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[Dossier] Bilan de l’année manga 2016 : les tops, les flops, l’état du marché…

[Interview] Eisaku INOUE (One Piece, Saint Seiya, B'tX...)

[Interview] Eisaku INOUE (One Piece, Saint Seiya, B’tX…)

L’artiste Eisaku INOUE a travaillé dans bien des secteurs du domaine de l’animation japonaise : en tant qu’animateur clé, directeur de l’animation, ou character designer sur des animés tels que Dragon Ball Z, One Piece, Saint Seiya, B’tXRing ni Kakero
Il était l’invité du salon belge Made in Asia qui s’est tenu les 12 et 13 mars 2016 à Bruxelles. Manga Mag a pu le rencontrer à cette occasion.

BIOGRAPHIE
Débutant sur des séries prestigieuses comme Saint Seiya, Dragon Ball Z, B’tx, Legend of Lemnear ou encore Gunbuster, Eisaku INOUE continua sa carrière comme directeur d’animation notamment sur Saint Seiya : Hades Chapter, Interlude, DNA2 et Ring ni Kakero. Et c’est surtout sur la série One Piece qu’il a pu développer tout son art. Réalisant au départ les storyboards pour la série One Piece, Eisaku INOUE en est rapidement devenu le chara designer et le directeur de l’animation de films et d’épisodes spéciaux.

MadeInasia_GokuBonjour, comment êtes-vous arrivé dans le domaine de l’animation ?

Eisaku INOUE : Je finissais le lycée et je n’avais toujours aucune idée de ce que je voulais faire. Pour moi, le monde de l’animation était quelque chose de totalement étranger. Même si j’adorais dessiner, les deux n’étaient pas identiques. Il y avait deux entités complètement séparées. Je ne voulais pas aller à l’université mais c’est à cette époque que je suis tombé sur l’anime Uchuu Senkan Yamato qui fut une véritable révélation.

Après visionnage, j’ai cherché à en savoir un peu plus sur la réalisation de cet anime et j’ai trouvé les adresses des studios responsables de sa production. Au départ, je voulais juste m’y rendre pour poser quelques questions et en savoir un peu plus. Comme je pensais me faire refouler en y allant sans rien, j’ai téléphoné en leur disant que je voulais devenir animateur.

Lorsque je m’y suis rendu, j’ai pris quelques dessins sous le bras. Sur place, j’ai réussi à voir le directeur, j’ai posé des questions auxquelles il a répondu… J’étais content et prêt à partir quand il a demandé à voir mon sketchbook. Je lui ai montré et il a commencé à dire « Hum… C’est bien… Pas mal… » ainsi que « Bon, ben tu reviendras tel jour ».

Je n’ai pas très bien compris mais je suis revenu le jour demandé et j’ai eu deux ou trois petits entretiens et il a finit par me dire : « C’est bon, tu commences en avril ! »

Vous avez travaillé sur des séries aux sujets et aux graphismes extrêmement diffèrent. Est-ce un choix de votre part afin de ne pas vous laisser enfermer dans un style unique ?

Eisaku INOUE : En fait, moi je travaille pour Toei Animation. Je ne fais qu’emprunter un bureau puisque je reste freelance. Je fais donc le travaille qu’on me donne, ce qui fait que je n’ai aucun style personnel. Je m’adapte en prenant en considération le travail qu’on m’offre.

La seule chose, c’est que je fais toujours en sorte de m’adapter au plus près de l’oeuvre originale du chara-designer. C’est pour ça que pour Saint Seiya, j’ai fait au plus proche de Shingo ARAKI et pour One Piece, je tente de me rapprocher au plus d’Eiichiro ODA. C’est absolument volontaire de ma part et du moment que ça fait plaisir aux fans, ça me convient très bien.

MadeInAsia_SeiyaQuel genre de production est le plus proche de votre caractère ? Saint Seiya, One Piece ou un autre ?

Eisaku INOUE : C’est une question bien difficile mais disons que ce n’est pas quelque chose à laquelle je pense vraiment.

Vous avez toujours officié sur des postes “graphiques” (intervalles, storyboard, direction de l’animation…), mais vous auriez dû être le réalisateur sur le film avorté de “Versailles no Bara” (Lady Oscar) au début des années 2000, n’est-ce pas ?
Pour quelles raisons aviez-vous accepté ce poste  ? Et pour quelles raisons ce projet est-il tombé à l’eau ?

