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© 2017 Taro Hitsuji, Kurone Mishima/KADOKAWA/Akashic Records PARTNERS

[Dossier] Akashic Records & Grimoire of Zero : exemples de clichés dans l’animation

Le hasard des diffusions fait qu’il arrive souvent lors d’une même saison que l’on retrouve des séries similaires sur de nombreux points : cela peut être sur le scénario et la structure de base de l’histoire, comme en automne 2015 avec Asterisk War et Chivalry of the Failed Knight (dont vous pourrez trouver une chronique de celle qui est la moins intéressante, la moins bien construite et la plus clichée ici), mais cela peut aussi être au niveau du genre et de l’utilisation de ses codes et clichés, sans pour autant que ce soient les mêmes.

C’est le cas pour Akashic Records of the Bastard Magic Instructor et Grimoire of Zero, deux adaptations de light novels de ce printemps, très ancrées dans l’utilisation des codes de leur genre, enchaînant cliché sur cliché, mais dont la différence de qualité se fait très clairement ressentir.

Grimoire of Zero : En l’an 526, l’existence des sorcières et de leurs pouvoirs est méconnue du grand public et leurs pratiques restent un mystère pour les non-initiés. En ces temps vivait une créature mi-homme, mi-bête surnommée « la bête tombée en disgrâce ». Un jour, celle-ci est approchée par une sorcière, Zero, qui lui fait la promesse de lui rendre son apparence humaine en échange de son aide comme mercenaire. Ils se lancent alors à la recherche d’un livre contenant tout le savoir des sorciers, « le grimoire de Zero ».

Akashic Records of the Bastard Magic Instructor : Sistine fréquente une école de magie pour améliorer ses performances dans l’espoir de résoudre la fameuse énigme du Château céleste de Mergalius. Mais son professeur favori vient de partir et son remplaçant, Glenn, se révèle être paresseux et surtout d’une totale incompétence ! Alors, pourquoi cette prestigieuse académie l’a-t-elle recruté et le présente-t-elle comme l’un des meilleurs enseignants de son domaine ?

Nous avons ici deux séries médiévales fantastiques où la magie est plus ou moins présente, Grimoire of Zero raconte une aventure pendant laquelle un groupe hétéroclite voyagera ensemble pour résoudre des problèmes personnels ou d’ordre mondial, et Akashic Records où un professeur fainéant et anti-conventionnel se révèle incroyablement fort et intelligent et finira par avoir la sympathie et l’admiration de ses élèves.
Si la première série s’appuie sur l’archétype assez large de l‘heroic fantasy où une quête est à accomplir, comme dans Dragon Quest, Grandblue Fantasy ou Seven Deadly Sin, la seconde est d’un genre un peu plus récent et précis où un héros sous-estimé se révèle « badass » et devra prouver sa valeur, comme dans Sword Art Online, Chivalry of the Failed Knight ou Food Wars.

Ces deux séries se rapprocheront par le fait qu’elles possèdent un « cahier des charges » assez strict comportant de nombreux points de passage obligatoires. Tout le travail scénaristique consistera à respecter ces consignes, car avouons-le, même si on aime être surpris, on apprécie tout autant être dans une zone de confort et retrouver ce que l’on aime et qui nous sert de repère, des sortes de « clichés mignons », et dans le monde ultra concurrentiel de l’industrie de l’animation japonaise, le zèle est bien plus risqué pour un studio au budget très limité que de recracher ce qui a été fait des centaines de fois.

Cependant, les points de scénario obligatoires peuvent être abordés de nombreuses manières et cela créera la différence entre ces deux œuvres. Pour simplifier, Grimoire of Zero utilisera ces points comme centre de son histoire sur lesquels se construiront les personnages, les révélations et le enjeux, alors que Akashic Records les utilisera plus comme des ressorts scénaristiques pour rebondir vers les développements et les conclusions, les scènes d’action et vers les scènes comiques.

