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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

Yûna de la Pension Yuragi 1

Yûna de la pension Yuragi – Tome 1

Yûna de la pension Yuragi – Tome 1 Éditeur : Pika Édition
Titre original : Yuragi-sou no Yuuna-san
Dessin : Tadahiro MIURA
Scénario : Tadahiro MIURA
Traduction : Anne-Sophie THEVENON
Prix : 6.95 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 07/02/2018

Depuis tout petit, Kogarashi a toujours été la proie des esprits malins qui lui ont rendu la vie impossible. Pour se protéger, il a appris à les exorciser… à coups de poing ! À la recherche d’un logement bon marché, ce jeune medium sans le sou déniche enfin un bon plan : s’il débarrasse la luxueuse pension Yuragi du fantôme qui la hante, il y sera logé à vie gratuitement ! Seul ombre au tableau : Yûna, le fantôme en question, est une jeune fille, gentille et trop mignonne pour être exorcisée à coups de poing ! Il décide alors de l’aider à rejoindre le paradis en dissipant ses regrets. Entre les résidentes de la pension, ninjas ou créatures surnaturelles, et le jeune lycéen, les situations compromettantes s’enchaînent !

Un titre de la Shûeisha chez Pika ?! Alors qu’il a su se faire adopter dans les pages du Shônen Jump, Yûna de la pension Yuragi (dessiné par Tadahiro MIURA) débarque en France et fait renaître un feeling chez le lecteur que l’on n’avait plus eu depuis un certain Love Hina… aussi chez Pika mais c’était en 2002 !

Dans un premier temps, on ne peut que remarquer le trait superbe du mangaka qui met les rondeurs à l’honneur et on comprend très vite pourquoi. L’heure pour le harem manga de retrouver ses lettres de noblesse est peut-être arrivée avec ce nouveau titre estampillé Jump (qui aura d’ailleurs son adaptation animée dès cet été).

Dans Yûna de la pension Yuragi, on retrouve un jeune garçon qui va loger dans une pension dans un endroit un peu reculée qui possède une source chaude et dont les résidents sont, bien sûres, uniquement des résidentes. Ça vous rappelle quelque chose ? Le pitch de base est identique à celui de Love Hina mais là où Tadahiro MIURA va mettre un peu d’originalité, c’est dans la nature de celles qui vont peupler le quotidien de Kogarashi.

Ce dernier possède des dons surnaturels et vit au jour le jour en exorcisant les esprits malins sur son passage. Malheureusement, à cause de ses capacités, il a du mal à trouver un logement. Coup de chance pour lui, il tombe sur la pension Yuragi, un endroit qui lui propose une chambre à un prix dérisoire et dont le proprio lui proposent même la gratuité à vie s’il parvient à se débarrasser du fantôme qui hante une certaine chambre.

Il en faut moins au jeune garçon pour se lancer dans l’aventure mais manque de pot pour lui, l’esprit de sa nouvelle demeure s’avère être… celui d’une jeune fille ! En bon ado, il va se trouver incapable de faire quoi que ce soit et se mettre dans des situations plus que discutables à chaque rencontre avec la petite.
Pour ne pas arranger la situation, le reste des pensionnaires de Yuragi possède une origine assez particulière. L’une est une déesse chatte, il y en a une autre qui contrôle la chance, on a une démone proche de la succube et la dernière possède des pouvoirs ninjas capables d’exorciser les démons… Bref, il n’y en a pas une qu’il pourrait qualifier de « normale ».

Quiproquos, situations compromettantes et discussions salaces… Il y a tout ce qu’il faut dans Yûna de la pension Yuragi pour faire une super comédie romantique surnaturelle avec de l’ecchi pour aguicher le chaland. Le dosage est vraiment bon et c’est pour cette raison que la lecture passe si bien. Ça se lit vite et on redemande une fois arrivé à la fin, que demander de plus ?
Le titre balance des scènes affriolantes en veux-tu en voilà mais le fait intelligemment dans le flot de l’action. Le lecteur qui se lance dans le titre de MIURA sait ce qu’il recherche et l’auteur le lui donne sans faire de détours et sans chercher à le justifier de manière maladroite comme on peut le voir dans certains autres harem mangas.

Si le coté ecchi est assumé, il se ressent bien dans le trait de l’auteur. Comme dit un peu plus haut, l’auteur possède un trait rond particulièrement efficace, surtout dans les scènes qui laissent apparaître la plastique des héroïnes. C’est beau, c’est bien dessiné et l’auteur ne se prend pas trop la tête sur les décors (qui restent jolis mais très standards et souvent assez vides) pour bien se focaliser sur les personnages.
Si tous et surtout toutes sont reconnaissables au premier coup d’oeil, ce n’est pas pour rien. Les filles possèdent des petites particularités visuelles qui les rendent attachantes et qui permettront à certains lecteurs de s’attacher à l’une d’entre elles plus qu’aux autres selon les préférences.
Le découpage est en accord avec le genre. Il y a énormément de gros plans et donc de nombreuses planches qui possèdent un nombre limités de cases, ce qui est normal vu le peu de scènes d’action qui demandent un découpage un peu plus poussé. Pour le plaisir des yeux, il y a aussi pas mal de double-pages qui feront certaines plaisirs aux amateurs de jolis desseins (jeu de mot intentionnel).

Pour l’édition, Pika reste dans ses standards pour un titre shônen : petit format semi-rigide qui tient bien en main et un habillage graphique plutôt sympa mais pas de pages en couleurs malheureusement. Pas grand chose de plus à dire si ce n’est que l’éditeur reste dans sa logique de fabrication.
S’il y a une chose qui demeure un mystère, c’est l’âge imposé sur la couverture puisqu’un joli « -16 » apparaît à côté du nom de l’auteur. Il est vrai qu’il y a de nombreuses scènes ecchi et que les personnages se retrouvent souvent nus dans les bains en plein air (après tout, la pension dispose d’un onsen donc…) mais il faut avouer que ça paraît un peu élevé. Sachant que le titre est publié dans le Shônen Jump (donc touchant un public adolescent), une limite « -12 » aurait peut-être été plus adaptée.
La traduction d’Anne-Sophie THEVENON est réussie avec de nombreux petits jeux de mots bien pensés et des textes particulièrement fluides, chose véritablement nécessaire pour pouvoir apprécier pleinement ce genre de comédie. Pour le coup, on peut dire que le soin apporté à la traduction fait particulièrement plaisir.

Hante-moi si tu peux

Graphisme - 85%
Histoire - 60%
Mise en scène - 74%
Originalité - 50%
Édition - 70%
Dans son genre - 72%

69%

Love Yuna

Une fois le premier tome terminé, il n'est pas compliqué de comprendre comment ce Yûna de la pension Yuragi s'est retrouvé chez Pika. Il est le digne héritier d'un harem manga qui avait fait les beaux jours de l'éditeur et si les fans du genre seront rapidement convaincus, il pourra aussi redonner un peu d'espoir à ceux qui désespéraient de revoir un jour un harem manga avec un peu d'ambitions.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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