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[Dossier] Hiro MASHIMA : mangaka de Rave et Fairy Tail

Invité d’honneur de Japan Expo 2016, c’est un homme simple qui est apparu devant le public lors de ses séances de dédicace et de sa conférence. Acharné de travail, il ne s’octroie aucun jour de repos dans la semaine.

Sachant qu’il se réserve le dimanche comme “jour de secours”, il lui arrive quand même d’avoir un peu de temps à lui s’il est parvenu à terminer son chapitre de la semaine. Avec sa réputation de dessinateur rapide, il doit quand même avoir un peu de temps à lui de temps en temps !

Glénat Manga    Pika

spoilers

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Rave

Hiro MASHIMA
Série terminée en 35 volumes 

Dark Bring, une pierre sacrée magique et maléfique, se réveille après un sommeil de 50 ans, et tombe entre les mains d’une organisation qui cherche à dominer le monde : Demon Card. Jadis, une seule personne était en mesure de contrôler le pouvoir de Rave, l’autre pierre magique seule à même de contrer les pouvoirs de Dark Bring. Mais le Rave Master a disparu et son successeur n’a pas été trouvé. A moins qu’il ne s’agisse de Haru, un jeune garçon fougueux et téméraire ! Doté d’une épée gigantesque, Haru va peu à peu découvrir qu’il a été choisi pour devenir le nouveau maître de Rave. Parcourant le monde à la recherche des quatre autres fragments de la pierre, il devra également affronter les membres de Demon Card, de dangereux adversaires que Dark Bring a doté de pouvoirs terrifiants.

Un jeune garçon, un passé mystérieux, une organisation démoniaque, un personnage secondaire féminin amnésique à la recherche de son passé, des pouvoirs antithétiques… Bref, ça sent l’aventure shônen style à plein nez pour ce titre publié par Glénat entre juillet 2002 et décembre 2008.

Hiro MASHIMA dessine depuis qu’il est tout petit. Intéressé par les vieux mangas rapportés par son grand-père (il récupérait les magazines jetés dans la rue, ces derniers étant gros et encombrants, il s’agit de quelque chose de très courant au Japon), il va exercer son art tous les jours et finir par être publié. Même s’il a fait quelques histoires courtes auparavant, son premier grand succès n’est autre que Rave, Groove Adventure Rave ou Rave Master selon le pays où vous vous trouvez.

Dans ce titre, le fan de Dragon Ball met tout ce qu’il aime et il est impossible pour le lecteur de ne pas le ressentir. Le mangaka aime les groupes d’amis, il aime l’aventure et il croit par-dessus au pouvoir de l’amitié et au dépassement de soi. On peut n’importe lequel de ses mangas, ces constantes sont toujours présentes.
Lors de sa conférence publique à Japan Expo 2016, il a même clamé que s’il pouvait tenir son rythme de publication, c’était grâce au soutien des lecteurs qui le poussait dans ses derniers retranchements. Il y croit dur comme fer !

Dans Rave, il amorce ces concepts, les développe, les bichonne et ils se retrouvent dans tous ses personnages. Prenons Haru, le héros. C’est un jeune garçon qui est prêt à tous les sacrifices pour protéger ses amis, qu’il les connaissent de longue date ou non n’a aucune importance, une fois le lien créé, il est plus fort que tout. Ce dernier possède aussi une soif non-dissimulée pour le voyage, ce qui lui permettra d’entreprendre la recherche des morceaux de Rave disséminés de par le monde.

