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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

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Hajime no Ippo – Un manga qui tape dur !

Hajime no Ippo, c’est l’une des séries que l’on perdait espoir de voir un jour publiée en France à cause de son grand nombre de tomes (près de 80 lors de l’annonce de la publication française ; le tome 81 sortait au Japon en septembre 2007, dans la foulée du premier volume en français) mais aussi d’une forte communauté qui suivait le titre depuis de nombreuses années en scantrad.

C’est ainsi que Kurokawa, éditeur nouvellement installé en France avait surpris tout le monde en 2007 (il y a bientôt 10 ans donc) en proposant au public français l’un des shônen sportifs les plus influents du Japon.
Entre le 13 septembre 2007, date de sortie du premier volume dans l’hexagone et le 9 juin 2016 avec la fin de la quatrième saison des aventures du boxeur, le label manga d’Univers Poche aura publié pas moins de 88 tomes sur les 115 que compte actuellement (lors de la rédaction de ce dossier en tout cas) la série au Japon.

Kurokawa

spoilers

Ippo – La Rage de Vaincre (30 tomes)

Ippo-Logo-S1

Rencontre avec Ippo Makunouchi, un garçon motivé ! Quel effet ça fait d’être fort ? Moi aussi je voudrais être fort ! Ippo Makunouchi est un lycéen timide souvent persécuté par les autres. Une rencontre avec le boxeur Takamura va lui faire découvrir la force insoupçonnée qui se cachait en lui… Depuis, Ippo caresse l’espoir de devenir boxeur pro et cherche à se faire admettre dans le club de boxe de Kamogawa.

L’une des plus belles surprises des débuts de Kurokawa en tant qu’éditeur n’était autre que l’arrivée d’Hajime no Ippo dans l’hexagone. Personne ne l’attendait à cause du nombre de tomes particulièrement élevé déjà sorti à l’époque, l’équipe de Grégoire HELLOT a réalisé le rêve de bon nombre de fans en apportant le manga de boxe phare du Weekly Shônen Magazine de Kôdansha chez nous.

Le jeune garçon que l’on rencontre en ouvrant le premier tome n’a rien d’un héros.
D’aspect (extérieur) banal, le jeune Ippo n’a pas énormément d’amis et se fait souvent victimiser à l’école. Cependant, il s’en moque un peu. Ce qui compte pour lui, c’est d’aider sa mère à tenir l’entreprise familiale spécialisée dans la pêche.
Alors qu’il est secouru par Takamura, un boxeur pro, il commence à éprouver une certaine attirance pour ce sport auquel il ne s’était jamais vraiment intéressé. Il se dit qu’en enfilant les gants, il pourra découvrir ce que ça signifie d’être fort.

Ippo, c’est avant tout l’incarnation de l’humilité. L’ado fait partie de ces enfants bien élevés qui connaissent les difficultés de la vie (son père n’est malheureusement plus de ce monde) et qui n’hésite pas à mettre du sien sans rechigner. Malgré tout, il ressent une petite frustration, notamment quand il s’agit de parler de force.

N’ayant personne pour vraiment lui apprendre ce que cette notion implique, il se pose des questions et en vient à se demander s’il pourra un jour y répondre.
« Qu’est-ce que c’est d’être fort ? », cette question revient assez souvent pendant cette première saison où Ippo se cherche en tant que boxeur mais aussi en tant qu’être humain. Cette admiration qu’il éprouve pour Takamura ou le vieux Kamogawa naît de leur attitude assurée vis à vis de leur propre force.

Quand on regarde bien, Takamura n’a rien à envier à personne avec sa musculature impressionnante et le vieux possède une confiance en ses capacités qui force le respect. On peut donc aisément comprendre pourquoi Ippo les considère comme ses mentors.

Petit à petit, le jeune boxeur va se rendre compte qu’il possède de sacrées prédispositions pour ce sport.
Travailler avec sa mère et porter les lourdes caisses d’asticots et autres appâts en tous genres lui aura sculpté un corps parfait pour la boxe avec des muscles solides qui rivalisent avec ceux des meilleurs boxeurs.
D’un naturel appliqué, Ippo va très vite assimiler les bases et proposer des frappes simples mais diablement efficaces grâce à une puissance folle contenue dans ses muscles taillés par le temps.
Son humilité naturelle lui permettra aussi de ne jamais sous-estimer ses adversaires et de se préparer correctement afin de les affronter. Jamais il ne fera l’erreur de se prendre pour quelqu’un qu’il n’est pas, même lorsqu’il se mettra à enchaîner les victoires.

Bien sûr, qui dit shônen dit rival pour le héros. Ici, il s’agit d’un petit prétentieux qui est à l’opposé du héros. Miyata est né dans le monde de la boxe et s’estime être un champion en herbe « légitime » puisqu’il s’est toujours entraîné et n’a jamais connu de réelle opposition.
L’arrivée d’Ippo va remettre en cause le monde de ce boxeur qui n’avait, jusque là, encore jamais connu de véritable adversaire à sa mesure.

