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[Interview] Claude LOMBARD, chanteuse de génériques

[Interview] Claude LOMBARD, chanteuse de génériques (Max et Compagnie, Lalabel, Embrasse-moi Lucile…)

La chanteuse Claude LOMBARD est célèbre dans le monde de la japanimation pour avoir interprété les versions françaises de nombreux génériques d’animés diffusés sur La Cinq et dans le Club Dorothée parmi lesquels : Max et Compagnie, Laura ou la Passion du Théâtre, Embrasse-moi Lucile, Le Monde Enchanté de Lalabel, Malicieuse Kiki, Théo ou la Batte de la Victoire, Une vie Nouvelle, Susy aux Fleurs Magiques, Vas-y Julie !, Les Quatre Filles du Docteur March

A l’occasion de son concert du 30 septembre prochain dans la salle parisienne La Cigale, l’artiste nous a accordé un entretien dans laquel nous avons pu revenir sur sa carrière et sur son rapport à l’animation.

Bonjour Claude LOMBARD, merci de nous accorder cette interview dans laquelle nous allons retracer l’histoire de votre carrière et ce que vous pensez de l’animation aujourd’hui, un milieu dans lequel vous avez beaucoup œuvré comme nous allons le voir.

Claude LOMBARD : J’ai surtout œuvré dans le monde de l’animation en chantant les génériques, en faisant du doublage, en les dirigeant. Je n’en pense que du bien, puisque c’est ce que j’aime faire depuis des années.

Vos parents étaient musiciens et vous avez toujours baigné dans cet univers de la musique. C’était une évidence pour vous ?

Claude LOMBARD : Oui, c’en était une ! On ne se le dit pas sur le moment, mais on finit par s’en rendre compte. On se met à jouer de la guitare, du piano, puis on chante, ça vient tout naturellement.

Il semblerait que vous travailliez avec Charles AZNAVOUR, vous êtes une de ses choristes…

Claude LOMBARD : Absolument, depuis longtemps ! Depuis 1984, 1985… C’est un très grand plaisir, car je pense que c’est un immense artiste qui m’a emmenée dans des endroits du monde où je n’aurais jamais eu l’occasion d’aller. C’est toujours un bonheur.

En 1984, vous avez interprété les génériques des dessins animés qui passaient sur La Cinq, qui n’existe plus. Quel était le processus de création de ces génériques ?

Claude LOMBARD : D’abord je recevais les textes, puis on me prévenait environ huit jours à l’avance qu’il allait y avoir sept ou huit génériques à chanter. Charles LEVEL écrivait les textes de son côté et le jour de l’enregistrement, le compositeur italien venait en studio (avec ses bandes, à l’époque). J’avais les textes la veille ou l’avant-veille de l’enregistrement et j’essayais d’apprendre très vite, car nous faisions sept chansons par jour à peu près, avec les chœurs, les voix solo. Alors oui, il fallait travailler vite, mais quand on prépare dans l’urgence, il y a une sorte d’adrénaline qui fait que l’on donne le meilleur de soi, peut-être mieux encore que ce qu’on espérait faire.

Est-ce que vous avez regardé une partie des dessins animés dont vous avez chanté les génériques ?

Claude LOMBARD : Très peu, parce que je travaillais beaucoup, comme aujourd’hui d’ailleurs. J’étais surtout concernée par la pratique musicale du générique.

Depuis quelques années, les concerts d’anciens interprètes plaisent de plus en plus. Une certaine forme de nostalgie touche un certain nombre de gens. Est-ce que cela vous émeut personnellement ?

Claude LOMBARD : Oui, beaucoup ! A l’époque où on enregistrait, je ne pensais absolument pas que cela allait avoir cet impact. Je pensais que si cela pouvait faire plaisir à quelques enfants, ce serait formidable, mais je n’imaginais pas que trente ans après, cela aurait un tel impact. Aussi, nous avons tous une nostalgie de notre jeunesse et de notre enfance.

Aujourd’hui, vous dirigez également des ateliers de doublage ?

Claude LOMBARD : Pas des ateliers de doublage, non, j’ai pris la direction musicale de films, ceux de Disney notamment, mais pas seulement. J’ai trouvé cela intéressant de pouvoir créer quelque chose en étant non pas derrière un micro, mais derrière une vitre, et donner la possibilité à des gens de chanter, jouer des rôles et faire en sorte qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. C’est pour ça que je dis que maintenant, je suis devenu maître chanteur, mais dans le bon sens du terme, évidemment ! (rires)

En vingt ans le métiers a dû beaucoup évoluer : pouvez-vous nous expliquer en quoi ?

Claude LOMBARD : Ce qui a beaucoup changé, c’est qu’à l’époque on enregistrait le générique, on mixait, et c’était tout. Il n’y avait pas tout le travail de post-enregistrement que l’on fait maintenant, c’est-à-dire de pitch (corriger si une note est trop basse ou trop haute, on retarde ou on avance une syllabe pour que les chœurs soient parfaitement synchronisés, etc.) Tout ce travail était techniquement impossible auparavant. Il fallait donc chanter juste et reprendre si c’était faux. Maintenant, si l’émotion y est, on va simplement pitcher.

Parmi vos clients, on peut citer Disney, avec de gros challenges tout de même puisque vous avez travaillé sur La Reine des Neiges. Comment cela se déroule ?

Claude LOMBARD : Je présente un casting en fonction des rôles, nous faisons des essais et ces personnes sont ensuite présentées à Disney, qui opère un choix et sait rapidement qui convient exactement. Il y a ensuite le travail d’enregistrement, qui doit se rapprocher le plus possible de la version originale, en conservant à la fois la même musicalité et la même émotion. Je tiens beaucoup à cela.

Vous travaillez sur l’adaptation ?

Claude LOMBARD : Oui, comme sur Charlie et la Chocolaterie, Winnie l’Ourson, mais pas sur La Reine des Neiges. C’est Houria BELHADJI qui a fait l’adaptation, comme pour Vaiana, que j’ai pu diriger. Dernièrement, j’ai également dirigé le dernier La Belle et la Bête. Ce sont de superbes projets qui font qu’on a vraiment envie de donner le meilleur de soi.

Que pensez-vous des dessins animés actuels dans leur rapport à l’éducation ? Les thématiques étaient plutôt aventureuses avant…

Claude LOMBARD : Je les regarde moins, je vous avoue ! (rires) Je pense que tout évolue, de toute façon, et c’est bien normal. Les styles de musique changent, la manière de chanter aussi. Nos parents disaient que le rock’n roll était ridicule, je me garderai bien d’en dire autant pour toutes ces nouveautés. Heureusement que cela évolue !

Avez-vous un message pour nos lecteurs ?

Claude LOMBARD : J’espère surtout que ce sera une grande fête ! Je viens chanter les chansons que je connais, mais je viens surtout avec l’envie de partager un bon moment et j’espère que vous chanterez avec moi, pour m’aider aussi, parce que je n’ai jamais chanté ces chansons en public ! J’espère que ce sera une grande fête musicale, pleine de souvenirs et de bonheur.

Merci beaucoup pour vos réponses !

Propos recueillis par Mr Culot
Transcription par Swann
Photos par Kobito




A propos de Kobito

Kobito
Les mangas c'est comme la vie, sauf que dans les manga à la fin tu meurs rarement !

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