Haru n’est qu’un exemple dans le groupe de personnages sympathiques et soudés qui forme le cœur de Rave. Dans la grande épopée manichéenne de MASHIMA, il faut bien une base solide et elle est formée par le duo Haru/Elie. C’est à lui que viennent se greffer le reste du groupe.
Musica est un jeune forgeron qui manipule l’argent (silver claimer) qui se laissera attendrir par la quête de mémoire d’Elie mais qui sera aussi convaincu par la volonté d’Haru.
Let, homme dragon, respecte la force avant tout et comprendra que s’il veut affronter des adversaires puissants et parfaire son art, rester en compagnie du Rave master ne pourra qu’être bénéfique.
Shuda, ancien membre de Demon Card, verra en Haru l’image de son père, un homme qu’il aura idéalisé et mis sur un piédestal toute sa vie. En restant avec son fils, il recherche l’approbation d’un rival.
Sieg Hart, mage contrôleur du temps, être surpuissant succombera face à la détermination d’Elie. Alors qu’il était prêt à la tuer, il va complètement changer du fusil d’épaule et décidera de la protéger, quitte à y perdre la vie, retournement de situation révélé dans une scène tout simplement inoubliable.
Cette attraction ne marche pas qu’avec les humains. Ruby et Griff, créatures bizarres au possible seront aussi attiré par l’équipe formée par les héros. Ruby, petit pingouin insupportable, recherche surtout de la gentillesse et de l’honnêteté, deux qualités qu’il trouvera chez Haru. Griff, de son côté, est une espèce d’amibe perverse qui ne manquera pas une occasion de se rincer l’œil lorsqu’Elie passera sous la douche…

Évidemment, il y a une flopée de personnages secondaires spécifiques à chaque arc et même si certains resteront (comme Julia par exemple), la plupart n’est que de passage dans la grande quête des morceaux de Rave. MASHIMA développe son histoire petit à petit et ne permet pas à Haru de trouver tous les pièces qu’il lui faut directement.

Il y a une vraie mise en place progressive qui va permettre aux héros de ne pas griller les étapes. Chose étonnante, le mangaka ne s’embarrasse pas de phases d’entraînement où elles sont vraiment très courtes. Les power-ups ne sont jamais démesurés non plus, l’utilisation efficace des pouvoirs primant sur la force pure. C’est grâce à sa bonne connaissances des formes de son épée (elle en a 10) qu’Haru parvient à gagner ses combats les plus difficiles.

Au niveau de l’histoire, ne vous attendez pas à quelque chose de dingue. Rave reste un shônen et son histoire est développée en tant que telle. MASHIMA la maîtrise du début à la fin, le lecteur s’en rendra compte une fois la dernière page tournée puisqu’il n’aura plus aucune question en suspend. L’auteur avait d’ailleurs dit lors de sa conférence publique qu’il n’aimait pas laisser des choses en suspend et ce, même s’il lui arrivait d’oublier quelques détails.

Dans Rave, MASHIMA met en place de nombreux éléments qu’il continuera à utiliser par la suite. C’est dans cette première série qu’il a commencé à nommer ses héros par des saisons. Haru signifie printemps en langue japonaise, tandis que Natsu veut dire été et Aki automne. Est-ce un indice sur l’ordre dans lequel le lecteur doit lire les œuvres de l’auteur ? Peut-être… Peut-être pas… En tout cas, c’est un détail qui n’a jamais trop été évoqué en interview et qu’il serait peut-être sympathique de lui demander.

De plus, l’auteur commence à expliquer sa vision de la magie grâce à Sieg Hart, mage du temps. Il décrit ses pouvoirs comme une magie dangereuse qui est utilisée uniquement dans un but de régulation. Dans Fairy Tail, les magies temporelles sont aussi celles qui ont le plus de conséquences et qui s’avèrent être les plus complexes à utiliser et à contrer.

Il ne s’arrête pas là puisqu’il introduit les oracion seis comme un groupe de personnages puissants ou du moins avec une certaine autorité, que l’on retrouvera dans le monde de la magie de sa dernière série en date. Même chose pour l’Aetherion, magie ultime par excellence d’Elie qui devient un canon magique d’une puissance illimitée dans Fairy Tail.

Au fil de la lecture, on se rend aussi compte que le mangaka use et abuse du deus ex machina, ce procédé théâtral qui consiste à faire apparaître un personnage pile au moment où il est nécessaire pour sauver la situation. Après, il faut avouer que ça s’intègre plutôt bien à son style narratif et à façon de raconter une histoire donc ce n’est pas plus gênant que ça. On en vient même à se demander à chaque fois quel personnage terminera l’arc en mode sauveur.