Leurs styles sont, bien entendus, opposés jusque dans leur manière de boxer.
Ippo se spécialise dans l’« in-boxing », un style de combat qui allie puissance et défense solide puisque le boxeur fait tout pour aller en combat rapproché et frapper le plus vite possible.
De son côté, Miyata est un pro de l’« out-boxing », un style de combat qui mêle rapidité et précision pour que les frappes, même sans une puissance démesurée, fassent leur petit effet sur la durée).

Rivalité ou non, le lecteur se rendra compte très rapidement que tous les personnages ont le droit à un bon traitement. Les autres boxeurs du club Kamogawa gagneront en présence petit à petit pour devenir des personnages principaux dans les saisons suivantes.

Dans La Rage de vaincre, c’est bien Ippo qui a le droit à toutes les faveurs de MORIKAWA, les autres personnages étant souvent en retrait ou en soutien du jeune boxeur qui découvre ses capacités et développe son talent à leur contact.

Si l’auteur soigne son personnage principal, il n’en fait pas moins avec ses adversaires. Souvent très charismatiques, le mangaka n’hésite pas à consacrer plusieurs chapitres à les développer pour en faire des personnages à part entière. Il proposera ainsi quelques flashbacks et des séances d’observations de sparrings des futurs opposants d’Ippo. Loin d’avoir des personnages plats, on pourra donc commencer à s’attacher à eux, à leur caractère et parfois sans vraiment le vouloir.

Au niveau de l’histoire, on note une gestion assez classique qui, après trente volumes, commence à être un peu redondante. Le mangaka alterne entrée séquence d’entrainement et séquence de combat tout en gérant la carrière du rival en fond.
Pour le début, ce n’est pas si mal mais vous serez quand même heureux de savoir qu’il varie un peu plus dans les saisons suivantes grâce à une palette de personnages élargie.

Il ne faut pas se leurrer, le dessin accuse son âge dans les premiers volumes. Même si on s’y habitue très rapidement, on note quelques planches dont les rondeurs sont difficiles à apprécier. Pourtant, le dessinateur peut faire du très bon s’il le souhaite, comme en témoigne les superbes double-pages qui viendront (presque religieusement) clôturer chaque combat majeur d’Ippo.

L’auteur parvient cependant à compenser avec une très bonne mise en scène et un découpage scolaire qui fonctionne à la perfection.
Dans les mangas de sport, il est souvent intéressant de voir comment les auteurs parviennent à doser le ratio commentaires/action pendant les matchs et force est de constater que MORIKAWA s’en sort très bien. À aucun moment on ne se dit que c’est « trop » et qu’on voudrait bien voir plutôt que lire. Au contraire, le texte vient complémenter parfaitement ce que l’on voit sur le papier pour proposer une image complète du combat.
Gros plans, multiplication (ou diminution) des cases, planches avec différents angles… Le mangaka se fait plaisir pour dessiner une série limpide et qui n’a aucun problèmes de rythme.

On ne pouvait pas terminer sans un petit mot sur l’édition de Kurokawa qui est, comme vous pouvez vous en douter, bonne à tous les niveaux. Il faut savoir que la série à démarrer à petit prix (5,95 euros) et ce tarif a été gardé pendant très longtemps.
Autre prouesse, la série est sortie non pas tous les deux mois mais mensuellement (ce qui explique le prix moindre par rapport aux autres shônen de l’éditeur).
Le format shônen a maintenant fait ses lettres de noblesse mais, déjà à l’époque, la qualité n’était pas mise de côté au profit de la quantité. Avec ses pages non transparentes et sa traduction dynamique et cohérente, l’éditeur prouvait, dès ses débuts, qu’il savait ce qu’il faisait.

Même si on peut dire que cette première saison d’Ippo donne le ton de la série, elle met en place des schémas narratifs qui seront repris tout en étant diversifiés grâce à une utilisation des personnages secondaires qui va en s’améliorant.
Ippo, c’est une série où le coup de poing est toujours intelligent, puissant et viendra souvent mettre une claque au lecteur qui s’attend à la victoire facile d’un héros traditionnel. Elle nous montre un jeune boxeur qui s’épanouit pendant trente tomes et nous laisse rêveurs quant à la suite de sa carrière.

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A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

3 commentaires

  1. Ce manga est juste génial ^^ Les suivants en scan depuis très longtemps je voudrais bien me procurer tous les tomes seulement deux problèmes me freinent : il y a des volumes manquants du moins pas en stock desuite ce qui peut se comprendre vu que la série est édité depuis 2007, et puis également que même si j’ai de l’estime pour kurokawa on est pas à l’abri du soucis pour la parution de la suite.
    N ‘ ayant pas la certitude de les voir être édités je n’ai pas envie de me retrouver avec 88 tomes sans la fin..

    Mais sinon je conseil ce titre plutôt trois fois qu’une c’est un manga sportif tellement intéressant !

  2. Justement non, c’est là que j’ai regardé, ils y en a pas mal qui ne sont pas en stock et marqués  » expédié sous 2à 4 semaines » . Quand c’est comme ça je sais jamais si je vais pas recevoir un mail du genre  » Désolé mais nous sommes obligés d’annuler notre commande le produit que vous avez commandé n’est pas disponible chez le fournisseur etc »

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