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ADN
©ONE, Yusuke Murata/SHUEISHA, Hero Association HQ

ADN : où en est le diffuseur de Kazé et de Kana ?

Lancé en octobre 2013 par l’alliance entre Kazé (Viz Media Europe) et Kana Home Video, ADN (Anime Digital Network) est devenu un acteur incontournable du marché français du simulcast et de la VOD japanime.
Portée par de nombreux changements récents et à venir, la plateforme de streaming cherche à devenir le diffuseur d’animation japonaise de référence de l’hexagone. Remise en situation et explications des évolutions à venir avec le responsable d’ADN chez Viz Media.

Anime Digital Network (ADN)

Jusqu’alors…

A l’heure actuelle, ADN c’est 215 séries, 4356 épisodes, 195 OAVs, 53 films, 700.000 visiteurs uniques par mois, environ 300.000 inscrits, 8.000 abonnés (avec un objectif d’atteindre les 10.000 en fin d’année) et une volonté d’occuper la place de premier acteur du marché.
Il faut se rappeler qu’au moment de leur disparition, les services précédents des deux éditeurs (KZPlay et Genzai) ne comptaient pas plus de 1.000-1.500 abonnés chacun.
Si Anime Digital Network revendique ces chiffres, Wakanim signifie avoir 350.000 inscrits dont 120.000 depuis leur V2, différence qui peut s’expliquer par la grande différence dans la politique des deux diffuseurs jusqu’à il y a peu (au début d’ADN il n’y avait que des offres payantes d’abonnement), et l’antériorité de la plateforme nordiste.

lancement adn

Depuis le début du second semestre 2015, le diffuseur s’est largement ouvert à la gratuité temporaire : durant 14 jours les séries concernées sont librement consultables. Cette formule alliée à l’arrivée de la licence One Punch Man a considérablement augmenté la portée de son offre.

J-OneJusqu’alors ADN ne proposait que des formules payantes pour accéder aux animés de son catalogue, et pour dix d’entre eux, chaque saison, il y avait un délais de mise à disposition de deux semaines pour laisser une exclusivité temporaire à la chaîne J-One, partenaire historique du service sans qui la plateforme n’aurait peut-être pas vu le jour de l’aveu même des gestionnaires du site.
D’ailleurs le contrat qui lie les deux entités n’est, en réalité, qu’un partenariat au long court entre Viacom (éditeur de J-One) et Kana, les animés Kazé concernés étant peu nombreux et gérés au coup par coup.
Ce contrat est toujours valable, mais ADN à augmenté le nombre de licences acquises et Kazé refuse désormais la notion d’exclusivité télévisuelle. J-One va donc bien diffuser le blockbuster One Punch Man, mais sous une forme différente (par lots d’épisodes, donc bien après la mise à disposition sur le web).

J-One One Piece

De toute façon, comme le dit  le dit Julien LEMOINE, le responsable ADN de Viz Media,  il fallait « aller dans le sens du marché qui est la gratuité. Les gens se sont habitués à une certaine forme de consommation ». Il souligne d’ailleurs que « le gratuit attire le payant », ainsi ADN connait une croissance importante de ses abonnements payants depuis que la plateforme propose son offre gratuite !

S’il concède que les offres ont « pris du temps à accompagner la transition numérique », Julien, très en phase avec la situation actuelle de la japanime en France, travaille ardemment à adapter le service aux modes de consommation d’aujourd’hui et il a bon espoir de normaliser la situation à moyen terme avec des offres agressives et innovantes.

Le diffuseur compte, d’ailleurs, élargir son audience en nouant des partenariats avec différentes opérateurs du web francophone. Premier concerné : un important site high-tech qui devrait créer un “hub manga” et proposer l’offre ADN dans un site en “marque grise”.
D’autres sont à venir et devraient permettre de toucher un nouveau public, car l’objectif de la plateforme est de « démocratiser l’animation japonaise, en allant plus loin que sa sphère habituelle » dixit Julien LEMOINE.
Ainsi on devrait retrouver la richesse du service ADN  incorporés dans sites et des portails majeurs, ce qui touchera un public qui ne vient pas forcément sur les sites spécialisés.

© ONE・村田雄介/集英社・ヒーロー協会本部
© ONE・村田雄介/集英社・ヒーロー協会本部

Si l’audience moyenne des épisodes sur Anime Digital Network s’établit à environ 20-25.000 visionnages, l’arrivée de One Punch Man a chamboulé les statistiques et mis l’architecture à rude épreuve avec plus de 100.000 visionnages pour chaque épisode (et 600.000 pour le seul épisode 1 disponible légalement sur YouTube).
Julien pense même que le potentiel réel de la série est freiné par l’obligation d’inscription pour visionner, car il l’établit à environ 200.000 par épisode.
La bataille pour obtenir les droits de l’adaptation animée du manga de ONE et Yûsuke MURATA a, comme on pouvait s’y attendre, été particulièrement âpre, peut-être la plus dure depuis les débuts du service, les différents acteurs du secteur voulant tous obtenir cet animé très attendu qui valide, en terme d’intérêt du public, les espoirs placés en lui.
Les aventures de Saitama et Genos ont, ainsi, pulvérisés les scores de God Eater qui trustait les audiences d’ADN jusqu’alors, pourtant soutenu par un partenariat d’importance avec le site Jeuxvideo.com.