La gestion des combats est tout ce qu’il y a de plus classique, des un-contre-un avec le “boss” réservé à Haru, mais l’auteur les gère de manière efficace. Il ne s’amuse pas à passer d’un combat à l’autre et c’est par ordre “d’importance” qu’ils sont dessinés dans chaque arc narratif. Il ne s’arrête pas non plus en cours de route pour faire autre chose (destin d’un personnage secondaire ou autre), ce qui donne au manga une très bonne accessibilité et même les plus jeunes pourront se plonger dans Rave sans risque.

Son trait est très très proche de celui d’Eiichiro ODA, auteur de One Piece, à tel point qu’il a souvent été dit qu’il avait été son assistant alors qu’ils n’ont aucun lien. MASHIMA a même souvent été accusé de copier le style de ce dernier alors qu’on peut imaginer qu’elle vient tout simplement de leur influence commune : Dragon Ball qui a été une révélation pour les deux auteurs (qui sont de la même génération).

Bref, le dessin est tout en rondeurs et on se dit que le mangaka doit vraiment aimer les courbes lorsque l’on voit ses personnages féminins. Il parvient malgré tout à donner une identité propre à chacun de ses personnages, chose qu’il aura plus de mal à faire dans Fairy Tail, sa deuxième série qui reprendra bon nombre de personnages de Rave, que ce soit au niveau du chara-design ou du caractère.

Rave compte parmi les premiers mangas publiés par Glénat (et c’est l’une des premières séries fleuves de l’éditeur) qui a débuté dans le sens français et n’a jamais décidé de reprendre le sens de lecture originale. Pourtant, il l’a fait à une époque avec d’autres séries comme One Piece qui reprend le sens de lecture japonais à partir du tome 16 (Rave n’était qu’à son 5e tome au même moment). En 2014, Glénat avait annoncé dans l’une de ses newsletters que les ventes du titres ne suffisaient pas pour espérer une réédition en sens japonais…

En ce qui concerne l’ouvrage en lui-même, l’éditeur, à ses “débuts”, ne se moquait pas de ses lecteurs et proposait des livres agréables à prendre en main (ni trop souples, ni trop rigides), avec un papier de qualité bien équilibré. En effet, les tomes relus pour l’élaboration de ce dossier ont plus de 10 ans et n’ont pas jauni (contrairement aux premiers Fairy Tail de chez Pika).

Pré-publié dans le Shônen Magazine de Kôdansha, Rave aura eu un beau succès au Japon avec 35 tomes reliés publiés au final. En France, la série n’a jamais connu le même succès, la faute peut-être à une arrivée un peu prématurée sur un marché qui lui aurait sûrement fait un accueil de choix quelques années plus tard. Le titre restera donc injustement dans l’ombre d’un Fairy Tail, hit en puissance de l’auteur.

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A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

2 commentaires

  1. Bon dossier pour un auteur que je n’ai jamais lu. Les critiques sont constructives. Votre site devient indispensable pour moi, continuez comme ca.

  2. Gros dossier que j’ai survolé n’ayant pas trop de temps devant moi pour le moment. J’ai découvert cet auteur avec Rave quand j’étais au lycée, ct ma deuxième acquisition de manga (je crois) après DBZ. Je ne l’ai jamais fini, m’étant égaré sur bien des mangas, du coup je n’ai que les 20 premiers sur 35 je crois. J’avais adoré à l’époque et j’en garde un meilleur souvenir que Fairy Tail que je ne possède pas mais que j’ai lu. Mashima a beaucoup de talent et de créativité, mais pour moi, ça reste su sous Naruto. Je veux dire par là que je trouve qu’il ne va pas au bout des choses et qu’il tombe dans la facilité, le fan service et le pouvoir de l’amitié… J’espère qu’après Fairy Tail, il tachera de faire un peu plus sophistiqué car je suis sûr qu’il peut nous fournir du très très bon.

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