Publicité


Accueil / Dossiers / [Dossier] One Piece – Arc Water 7

[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

One Piece - Arc Water 7

[Dossier] One Piece – Arc Water 7

La sortie du 85e volume de ce One Piece ce mois-ci marque la troisième couverture « spéciale 20 ans » de la série d’Eiichiro ODA aux éditions Glénat. Manga Mag s’est dit que ce serait l’occasion parfaite pour vous dévoiler une nouvelle partie du dossier consacré aux différents arcs de la série : en route pour Water 7 !

Le thème de cet arc est assez clair dès le début. À leur retour de Skypiea, l’équipage du chapeau de paille tombent sur une île où tout est très long. Ils y découvrent un vieil homme qui a perdu ses compagnons et doit utiliser des échasses pour vivre… Seul, son seul ami est un cheval qui sera blessé par Foxy, un pirate roublard comme il n’y en a pas deux.

Vous l’aurez deviné, ce qui va être au cœur de cet arc, c’est bien sûr la camaraderie. Si One Piece l’a toujours mis à l’honneur, la série ne l’avait jamais fait de manière aussi évidente que pendant cet arc qui a vu s’affronter les mugiwara avec le CP9, une unité d’assassins qui agissent dans l’ombre pour le compte du gouvernement mondial.

La lutte de Nami pour reprendre son village des pattes d’Arlong avait déjà plutôt bien développé ce thème mais il va prendre une dimension complètement différente ici. Dans la structure, tout est motivé par le concept de nakama ou compagnon avec un lien très fort, presque familial.

On commence les « hostilités » par une épreuve, le Davy Back Fight. Sous l’égide de Davy Jones (celui-là même que vous retrouvez dans la saga Pirates des Caraïbes, à peu de choses près), ce jeu spécialement conçu par des pirates pour des pirates est une façon peu orthodoxe de récupérer de nouveaux membres d’équipage bien spécifiques en les volant à d’autres pirates à l’issue d’épreuves toutes plus loufoques les unes que les autres.

Pourtant, ce n’est pas vraiment pour cette raison que Luffy se jette à corps perdu dans la bataille. Tout ce qu’il cherche, c’est défendre l’honneur de ce petit vieux qu’il vient de rencontrer et en profiter pour faire taire Foxy. En à peine quelques instants, il a formé une connexion majeure avec quelqu’un de totalement aléatoire. C’est comme ça que le héros de la série fonctionne, au feeling.

Il n’y a rien de prémédité dans les choix de Luffy et c’est bien pour ça que le Davy Back Fight ne restera qu’un prétexte et un prologue. On sait depuis le début de la série ou presque que Luffy a envie d’un certain nombre de membres d’équipage qui puissent remplir certaines tâches sur le bâteau.
Avec les récents problèmes survenus sur le Vogue Merry, la priorité est au charpentier, Usopp ne pouvant assurer que des réparations de fortunes. Malgré cela, le jeu ne sera que l’occasion pour le capitaine de prouver sa détermination et surtout, que son attachement n’a pas de limite.

Lorsqu’ils perdent la première épreuve, Luffy est désemparé et hésite même à casser les codes de la piraterie pour ne pas que Chopper ne parte. Cependant, bien conseillé par Zoro et Sanji, il va suivre les règles et se battre pour le récupérer. Ce n’est pas pour rien si le capitaine écoute les membres de son équipage. Plus que diriger le groupe, il le mène dans des situations abracadabrantesques et laisse aux autres le « plaisir » de sortir tout le monde de la panade.

Il est d’ailleurs très rare que Luffy donne des ordres. Il utilise plus son autorité pour des bêtises qu’autre chose et que ce soit Sanji ou Nami, il n’y en a pas un qui l’écoute la plupart du temps… C’est la jeune fille qui, en sa qualité de navigatrice, va le plus souvent aiguiller l’équipage et il faut au moins ça pour compenser les trips débiles du capitaine.

Bref, tout ça pour dire que le Davy Back Fight, c’est tout sauf la façon de faire de chapeau de paille et heureusement. Cette épreuve est surtout là pour nous rappeler un style particulier mais aussi déclencher l’arrivée non pas d’un mais de deux nouveaux membres d’équipage.

