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LES BLACK-NECDOTES #7 : Traduire Frau Faust 3

Bonjour à tous ! Nous sommes le B•L•A•C•K Studio, composé d’Anaïs et de Claire qui sont traductrices d’anglais et de japonais, et de Catherine et Martin qui sont lettreurs de BD et de mangas. Nous travaillons pour plusieurs éditeurs, et depuis 2015, nous diffusons des anecdotes de traduction et de lettrage sur notre compte twitter (@blackstudioFR). À présent, nous diffuserons une anecdote par mois, traduction ou lettrage, sur Manga Mag !

À l’occasion du mois d’avril, Martin partageait avec vous son travail sur les couvertures de Saltiness, mais Anaïs reprend la parole pour tout vous dire sur un sujet brûlant et tabou (pas trop en fait) : les bonus dans les mangas, en particulier dans Frau Faust, de Kore YAMAZAKI, édité aux éditions Pika.

FRAU FAUST © Kore YAMAZAKI, PIKA Éditions/Kôdansha

Érudite, mystérieuse et dotée d’étranges pouvoirs, la jeune femme que Marion rencontre par hasard en ville semble traverser les âges et renfermer bien des secrets. Mais lorsqu’elle demande à notre héros de l’aider à pénétrer dans une église en pleine nuit pour retrouver son « chien », il ne fait plus aucun doute que Johanna s’est affranchie des règles sacrées de l’Inquisition et que l’étrange aura qui l’enveloppe revêt des allures profanes. Quel est son lien avec le docteur Faust dont parlent les légendes ? Où se trouve la frontière morale entre le bien et le mal ? Toutes les certitudes du jeune Marion s’apprêtent à être bouleversées.

Venons-en aux faits : la traduction des bonus et autres mots de l’auteur. Vous savez bien, ces suppléments qui apparaissent à la fin de presque tous les tomes de mangas. Ceux-ci peuvent prendre toutes les formes et il n’est pas rare qu’ils constituent un ultime casse-tête de traduction pour le traducteur. Si quelques mangaka se contentent de donner de rapides nouvelles de leur état et quelques anecdotes de leur quotidien, d’autres n’hésitent pas à proposer quelques yonkoma (ces sketchs en quatre cases à l’humour et aux jeux de mots tout japonais qui font pâlir les traducteurs) ou encore un journal de bord détaillé rédigé en pattes de mouches qu’il faudra décrypter tant bien que mal.

(Bonus de Countrouble vol. 2, de Nao AKINARI, et LDK vol. 20, de Ayu WATANABE, tous les deux édités aux éditions Pika -par Kôdansha au Japon-)

Frau Faust ne fait pas exception et son « mot de la fin » est à l’image de son auteur : un puits de savoir dense et documenté. Ces quelques pages représentent souvent de longues recherches pour Anaïs. Ce fut particulièrement le cas dans le tome 3 qui se penche sur la démonologie et l’Ancien Testament.
Ici, l’enjeu pour Anaïs est de retranscrire les informations correctement, de retrouver les transcriptions des noms des démons, des peuples bibliques ou des lieux ainsi que de s’assurer que chaque élément est historiquement ou théologiquement exact et le comprendre parfaitement.

Cela a impliqué de retrouver les textes d’origine et les notions historiques dont l’auteure fait mention mais aussi de parcourir les versets de l’Ancien Testament. L’auteur s’amuse notamment à synthétiser des passages précis en alternant des reprises exactes du texte biblique et des raccourcis modernisés au sein d’une même phrase. Pour pouvoir obtenir le même effet, il faut parcourir l’Ancien Testament en japonais afin d’identifier précisément les passages formels et ceux qui sont résumés par Kore YAMAZAKI afin de reproduire le même effet en français.

Cela pose aussi la question de la transcription française des versets à choisir. En effet, il n’existe pas une traduction française de la Bible, mais une multitude, avec des différences notables et des influences différentes (protestantisme, catholicisme, etc.).
Anaïs s’est donc attachée à utiliser celles qui proposaient les formulations les plus compréhensibles hors contexte, les plus proches de la version japonaise proposée par Kore YAMAZAKI, tout en restant libres de droits. Là où la mangaka cite l’œuvre d’où est tiré son passage, Anaïs en profite pour citer la traduction d’où elle a tiré le sien.

En VO, ce passage était cité de la Bible traduite en japonais « Shin Kyōdō Yaku Seisho« , la traduction la plus récente de l’ouvrage.

Heureusement, ces bonus sont également l’occasion pour le traducteur de mieux comprendre les influences, les choix et les références de l’auteur au sein du manga même. Ils ont notamment permis à Anaïs de choisir au mieux la transcription de certains noms, comme celui d’As (plutôt qu’Ash, Ass, Assu, etc.), le démon à tête de bouc, qui s’avère en fait inspiré du démon Asmodée.

Un véritable casse-tête dont l’auteure est tout à fait consciente !

On espère que vous profitez bien des bonus que les mangaka vous proposent, et que les traducteurs, lettreurs et éditeurs essaient de vous restituer le plus fidèlement possible. Nous, pour nos articles, on se contente d’un jeu de mots plutôt foireux en guise de bonus de fin et on a hâte de voir un jour un traducteur se tirer les cheveux pour les rendre compréhensibles ! Bizarrement, jusque là, personne ne s’est proposé mais on ne perd pas espoir ! … Non, non… …non… erf…

Retrouvez toutes nos anecdotes de traduction et de lettrage sur notre compte twitter (@blackstudioFR) et page Facebook (@blackstudioFR) ! See you next month!




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