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Dossier Boichi

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Interview : Akemi Takada (Retro MIA 2016)

[Interview] Akemi TAKADA, character designer (Orange Road, Urusei Yatsura, Creamy…)

Akemi TAKADA est une character designer célèbre pour avoir travaillé sur l’animation de personnages issus de célèbres œuvres parmi lesquelles : Creamy Mami (Creamy, merveilleuse Creamy), Patlabor, Kimagure Orange Road (Max et Compagnie), Urusei Yatsura (Lamu) et Maison Ikkoku (Juliette je t’aime).

Présente en Belgique à l’occasion du salon Retro Made In Asia, elle nous accordé un petit entretien dont nous vous retranscrivons le contenu.

Bonjour maître TAKADA et merci de nous avoir accordé cet entretien.
Comment êtes-vous entrée au studio Tatsunoko ?

Lum par Akemi Takada
Urusei Yatsura ©RUMIKO TAKAHASHI/SHOGAKUKAN・KITTY・CX

Akemi TAKADA : J’étais une grande fan de Gatchaman ! Je regardais ça tout le temps en rentrant de l’université, et quand la série s’est terminée j’étais tellement triste que j’ai pris rendez-vous avec Tatsunoko par téléphone, puis j’ai fait une visite du studio. Je ne sais pas si ces visites sont toujours faisables aujourd’hui, mais à l’époque, c’était le cas. J’ai donc eu l’occasion de faire connaissance avec certaines personnes. Je mets aujourd’hui des pantalons, mais à cette époque je portais une petite robe, et ma sœur ici présente avait fait une tarte au citron meringué que j’ai apporté en cadeau. J’ai donc pu rendre visite à ces personnes plusieurs fois à un moment où je terminais mon cycle universitaire et où je cherchais un emploi. Normalement, j’aurais dû en avoir un grâce à une amie qui travaillait dans le design, mais comme je n’avais plus de nouvelles, j’ai appelé une de mes connaissances du studio Tatsunoko pour lui demander de m’engager.

Lorsque vous avez travaillé sur Urusei Yatsura, vous êtes passée de personnages héroïques à des personnages totalement décalés. Comment avez-vous conçu les personnages de cet univers ?

Akemi TAKADA : Concernant Urusei Yatsura, le manga constituait déjà une bonne base. Même si c’était difficile d’adapter les personnages, ce n’était qu’une transposition d’un univers déjà existant. J’ai eu beaucoup plus de mal avec Creamy Mami.

Vous avez développé une des magical girls les plus connues du monde de l’animation, Creamy Mami. Comment avez-vous conçu le personnage ? Quelles étaient les contraintes ?

Madoka Ayukawa par Akemi Takada
Kimagure Orange Road © まつもと泉/集英社・日本テレビ・東宝

Akemi TAKADA : Au départ, la maison Bandai souhaitait créer une série permettant de créer des jouets et des produits dérivés dans le but d’en vendre un maximum. M. ITO était à l’histoire et moi au design. Il fallait sans cesse soumettre les idées et les dessins à Bandai qui indiquait ensuite ce qu’il fallait changer et corriger. Il y a eu au moins cinq échanges entre nous. Ils voulaient absolument que le personnage ressemble à une poupée avec une baguette magique pour pouvoir la vendre comme telle aux jeunes filles de 4 à 12 ans. C’est pour cela qu’ils me demandaient toujours d’augmenter la taille de la tête, et au bout d’un moment, je leur ai dit que je ne pouvais vraiment pas la faire plus grosse qu’elle ne l’était déjà… Enfin, je l’ai quand même dessinée plus grosse malgré tout ! (rires)

Vos designs s’étendent de Creamy à Patlabor en passant par Urusei Yatsura. Quel est votre secret pour réussir deux styles aussi différents ?

Akemi TAKADA : C’est tout simplement parce que j’ai travaillé chez Tatsunoko et c’est ainsi que je suis devenue character designer. J’ai pu m’entraîner sur Gatchaman et travailler sur Tondemo Senshi Muteking (Rolling Star le Justicier)… Je ne suis pas tant créatrice que designer, finalement. J’ai surtout appris à adapter les designs.

On recevait une commande et on s’adaptait à celle-ci. J’ai fait cela pendant quatre ans et demi chez Tatsunoko.

