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[Interview] Guillaume STEY, victime de son talent

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© Editions Delcourt, Guillaume STEY, 2015

Manga Mag : Le rythme de l’histoire est particulièrement bon, l’univers créé est riche, il a clairement de la gueule. Ton oeuvre est un des rares titres « global manga » que l’on peut facilement comparer aux oeuvres japonaises. Est-ce que tu passes tout ton temps de préparation sur tes storyboards ?

Guillaume STEY : Non presque pas. Je fais ça en tout petit, presque sur du timbre poste. C’est tout petit quoi, je définis rapidement l’emplacement de chaque case mais je passe très vite au dessin au crayonné.

Manga Mag : En gros t’as déjà quasiment tout dans la tête ?

Guillaume STEY : C’est ça, je travaille au feeling !

Manga Mag : Dans Loa, tu entres dans le vif du sujet tout de suite. Est-ce qu’on doit en déduire que t’aimes pas les trucs à rallonge et que tu vas faire une série courte ? 

Guillaume STEY : C’est surtout qu’en France, signer un manga de création, c’est difficile car c’est très demandé. Après presque une décennie, il y a toujours aussi peu de demande donc se faire signer par un éditeur, c’est incroyable.

Ainsi, j’ai prévu la possibilité de ne pas avoir besoin de 50 tomes pour raconter mon histoire. Pour l’instant, l’accord avec l’éditeur c’est 3 tomes et donc faut que je rentre un maximum de choses dans ces 3 volumes.

Manga Mag : Pourtant, cette fin en trois tomes, je trouve qu’elle ne colle pas avec l’ambiance du premier tome et son côté aventure…

Guillaume STEY : Si ça ne tenait qu’à moi, je veux bien faire 50 tomes ! Le début de l’histoire de Loa est ce qu’il est parce que je ne pensais pas être publié. Je le voyais bien comme un shôen qui marche sur le long terme.

Maintenant, je dois être pragmatique sachant que je travaille avec un éditeur. S’il me dit 3 tomes, je dois m’adapter, je dois faire en sorte que l’histoire tienne dans ces 600 pages.

Manga Mag : Donc dans les deux prochains, le côté aventure sera beaucoup moins présent ?

Guillaume STEY : Le 2e est déjà plus sombre. L’histoire s’emballe quand même pas mal et on commence à comprendre que c’est un faux shônen. Dès le départ, il y avait tous les ingrédients pour en faire un mais ce n’était pas le but.

Manga Mag : Loa, c’est un shônen dans la plus pure tradition du genre, tu n’as peur de tomber un peu dans le classique à un moment ?

Guillaume STEY : Non, du tout, dans les tomes deux et trois, on ne sent presque plus l’influence shônen. Je suis sûr qu’après lecture, il y en a qui vont dire que ça ne se fait pas mais personne ne pourra dire qu’il s’y attendait ou que c’est classique, aucune chance.

Manga Mag : Est-ce qu’en préparant ton titre tu as eu plusieurs possibilités d’édition ou est ce qu’il n’y a que Delcourt qui a accepté ton démarchage ?

Guillaume STEY : J’ai eu un coup de fil de Kazé Manga. Ils voulaient me voir mais c’était déjà quasiment signé avec Delcourt. Sinon, j’ai eu des discussions avec d’autres éditeurs mais rien de sérieux. L’un d’eux m’a dit qu’il me verrait plus vers du seinen typé young. 

J’ai quand même demandé à Delcourt s’ils s’intéressaient à Loa où s’ils voulaient simplement me mettre sur un autre projet. C’était bien pour Loa mais il fallait que je modifie certaines choses mais rien n’a été fait puisque j’avais quasiment accepté la proposition de Delcourt.

Manga Mag : Pourquoi avoir accepté aussi vite avec Delcourt ? Est-ce que leur vision était plus proche de la tienne ?

Guillaume STEY : Tout simplement parce que c’est pas facile de se faire signer. Quand on te propose, en général tu dis oui ; à l’époque, j’ai eu un coup de fil et ça se fait. En plus, je n’avais que ça donc je n’ai pas hésité et je n’ai même pas chercher à négocier.

C’est ma première publication et il y a 5 manga de création qui sortent par an ! J’ai oui et j’ai dit merci. Peut-être que quand je commencerais à me faire un nom, je pourrais discuter mais là, il fallait que je sois réaliste.

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A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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