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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

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[Dossier] Hiro MASHIMA : mangaka de Rave et Fairy Tail

Fairy Tail

Fairy Tail

Hiro MASHIMA
Série en cours en 52 volumes (France) / 56 volumes (Japon)

Lucy, jeune magicienne, rêve de rejoindre la fameuse guilde de magiciens, la Fairy Tail. Après sa rencontre avec Natsu et Happy, un chat intrépide, le rêve de Lucy devient réalité ! Mais la guilde de Fairy Tail est réputée pour le caractère imprévisible de ses membres. Natsu en est le meilleur exemple, anti-héros drôle et bagarreur ! Cette guilde semble être à l’origine de nombreux scandales.

Tout comme les précédents travaux de l’auteur, Fairy Tail est publié dans le Weekly Shônen Magazine de Kôdansha. La série, dont la popularité ne diminue pas, a commencé en août 2006 au Japon et n’est toujours pas terminée avec près de 500 chapitres.

L’auteur avait commencé à bien trouver son style graphique vers la fin de sa série précédente et dès le début de Fairy Tail, on retrouve un dessin assuré et surtout un très bon sens du découpage, surtout en combat. MASHIMA a toujours été bon pour représenter des affrontements lisibles et agréables à l’œil.

Les techniques spéciales fusent et l’auteur ne lésine pas sur l’utilisation des double-pages pour leur donner encore plus d’importance. Ne vous attendez donc pas à des kilos de texte, Fairy Tail, c’est avant tout des batailles dantesques avec des ennemis toujours plus puissants.

À ce niveau là, le titre fonctionne bien. Même si les adversaires ont un charisme variable, l’augmentation du niveau de puissance à chaque fois reste plutôt cohérent et permet aux héros de gagner grâce à une nouvelle technique mais aussi à des associations de personnages (pour des attaques combinées) et pas forcément un gros power up.

L’histoire est plutôt bien gérée et MASHIMA sait distiller les informations importantes au compte goutte mais surtout amener de nouveaux mystères alors que certains sont résolus, de quoi relancer son titre lorsque le lecteur à l’impression que ça va se finir (son format aide aussi beaucoup à commencer une nouvelle histoire).

Comme dans toutes ses œuvres, de grandes constantes reviennent comme le pouvoir de l’amitié ou le dépassement de soi. On en a déjà beaucoup parlé dans la partie sur Rave et il n’est pas vraiment utile de revenir dessus, le concept ne change pas le moins du monde. Ce que l’on peut ajouter, c’est que le mangaka ne s’écarte pas de ces deux principes qui apparaissent comme particulièrement chers à ses yeux.

Là où le bât blesse, c’est que pour quelqu’un qui aurait lu Rave, il est impossible de ne pas avoir cette désagréable impression de « On prend les mêmes et on recommence ? ». Ce n’est pas comme si ça n’était qu’au début de la série, plus on avance, et plus on retrouve des similitudes très fortes avec la précédente série de l’auteur.

Il y a, dans Fairy Tail, un gros problème d’originalité dans la mesure où MASHIMA peine à renouveler les personnages qu’il utilise. Natsu est un clone évident d’Haru à tous les niveaux (il suffit de lire ou de regarder Fairy Tail X Rave pour s’en convaincre). Cependant, c’est un héros de shônen donc pourquoi pas, il a les caractéristiques parfaites pour le rôle.
Le vrai problème, c’est qu’il réutilise énormément d’éléments qu’il avait mis en place dans Rave. Dans les plus flagrants, on trouve le retour (même si un peu anecdotique) de Plue (cette espèce de bestiole avec le nez en cornet de glace), le concept de tatouage sur l’œil (qui passe de Sieg Hart à Gerard) mais aussi l’Aetherion, la magie ultime qui permet de faire basculer le sort du monde.

Dans la même idée, le chara-design reste limité dans la mesure où l’élément d’individualité de beaucoup de personnages ne suffit pas à les rendre singulier par rapport à leurs “précédentes versions”. Un peu comme des personnages (souvent) clichés d’un RPG qui ne changeraient que grâce à une skin différente, les membres de la guilde Fairy Tail se retrouvent en un coup d’œil dans Rave.

