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Plus jeune que moi T.1

Plus jeune que moi – Tome 1

Plus jeune que moi – Tome 1 Éditeur : Éditions Akata
Titre original : Toshishita no Otokonoko
Dessin : Chihiro HIRO
Scénario : Chihiro Hiro
Traduction : Bruno PHAM
Prix : 6.95 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 25/05/2017

Mihoro est lycéenne, mais elle est aussi et surtout la soeur aînée d’une grande fratrie ! Aussi, pour aider sa mère, il n’est pas rare qu’elle s’occupe de ses quatre petits frères. Attentionnée à l’égard des autres, elle est sans aucun doute une fille sur qui on peut compter. Aussi, un matin, alors qu’elle se rend au lycée, elle vient en aide à un jeune garçon, dont le vélo vient de dérailler. Très vite, ces deux-là se rapprochent. Mais tandis que Mihoro le considère un peu comme son nouveau « petit frère », lui, a des vues sur la jeune fille…

C’est avec Plus jeune que moi qu’Akata lance son nouveau label “Shôjo Feel Good”. Leur objectif est de proposer des lectures plus rafraichissantes et distrayantes que leurs titres habituels, davantage engagés, comme Perfect World par exemple. Attendez-vous donc à retrouver les petites romances habituelles entre lycéens, mais sélectionnées par le prisme d’un éditeur qui a su jusqu’à maintenant proposer des mangas très différents de ceux de ses concurrents.

En plus d’être la première représentante de ce nouveau label, Plus jeune que moi est également la première série de la jeune mangaka Chihiro HIRO.
Prédestiné à n’être qu’un one-shot, le titre a gagné un concours de popularité et a eu la chance de pouvoir se transformer en série dans le magazine Margaret de Shûeisha.

Pour un premier manga, l’auteure s’est fort bien débrouillée, même si différents points pourraient être améliorés. Il va sans dire que pour fournir un avis complet sur cette série, il faudra attendre le mois de juillet, puis de septembre pour découvrir la suite et le fin mot de l’histoire.

Plus jeune que moi débute par une scène introduisant son personnage principal, Mihoro. Celle-ci, ainée d’une famille de cinq enfants, joue son rôle de grande soeur auprès de ses petits frères, les aidant à se préparer pour l’école. Lorsqu’à son tour, elle enfourche son vélo pour se rendre au lycée, elle croise un garçon dans le besoin.
La bicyclette de ce dernier a déraillé et n’est plus en état d’être conduite. Lorsqu’ils comprennent qu’ils vont au même lycée, ni une ni deux, l’adolescent s’installe sur la selle, Mihoro sur le porte-bagage. C’est ainsi qu’ils font connaissance et que notre héroïne découvre que Miyao est plus jeune qu’elle d’un an.
Par la suite, ce dernier, qui semble s’être entiché de sa senpai, décide de manger tous les jours sur l’heure du midi avec elle et ses amies. Avec un caractère aussi mignon, Mihoro le trouve adorable et attendrissant, un peu à l’image de ses petits frères…

Mihoro, l’héroïne de notre histoire, possède toutes les caractéristiques d’un personnage principal attachant. En tant que grande sœur dévouée, elle se montre avec sa famille, mais également avec ses amis, très avenante. Elle les aide et fait tout pour leur faire plaisir dès qu’une opportunité se présente. En acceptant toutes leurs demandes et faveurs, elle apparait même un peu trop laxiste.

Loin de profiter d’elle, tout le monde l’adore et se montre toujours prêt à la soutenir et la protéger. Outre ces traits de caractère, la personnalité de Mihoro est encore enrichie par un petit côté tête en l’air et une certaine naïveté, que l’on observe dans sa relation avec Miyao.

Le style graphique que lui a donné Chihiro HIRO – une adolescente modèle avec ses longs cheveux bien soignés et son uniforme respectueux des règles – soutient évidemment toute sa personnalité. La maturité de Mihoro ressort par exemple via ses expressions faciales, et ses gaucheries passagères via quelques mimiques. Les lectrices de Plus jeune que moi pourront sans nul doute s’identifier facilement à ce personnage singulier.

Miyao, pour sa part, incarne toutes les qualités du garçon touchant. S’il a tout du physique caractéristique du beau gosse type tel qu’on peut les voir dans de nombreux shôjo – c’est-à-dire grand, à la forme longiligne, aux cheveux mi-longs, … -, il n’est absolument pas idolâtré par ses camarades de l’autre sexe et n’expose aucunement un caractère égocentrique, voire arrogant.
Il s’agit d’un garçon on ne peut plus ordinaire dont la sociabilité, les rires et un côté enfantin, font de lui un petit frère idéal. Heureusement, il cache en lui un sérieux et un charme masculin qu’il réserve tout particulièrement à sa senpai. On ne peut que craquer pour lui !

Avec un tel scénario et de tels personnages, Plus jeune que moi s’inscrit parfaitement dans la vague rafraichissante qu’Akata cherche à installer.
Avec les mangas shôjo, nous sommes habitués à plusieurs modèles scénaristiques tels que la romance entre meilleurs amis ou encore celle avec le beau gosse du lycée ou un professeur. Chihiro HIRO propose à ses lecteurs de sortir un peu des sentiers battus avec une romance entre une fille et un garçon plus jeune.