Comment cela se traduit-il ?
Dans Grimoire of Zero on a des éléments d’intrigue imbriqués qui sont développés petit à petit et qui se font écho dans le futur, mais là où l’on atteint la limite du cliché, c’est que c’est prévisible et déjà-vu ; on pourra dire que le principal ce n’est pas le but mais le chemin, mais s’appesantir sur des éléments dont on connaît déjà le dénouement rend la narration lourde et peu palpitante.
Au delà de ça, les imbrications font que chaque nouvel élément se confronte à la logique des précédents, et on se questionne de plus en plus sur la cohérence du récit, notamment au niveau des antagonistes.
Ça marche plutôt bien pour l’homme-loup. Grâce à son implication limitée au départ, son insertion plus tard dans l’intrigue ne pose pas de problème. Par contre, pour Treize, plus il est développé et plus ses motivations semblent bancales et artificielles.

A contrario, dans Akashic Records, on a un très léger fil rouge avec le passé de Glenn, les origines de Rumia et le groupe anti-gouvernemental, mais ils seront là pour déclencher l’action et créer des situations où Glenn devra démontrer tout son potentiel et ça ne va pas beaucoup plus loin.
On perdra en profondeur, beaucoup d’éléments resteront inexpliqués (un peu comme des axiomes), mais ce sera une structure de base correcte et plus que suffisante pour que l’action se déroule.
On gagne énormément en exécution et même des scènes très clichées, comme l’affrontement d’un ancien ami, ne dérangeront pas vraiment. Cela met un peu de « drama » et l’action continue sans s’appesantir sur un scénario qu’on a déjà vu des centaines de fois.

En ce qui concerne les personnages et leurs relations, dans Grimoire of Zero on a deux groupes normalement ennemis (bestial et sorcière) qui se font confiance car l’un n’a pas tué l’autre quand il en avait l’occasion. La relation de base marche assez bien, même si elle reste un peu légère car c’est du déjà vu. De plus, toute la complexification qui viendra par la suite sera très bancale car on va vraiment sentir le passage très forcé par des tourments émotionnels, alors qu’une ligne de dialogue aurait probablement suffit à tout régler.

C’est le cas lorsque Treize dit au mercenaire de se méfier de Zéro et que suite à cette méfiance, Zéro congédie le mercenaire. Le mercenaire aurait pu se dire que quitte à se méfier d’une sorcière comme Zéro, il aurait pu aussi se méfier de Treize, et Zéro aurait pu comprendre, qu’ayant vécu une vie difficile à cause des sorcières, il était normal pour le mercenaire de garder une once de méfiance.
Ces pensées n’ont même pas besoin d’une seconde de réflexion pour fleurir chez les habitués, car ce genre de scène est vu revu. Les rajouter n’apporte plus rien.

Dans Akashic Records les relations sont beaucoup plus simples : les personnages seront méfiants avec le héros, puis une action héroïque transformera ça en respect ou en admiration pour ne plus changer jusqu’à la fin. Il pourra y avoir des modifications psychologiques chez certains mais cela ne durera que le temps d’un ou deux épisodes et ne sera qu’un pivot pour orienter l’action plutôt que d’être au centre de l’intrigue.
Ainsi la trahison de Re=L permettra de changer le scénario « station balnéaire pour mater des maillots de bains » à « combats contre les méchants ».
De même le passé des personnages reste simple et permet de les définir ainsi que leurs actes sans alourdir le présent. On a l’exemple de Rumia qui a été sauvée par Glenn dans le passé, elle s’en souvient et c’est ce qui explique son respect et sa confiance sans passer par des phases émotionnelles où elle se remémore le visage de son sauveur.

Le héros d’Akashic Records est un archétype parfait du héros de ce genre de série, à savoir beau gosse aux cheveux mi-long, sympa, rigolard et fort.
Dans Grimoire of Zero, on a un homme-bête imposant, très fort physiquement, au passé difficile et sanglant, qui a le caractère de n’importe quel héros de light novel, ce qui se traduit par un manque de méfiance, des soupirs à tout bout de champ et beaucoup de passivité face aux autres, ce qui dénote totalement avec son physique et son passé.
Ce character design assez original pour un héros, combiné à une personnalité cliché crée une horrible dissonance.