L’autre point faible de Fairy Tail vient de son absence de vrai fil rouge. Il est vrai que le mystère autour des origines de Natsu dure assez longtemps mais… n’est-ce pas l’une des caractéristiques principales du genre shônen ? Reno LEMAIRE nous parlait lui-même de cette nécessité de donner des origines mystérieuses au héros pour pouvoir rebondir lorsque le moment l’imposait.

Le titre de MASHIMA fait donc un peu office de manga auquel il manquerait une âme, un but commun pour lequel tous les héros se battraient. Plutôt que d’avoir une vraie histoire dans l’arrière plan, on a une succession de quêtes plus ou moins importantes, un peu comme dans Phantasy Star Online.

Pour certains, ce n’est pas forcément un point négatif puisque c’est une donnée qui permet au titre d’avoir une longévité infinie sans pour autant donner l’impression de forcer. En réalité, le mangaka peut rajouter autant de quêtes qu’il le souhaite puisqu’il n’y a pas vraiment d’élément qui conduit l’histoire à s’arrêter à un moment où à un autre. La fin pourrait être aussi simple que « Ils continuèrent à s’amuser et à se battre ensemble dans cette guilde qui était devenue… leur maison. » et ça ne gênerait personne !

En ce qui concerne l’édition, les volumes de Pika suivent son format shônen classique avec un papier crème qui ne résiste pas aussi bien à l’épreuve du temps que les anciens ouvrages de Glénat. Cependant, l’éditeur n’hésite pas à proposer des opérations autour de sa série phare, ce qui est déjà arrivé par deux fois.

Les sorties des tomes 19 et 50 de la série étaient accompagnées d’une version collector à chaque fois.
Dans le tome 19, on pouvait retrouver un petit “magazine”, le Sorcerer N°38, avec quelques infos sur les membres de la guilde via une interview fictive de Makarof ainsi que quelques posters des membres féminins de la guilde en petite tenue.
Dans le 50, c’est une série de 50 cartes postales (de bonne qualité, pas juste imprimées à la va-vite) qui étaient proposée avec une jaquette bleu nuit qui venait dénoter les tons marrons habituels.

Attention, Fairy Tail est loin d’être un mauvais titre mais il n’est pas excellent non plus. Il remplit parfaitement le cahier des charges du shônen et propose de grands moments de camaraderie ainsi que des affrontements mémorables. Pourtant, il lui manque une véritable histoire de fond pour être vraiment considéré comme génial. En tout cas, si vous appréciez le style de l’auteur, n’hésitez pas à jeter un coup d’oeil à Rave qui vous montrera que le mangaka est capable de donner une dimension différente à son histoire.

Les dérivés de Fairy Tail

Premier dérivé arrivé très récemment : Fairy Tail + sorti fin juin 2016. Dans ce volume unique, le lecteur peut découvrir les coulisses de la série avec quelques notes de MASHIMA et des commentaires sur son travail. Avec quelques side stories, on découvre aussi que l’auteur n’oublie pas ses anciens assistants puisque l’une de ces histoires est une collaboration avec son ancienne élève Miki YOSHIKAWA (Drôles de Racailles, Yamada-kun and the Seven Witches).

Lorsqu’un titre marche en France, les éditeurs n’hésitent pas à sortir les dérivés de la série régulière pour faire plaisir aux lecteurs (mais si, mais si, il faut croire que ça part d’un bon sentiment, héhé). La série ayant beaucoup de succès en France, Pika n’a bien, sûr, pas hésité à publier le premier artbook de Fairy Tail.

Pour le coup, il est vraiment réussi même si on (re)découvre que MASHIMA adore dessiner dessiner des filles aux formes plus que généreuses. Ainsi, vous trouverez un grand nombre d’illustrations ecchi aux couleurs superbes (soit) mettant en scène les héroïnes de la série dans toutes les situations où elles peuvent porter un maillot de bain.

Même si le talent du dessinateur n’est plus à démontrer, on se rend compte en feuilletant l’ouvrage qu’il sait comment attirer notre oeil. Le petit guide de colorisation est plutôt bien pensé pour les artistes en herbe, et la traditionnelle petite interview de fin de volume nous permet d’en apprendre toujours plus sur l’auteur. S’adressant directement aux fans et avec un super boulot fait au niveau de l’édition par Pika, il serait dommage de passer à côté si vous aimez la série.

Pour Fairy Tail, les dérivés ne s’arrêtent pas là puisque l’éditeur français a aussi publié l’anime comic du film (La prêtresse du Phoenix) ainsi que deux romans écrits par Miu KAWASAKI (Les Couleurs du coeur ainsi que La Créature mystérieuse).

