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[Dossier] Bilan de l’année manga 2016 : les tops, les flops, l’état du marché…

Your Name. 1

Your Name. – Tome 1

Your Name. – Tome 1 Éditeur : Pika Édition
Titre original : Kimi no Na Wa.
Dessin : Ranmaru KOTONE
Scénario : Makoto SHINKAI
Traduction : Shoko TAKAHASHI
Prix : 7.5 €
Nombre de pages : 180
Date de parution : 05/07/2017

Mitsuha est une jeune lycéenne qui supporte mal la vie maussade de sa campagne… De son côté, Taki mène une vie de citadin tokyoïte. Ces deux-là n’ont rien en commun, et pourtant… Mystérieusement, le temps d’un rêve, chacun prend la place de l’autre… C’est le début d’une grande histoire.

Véritable raz-de-marée lors de sa sortie au Japon comme en France, Your name de Makoto SHINKAI a battu de nombreux records en tant que film d’animation. Environ 7 mois plus tard, son adaptation manga (et en roman pour le coup) débarque chez Pika (une surprise puisque tout le monde l’attendait chez Kazé, comme les oeuvres précédentes de l’auteur)…

Avant tout, il est important de mentionner que celui qui rédige cette chronique n’a pas vu le film. Il en a entendu parler mais n’a pas encore eu l’occasion de le visionner. L’avis se base donc uniquement sur le premier tome du manga et rien d’autre.

Mitsuha vit à la campagne, elle est lasse de sa petite vie tranquille et n’aspire qu’à un peu plus d’excitation. Ses rêves de Tokyo sont étrangement mêlés à l’envie d’être un garçon, le comble pour quelqu’un qui agit de façon aussi féminine.
Taki, pour un citadin, est assez réservé et vit sa vie sans vraiment profiter de tout ce que la ville offre. Il se laisse un peu aller dans un monde qu’il considère comme normal. Son quotidien, c’est le « métro, école, petit boulot, dodo » du lycéen japonais classique et il semble parfaitement à l’aise dans son style de vie.

Dès le départ, on comprend très facilement ce que SHINKAI veut nous faire comprendre avec son histoire : deux personnages, deux corps, deux vies mais surtout deux façons de penser très différentes. Cette dualité qui ressort de l’oeuvre est flagrante.

On le voit au niveau du dessin quand l’un est dans le corps de l’autre, certains détails ne trompent pas (jambes ouvertes pas féminines du tout chez Mitsuha, discussions très féminines chez Taki) et aussi lorsque les deux adolescents découvrent le corps de l’autre.
L’attitude très détendue du garçon (Taki se pelote, se fiche de sa coiffure…) contraste fortement avec la façon d’être de la fille (paniquée, invente des règles de respect de la pudeur…). Il y a quelque chose d’assez cliché dans la façon de mettre en scène la découverte de la vie de l’autre.
La différence de niveau de vie est aussi évidente lorsque Mitsuha se rend au café et découvre les prix de la nourriture. Elle se rend compte que tout est beaucoup plus cher en ville et se demande comment les gens font pour vivre sachant que pour les prix des pancakes, elle peut acheter un mois de nourriture de par chez elle.

SHINKAI pointe plusieurs choses mais elles ne semblent pas vraiment être exploitées, peut-être par manque de temps dans l’adaptation manga, peut-être pas, mais il y a une petite frustration qui naît quand on voit le nombre de bonnes idées qui auraient pu être développées.

Le vrai point positif de cette version manga, c’est le trait de Ranmaru KOTONE. Déjà responsable de l’adaptation de La Traversée du Temps (film d’animation signé Mamoru HOSODA), la dessinatrice se débrouille plutôt bien et nous propose de très jolies planches (en noir et blanc comme en couleurs).
Elle sait aussi mettre en valeur les expressions faciales de ses personnages en gommant certains arrière-plans inutiles et en ne surchargeant pas ses cases pour que le lecteur se concentre uniquement sur le sentiment que la mangaka cherche à transmettre.

Au final, Your name commence de façon très moyenne. À la lecture du premier tome, on décèle une romance lycéenne avec une pointe de surnaturel et puis… c’est tout. Si les personnages sont attachants, ce n’est pas assez pour oublier le côté classique de l’histoire et la mise en scène presque scolaire pour une intrigue de ce genre.

Pour l’édition, on retrouve un tome dans la veine de ce qui se fait de plus en plus ces derniers temps : papier fin et transparent, ouvrage ultra-souple qui plie en main, jaquette classique sans particularité… Il faut quand même noter que Pika a fait l’effort d’intégrer les pages en couleurs (4 pour être précis) au début de l’ouvrage; une très bonne idée quand on voit à quel point elles sont jolies.

Dans l’ensemble, la traduction de Shoko TAKAHASHI fonctionne mais il faut avouer qu’on a beaucoup de mal à faire la différence entre la façon de parler des deux protagonistes alors que Mitsuha possède un accent fort de la cambrousse (il y a même une réplique qui va clairement dans ce sens).
Certains diront que c’est normal puisque Taki demande à la jeune fille de le cacher mais ça ne vient qu’après. Au début, elle devrait avoir des tournures de phrases plus campagnardes.

That's not my name! (air connu)

Graphisme - 77%
Histoire - 58%
Mise en scène - 64%
Originalité - 55%
Edition - 60%
Dans son genre - 56%

62%

Ta... Qui ?

Avec ce premier volume et sans avoir vu le film d'animation, il est très difficile de comprendre l'engouement autour de Your Name. Certes, les personnages sont attachants (surtout Mitsuha) mais l'histoire n'a rien d'extraordinaire et rien ne semble justifier la folie lancée par le film. Cela dit, il reste encore deux tomes...




A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

2 commentaires

  1. « rien ne semble justifier la folie lancée par le film. Cela dit, il reste encore deux tomes… » Tout est dit ! Ou presque.
    Si en manga ce début d’histoire parait sympa mais sans plus (je ne l’ai pas lu donc je me fie à cet article), c’est parce qu’on perd sans doute tout l’aspect mise en scène du film, l’animation de qualité, l’acting des doubleurs, et puis bien sûr la musique qui est très présente et fait passer les émotions.
    Pour les bonnes idées peu développées, je pense que c’est aussi qu’il s’agit de l’adaptation du scénario du film, qui est dès le début limité en temps.
    Pour comprendre l’engouement, il suffit de voir le film 🙂 Je ne sais pas si une adaptation en manga peut faire vraiment justice à un anime, puisqu’il s’agit de 2 média différents (je repense au manga adapté de Kill La Kill avec tristesse ah ah ah).

    • Ours256

      Les adaptations des titres de Shinkai sont pas trop mauvaises pour le coup même si je pense que tu as raison et qu’il est difficile pour une adaptation figée de rendre vraiment justice à une source animée.

      Cependant, les deux médias offrent des possibilités différentes pour pouvoir rester sur un pied d’égalité. Il se trouve que j’ai pu voir le film il y a 2-3 jours (donc un peu plus d’une semaine après avoir écrit cette chronique) et je dois avouer que l’adaptation est plutôt bonne (la mise en scène à laquelle tu fais référence est reprise plan pour plan).

      Du coup, je comprends toujours pas l’engouement. C’est un bon film d’animation et j’ai passé un bon moment devant mais je n’ai pas été époustouflé. C’est beau, c’est un peu longuet par moment mais c’est loin d’être particulièrement original au niveau de l’histoire ou bluffant dans la mise en scène.

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