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Je voudrais être tué par une lycéenne T1

Je voudrais être tué par une lycéenne – Tome 1

Je voudrais être tué par une lycéenne – Tome 1 Éditeur : Delcourt/Tonkam
Titre original : Joshikousei ni Korosaretai
Dessin : Usamaru FURUYA
Scénario : Usamaru FURUYA
Prix : 7.99 €
Nombre de pages : 240
Date de parution : 08/03/2017

Les enseignants ont tous une bonne raison d’avoir choisi ce métier : passion de la transmission, foi en la future génération, soif d’aider la jeunesse à se construire… ou désir incommensurable de se faire tuer par une élève !

Haruto Higashiyama n’est excité que par le risque de se faire tuer par une lycéenne. Cet autassassinophe est donc devenu professeur dans l’espoir de pouvoir être un jour mis à mort par une lycéenne. Il jette son dévolu sur une de ses élèves, rêvant d’être assassiné de ses douces mains de jeune fille. Il prépare alors son plan minutieusement, révélant petit à petit sa personnalité pour le moins grotesque…

Déjà publié chez de multiples éditeurs dans l’hexagone, l’adepte du manga un peu spécial, Usamaru FURUYA, revient en France chez Delcourt/Tonkam avec un titre qui devrait en interpeler plus d’un : Je voudrais être tué par une lycéenne.

Avant son rachat, Tonkam avait déjà publié Genkaku Picasso du même auteur mais dans un thème complètement différent… Cependant, ce n’est pas de traumatismes dont on va parler dans ce manga mais plutôt d’obsession.
Haruto n’a pas d’envies particulières et même s’il est capable de se lier avec une autre personne et donc d’avoir des relations sociales parfaitement « normales » (selon ce qu’on entend par ce terme), il ne pense qu’à une seule chose : la façon dont il va réussir à se faire tuer par une lycéenne.

Ce n’est pas que le personnage en a marre de vivre où qu’il ait des envies de suicides. Ce n’est pas le genre de ce jeune homme qui pense plutôt avoir fait le tour de « la vie »et qui n’a pas forcément envie de se voir décrépir et de mourir de vieillesse.
On peut vraiment parler de « proactivité » et de recherche de la mort puisqu’il se dit que, quitte à mourir un jour, autant que ça soit encore en pleine possession de ses moyens et d’une manière qui lui procure un plaisir intense. Pour le protagoniste, il n’y a que les mains d’une lycéenne, jeune, « douce » et frêle qui puisse lui permettre d’exaucer son voeu.

Attention, Haruto n’est pas particulièrement attiré sexuellement par les lycéennes. Il n’a aucun geste déplacé et ne laisse jamais une jeune fille croire à des chimères. Tout ce qui l’intéresse, c’est que l’une d’elle le pousse à passer l’arme à gauche. En mettant les choses bien au clair à ce niveau dès le départ, le mangaka parvient à empêcher toute idée qui pourrait être un peu malsaine ou peu convenue.

Le personnage ne profite pas de sa situation pour abuser d’une jeune fille mais va faire en sorte de mieux comprendre comment les jeunes fonctionnent pour pouvoir un jour faire en sorte que l’un d’entre elles puisse servir ses (sombres ?) desseins. Il s’en sort d’ailleurs plutôt bien et le tout, en faisant son boulot correctement puisque jamais personne n’a à se plaindre de lui, du côté des élèves comme du côté des professeurs.

Comme « exécutrice », il ne choisit pas n’importe qui. Maho est une élève sérieuse et appliquée qui semble presque banale. Pourtant, et Haruto l’a probablement ressenti, elle cache une part d’ombre qui fait que tout le monde ne réussit pas à l’approcher facilement. Il n’y a qu’une autre lycéenne qu’elle considère comme une véritable amie : Aoi.
Cette dernière a du mal avec le cadre scolaire et son petit côté excentrique (elle termine toutes ses phrases par « poyo », un peu comme Ruby dans Rave) rend difficile son intégration dans la jungle que peut être une salle de classe. Cependant, c’est « la seule à ne pas avoir peur » d’elle selon Maho et en effet, la jeune fille ne perd pas son calme, même lorsque son amie n’est plus elle-même et « perd le contrôle ».

Maho et Aoi sont deux personnages bien différents. La première est plutôt sociable, s’insère assez facilement en société. La seconde a plus de mal et même si elle est très intelligente, ne parvient pas vraiment à interagir avec les autres, un peu à la manière d’un Sheldon de The Big Bang Theory. Cette différence peut peut-être s’expliquer par leur vécu : Maho a connu la violence et a donc toujours cherché à être entourée pour éviter de revivre l’horreur, Aoi a plutôt été couvée et n’a jamais vraiment mise en contact avec les autres et personne ne lui en a expliqué l’importance.

FURUYA va loin, très loin et propose un titre doté d’un grain de folie très subtile. Il n’a pas besoin de violence (physique ou psychologique) pour mener une histoire qui intrigue du début à la fin. Le lecteur ne pourra s’empêcher de continuer à tourner les pages, ne serait-ce que pour savoir jusqu’où ira l’obsession d’Haruto et pour savoir s’il saura parvenir à ses fins.

Graphiquement, le trait du mangaka pourra paraître un peu vide à certains moments, notamment lorsqu’il y a beaucoup de personnages et donc beaucoup de visages. Il n’utilise pas énormément de trames pour les étoffer et on se retrouve avec un résultat proche de celui de Masashi KISHIMOTO. Par contre, ceci n’est pas vrai lorsque les visages sont représentés en gros plan. Il met alors en valeur les lèvres de ses personnages avec un style qui n’est pas s’en rappeler Shin’ichi SAKAMOTO.

Au niveau des décors par contre, on retrouve un niveau assez impressionnant, surtout dans les scènes en plein air. L’arbre devant lequel Haruto désire finir sa vie et la nature qui l’entoure sont vraiment sublimes et le moindre brin d’herbe se voit tiré par les coups de vent de saison. Pour les salles de classes et autres lieux liés à l’école, c’est moins impressionnant mais ça « fait le boulot » sans aucun soucis ; mention spéciale pour les pages de titre de chaque chapitre pour lesquelles l’auteur a utilisé de véritables photographies d’une salle de classe japonaise !

Peu de choses à dire sur l’édition de Delcourt/Tonkam. On reste dans les canons de ce que propose l’éditeur ces derniers temps au niveau fabrication et la traduction ne se met pas forcément en valeur mais permet une lecture fluide et sans accroc.

Vis ma vie de névrosé irrécupérable

Graphisme - 72%
Histoire - 80%
Mise en scène - 83%
Originalité - 92%
Edition - 77%
Dans son genre - 84%

81%

Obsession

Je voudrais être tué par une lycéenne est un véritable ovni proposé par Delcourt/Tonkam qu'il est difficile de ne pas conseiller tant le concept est ingénieux. Délicieux dans l'écriture, intéressant dans le dessin, l'oeuvre d'Usamaru FURUYA fait vraiment du bien aux sorties de ce début d'année ! On vous en reparle lors de la sortie du deuxième et dernier tome, promis !




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A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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