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[Dossier] Bleach : Arc Soul Society

[Dossier] Bleach – Arc Soul Society

Après près de 15 ans de publication (le premier tome français est paru le 11 juillet 2003), Bleach, le manga de Tite KUBO (qui sera d’ailleurs présent à l’édition 2018 du Magic Monaco) s’achèvera ce 6 septembre.
Manga Mag en profite pour revenir une série qui a fait les beaux jours du Weekly Shônen Jump, son magazine de prépublication, mais aussi de Glénat, son éditeur français.

Bleach

Avant de se lancer, il est intéressant de faire un petit point sur l’origine de la série. Avec Zombie Powder (publiée chez nous par Tonkam il y a quelques années), la première incursion de KUBO dans le monde impitoyable de la pré-publication ne s’était pas soldée par un véritable succès. Arrêtée après 4 volumes et donc 26 chapitres, la série ne laissait pas augurer le succès fou qu’a pu avoir Bleach à ses débuts.

Le chapitre pilote, le lecteur français peut le lire dans le character books SOULs (paru chez Glénat) et nous montre une histoire avec une base intéressante mais qui avait encore pas mal de différences avec la série que l’on connaît.

On se remarque que, dès le départ, KUBO tenait à son délire des « plus », les bonnes âmes, et des « hollows », les âmes corrompues. Pourquoi ? On ne sait pas trop sachant que c’est un concept qu’il abandonne quasi complètement une fois qu’Ichigo et ses amis pénètrent dans la dimension du Soul Society…

Le métier du père d’Ichigo dans le one shot est aussi différent de celui du Isshin qu’on connaît. Il n’était pas médecin mais directeur de pompes funèbres. Dans les deux cas, le lien avec le monde des morts est évident mais on imagine que docteur est une profession qui donne un peu plus d’espoirs aux plus jeunes et s’avère être un bien meilleur choix pour un magazine shônen.

Inoue Orihime, l’une des meilleures amies d’Ichigo et celle qui est présente à ses côtés pendant toute la série, ne finissait pas non plus le one shot en vie ! Le mangaka a donc envisagé un destin tout autre pour la jeune fille qui, en plus de ne pas passer l’arme à gauche, ne va pas être attaquée par le hollow de son père mais celui de son frère dans l’un des premiers volumes de la série.

Cependant, l’une des différences majeures avec le one shot réside dans le style adopté pour les hollows. Les ennemis d’Ichigo n’étaient pas les monstres difformes qu’il abat accompagné d’Ishida dans premiers chapitres mais… des arrancars (des hollows qui ont « enlevé » leur masque) ! KUBO avait déjà en tête de faire des antagonistes doués de capacités de réflexion et non pas de simples monstres sans cervelle mais ceux-ci n’apparaîtront que dans la deuxième partie du manga et pas dès le départ !

Quand on regarde les changements opérés, on retrouve une certaine logique. Pour Inoue, il avait simplement besoin de plus de personnages secondaires pour épauler le héros sur la durée et l’utilisation d’ennemis plus faibles au début est bien normal dans la mesure où il faut que les choses montent en puissance. Le mangaka a su s’adapter et force est de constater que ça lui a bien réussi.

On note aussi un changement assez rapide dans la structure de l’histoire. Alors qu’on se laissait balader tranquillement de mission en mission, KUBO nous propose une structure qui se rapproche un peu de la bataille des douze maisons du zodiaque de Saint Seiya de Masami KURUMADA.
Les héros vont devoir traverser un territoire hostile et combattre des ennemis puissants (13 ici) pour le salut d’un personnage en particulier (Rukia). On retrouve le même genre de déroulement même l’auteur de Bleach sait nous surprendre avec une jolie révélation choc à la fin de l’arc.

La force la plus évidente de l’auteur, c’est sa capacité de mise en scène. On la voit, de base, dans sa capacité à limiter les dialogues. Certains shônen vont chercher à beaucoup faire parler les personnages pendant les affrontements alors que dans Bleach, c’est plutôt le contraire. Le dessinateur possède un trait magnifique qui sait accommoder n’importe quel sentiment pour le sublimer.
La niaque d’Ichigo est visible dans chacun de ses combats et la détermination de ses ennemis ne l’est pas moins. Chez Mayuri, c’est plus la folie que l’on voit immédiatement alors que chez Kenpachi, on ressent une certaine candeur mais aussi un fun intense.

L’un des derniers passages clés de l’arc Soul Society rend d’ailleurs hommage au talent du mangaka. Alors qu’Ichigo est en train de s’entrainer pour maîtriser le bankai en compagnie de Yoruichi, Renji retourne sur le champ de bataille et tombe sur Byakuya. Dans les deux cas, les personnages mènent un combat à mort et font preuves des mêmes réactions au même moment, comme si leurs émotions étaient ressenties à l’unisson.
KUBO propose une organisation de ses cases qui permet au lecteur de suivre les deux personnages et leurs actions en simultané. On obtient donc des planches à symétrie parfaite où on retrouve Ichigo d’un côté et Renji de l’autre avec des expressions identiques et des bulles de dialogues combinées. Même si ça parait un peu « simple » dans l’idée, le résultat sur le papier est tout simplement bluffant.

Cependant, l’une des plus belles réussites de l’auteur dans l’arc Soul Society tourne autour du personnage de Gin Ichimaru. Pendant toute la durée du combat d’Ichigo et ses amis, Aizen pour faire croire à son lecteur que ce personnage est un pur méchant, quelqu’un de diabolique et machiavélique.
Alors que c’est Gin qui repère les intrus en premier, il va les repousser hors des murs mais les laisser s’échapper de manière assez suspecte. Il ne suffit que de cela pour créer le doute, chez le lecteur comme chez les capitaines du Gotei 13.
Ensuite, ses petites piques envers les autres capitaines (il adore énerver Hitsugaya par exemple), ses regards malicieux envers Hinamori, mais aussi le fait qu’il aille libérer Kira (son lieutenant) sans autorisation vont continuer à le faire passer pour le grand méchant pendant un temps.
La petite discussion entre une Rukia prisonnière et un Gin qui cherche à lui mettre le doute va le consacrer comme « méchant officiel » de l’arc avec un superbe flashback qui montre la première rencontre entre les deux personnages et une jeune shinigami en sueur tellement il la met mal à l’aise.

Le choc lié à la révélation du véritable méchant de l’arc n’en est alors que plus grande et ce dernier apparaît comme un véritable maître stratège quand on voit à quel point il a intelligemment avancé ses pions. Aizen, pendant l’arc Soul Society, n’a pas un mais au moins 10 coups d’avances sur la majeure partie des personnages, c’est dire s’il gère bien son avantage…

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A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

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