À côté de ça, les séries vont développer des thématiques, soit pour étoffer leur univers et leur histoire, soit pour donner de la consistance aux personnages. Dans Akashic Records on aura le passé d’assassin royal de Glenn qui le tourmentera dans sa vie normale.
Si ce genre de repentance permanente est une source facile de compassion (on a pas vu les actes horribles mais on voit le triste résultat), il faut reconnaître qu’ici c’est bien fait.
Ce genre de cliché, à force d’être utilisé, est simplifié et on se retrouve des fois avec des raisons aberrantes et ridicules (c’est aussi très souvent le cas avec le cliché du traumatisme). Dans cette série, le héros n’hésite pas à tuer des personnes (en sursis quand même), du sang gicle, son regard devient mauvais, et le choc avec le gentil professeur qui sauve ses élèves est présent.

Dans Grimoire of Zero, on aura le thème de la différence, avec les bestials et les sorcières subissant la vindicte populaire. Le racisme et la discrimination sont des propos très délicats à utiliser, créant un sentiment d’injustice très facilement, il faut savoir les manier assez finement pour ne pas tomber dans l’apitoiement, mais la série met les deux pieds dedans.
Ce cliché doit servir à avoir un sentiment de solidarité avec les personnages mais ici c’est utilisé de façon tellement intempestive que ça en devient grotesque. L’histoire de Saurenna, grande sorcière injustement tuée et mettant le feu aux poudres, est un bon point de départ, mais toujours revenir à cette histoire et rajouter d’autres scènes de discrimination gratuite pour faire du remplissage n’est pas forcément une très bonne idée.
On le voit quand le mercenaire, juste après s’être séparé de Zéro, se fait abuser par l’aubergiste. Cette scène est présente uniquement pour qu’on le prenne en pitié et qu’on le pardonne d’avoir quitté son employeur. Ce type de scène, finalement très basique et convenu, joue avec des ficelles émotionnelles qui sont bien trop grosses et bien trop malsaines pour qu’on ait envie de se laisser prendre.

De ce qu’il ressort de tout ça, c’est que Grimoire of Zero est une série d’une part maladroite dans l’écriture du scénario mais aussi très « premier degré », c’est à dire qu’il nous ressort ses éléments comme si c’était la première fois qu’on les voyait, ce qui fait que toutes les parties correctes et les tentatives d’innovations sont noyées dans des clichés bas de gamme.

A contrario, Akashic Records a un regard plus ironique vis-à-vis de ces mêmes éléments et c’est peut-être moins sérieux et approfondi qu’on pourrait l’espérer, mais le fil principal est beaucoup plus intéressant à suivre et gagne un peu en originalité.
Au final, ces deux séries ont beau être remplies de clichés, au niveau de la qualité, il faut avouer qu’il n’y a pas photo.




A propos de Ithaqua

Si c'est sombre, glauque ou tout mignon, j'en fais mon affaire, tant qu'il y a quelque chose derrière.

2 commentaires

  1. C’est une plaisanterie ? Derrière ce pseudo dossier se cache simplement un bashing d’une série, en l’occurrence Grimoire of Zero.
    Ce qu’on comprend en lisant entre les lignes (et ce n’est pas bien difficile), c’est que l’auteur règle ses comptes en reprenant un débat qu’il a du avoir au sein de sa communauté.
    Ce n’est franchement pas très sérieux pour un site qui se veut professionnel comme MangaMag, même si on comprend que cela génère du clic et qu’en été il faut bien meubler un peu…

    • Ce qui ma poussé à faire cet article c’est surtout que je n’ai jamais vu quelqu’un pointer du doigt les défauts de Grimoire of Zero, alors que des séries excellentes, comme Gundam IBO, avaient des spectateurs très « pointilleux ».
      Sinon, c’est vrai que je n’ai pas aimé Grimoire of Zero pour les raisons évoquées ici. Je ne lui ai pas trouvé beaucoup de qualités et son traitement comparativement à Akashic Records m’a donné l’idée de ce dossier où j’explique clairement les différences. En aucun cas ce n’est un vulgaire bashing, car j’y exprime une pensée structurée et développée, qu’elle te plaise ou non.

      Tu peux être en désaccord avec moi, dans ce cas là présente moi tes contre-arguments, auquel cas le bashing sera plutôt de ton côté.

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