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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

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Censure et liberté d’expression dans le manga

Aucun pays industrialisé ne peut nier, peut-être malheureusement, avoir eu dans son histoire au moins une période où la censure était présente et puissante. De nos jours, on pourrait penser que la censure a disparu depuis longtemps, ou du moins qu’elle ne se trouve plus que dans quelques pays où la liberté d’expression est plus réduite. Pourtant, il faudrait être naïf pour croire cela. La majorité des pays continuent à user de la censure sur de nombreuses œuvres. Évidemment, les mangas et la japanimation n’ont pas été épargnés par cela.

S’il nous faut rétablir les faits, faisons-le de manière intelligente et objective. Ce dossier n’est pas fait pour attaquer les distributeurs vidéos ou les éditeurs dès que j’évoquerai tel ou tel cas censuré. L’objectif que je me suis fixé est bien de vous offrir une vue d’ensemble de ce qu’est la censure et la liberté d’expression, dans ses bons (?!) et ses mauvais aspects (si, si, promis : la censure n’est pas toujours faite dans le but de nuire ou de restreindre la liberté d’expression).

Après avoir fait un point sur ce qu’est la censure, et du coup également ce qu’est la liberté d’expression, je vous exposerai quelques-unes des différentes formes qu’elle peut prendre, avant de terminer sur les mangas et les mangaka qui en parlent le mieux, que cela soit volontairement ou non.

Que sont la censure et la liberté d’expression ?

Poison City - Tome 1 (Planche 3)
POISON CITY © Tetsuya Tsutsui / Ki-oon

La censure et la liberté d’expression… Voilà bien un sujet qui existe depuis des siècles et qui a refait surface dans le débat public français, l’année dernière, avec plus de force, notamment dans la sphère manga avec la parution du dernier manga de Tetsuya TSUTSUI, Poison City. D’ailleurs, même les médias qui ne sont pas spécialisés dans la la culture japonaise en ont parlé, preuve qu’il a su toucher un public bien plus large que les oeuvres du pays du soleil levant ont l’habitude de le faire.

Commençons par essayer de définir ce qu’est la liberté d’expression. Je vais tout de suite régler son cas à une opinion qui grandit depuis quelque temps : non, en France, la liberté d’expression ne signifie pas qu’on a le droit de dire tout ce que l’on veut et de ne pas être inquiété par la justice, peu importe la teneur des propos. Cela vient du fait, je pense, que beaucoup ne se basent que sur l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Dans celui-ci, la liberté d’expression est ainsi définie :

« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

Ainsi, si on applique cela à la création, cela voudrait dire que n’importe quel auteur français pourrait écrire des scènes d’inceste sur des mineurs sans être inquiété, car l’article 19 l’autorise à le faire. Cependant, comme on le verra plus tard dans le dossier, il n’en est rien, même si, pendant longtemps, le Japon s’est montré un peu laxiste en ce qui concerne la législation (oui, c’est à toi que je pense, Boku no Pico!).

En revanche, en France, la liberté d’expression peut être résumée ainsi : c’est un droit individuel, permettant à son auteur de transmettre une pensée ou une opinion, tout en sachant qu’il pourrait avoir à en rendre compte devant un tribunal si ses propos sont diffamatoires ou calomnieux, s’ils incitent à la haine (raciale, nationale, religieuse, homophobe), au meurtre, ou s’ils transgressent la loi. Nous nous basons davantage sur la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, où il est dit :

Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen - Le Barbier
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, Le Barbier, 1789, huile sur toile, 71 x 56 cm, Paris, Musée Carnavalet.

« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. »

Ramené au manga, on peut le poser ainsi : une oeuvre japonaise qui viendrait à faire l’apologie du nazisme serait purement et simplement condamnée par la loi en France. Par contre, si un personnage est simplement habillé en nazi sans véhiculer les idées du nazisme, ça peut passer, même si cela serait assez mal vu.

Plus concrètement : dans Fullmetal Alchemist, l’extermination des Ishbals par l’armée (qui n’est pas sans rappeler le nazisme) ne risque pas d’être censurée car la majorité des personnages ne glorifient pas ce massacre.

Tout cela est bien beau, mais comme vous le savez, cela n’empêche pas un débat d’exister. Quelle forme prend ce débat ? Il s’agit ni plus ni moins qu’une histoire d’interprétation et de jurisprudence.

