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[Dossier] Bleach – Arc Quincy

Après une troisième partie difficile à avaler pour le lecteur, Bleach ne semble pas vouloir se conclure et se lance dans un ultime arc qui viendra mettre en valeur les quincy. Ces êtres humains dotés de pouvoirs que l’on avait découvert par Ishida (dans l’Arc Soul Society), et qui avaient été exterminés plusieurs centaines d’années auparavant, n’avaient pas encore dit leur dernier mot.
Avec ces ennemis aux uniformes et aux méthodes qui ne sont pas sans rappeler les nazis d’Hitler, Tite KUBO tente de redorer le blason de sa série et de lui donner un dernier tour d’honneur…

Fullbring, c’est du passé. En tout cas, c’est ce que le mangaka essaye de nous faire confiance avec un début d’arc plus nerveux et bien plus efficace que ce qu’il avait pu faire précédemment. Point d’enlèvement ici, c’est une véritable déclaration de guerre par les Quincy, menés d’une main de fer par Yhwach (un ennemi qui semble imprenable), qui va secouer Soul Society.

Jusqu’ici, les shinigami avaient toujours eu la possibilité de se préparer à la menace qui pesait sur eux. Les quincy vont les en empêcher et donc prendre le gotei 13 par surprise. Impuissants, la défaite n’en sera que plus violente, surtout quand on voit avec quelle facilité les membres de l’armée ennemie parviennent à mettre les capitaines et vice-capitaines au sol.

KUBO en remet une couche en montrant les arrancar, précédents antagonistes qui avaient déjà donné pas mal de fil à retordre aux shinigami, dans une position de faiblesse. La nouvelle reine du Hueco Mundo, Harribel, est capturée et de nombreux arrancar sont réduits en esclavage par les quincy avec une facilité déconcertante. On dirait qu’ils essayent à peine et pourtant, ils parviennent à conquérir.
En fait, cette première véritable apparition nous amène à nous questionner sur les conditions de la victoire des treize divisions dans la précédente guerre contre les quincy. Vu comment elles sont dépassées, on a du mal à imaginer comment elles ont pu gagner auparavant.

Complètement dépassée par cet ennemi venu du passé, Soul Society ne va pas pouvoir réagir et va payer son erreur très cher puisque, symboliquement, la mort de Yamamoto, capitaine de la première division et leader de toutes les autres, va venir expliciter l’échec des shinigami et de leur incapacité à se montrer consciencieux dans leur « élimination » des quincy.

Plus intéressant, l’auteur va aller jusqu’à pousser le lecteur à se poser des questions sur le bien-fondé de Soul Society. Avec le réveil des quincy, des dizaines de hollows seront tués par leurs flèches et ne seront donc pas purifiés par les zanpakutô, ce qui viendra causer un souci dans la balance des âmes. Pour équilibrer les choses, Mayuri n’hésitera pas à faire disparaître toute une partie de Rukongai (près de trente mille âmes) en urgence sans rien demander à personne.

Même si l’importance de l’équilibre a été expliqué auparavant (le sort des 3 mondes en dépend), ce meurtre en masse de sang-froid est difficile à avaler pour le lecteur qui avait toujours vu les shinigami comme étant les « gentils » qui faisaient tout pour sauver tout le monde.
Cette vision moins manichéenne des choses promet un arc un peu plus sombre mais surtout plus intéressant dans sa construction même si l’intrigue prendra une tournure totalement différente et sera loin d’être à la hauteur des attentes suscitées par ce départ canon…

Le Vandenreich, cette société hiérarchisée formée par l’armée des quincy, est un adversaire original qui ne fonctionne ni comme le Gotei 13, ni comme l’Espada.
La tête, c’est bien sûr Yhwach, grand manitou et monarque absolu (certains diront führer, il a déjà une moustache très particulière) qui n’acceptera pas le moindre échec. Il possède une garde rapprochée qui possède des pouvoirs complètement ridicules (tellement ils sont puissants).
Ensuite, il y les Sternritter, des guerriers qui ont reçu une lettre particulière, symbole qu’une partie du pouvoir de Yhwach se trouve en eux. Leurs pouvoirs sont variés et souvent originaux même si, parfois, on a l’impression que l’auteur a voulu les faire un peu trop forts qu’ils n’auraient dû l’être.
Pour finir, il y a les quincy mineurs, le menu fretin qui reste quand même assez puissant compte tenu de leur place dans l’organigramme de l’armée.

Chacun des quincy voue une confiance aveugle en Yhwach. Qu’il décide de les exécuter pour un oui ou pour un non, tous continuent à voir en lui un souverain suprême qui ne laisse jamais planer le doute. Comme dans tous les régimes totalitaires, il n’a aucune pitié et va imposer sa loi par la force. Sachant que chaque quincy possède un peu de son pouvoir, il peut le récupérer à tout moment en tuant la personne en question.

Il n’hésite jamais à le faire dès qu’il a besoin de récupérer sa force, c’est pour cette raison que de nombreux Sternritter finissent en bouillie lorsque le moment d’aller voir le Soul King arrive. Yhwach ne les prévient pas, ne leur demande rien, il balance juste son rayon et basta ! En récupérant ses fragments d’âme, il devient évidemment plus puissant mais peut aussi choisir de les redistribuer envers d’autres combattants qui en ont plus besoin, juste histoire de booster leur puissance.