Elle développe leur relation tranquillement en faisant évoluer leur amour de la simple amitié, à l’amour platonique pour arriver à sa version plus « traditionnelle ». Si évidemment il y a quelques rebondissements, tout se déroule en douceur et sans réelles prises de tête. Pour un premier manga, on peut le considérer comme une réussite : une histoire sympathique, des personnages attachants, de beaux graphismes…

À cela, s’ajoute encore la présence entre les chapitres de divers petits témoignages de l’auteure, qui nous permettent de faire plus ample connaissance avec elle et de comprendre le stress mais également toute l’excitation d’écrire un manga. Malgré tout cela, il faut tout de même souligner que Plus jeune que moi reste un manga très classique et qu’il n’apporte aucune réelle originalité à son genre, ce qui ne le rend pas moins agréable à lire.

Le style graphique de Chihiro HIRO se révèle aussi doux que l’histoire qu’elle propose. Si l’on trouve quelques rapprochements avec le trait de Yuu WATASE (Fushigi Yugi, Arata) ou encore de Natsuki TAKAYA (Fruits Basket, Liselotte et la forêt des sorcières), la mangaka de Plus jeune que moi a su développer un graphisme bien à elle, sans trop emprunter à celui de ses ainées.

Sa façon de dessiner les yeux et l’expressivité qu’elle arrive à leur transmettre est son principal talent. À l’image des shôjo récents, elle use beaucoup de la technique de la superposition de plans, permettant ainsi de mettre certains détails en exergue dans les jeux de regards, les changements de points de vue, les prises de paroles ou encore les révélations des pensées.

Si la mangaka utilise diverses trames pour donner de la profondeur ou du relief à certaines textures, elle n’en utilise pas à outrance, laissant beaucoup d’espaces blancs et offrant ainsi un brin de fraicheur à ses pages. Malgré tout, des arrière-plans un peu plus détaillés auraient également pu soutenir le récit et donner un peu plus de caractère à certaines scènes. Enfin, ceci étant plutôt ordinaire dans le shôjo, on ne lui en tiendra pas rigueur.
Le lecteur n’est pas assailli par un surplus d’informations au moment de la lecture, offrant tout le temps nécessaire à l’appréciation des dessins et aux ressentis des diverses émotions véhiculées.

Evoquons à présent l’édition française de Plus jeune que moi. La jaquette, réalisée en papier glacé, arbore sur sa face un autocollant annonçant le label auquel le manga appartient. Pour ceux et celles n’appréciant pas trop ce rajout, sachez qu’il est facilement détachable et ne laisse (normalement) aucune trace. La couverture française est assez semblable à son homologue japonaise à quelques détails près, mais bien réfléchie – surtout au niveau de la disposition du titre.

Au dos, on trouve un résumé du manga ainsi que quelques mots-clés le décrivant. Il s’agit d’un réel plus que d’autres éditeurs laissent parfois à désirer car il permet au lecteur de mieux orienter ses lectures et faire son choix parmi le nombre important de publications. Si le papier est plutôt fin – un choix assez classique pour des shôjo -, aucune tache ou bavure d’encre n’est à signaler. Akata nous offre une édition très propre comme à son habitude.

À la traduction de Plus jeune que moi, on retrouve Bruno PHAM, responsable éditorial chez Akata et traducteur de Ugly Princess ou encore Le mari de mon frère. Ses traductions sont très précises, correctes et il sait faire passer les émotions principales des divers protagonistes.
Malgré tout, certaines phrases ne semblent pas tout à fait naturelles et provoquent quelques gènes. Serait-ce dû à une traduction plus littérale que littéraire ?

Retrouver le terme « senpai », directement en japonais dans le texte, est également quelque peu surprenant. Ce terme, comme son pendant « kohai », est bien connu des amateurs de mangas/anime, mais est rarement – voire jamais – utilisé dans les versions traduites francophones puisqu’il n’existe pas dans notre vocabulaire.
L’y incorporer est un choix éditorial intéressant. L’éditeur se met plus en phase avec ses lecteurs et la version originale. Par contre, si l’on accepte de ne pas tout franciser dans les bulles, il faudrait également revoir le traitement des onomatopées. On distingue donc ici une petite contradiction dans la ligne éditoriale d’Akata, qui devrait spécifier davantage son choix de traduction totale ou non de ses titres.

Tout ce qui est petit est mignon !

Graphisme - 63%
Histoire - 59%
Mise en scène - 65%
Originalité - 53%
Edition - 62%
Dans son genre - 50%

59%

Cute

Première série du nouveau label « Feel Good » des éditions Akata, Plus jeune que moi répond parfaitement aux attentes de l’éditeur de proposer des titres shôjo plus classiques. Son histoire, loin d’entrer dans les stéréotypes du genre, propose une romance entre un garçon et une fille d’un an son ainé. Le récit, très attendrissant, est soutenu par un style graphique très épuré, mais bien expressif, laissant toute la place à un large panel d’émotions. Si le manga ne propose aucune originalité particulière, ce shôjo, première série officielle de la mangaka Chihiro HIRO, se révèle être une réussite en tout point et une agréable lecture, plus douce que les autres titres auxquels Akata nous a habitués.




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