Depuis le lancement de l’offre “14 jours de diffusion gratuits”, l’audience des épisodes se compose à environ 90% de spectateurs gratuits, et 10% de payants, alors que le chiffre d’affaire généré représente le quasi exact contraire, selon ADN.
Ces chiffres démontrent que la diffusion gratuite ne peut être qu’un produit d’appel, pas suffisant pour faire durer un tel service qui ne peut subsister qu’au travers des abonnements.

Shimoseka en simulcast sur ADN L'animé God Eater annoncé chez ADN

Dans l’avenir…

2016 sera une année chargée pour Anime Digital Network, qui espère devenir leader du marché du simulcast d’ici la fin de l’exercice, et ce malgré l’absence de transparence quant aux résultats de ses concurrents directs (Wakanim et Crunchyroll) qui ne communiquent que des chiffres parcellaires.

Dans un avenir plus ou moins proche, Julien imagine un rapprochement qui estime presque obligatoire des plateformes existantes, du moins il l’appelle de ses vœux. Car il pense que les utilisateurs attentent une plateforme unique, seule à même de combattre efficacement le piratage.

Si jusqu’alors le budget marketing n’était pas très lourd, celui de 2016 devrait être plus important, Viz Media ayant fait d’ADN une priorité.

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La nouvelle politique impulsée par Julien LEMOINE, aux commandes du diffuseur depuis juin 2015, et illustrée par les “14 jours de diffusion gratuits” va s’intensifier l’an prochain avec, notamment, des événements marquants comme celui, prévu en avril 2016, où 200 à 300 abonnés pourront se retrouver pour des projections exclusives, une distribution de goodies, l’annonce des nouvelles licences et la présence probable d’artistes japonais.

Le politique cross-médias devrait s’intensifier, Kazé et Kana ayant la particularité d’être, l’un comme l’autre, éditeurs vidéo et manga, la logique d’exploitation des licences papier et vidéo fait totalement sens.

Il est, aussi, envisagé la production d’applications sur différents supports populaires comme la Playstation 4 ou la Wii U, mais ADN se heurte à la difficulté d’y être accepté. Malgré tout, en décembre une application pour Android TV sera lancée et, dans la foulée, sur Chromecast.

Point d’achoppement régulier, les offres actuelles devraient confortablement évoluer avec de nouvelles, originales et innovantes, qui pourraient faire leur apparition au cours du premier semestre 2016.

mascotte adnSi la concurrence d’acteurs puissants et internationaux comme Netflix ou Crunchyroll complique la tache d’un acteur cantonné au marché francophone, Anime Digital Network n’a pas dit son dernier mot et compte rattraper son retard en étant plus en phase avec le marché et en proposant des offres et des services originaux.

2016 devrait, donc, être une année charnière pour le diffuseur de Kazé et de Kana !

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A propos de Kubo

Kubo
Enfant de la « génération Club Dorothée », c'est un gros lecteur de mangas shônen, particulièrement ceux issus du Weekly Shônen Jump et des publications Shueisha en général, mais l’âge aidant ses lectures s’orientent de plus en plus vers les seinen.

6 commentaires

  1. C’est vrai que pas mal de choses ont changé en un an sur ADN et que l’offre s’est diversifiée avec des titres nombreux et assez diversifiés. Etant abonné depuis fort longtemps j’ai pas d’avis notable sur les nouvelles offres gratuites et je suis content de voir que les délais de diffusion sont de moins en moins présents. Le seul point noir à mon sens c’est la très faible durée de disponibilité de pas mal de titres diffusés (un an et puis byebye).

    • Pendant que j’y pense dans les différences à mes yeux qui expliquent les chiffres entre ADN et Wakanim si je me base sur mon entourage il y a eu l’importante chasse du second contre les offres illégales par rapport à ses concurrents. Combien de fois j’ai entendu : « ah bah ce titre je regarde chez Wakanim, j’ai pas trouvé ailleurs facilement » (en français sous-entendu).

      • Kubo

        C’est vrai, mais j’ai l’impression que la chasse de Wakanim s’est confortablement réduite ces derniers mois.

        • On trouve en effet plus facilement leur titres sur divers sites. Mais ils ont su capitaliser sur quelques gros titres pour attirer du monde, une fois les gens sur place une partie sont restés avec le modèle économique avantageux (pour un visionnage régulier).
          D’ailleurs c’est un peu comme ça que je vois l’offre OPM d’ADN, c’est très accessible sur le gros titre du moment pour gagner en visibilité.

  2. J’avoue qu’une plateforme unique pourrait être assez sexy…
    Mais j’ai un gros doute quand à la faisabilité du truc, en particulier à cause des groupes qui sont derrière.

    D’ailleurs concernant la partie sur la difficulté de se faire accepter sur des plateformes comme la PS4, je serais curieux de savoir quelle incidence peut avoir le fait qu’Aniplex (donc Sony) ait investi dans Wakanim, sur la validation d’une appli d’un concurrent 😮

  3. Une application Android TV et chromecast en décembre, j en revais ! J espère que l application donnera accès à la HD, contrairement à celle sur smartphone

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