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[Dossier] Bleach – Arc Fullbring

Dans sa première partie, Bleach était une série qui savait nous surprendre et qui développait un univers original et intéressant. Dans la seconde, Tite KUBO mettait à profit tout ce qu’il avait mis en place précédemment pour offrir aux lecteurs une pléthore de combats épiques. Dans cette troisième partie des aventures d’Ichigo, il va ruiner tous les efforts qu’il avait pu faire sur les 49 précédents. Welcome to [the] Xcution…

Dernier arc à avoir été adapté en anime (et ce n’est pas difficile de comprendre pourquoi la série a perdu en popularité une fois qu’on l’a vu ou lu), l’arc Fullbring est probablement le moins bien écrit de toute la série. Alors que le mangaka aurait pu clôturer son titre sur une note positive après le combat contre Aizen, il a préféré se lancer dans une nouvelle histoire qui n’a pas vraiment inspiré les lecteurs comme en témoigne sa durée (6 petits tomes, c’est l’arc le plus court de la série).
Qu’est-ce qui a bien pu passer par la tête de l’auteur ? Qu’est-ce qui fait la médiocrité de ce passage ? C’est ce qu’on va essayer de comprendre dans ce qui suit !

Après les shinigami et leurs sabres, les quincy et leurs arcs utilisant l’énergie spirituelle, les arrancar et leurs masques et autres attributs monstrueux, KUBO s’attaque à une autre forme de pouvoir, celui des objets. Les fullbringers (les utilisateurs de fullbring) vont ainsi pouvoir utiliser l’âme des choses qui les entourent comme vecteurs de leur pouvoir.

Concrètement, ce pouvoir né d’une rencontre traumatique avec un hollow (les fullbringers ont tous eu un incident de la sorte dans leur passé) se traduit par la transformation en arme d’un objet emblématique de la personne en question. Ça vous rappelle quelque chose ? Ce n’est pas la première fois que l’on voit puisqu’Inoue, la camarade de classe d’Ichigo rentre parfaitement dans cette catégorie.
Cette dernière a eu affaire à son frère transformé en hollow au début de la série et c’est via un des cadeaux qu’il lui avait fait lorsqu’il était encore vivant qu’elle canalise son pouvoir. Ses barrettes qui ne la quittent jamais sont à l’origine de sa force.

Si l’idée est bonne, l’exécution l’est beaucoup moins. Alors qu’il y avait déjà un sentiment de « rediffusion » lors de la mission de sauvetage d’Inoue prisonnière d’Aizen au Hueco Mundo, on retrouve cette impression encore plus présente dans l’arc Fullbring.
En utilisant le shock factor (révélation surprise qui change tout), KUBO ne surprend plus son lecteur. Déjà, c’est beaucoup moins bien amené que dans l’arc Soul Society ou Aizen sortait vraiment de nulle part alors qu’ici, le lecteur voit venir Ginjô à 300 kilomètres ! C’est tellement peu original que l’on a presque mal au cœur en voyant la série sombrer dans une telle médiocrité.

Même chose au niveau des nouveaux personnages puisqu’on a quand même une tripotée de nouvelles têtes qui… n’inspirent absolument rien au lecteur. En fait, malgré des flashbacks insérés pendant les combats et autres tentatives de développement, il est très difficile de s’attacher aux fullbringers qui n’ont vraiment pas grand-chose d’intéressant…
C’est tellement moyen qu’on se demande ce qui a bien pu passer par la tête du mangaka. Jamais il n’avait tant baclé de nouvelles apparitions… Ginjô et Tsukishima passent pour des Aizen et Gin du pauvre avec des ambitions bien plus limitées et une vision totalement bloquée par une volonté de se venger ridicule. Les autres fullbringers sont tellement anecdotiques qu’ils se font balayer en quelques cases par les capitaines venus « résoudre la situation ».

Faire en sorte qu’Ichigo retrouve ses pouvoirs aurait pourtant pu faire un arc particulièrement sympathique avec un peu moins de combat, plus de développement de l’univers et des personnages secondaires mais non, tout est foutu en l’air assez rapidement pour revenir… à des affrontements sommaires !

Pire encore, l’objectif de base du jeune shinigami est résolu par un deus ex machina qui rend tout l’arc complètement absurde !
En effet, il finit par retrouver ses pouvoirs grâce à un effort combinés de capitaines et vice-capitaines du Gotei 13 qui avait été mis en branle par Urahara avant même qu’Ichigo ne cherche à faire quoi que ce soit. En fait, le mangaka nous fait comprendre que fullbringers ou pas, le résultat aurait été le même… Ridicule.

Après, ce n’est pas faute de ne pas avoir essayé puisque KUBO a quand même intégré un petit passage sympathique qui fait très « film d’horreur » lorsqu’Ichigo se rend dans la maison où Tsukishima a rassemblé tous ses amis auxquels il a lavé le cerveau. Malheureusement, ça ne dure pas et les choses reviennent très vite à des choses classiques qui, encore une fois, ne sont pas forcément bien exécutées…

Quand on y réfléchit, le plan de Ginjô semble calqué sur le plan de Light dans Death Note. Lorsque ce dernier cherche à dissiper tous les soupçons de L, il fait en sorte que sa mémoire soit effacée et qu’il soit impossible qu’on le considère comme un ennemi avant de retrouver la mémoire d’un coup après un événement particulier.
Avec le pouvoir de Tsukishima, Ginjô peut réaliser la même prouesse et va même jusqu’à croire dur comme fer que ce dernier était son ennemi avant que le Book of the End lui permette de retrouver la mémoire et qu’il trahisse Ichigo sans crier gare.

Est-ce qu’on peut vraiment parler d’hommage ? Pas sûr… Il y a tellement de similitudes qu’il est très difficile de trouver une excuse à KUBO. Il n’a même pas pris la peine de donner une vraie raison de combattre aux fullbringers, c’est dire s’il a voulu pousser les choses au maximum…
Si Ginjô veut se venger des treize divisions et en particulier d’Ukitake, c’est parce que lorsque son badge de shinigami lui a été donné, il a découvert que celui-ci était en fait un traceur qui permettait à Soul Society d’espionner ses moindres faits et gestes lorsqu’il combattait les hollows. C’est tout, rien de plus…

On peut comprendre que la tromperie lui soit restée en travers de la gorge (même si elle n’était que très limitée) mais pourquoi ne pas être allé en discuter ? La réaction est véritablement extrême puisqu’il a fomenté un plan sur plusieurs années pendant lequel il a recruté et formé de nouveaux utilisateurs de fullbring dans le seul but d’attirer un jour un shinigami qui possèderait aussi leur pouvoir… Il fallait vraiment avoir envie…

Il n’y a pas de raison de plus s’étendre sur l’arc Fullbring qui est particulièrement ennuyeux à lire et ce, même quand on le fait d’une traite. Il montre tout simplement que l’auteur est en manque d’idées efficaces pour faire vivre sa série et qu’il est temps qu’il y mette un terme, ce qu’il fera avec l’arc suivant (qui durera quand même une vingtaine de tomes).
Il est à la fois triste et difficile de voir une série qui avait fait les beaux jours de la Shueisha et de Glénat tomber aussi bas mais au moins, on peut se dire que le titre ne peut pas tomber plus bas par la suite et ce, même avec un KUBO en roue libre.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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