Si le besoin de Franky dans sa qualité de charpentier avait déjà été démontré, pour le second, le couperet apparaît comme abrupt même si en réalité, ODA avait déjà glissé quelques indices. La caravelle que l’équipage utilise pour se déplacer sur Grand Line commence à montrer des signes de faiblesse et les tribulations particulièrement mouvementées de Skypiea ne l’ont pas laissée indemne.
Le Vogue Merry s’était d’ailleurs « miraculeusement » réparé, Usopp niant certains bricolages de fortune qui avaient permis de continuer le voyage. D’ailleurs, tout le monde le prend pour un fou lorsqu’il avoue avoir vu l’esprit du bateau qui s’occupait de remettre le bâtiment en état.
Son lien avec le Merry est peut-être plus fort que le reste de l’équipage puisque le navire vient du dernier majordome attitré de Kaya, la jeune fille de son île qui voulait devenir doctoresse.

Usopp vivra très mal la nouvelle de la mort programmée du Merry et c’est ce qui conduira au moment le plus fort de cet arc : sa décision de quitter l’équipage. Il va se battre contre son capitaine car même si, au fond, il comprend son choix, il ne peut pas l’accepter.

Même si le Vogue Merry est un bateau plutôt quelconque dans sa forme (quand on regarde les navires d’autres équipages ou même le Sunny), l’auteur ne va pas négliger sa fin pour autant. Le Merry est un membre d’équipage à part entière et aura droit à son heure de gloire lorsqu’il viendra récupérer un Luffy exténué par son combat contre Lucci.
En lui donnant une voix et une scène finale particulièrement émouvante, ODA va vraiment permettre au bateau de quitter l’aventure en beauté et montrera dans le même temps les liens forts qui l’attachaient aux membres de l’équipage.

En réalité, on imagine que si ODA a décidé de se séparer du bateau, c’est parce qu’il n’offrait pas grand-chose pour les personnages. Quand on y réfléchit, pour un équipage où les aspirations sont aussi grandes (devenir le seigneur des pirates, devenir le meilleur épéiste du monde, etc.), il fallait un véhicule à la hauteur des ambitions en présence.

Avec le Thousand Sunny, c’est chose faite à plusieurs niveaux. Le bateau construit par Franky possède énormément d’éléments qui vont rendre les aventures un peu plus excitantes comme un petit booster de vitesse ou encore des mods qui pourront être utilisés selon la nécessité (sous-marin, waver… et on est loin d’avoir tout vu).
Plus qu’avant, le Sunny fera donc partie intégrante de l’aventure et aidera l’équipage à se sentir plus en confiance lorsqu’il partira à l’inconnu.
Le mangaka en profite aussi pour faire un petit lien avec l’équipage de Gold Roger puisque le nouveau bateau de Luffy est le digne héritier de l’Oro Jackson sur lequel a vogué le seigneur des pirates entré dans la légende. Il est fabriqué avec le même bois (nommé Adam) mais surtout il a été construit par Franky, le successeur spirituel de Tom, le charpentier responsable de la réalisation du bâtiment de Roger.
La boucle est bouclée et on retrouve donc un lien de plus entre Luffy et celui qu’il désire être. Après le chapeau de paille et le D, c’est donc le bateau qui va relier le héros de One Piece avec son modèle et objectif.

Si pour le lecteur, cette nécessité d’aller de l’avant et de changer le bateau est évidente, Usopp ne le voit pas de la même façon. Son combat contre Luffy va servir de moment clé pour le changement mais aussi dans la définition de compagnon d’équipage.

Même si les liens partagés sont forts, on a quand même affaire à un équipage pirate où il faut respecter une certaine hiérarchie. Les décisions du capitaine, quand elles sont réfléchies et logiques, doivent être respectées. Entre Luffy et Usopp, le clash était inévitable après le diagnostic du Sunny. L’un a su faire la part des choses alors que l’autre est resté dans le déni.

Ce qui est intéressant, c’est qu’à aucun moment Luffy ne trahira son ami. Même s’il y a un désaccord et même s’il y a un combat particulièrement violent (la différence de force est pourtant assez démesurée, même à ce moment de l’aventure), on sent toujours ce lien d’amitié intense entre Luffy et Usopp. Ils n’ont pas vraiment envie de se battre mais la situation les y oblige.

Même les plus grandes amitiés ont leurs heures sombres et c’est qu’ODA essaye de montrer ici. Les circonstances peuvent forcer deux personnes à faire des choses qu’ils n’auraient jamais imaginé faire. Cependant, il montre aussi que si quelque chose se brise, il y a toujours une possibilité de le réparer.

En allant contre les ordres de son capitaine, Usopp a désobéi à une règle capitale du monde de la piraterie et pourtant, un simple mot d’excuse lui suffit pour réintégrer l’équipage (même si, en réalité, il ne le quitte jamais vraiment, le roi Dutir ou Sogeking n’étant jamais loin de l’action).

Lire la suite




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

Un commentaire

  1. Après le diagnostic du Merry, pas du Sunny ! 🙂

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.