Je ne vais pas tenter de vous donner une réponse, il me faudrait un colloque de huit heures suivi d’un débat de la même durée pour pouvoir espérer parler de toutes les subtilités qu’implique la liberté d’expression. Je préfère donc m’autocensurer, et vous laisser méditer sur le sujet.

D’ailleurs, en parlant de m’autocensurer, qu’est-ce que la censure ? (vous avez vu cette transition de fou !) Pour faire simple, en se basant sur la définition du Littré, on peut définir la censure comme le fait de faire examiner des œuvres (romans, pièces de théâtre, dessins, journaux, etc) avant leur publication, par des agents du gouvernement, afin d’apporter une correction à ce qu’ils considèrent comme blâmable. Cependant, cette définition n’est qu’un bref résumé de ce qu’est réellement la censure.

En effet, pendant longtemps, elle a été soumise aussi à la doctrine du Clergé, ce qui faisait que les œuvres ne devaient être ni contraires à la vertu, ni aux écritures saintes. En France, entre 1791 et 1906 où elle est abandonnée par le Parlement, la censure a été maintes fois abolie puis rétablie. Pendant les périodes de guerre du XX° siècle, elle a refait son apparition, et en principe, quand l’État d’urgence est prononcé, le pouvoir en place est en droit de limiter la liberté d’expression.

Tagosaku to Mokube no Tokyo Kenbutsu - Rakuten Kitazawa (1902)
« Tagosaku to Mokube no Tokyo Kenbutsu » de Rakuten KITAZAWA (1902)

La censure des mangas au Japon, au début du XX° siècle, était déjà présente. On peut par exemple citer l’auteur Rakuten KITAZAWA, censuré plusieurs fois au début du siècle pour ses caricatures violentes envers le pouvoir en place.

En 1925, la « Loi de préservation de la paix » va accentuer la censure en exigeant de la presse qu’elle soit politiquement correcte, ce qui a donc exclu la satire et les caricatures. En revanche, paradoxalement, la publication de mangas s’est développée dans cette même période.

Ensuite, comme de nombreux autres pays à cette époque, le gouvernement (militaire) a fait censurer les œuvres (la presse comme le manga) qui n’étaient pas des propagandes véhiculant le message « Soutenez l’effort de guerre », pendant le conflit sino-japonais et la Seconde Guerre Mondiale entre 1937 et 1945. Par la suite, cette censure militaire a plus ou moins disparu.

Aujourd’hui, la définition de la censure demanderait à être réactualisée sur un point. Parfois, c’est un organisme privé qui prend la décision de censurer telle ou telle œuvre, sans que le gouvernement n’ait été impliqué en quoi que ce soit dans la décision. De plus, même si l’État ou la justice prononce un acte de censure, celui-ci prend, maintenant, généralement la forme d’un interdit de publication.

La censure n’est pas toujours faite dans un mauvais but. En effet, aujourd’hui, il est assez fréquent, notamment au niveau audiovisuel, qu’une œuvre subisse une censure pour sa diffusion à un large public. Généralement, cette censure est faite uniquement pour permettre au plus grand nombre de personnes d’avoir accès à l’œuvre, sans qu’ils ne risquent d’être choqués par ce qu’ils verront.

D’ailleurs, lors de leur publication en magasin, ces œuvres sortent aussi parfois dans un format « non-censuré », qui devient alors le pur choix de son acheteur. Les œuvres d’horreur, comme par exemple Tomié ou les autres titres de Junji ITO, sont souvent dans ce cas-là.

Il y a également un autre type de censure, plutôt positive puisqu’elle n’est pas remise en cause dans l’absolu : la classification des œuvres par tranche d’âge. En effet, cette classification reste tout de même une sorte de censure, puisqu’un organisme d’état (le Comité Supérieur de l’Audiovisuel par exemple) décide qu’une œuvre sera interdite pour les personnes âgées de moins de 10, 12, 16 ou 18 ans.

Signalétique CSA
La signalétique audiovisuelle.

Toutefois, bien qu’acceptée, cette pratique n’est pas exempte de critiques, puisque leur publicité est réduite selon la tranche d’âge interdite, ce qui peut avoir des répercussions économiques pour les auteurs. Elle est aussi parfois controversée quand elle impose une interdiction qui peut sembler injustifiée par rapport à celle imposée à d’autres films (par exemple, Le Silence des agneaux, interdit aux moins de 16 ans est visuellement moins choquant qu’Hannibal qui, lui, est interdit aux moins de 12 ans).