Pour une raison que l’on avait plus entendue depuis un moment l’anime comic a été publié en sens français. La raison invoquée, on ne l’avait plus entendue depuis un moment : faciliter l’accès de la série aux plus jeunes… En ce qui concerne l’ouvrage (et comme tous les anime comics), il est entièrement en couleur et bénéficie en plus d’un soin tout particulier dans la qualité d’image (ça ne pixelise pas).

On voit qu’il a été élaboré à partir de matériel récent, ce qui, on ne va pas se mentir, est un gros plus visuel. L’histoire est exactement la même que celle du film à savoir qu’une jeune prêtresse débarque à la guilde de Fairy Tail mais la pauvre enfant est amnésique… Natsu et toute sa clique vont donc tenter de l’aider à retrouver ses souvenirs et à accomplir sa mission.

Pour une aventure complète, ce n’est catastrophique mais pas forcément mémorable. Cette possibilité de lecture en oneshot n’est pas désagréable non plus et n’attachera aucunement le lecteur à l’univers de MASHIMA même s’il lui donnera peut-être envie de le découvrir.

Difficile de savoir si on peut en dire autant que les romans. Alors oui, ils font aussi office d’aventure unique mais se focalisent peut-être un peu trop sur un personnage à chaque fois (Lucy pour le premier et Natsu pour le second), ce qui n’est pas vraiment dans l’esprit de Fairy Tail qui est plutôt axé “groupe d’amis”.
Comme tous les light novels, ils sont illustrés et ce n’est autre que MASHIMA lui-même qui s’est chargé de ce travail pour les deux ouvrages écrits par KAWASAKI disponibles en France. Niveau qualité, ce n’est pas horrible mais ce n’est pas la folie non plus et ce ne sont pas quelques planches qui vous feront fondre pour la série.

Pour une meilleure intégration dans les bibliothèques, les deux ouvrages ont été publiés au format “manga”, ce qui les fait ressembler à des livres de poche avec une jaquette. Ceci n’aurait pas été possible avec une histoire un peu plus longue. Pika a dû créer un nouveau format, le « Pika Roman » pour ses dernières acquisitions du genre (L’Attaque des Titans : Lost Girls, Another).

Avec un vocabulaire et une syntaxes particulièrement simplistes, les deux ouvrages sont adaptés à un public divers et varié. Les jeunes pourront s’y risquer, tout comme les plus vieux qui voudront vivre des aventures supplémentaires en compagnie de Natsu et de ses compagnons.

Pika ne compte pas s’arrêter là puisqu’il publiera aussi le spin-off Fairy Tail Zéro au mois d’octobre. Dans ce volume unique qui sortira fin octobre 2016 en France, le lecteur pourra découvrir les origines de la guilde ainsi que l’histoire du premier maître, la jeune Mavis.

Cependant, l’éditeur de la série originale n’est pas le seul à bénéficier de l’aura de Fairy Tail puisque Kana (qui édite notamment la série animée) publie Fairy Tail Magazine depuis quelques mois. Depuis avril 2015, les lecteurs pouvaient retrouver un volume par mois moyennant une vingtaine d’euros.

Au programme : Un DVD contenant 4 épisodes de la série animée (ainsi que des bonus comme des interviews des doubleurs) et un livret / fanbook de 80 pages. Ce dernier contient des dossiers sur la série et ses différents arcs, des rencontres avec les équipes qui ont réalisée l’anime et même des entretiens et enquête avec des personnages avec des personnages de la série, le tout mené par Happy.

Plus intéressant, le magazine a aussi vu la prépublication de Fairy Tail Zéro (dont on vous a parlé un peu au-dessus) ainsi qu’Ice Trail, un spin-off dont Grey est le héros que l’on devrait retrouver à un moment où à un autre en volumes reliés chez Pika. On y découvre le manieur de glace avant qu’il ne rejoigne la guilde de magiciens.

Avec 13 volumes, ce “magazine” est considéré comme terminé au Japon où un autre du nom de Fairy Tail Collection a pris la relève. Toujours en cours avec 9 volumes parus, Kana le proposera aux lecteurs français à partir du mois d’octobre 2016 et avec le même rythme qu’auparavant : 1 ouvrage par mois. Badges et straps pour téléphone portable font partie des premiers goodies que vous pourrez retrouver dans la boite.

