Vanitas, il y a un mélange entre optimisme et inquiétude. Était-ce votre intention de confronter ces deux concepts ?
Jun MOCHIZUKI : Je ne pense pas forcément en termes binaires de bien contre le mal, ce n’est pas quelque chose que je mets de façon volontaire dans mes œuvres. Je préfère montrer plusieurs points de vue et plusieurs conceptions des choses. Par exemple, les visions de la justice peuvent différer d’un personnage à l’autre. J’essaye d’introduire une certaine pluralité dans mes histoires.

Dédicace de Jun Mochizuki
Dédicace de Jun Mochizuki

Avec l’idée du « vrai nom », on imagine que le thème de l’identité sera au cœur des Mémoires de Vanitas. Est-ce un sujet qui vous tenait à cœur ?
Jun MOCHIZUKI : Effectivement, c’est un thème qui est important mais pas seulement dans Les Mémoires de Vanitas. On le retrouve aussi dans Pandora Hearts puisque les personnages essayaient tous de plus ou moins trouver quelle était leur véritable identité et j’aime beaucoup dessiner l’évolution et la découverte de ce qui se cache à l’intérieur de soi.

Que pensez-vous de votre popularité en France ? Est-ce que vous saviez que l’exposition organisée pour fêter la fin de Pandora Hearts avait eu un franc succès ?
Jun MOCHIZUKI : Ça me fait toujours très plaisir de savoir que, même au delà des océans, j’ai des fans qui lisent mes œuvres. Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait une telle exposition de mes planches.

Merci maître et bon séjour !

Propos recueillis par Kubo
Transcription par Ours 256

Traduction : Kim BEDENNE
Nos remerciements à l’équipe Ki-oon




A propos de Kubo

Kubo
Enfant de la « génération Club Dorothée », c'est un gros lecteur de mangas shônen, particulièrement ceux issus du Weekly Shônen Jump et des publications Shueisha en général, mais l’âge aidant ses lectures s’orientent de plus en plus vers les seinen.

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