Enfin, la censure peut être perçue, pour l’éditeur ou par le distributeur, comme nécessaire pour que l’œuvre soit publiée si elle comporte des aspects qui vont à l’encontre de la législation. À ce moment-là, si cette censure ne risque pas de dénaturer l’œuvre, elle n’apparaît pas vraiment comme mauvaise, puisqu’elle a été faite dans le but que l’ouvrage soit transmis au lecteur, surtout si l’éditeur lui-même ne dissimule pas qu’il a dû censurer un élément pour ne pas risquer un problème juridique.

On peut penser à Tonkam qui avait censuré les couvertures de Lawful Drug où des feuilles de cannabis étaient représentées sur les couvertures, afin d’éviter d’avoir des poursuites pour « incitation à la consommation de produits stupéfiants ». D’ailleurs, cet exemple montre une des premières formes possibles de censure dans les mangas : la disparition d’un élément.

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A propos de L'Otak' des Lettres

L'Otak' des Lettres
Professeur otak' qui adore fouiller en profondeur l'essence des mangas, afin d'en dégager le bon et le moins bon.

6 commentaires

  1. Un exemple de censure absurde : les auteurs de shôjo n’ont plus le droit de montrer un couple de lycéens sur le même vélo, car c’est contraire au code de la route. A moins que ce soit un tandem.

    Article très intéressant, bravo. En France, il me semble que la Loi n°49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse est toujours en vigueur ; par le passé, elle fût utilisée pour censurer des comics de super-héros (elle avait été conçue en grande partie pour cela par les parlementaires communistes) voire pour faire interdire certaines publications.

    Pour ma part, je considérerai deux cas : la censure à priori, et celle à postériori. Par censure à priori, je pense notamment au Code Hayes, en vigueur aux USA pendant 30 ans, jusqu’à la moitié des années 60. Il s’agissait d’un code d’auto-censure mis-en-place par les studios hollywoodiens afin de produire des long-métrages dont ils seraient sûrs qu’ils respecteraient les lois et les « sensibilités » de tous les états, même les plus conservateurs. Cela allait jusqu’à la durée d’une scène durant laquelle deux personnages s’embrassaient, ou encore la distance entre deux lits. Là où le Code a eu du bon, c’est qu’il obligea les réalisateurs du Golden Age à se montrer malins, à contourner les interdictions, à jouer sur les sous-entendus et les métaphores. Tout est suggéré, cela confine parfois au génie. Je n’approuve pas le Code lui-même, mais son utilisation aura eu du bon.

    Par contre, je trouve la censure à postériori, celle qui dénature l’intégrité artistique d’une oeuvre, inadmissible quelle que soit la raison. Prenons le cas des manga : de mon point de vue, si un éditeur n’approuve pas tous les aspects d’une oeuvre, il doit s’abstenir de la publier.
    Deux cas me paraissent représentatifs. Dans Bienvenue à la NHK, Soleil Manga a censuré une image de jeune fille dévêtue, qui n’avait pas été placée là par hasard mais pour des raisons narratives. Ce n’était en rien gratuit. Plutôt que de sortir le tome incriminé sous blister ou de s’exposer à des sanctions – c’est le côté pervers de la censure : elle est effectuée en amont avant toute action officielle – Soleil Manga a préféré censurer.
    Là, encore, vous rétorquerez que l’éditeur n’allait pas s’interdire de publier une série de plusieurs tomes pour une seule image potentiellement problématique. Mais que dire de Bokurano !? En achetant cette licence, Asuka connaissait les risques, ou alors, c’est que personne ne lisait les manga avant de faire une offre : ultra-violence, mineures à la sexualité affichée, c’est la fête ! Donc censure, et pas qu’un peu : cases rognées, rayons de lumière judicieusement placés, tout l’arsenal était de sortie. L’éditeur s’est défendu en affirmant que la vente sous blister aurait diminué un potentiel commercial déjà limité (ben tiens), que l’auteur était d’accord (genre il a eu le choix), et de toute façon, c’est illégal alors ta gueule. J’ai pris acte : j’ai abandonné la série et revendu mes tomes charcutés.
    Et ne venez pas me dire que sortir ces séries telles quelles sous blister aurait été impossible : c’est comme cela que Delcourt a vendu Filles Perdues, comics où la tornade du Magicien d’Oz et l’envol de Wendy sont des métaphores du viol, et le jardin de fleurs d’Alice au Pays des Merveilles un pensionnat pour jeunes filles où le saphisme est de rigueur. A moins que chez Alan Moore, ce soit forcément de l’art, et chez les manga, forcément de la perversité de bridés dégénérés

    • L'Otak' des Lettres

      Heureux que mon dossier t’aie plus !