Fairy Tail – Blue Mistral

de Rui WATANABE Hiro MASHIMA
Série terminée en 4 volumes 

Wendy et Carla partent en mission seules, pour répondre à une requête un peu spéciale : un certain « Ryû » demande qu’on lui envoie un chasseur de dragons. Arrivées sur place, elles comprennent pourquoi. Les habitants du village sont terrifiés par un certain fantôme de dragon. Plus de dix personnes ont déjà disparues. Mais sur place, pas de Ryû pour lui expliquer la situation. Heureusement, Wendy est prise en charge par Yoshino, une magicienne du même âge, qui refuse de croire qu’un dragon est à l’origine du problème. Mais c’est alors qu’un hurlement lugubre se fait entendre du côté de la vallée voisine, qu’on dit hantée par le fantôme d’un dragon terrassé un siècle plus tôt…

Fairy Tail Zéro ne sera pas le premier spin-off de la série à être publié par Pika puisque Blue Mistral (qui a été pré-publié au Japon dans Nakayoshi, un magazine shôjo) paraît depuis juin 2015. Autant le dire tout de suite, Blue Mistral, c’est côté obscur de Wendy. Alors que le tome 44 de Fairy Tail nous la montrait sous son meilleur jour, le spin-off passe pour un gros raté.

Il est difficile de trouver un quelconque point positif à cette série mais on peut essayer quand même. Quand on y réfléchit, le but d’un spin off est d’étendre l’univers de la série originale et dans une certaine mesure, Blue Mistral remplit cette tâche puisqu’on en découvre un peu plus sur un personnage central.

Le problème, vous l’aurez compris, c’est qu’il le fait mal. Wendy est une gamine insupportable sortie des pires shôjo que l’on a pu lire. C’est une pleurnicheuse qui n’a rien du personnage déterminé, volontaire et surtout courageux que l’on connaît. C’est comme si Fairy Tail n’existait pas et que WATANABE nous proposait une réécriture du personnage. Malheureusement, elle le rend insipide plus qu’autre chose…

L’histoire, elle aussi, est anecdotique. On nous présente ce qui serait une mission que la jeune membre de Fairy Tail aurait entreprise toute seule. Pour quelqu’un avec son niveau de magie, on était en droit de s’imaginer un problème plus compliqué à résoudre. Le développement est tellement prévisible que l’on peut presque lire les volumes en diagonale et avoir quand même une véritable idée de ce que ça vaut… (soit pas grand chose).

Graphiquement, c’est juste une horreur. Le dessin n’est pas beau et très (trop) vide (problème typique du genre). Il mélange shôjo enfantin pour les personnages avec du shônen pour les décors et les pouvoirs. Cependant, Rui WATANABE ne maîtrise clairement aucun des deux et les problèmes de proportions sont flagrants. On vous passera l’utilisation calamiteuse des trames pour ne pas vous brûler les yeux…

Il est difficile de concevoir comment MASHIMA a pu autoriser et superviser l’histoire d’un un tel manga. Au final, Blue Mistral, c’est un trait raté, une histoire timbre poste sans intérêt et la réécriture ridicule d’un personnage que MASHIMA avait pourtant réussi à revitaliser dans les dernières parties de la série…

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A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

2 commentaires

  1. Bon dossier pour un auteur que je n’ai jamais lu. Les critiques sont constructives. Votre site devient indispensable pour moi, continuez comme ca.

  2. Gros dossier que j’ai survolé n’ayant pas trop de temps devant moi pour le moment. J’ai découvert cet auteur avec Rave quand j’étais au lycée, ct ma deuxième acquisition de manga (je crois) après DBZ. Je ne l’ai jamais fini, m’étant égaré sur bien des mangas, du coup je n’ai que les 20 premiers sur 35 je crois. J’avais adoré à l’époque et j’en garde un meilleur souvenir que Fairy Tail que je ne possède pas mais que j’ai lu. Mashima a beaucoup de talent et de créativité, mais pour moi, ça reste su sous Naruto. Je veux dire par là que je trouve qu’il ne va pas au bout des choses et qu’il tombe dans la facilité, le fan service et le pouvoir de l’amitié… J’espère qu’après Fairy Tail, il tachera de faire un peu plus sophistiqué car je suis sûr qu’il peut nous fournir du très très bon.

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