Grâce à une discipline de fer et à des massacres méthodiques, les quincy vont véritablement massacrer les shinigami qui n’ont clairement pas les moyens de faire face aux attaques éclair (qui a dit blitzkrieg) que leurs ennemis affectionnent tout particulièrement et qui leur permettent de prendre l’ascendant sans trop subir de pertes.

Si on suit l’allégorie de KUBO, on obtient une vision assez défaitiste du monde dans laquelle la démocratie (ou du moins le peuple libre) est impuissant face au totalitarisme. Avoir un second degré de lecture dans Bleach n’est pas déplaisant, loin de là. On imagine que l’auteur a voulu parler un peu plus à ceux qui ont grandi avec sa série. Il a voulu leur donner quelques pistes de réflexion, en tout cas au début de l’arc, avant de retomber dans un style tout ce qu’il y a de plus shônen où les combats s’enchaînent sans que personne ne soit amené à réfléchir.

Si KUBO semble toujours limité au niveau du scénario qui reste quand même assez convenu, prévisible et parfois médiocre, il n’empêche qu’il a encore quelques éclairs de génie. On notera en particulier le chapitre 593, combat entre Mayuri et un Hitsugaya « zombifié » par Giselle (The Z) qui rendra fou plus d’un lecteur.
En effet, dans une tentative de ne pas endommager le corps de l’un des plus importants capitaines du Gotei 13, il va lui inoculer une drogue sans que personne ne s’en rende compte dont l’effet deviendra l’un des plus grands tours de force du manga. Il ne sert à rien d’en dire plus, il faut en faire l’expérience pour vraiment comprendre à quel point c’est réussi.

Impossible de ne pas mentionner non plus le combat des kenpachi qui oppose Zaraki et Unohana. Les deux combattants possèdent une force monstrueuse et la violence de l’affrontement vous fera frémir de plaisir. Grâce à une mise en scène et à un découpage toujours aussi cinématographiques, le dessinateur parvient à prendre le lecteur aux tripes et ce n’est pas ce petit frisson qui viendra vous picoter le dos lorsque le sabre de Zaraki l’appelle à la fin du combat qui viendra nous contredir.
Le seul petit truc ennuyeux, c’est qu’il est difficile de comprendre pourquoi Unohana n’a pas été utilisée plus tôt en combat alors qu’elle était aussi puissante… Elle aurait pu faire pas mal de dégâts chez les arrancar… Encore un de ces éléments de scénario que KUBO a décidé trop tard mais qu’il essaye de faire passer pour un « élément de base ».

Niveau design, il y a quelques références sympathiques avec Kyoraku qui ressemble à un vrai Nick Fury avec son cache-œil et lui donne une véritable présence et un capital charisme monstrueux.
Dans le même registre, le mangaka semble affirmer son amour à Osamu TEZUKA avec le bankai d’Urahara qui est un hommage au personnage de Black Jack, le médecin de l’ombre. Que ce soit dans le style de pouvoir ou même au niveau visuel, on retrouve parfaitement ce chara-design si particulier qu’il est impossible de ne pas reconnaître tellement il est emblématique ! Après tout, connaissant Urahara, le rôle lui va à ravir.

Avec les quincy, l’auteur peut aussi se permettre d’introduire des pouvoirs dans un format différent. Fini les limites du sabre et de la forme hollow, avec la libération de leurs pouvoirs, l’armée de Yhwach se trouve plus ou moins entre les deux avec une arme de poing (un arc modifié) et une forme différente grâce au  Vollständig.

Difficile de ne pas apprécier le petit clin d’œil au catch amené par Mask De Masculine (Lettre S – The Superstar) qui, lorsqu’il semble s’être fait battre, peut se relever comme si de rien n’était lorsqu’il entend l’appel de son petit supporter. En véritable « superstar du catch », il possède aussi des techniques en rapport avec ce sport spectacle si cher aux Américains.

On retrouve aussi Gremmy Thoumeaux alias The V (The Visionary) qui possède un pouvoir tellement cheaté qu’il n’aurait jamais dû se faire battre. Alors qu’il n’est qu’un cerveau, il peut matérialiser absolument tout ce qu’il imagine. En gros, la seule et unique façon de le terrasser est de lui faire admettre la défaite ou du moins, de faire en sorte qu’il la matérialise dans son esprit. Chez un personnage à forte tête comme Kenpachi (pour ne citer que lui), il aurait pu faire des ravages mais Gremmy a su tomber sur plus fort que lui…

Avec Giselle Gewell qui porte la lettre Z (The Zombie), le mangaka renouait même avec le côté un peu progressiste du début de la série puisqu’il faisait intervenir un cross-dresser. Androgyne comme pas possible, le personnage que tout le monde voit comme une jeune fille n’est autre qu’un garçon qui marque sa différence et fait en sorte de ne pas vendre la mèche à ses adversaires.

Cependant, au fur et à mesure que les tomes s’enchaînent, on se dit qu’il y a peu de chances pour que ça continue avec autant d’inventivité sans que ça coince quelque part et effectivement, il y a un moment où il n’y arrive plus.
À partir du moment où les derniers pouvoirs sont révélés, on se rend compte qu’il y a un vrai couac au niveau du dosage. Les lettres A et B par exemples (celles d’Ishida et d’Haschwalth) se voient accordées un pouvoir totalement démesuré. The Antithesis permet de décharger tous les dégâts que l’on se voit infligés sur l’adversaire et The Balance de bidouiller la chance d’autrui, histoire qu’il s’inflige des dégâts lui-même… Si ça, ce n’est pas du pouvoir complètement déséquilibré…

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A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

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