      Comme le montre ton commentaire, il y a beaucoup à dire sur la censure. Je ne pouvais pas parler de tout, cela aurait fait un article bien trop long XD
      Merci en tout cas pour le temps que tu as pris pour commenter l’article ^^

  2. Dossier très agréable à lire, en plus des mentions à la littérature.^^

    J’ai juste une remarque, à propos de la censure pour Onizuka : sur la couverture il n’y a plus de cigarette mais derrière Onizuka c’est bien la fumée de la cigarette que l’on aperçoit non ? C’est dommage de ne pas avoir davantage retoucher la couverture…

  3. Un article très intéressant. A mon sens, la question n’est pas de savoir qu’est-ce qui est bon ou mauvais dans la censure mais comment concilier protection du citoyen et liberté d’expression des auteurs. Au motif de protéger le lecteur, nous pouvons amener les pires dérives sécuritaires ou dénaturer le sens de l’auteur.

    On oublie trop souvent que la liberté d’expression n’est pas absolue. Vous le rappelez très bien en introduction : l’injure, la diffamation, la protection du droit à la vie privée et la promotion des crimes de guerre en fond parti tout du moins en France. Pour autant, la liberté d’expression fait partie de nos droits fondamentaux (bloc de constitutionnalité, CEDH, etc…). Une censure méconnaitrait ce droit de même que tout contrôle. Ainsi pour ma part, il n’y a que le juge dans ces rares hypothèses qui justifie un contrôle sur les œuvres culturelles.

    Toutefois, et c’est là où la critique de TSUTSUI est pertinente, le mode de contrôle des instruments pédagogiques et d’orientation des lecteurs se doit d’être irréprochable. On ne peut pas émettre un jugement sur une œuvre sans s’intéresser au contenu de celle-ci. De plus, l’aspect sournois de la chose amène les auteurs à s’autocensurer pour rentrer dans les carcans fixés (arrivant ainsi à un manque d’originalité chronique).

    J’amène d’ailleurs une autres critiques sur ce type d’instrument : classifier les œuvres amène aux pratiques inadmissibles des éditeurs : Modifier l’œuvre de l’auteur pour rentrer dans les classifications. Ainsi, on arrive à une sorte de diktat du bien pensant au nom de la protection des citoyens. Je vais pas faire preuve d’originalité en citant Benjamin Franklin mais « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. »

    A l’attention de l’auteur de l’article : Bien que je ne connaisse pas l’état actuel du droit japonais, je doute que les auteurs puisse se reposer sur l’article 19 de la DUDH (tout simplement parce qu’il ne s’agit que d’une simple résolution de l’ONU). Je ne pense pas que la DUDH, en tant que simple déclaration de droit, est une quelconque force juridique au Japon comme dans le reste du monde.

    PS : excusez-moi pour le pavé.

  4. Dossier intéressant. C’est vrai qu’il y aurait beaucoup à dire, il faudrait faire un site entier sur le sujet. 🙂

    Il y a 2 points où je ne suis pas totalement d’accord.

    Premièrement ce passage en page 1 : « La censure n’est pas toujours faite dans un mauvais but. En effet, aujourd’hui, il est assez fréquent, notamment au niveau audiovisuel, qu’une œuvre subisse une censure pour sa diffusion à un large public. Généralement, cette censure est faite uniquement pour permettre au plus grand nombre de personnes d’avoir accès à l’œuvre, sans qu’ils ne risquent d’être choqués par ce qu’ils verront. »