Eisaku INOUE : Je peux vous donner la raison mais après, je ne sais pas si ça ne va pas m’amener quelques problèmes…

Pour commencer, je n’ai appris que je devais être réalisateur qu’après l’annonce du projet. Tout a commencé au Tokyo Animation Festival où, sur le stand de Toei, il y avait une affiche comme quoi un nouveau film Versailles no Bara était prévu. C’est devenu un gros sujet de conversation et tout le monde s’est mis à en parler sur le net.

Dans cette annonce, il n’y avait pas encore le casting mais on pouvait trouver les noms du staff et je me suis retrouvé réalisateur sans même le savoir. J’ai appris la nouvelle par internet, c’est vous dire (rires).

Bien après, j’ai été contacté par la Toei qui m’a expliqué que c’est monsieur MORISHITA, avec qui j’ai collaboré sur Saint Seiya, qui avait donné mon nom en disant « Si vous avez besoin d’un réalisateur, vous pouvez faire appel à monsieur INOUE ». Quand on m’a dit ça, j’ai répondu que s’ils avaient vraiment besoin de moi, je serais partant.

À ce moment là, il y avait une productrice qui travaillait sur plusieurs projets dont Nana. Lorsque je l’ai rencontrée, on a parlé du long-métrage et je lui ai demandé ce qu’elle voulait faire exactement. Elle m’a répondu qu’elle voulait faire quelque chose dans le style de Nana.

J’étais vraiment embêté et je lui ai dit que ça serait un peu bizarre de réaliser Versailles no Bara de la même manière que Nana. Plus ça allait, plus je me disais qu’il faudrait adapter Marie-Antoinette. En fait, plus je la voyais, plus elle me faisait des demandes bizarres et je commençai à me demander ce que j’allais bien pouvoir trouver pour me libérer de tout ça…

Vous avez animé l’un des épisodes les plus émouvants de One Piece, l’épisode 312 qui connaît la cérémonie Viking pour le Vogue Merry. Qu’avez vous ressenti pour cet épisode ?

MadeInAsia_LuffyEisaku INOUE : Ce qu’il faut savoir, c’est que les épisodes viennent par rotation et à la base, cet épisode ne m’était pas destiné. Il y a eu pas mal de problèmes et quelqu’un m’a demandé de l’aide sur cet épisode. J’ai répondu en plaisantant que si on me faisait tout le découpage, je m’en occuperais. Cette personne n’a pas pu le faire et quelqu’un d’autre s’en est chargé.

Le résultat était très bien donc je me suis chargé de l’épisode et j’ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec cet animateur.

En général, j’aime bien appuyer sur les choses émouvantes. Je l’ai fait par exemple dans l’histoire de Chopper, dans avec sa relation avec le docteur Hiluluk. Lorsque ce dernier meurt, j’avais proposé l’idée d’une chorale en musique de fond. Lorsqu’on m’a demandé pourquoi, j’ai répondu que c’était un moment particulièrement émouvant avec un personnage clé. Au final, c’est un Ave Maria que l’on entend derrière !

Vous travaillez depuis plus de dix ans sur One Piece ,quasiment sans interruptions. Ces personnages, ou cet univers arrivent-ils encore à vous passionner ?

Eisaku INOUE : Moi, plutôt que les personnages, c’est surtout l’histoire qui me paraît intéressante. Vu que c’est One Piece et que le Jump en vit, même si on veut voir la fin, la série n’est pas prête de s’arrêter. Pourtant, c’est toujours intéressant de voir la suite.

Si vous aviez l’occasion de remonter le temps et de vous rencontrer lorsque vous aviez dix ans… quels conseils vous donneriez vous ?

Eisaku INOUE : Dix ans, c’est peut-être un peu juste mais je me dirais de ne jamais devenir salaryman !

Merci de nous avoir accordé cette interview et bonne continuation !

Propos recueillis par Kobito

Traduction : Fabrice RENAULT

Remerciements :
L’organisateur du salon Made in Asia

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Photos : CL




A propos de Kobito

Kobito

Les mangas c’est comme la vie, sauf que dans les manga à la fin tu meurs rarement !

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