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Tsumitsuki

Tsumitsuki Éditeur : Pika Édition
Titre original : Tsumitsuki
Dessin : Hiro KIYOHARA
Scénario : Hiro KIYOHARA
Traduction : Laetitia Citroën
Prix : 7.2 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 25/11/2015

Tourmentés par leur sentiment de culpabilité, des lycéens deviennent les proies rêvées des Tsumitsuki. Petit à petit, ces démons rongent les êtres qu’ils possèdent et les transforment en monstres. Un seul être s’oppose à ces démons, mais ces actes sont-ils aussi désintéressés qu’il y paraît ?

Chronique de titres du même auteur : Another – Tome 1.

Si vous êtes un gros lecteur de manga, le nom de Hiro KIYOHARA ne vous est probablement pas inconnu. Déjà publié chez Soleil avec Mad World en 2012, il est revenu sur le devant de la scène cette année chez Kana avec Q Mysteries mais surtout chez Pika avec AnotherLe point commun entre ces trois oeuvres ? Le mangaka avait toujours un (ou des) scénariste(s). Tsumitsuki est sa première incursion dans les méandres de la création scénaristique.

« Ceux qui possèdent (tsuki) les coupables (tsumi) » ; l’expression est plutôt bien trouvée pour ces esprits qui sont attirés par la culpabilité. En tout cas, pour Kuroe, pas question de chômer puisqu’il se doit de les chasser et… c’est tout. Il n’y a pas grand chose de plus à dire sur l’histoire de Tsumitsuki. On se trouve en présence de personnages trop communs et d’un milieu scolaire vu et revu dans de nombreuses autres histoires.

Il n’y a pas vraiment de personnage principal à proprement parler même si Kuroe peut remplir ce rôle sur le papier. Il apparaît à chaque chapitre, parvient à résoudre les situations difficiles… Cependant, quand on regarde bien, ce ne sont pas vraiment ses pas que l’on suit en permanence et son point de vue reste très limité. En réalité, à chaque nouvelle histoire, il y aura une nouvelle « héroïne » qui disparaîtra dans l’oubli après quelques pages.

Des filles, des « monstres-esprits », un milieu scolaire et un jeune homme mystérieux… Eh oui, niveau ingrédients, ça ne vole pas haut… KIYOHARA va bien essayer de mettre un peu de sang et une atmosphère glauque pour essayer de relever un peu le niveau mais rien n’y fait. Tsumitsuki sent le réchauffé et on l’impression d’avoir vu les scènes dessinées dans nombres d’autres titres du même genre.

Même pour un oneshot, la structure narrative est beaucoup trop simpliste. Lors de chaque histoire, le déroulement est le même : une jeune lycéenne se sent coupable suite à un événement tragique et se fait posséder par un tsumitsuki avant que Kuroe ne s’en débarrasse sans trop de résistance. Alors oui, il n’y a pas vraiment de temps pour développer un vrai fond mais l’auteur choisit un peu trop la facilité et reste sur un format peut-être un peu trop monotone.

L’un des gros points forts de Tsumitsuki reste son graphisme. Le trait de KIYOHARA est vraiment beau et fin, ce qui le rend très agréable à l’oeil. Les personnages sont particulièrement expressifs grâce à un trait précis et une gestion des ombres aux petits oignons. Evidemment, les décors ne sont pas en reste non plus avec quelques environnements plutôt sympathiques même si l’auteur aime bien les fonds unicolores non tramés.

Le mangaka possède un excellent sens de la composition, un peu comme Tite KUBO, auteur de Bleach. Certaines cases peuvent paraître un peu vides mais en les regardant bien, on se rend compte que l’auteur se débrouille toujours pour isoler efficacement un objet en particulier dans chacune d’entre elles. A noter aussi un très joli effet « peinture » sur certaines cases qui produit une impression d’éloignement assez géniale.

Cette excellente maîtrise graphique vient aussi mettre en valeur la très bonne ambiance, sombre et glauque au possible. L’auteur garde un ton toujours inquiétant et les angles qu’il choisit servent à garder un certain non-dit voire à dissimuler certains éléments vis à vis du lecteur.

Au niveau de l’édition, il s’agit de l’un des plus beaux ouvrages que j’ai pu voir chez Pika. Le format est celui utilisé habituellement pour les seinen mais j’ai eu l’impression que le livre était plus rigide que d’habitude et même le papier crème typique de chez l’éditeur semble un peu moins transparent. Heureusement compte tenu des noirs utilisés pour l’impression, nécessaires au trait de l’auteur mais aussi à la création de l’atmosphère qui se veut sombre et inquiétante.

Tsumitsuki possède un petit quelque chose qui fait qu’on le lit d’une traite. L’atmosphère et le dessin de KIYOHARA font partie de ses grandes forces. Pourtant, le titre est difficile à qualifier de bon, la faute à une structure narrative trop redondante mais aussi à des ambitions peut-être trop faibles pour la série. Pas sûr que les fans de l’auteur y trouveront leur compte et pour les autres, ce n’est peut-être pas la peine d’essayer.

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Être coupable donne des aiiiiilllleees !

Graphisme - 80%
Histoire - 27%
Mise en scène - 50%
Originalité - 22%
Edition - 81%
Dans son genre - 36%

49%

Guilty Inc.

Tsumitsuki n'est pas un bon début pour Hiro KIYOHARA en tant que scénariste. Son titre n'est pas particulièrement original et même si son dessin est très joli, le lecteur sentira que quelque chose manque à cette histoire un peu macabre mais terriblement classique.




A propos de Ours256

Ours256

J’aime bien regarder des trucs chelous… et les langues aussi.

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