    Je trouve que ce genre d’argument ne va pas du tout dans le sens d’un « bonne » utilisation de la censure. Vous en parlez plus loin dans le dossier : Dragon Ball Z, Ken le Survivant, Naruto, Nicky Larson et compagnie… n’ont-ils pas été censurés pour favoriser leur diffusion dans des cases « enfants / adolescents » ? Donc pour permettre à un plus grand nombre d’avoir accès à l’œuvre ? C’est un peu l’excuse pour édulcorer et enlever la subversion de certaines séries télés, et ça continue encore aujourd’hui avec les séries télés américaines (South Park, Soprano, Walking Dead…). On dénature l’œuvre de l’auteur pour des raisons de fric et/ou de politique éditoriale d’une chaine. On a envie de dire : si la série est trop violente / subversive pour votre chaine ne l’achetez pas au lieu de la prendre pour ensuite la travestir. (après évidemment si la série cartonne à l’étranger, on comprend pourquoi ils veulent l’avoir dans la grille)

    D’ailleurs pour Nicky Larson, je l’ai un peu regardé en VF sur ADN : et parfois – surprise – au milieu de l’épisode, une scène où tout d’un coup les voix passent en japonais genre Nicky fouille un tiroir, trouve une petite culotte et il commence à s’exciter. Mais dès que le passage est fini, hop ça repasse en VF. Donc j’imagine que s’ils n’ont même pas pris le temps de doubler ces scènes à l’époque, c’est qu’ils étaient censurés bien en amont.

    Le deuxième point où je ne suis pas d’accord c’est sur la « classification des œuvres par tranches d’âge » assimilée à une forme de censure. Déjà parce qu’il s’agit rarement d' »interdire » mais très souvent de « déconseiller » (notamment en audiovisuel : télévision, séries télé, jeux vidéo). A part la pornographie, je pense que c’est rare qu’on interdise à quelqu’un l’achat d’un DVD ou jeu vidéo même s’il n’a pas l’âge conseillé. Pour moi n’est pas comparable à de la censure, c’est plutôt une manière d’avertir le public sur le contenu qu’il va regarder.

    D’ailleurs j’ai lu qu’ – à l’origine – le « Rating system » – la classification par tranches d’âge avait été introduit par l’industrie du cinéma elle-même, justement pour couper l’herbe sous le pied de la censure. Et pas l’inverse. Quand certains à Hollywood se sont inquiétés de voir leurs films frappés par la censure ils ont eu l’idée de mettre en place un tel système pour la contourner et pour pouvoir plus tranquillement sortir leur film violent / choquant. La classification par tranche d’âge à la base c’est une arme anti-censure, un choix des studios pour préserver leurs intérêts économiques.

    • L'Otak' des Lettres

      Merci pour ce commentaire. J’ai vu que la classification par tranche d’âge a fait réagir beaucoup. Je pensais que mon propos était assez explicite, mais apparemment ce n’est pas le cas, donc je vais essayer de l’expliquer un peu plus.
      Pour moi, cette classification n’est pas une vraie censure, mais je trouve que parfois certaines classifications sont trop restrictives quand on les compare à d’autres : au final, je trouve que parfois, cela est trop subjectif. Cependant, soyons clairs : je ne prétends pas avoir la vérité absolue, j’entends, accepte et comprends très bien que certains ne considèrent pas cela comme de la censure. Moi-même, je ne le considère pas complètement comme une forme de censure, je donnais un avis polémique en voulant rapprocher cette classification de la définition de la censure, en tant que décision prise par un organisme public (oui, parfois j’aime provoquer la réaction des gens XD).

      Après, concernant la « bonne censure », je pensais vraiment à celle faite pour diffuser l’oeuvre au plus grand nombre, sur les écrans, mais qu’on retrouve à sa sortie DVD dans une version « non-censurée ». Prenons Dragon Ball Z et Terra Formars : le premier n’a pas eu immédiatement une diffusion vidéo en version « non-censurée » (je parle par expérience : les cassettes vidéos que j’achetais étant petit offraient les mêmes épisodes édulcorés que ceux de la télé), alors que le second est disponible à la fois en version censurée et en version non-censurée sur ADN.
      Je conçois que je peux avoir l’air de me contredire, mais dans ma tête, je fais une vraie distinction entre la censure plutôt acceptable et celle totalitaire. Pardonnez-moi si je n’arrive pas à l’exprimer clairement ^^ »

      Je vous remercie tous pour vos commentaires très pertinents et qui montre qu’on peut discuter posément et calmement de la censure ^^

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