Publicité


Accueil / Dossiers / Interviews / [Interview] Byung Jin KIM frappe avec Warlord

[Interview] Byung Jin KIM frappe avec Warlord

Manga Mag : Warlord n’est pas votre première série publiée par les éditions Ki-oon. Il y a eu Jackals auparavant. La différence, c’est que c’était un manga et non un manwha. Est-ce que les méthodes de travail pour une publication japonaise et une publication coréenne diffèrent beaucoup ? 

Byung Jin KIM : C’est une opinion purement personnelle mais d’après mon expérience, le monde de la publication japonaise m’a fait penser à une gigantesque machine de trait bien huilée et très performante. On est très encadré. En Corée, c’est plus la passion qui prime.

Manga Mag : Vous êtes donc un peu plus libre lorsque vous écrivez en Corée ? 

Byung Jin KIM : Oui, tout à fait. Ma marge de manœuvre est beaucoup plus large et je peux donner libre cours à mon imagination. Du coup, je m’amuse beaucoup plus quand j’écris en Corée.

jackals_03      jackals04

Manga Mag : Du coup, comment avez-vous pris la décision de dessiner Jackals ? Quel est l’élément de la série qui vous a fait penser « même si je m’amuse un peu moins, je veux dessiner ce titre » ? 

Byung Jin KIM : En fait, tout dessinateur honnête reconnaîtra que c’est une chance de pouvoir travailler au Japon. Comme je l’ai dit précédemment, c’est un gros marché avec un système qui est très bien organisé. Ils ont de gros moyens pour faire du marketing et également pour produire et gérer tout ce qui tourne autour des produits dérivés. C’est quelque chose qui est unique au monde donc je me suis dit que ça serait une bonne expérience pour moi et je me suis lancé.

Manga Mag : Dans Jackals (et même dans Warlord quand on y réfléchit bien) vous dessinez beaucoup d’armes blanches auxquelles vous apportez un soin tout particulier mais jamais d’armes à feu alors qu’elles pourraient avoir une place de choix. Est-ce que vous aimez particulièrement mettre en scène des combats à l’arme blanche ? 

Byung Jin KIM : C’est exactement ça, j’ai une nette préférence pour les armes blanches pour une raison simple : elles permettent d’adapter la mise en scène, de varier les actions. Avec des armes à feu, la gestuelle est limitée par rapport au corps humain. Or, mon but est de rendre les choses dynamiques et vivantes ; pour ça, les armes blanches sont parfaites.

Manga Mag : J’ai souvent entendu dire que, pour obtenir plus de réalisme, les dessinateurs se mettent souvent dans la peau de leur personnage. Comment c’est d’être dans la peau de Nichol, surhomme au charisme impressionnant ? 

Byung Jin KIM : Je ne me focalise pas particulièrement sur des héros charismatiques ou surhumain. En fait, dès qu’il y a un personnage qui grimace, je fais la mimique et je me prends parfois pour modèle. C’est la même chose lorsque l’un de mes héros est triste ou rit de toutes ses dents. En fait, je m’identifie à chacun de mes personnages.

Manga MagAvec la multitude de personnages que vous dessinez, vous devez faire de sacrés aller-retours émotifs, non ?

Byung Jin KIM (en riant) : C’est dur pour les nerfs, oui. Le seul problème, c’est que c’est plus fort que moi et plongé dans le dessin d’une page, il arrive que je n’entende pas ma femme m’appeler à l’heure du repas. C’est la bave qui tombe du coin de mes lèvres qui me ramène à la réalité. Du coup, je fais beaucoup rire mon entourage quand je travaille. C’est un vrai plaisir de rire et de pleurer avec mes personnages et j’aimerais que mes émotions soient transmises au lecteur.

Manga MagC’est quelque chose qui est vraiment réussi. J’en parlais avec d’autres fans et on sent bien le stress dans les situations dangereuses et le rire est généralement communicatif lors des scènes plus légères. 

Byung Jin KIM : Merci. C’est d’autant plus gratifiant que je considère le dessin comme une forme de communication au delà du langage donc si j’arrive à transmettre les émotions que j’avais en tête, c’est génial, ma mission est réussie.

Manga Mag Pour finir sur Jackals, est-ce que vous pouvez nous parler un peu de la fin de la série ? Pour beaucoup de lecteurs, elle est assez frustrante puisque de nombreux éléments sont laissés en suspens…

Byung Jin KIM : Pour ma part, je ne m’occupais que du dessin et tout ce qui touchait au synopsis relevait de M. Murata. J’étais moi aussi un peu frustré car je n’avais vraiment aucune marge de manœuvre question scénario. En revanche, je pouvais dessiner, contrôler tout ce qui touchait au design. En fait, sur Jackals, je suis arrivé un peu tard et donc j’étais considéré un peu comme la cinquième roue du carrosse. Pour moi, la série se termine sur un « To be continued » et il n’y a pas forcément de conclusion.

Lire la suite




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.