Vous êtes le character designer de la série CoCO & NiCO, sortie cette année, où les héros sont des chats. Qu’est-ce qui vous a inspiré ?

Akemi TAKADA : En fait, j’ai pensé qu’à cette époque, les jeunes filles préféraient les chats et les princesses et donc que ce serait intéressant de réunir ces deux types de personnages grâce à un design simple pour en faire des produits dérivés. Pour l’instant, il n’y a qu’une trentaine d’épisodes mais j’espère que les produits dérivés sortiront également à l’international parce que je trouve que c’est une bonne idée. Tout a commencé avec une connaissance de la chaîne NHK World qui m’a passé commande. Il y a 39 épisodes d’une minute : si on enlève le générique de début et de fin, il reste 40 secondes d’épisode. Au total, il faudrait vingt-six minutes pour tout voir. Moi-même, je n’ai pas vu les vingt-six minutes bout à bout et je me demande ce que cela donnerait… Une fois commencée, la série est presque déjà finie, ça va très vite !

Vous vous occupez également du design des bijoux de votre boutique. Comment en êtes-vous venue à la création de bijoux ?

Creamy Mami
Creamy Mami © Pierrot Co.,Ltd.

Akemi TAKADA : C’est grâce à Art Clay Silver, une pâte qui ressemble à de la glaise ou de la pâte à modeler, mais qui devient de l’argent à 99 % une fois cuite. Cela a été créé il y a environ 15 ans. Ma sœur a pensé que cela me plairait, donc j’ai participé à un atelier d’une demi-journée où j’ai fabriqué une bague. En faisant cela, j’ai réalisé que je pouvais faire autre chose que du dessin et qui me plaît tout autant, mais autrement. J’en ai apporté avec moi.

(Elle nous montre ses bijoux.)

Comme je suis actuellement dans une région Wallone, avec beaucoup de châteaux, j’en ai profité pour faire une séance photo une cosplayeuse française. Je fabrique beaucoup de tiares, un accessoire devenu rare aujourd’hui, ce qui fait que plus personne n’en fabrique ou presque. Personnellement, je le fais vraiment par passion, pas particulièrement dans le but d’en vendre.

Creamy Mami continue de fasciner, même 30 ans après. Aimeriez-vous travailler sur une suite ?

Akemi TAKADA : J’adorerais travailler sur une suite ! Seulement, les fans sont tellement attachés au personnage et le staff japonais le protège si bien que si on faisait une suite, on décevrait sûrement beaucoup de fans. Il y a parfois des discussions au sujet d’un dernier concert autour de Creamy Mami, mais c’est vraiment difficile de faire une suite.

Y a-t-il des chara designer que vous avez remarqués parmi la nouvelle génération ?

Akemi TAKADA : Je regarde vraiment peu de choses récemment, donc je ne peux pas vous répondre… (rires)

Si vous aviez l’occasion de revenir dans le temps et de vous rencontrer à l’âge de 10 ans, quels conseils vous donneriez-vous ?

Akemi TAKADA : « Apprends à dessiner plus sérieusement, sinon tu vas devoir vite t’améliorer ! »

Vous reverra-t-on un jour dans le milieu de l’animation japonaise ?

Akemi TAKADA : Il y a certaines choses que je ne peux pas révéler, donc no comment ! (rires)

Propos recueillis par Kobito
Transcription : Swann

Nos remerciements aux équipes de Retro MIA

Kimagure Orange Road
Kimagure Orange Road © まつもと泉/集英社・日本テレビ・東宝



A propos de Kobito

Kobito
Les mangas c'est comme la vie, sauf que dans les manga à la fin tu meurs rarement !

2 commentaires

  1. Je suis de plus en plus confus sur le role du character designer. Je comprends bien qu’ils interviennent de plus en plus tot dans la production aujourd’hui et coopèrent directement avec les mangakas. Mais pour des mangas plus anciens comme Orange Road, quelle est la part de Matsumoto et de Takada dans la creation d’un personnage comme Madoka ? Matsumoto donne t-il des critères et Takada le dessine pour lui ? Ou bien le character designer intervient plus en aval pour l’anime ou des personnages secondaires ?

    • Il est fort possible que M. Matsumoto ait donné quelques indications mais en règle générale un character designer dessine/adapte les personnages en prenant en compte le matériel d’origine et c’est tout. Un mangaka est déjà assez occupé et préfère laisser l’équipe d’une adaptation travailler.

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