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Tinta Run – Tome 1

Tinta Run – Tome 1 Éditeur : Glénat
Titre original : Tinta Run
Dessin : Christophe COINTAULT
Scénario : Christophe COINTAULT
Prix : 6.9 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 07/02/2018

Premiers jours de pâtisserie pour Arty. La loi de Phinéa exige d’apprendre un vrai métier pour devenir un bon citoyen. Seulement, à 16 ans, le garçon rêve à quelque chose de plus grand. Face à son maître tyrannique, d’étranges et puissantes capacités se font jour. Arty serait-il l’héritier de la Tinta, cette énergie magique qui régit toute loi sur Phinéa ? Pour percer le secret de ses pouvoirs, le jeune homme devra s’embarquer dans une course éperdue pour sa liberté, affronter de courageux habitants qui n’attaquent qu’en groupe, cavaler sans aucun slip de rechange, s’acoquiner avec une fontaine et réussir à esquiver sa mère. Deviendra-t-il l’un de ces mythiques Tinters qui font la loi ?

Glénat est un éditeur qui s’essaye aux créations originales depuis quelques années mais le fait de manière assez frileuse. Enfin, on devrait plutôt dire « faisait » puisque cette année, l’éditeur à de nombreux projets dans les cartons (Versus Fighting StoryHorion, 4LIFE…) et le premier à arriver chez les libraires n’est autre que Tinta Run, un titre de Christophe COINTAULT qui fait tente le pari difficile de faire un shônen à la française.

Jusqu’ici, on ne peut pas dire que les tentatives de l’éditeur ont fonctionné. On avait un peu d’espoir avec Les Chroniques de Lapicyan de LINCO mais le manque de communication depuis la sortie du premier tome en 2016 ne laissent rien augurer de bon concernant le futur du titre.

L’éditeur revient donc à ce qu’il avait fait dans un premier temps avec des auteurs que Izu ou Vanrah (les titres de cette dernière fonctionnent d’ailleurs plutôt bien) en allant chercher les talents non pas au Japon mais en France. Quoi de mieux pour lancer une nouvelle vague de création qu’un shônen de baston, genre qui fait partie de l’ADN de ceux qui ont édité Dragon Ball et Bleach ?

Autant adresser tout de suite le problème majeur de Tinta Run, le titre veut vraiment faire comprendre à son lecteur que même s’il lit un manga, c’est un titre français qu’il a entre les mains et que seul le format est emprunté au pays du soleil levant et encore, pas entièrement puisque le sens de lecture est français aussi.
On peut le comprendre assez facilement puisqu’un auteur habitué à dessiner dans un sens depuis sa plus tendre enfance ne pourra pas forcément donner le même dynamisme et le même format à ses planches dans l’autre sens. En réalité, le sens de lecture français ne gêne absolument pas. Il ne fait pas vraiment partie du fond du problème qui est de vouloir à tout prix couper le lien avec l’influence japonaise.

Dès les premières pages, les choses sont très claires avec le language utilisé qui veut clairement faire comprendre au lecteur qu’il se trouve en campagne avec des « eul » à ne plus savoir qu’en faire. On notera aussi les nombreux jeux de mots assez lourds quand ils sont combinés (ça va même jusque dans les noms de certains personnages…) qui n’aident pas énormément à prendre le titre au sérieux.

Dans le même ordre d’idée, il est difficile de savoir si l’auteur apprécie énormément la Russie ou si c’est juste un gros délire mais on retrouve énormément de petites références au pays organisateur de la prochaine coupe du monde dans ce premier volume et surtout dans le village natal d’Arty (posters, noms…).

Si vous n’étiez toujours pas convaincus par le fait que ce soit un manga français, le héros débarque même à Paris ou du moins dans sa version « fantasy » où la Tour Eiffel a été remplacée par une moitié de grande roue métallique qui n’a pas énormément d’utilité selon le héros (sur ce point, il a peut-être un peu raison pour le coup).

Une fois que l’on parvient à passer outre ces rappels incessants que le titre est une création française bien de chez nous, on essaye quand même de rentrer dans l’histoire afin de donner une chance à l’auteur de développer un peu ses personnages et son univers.

Une fois le premier volume terminé, on peut dire que la gestion des personnages est moyenne. Le dessinateur donne beaucoup trop d’importance à certains personnages secondaires et néglige un peu ce qui deviendra son duo de personnages principaux. La mère d’Arty aurait gagnée en profondeur avec quelques scènes supplémentaires parce que pour l’instant, son rôle est à la limite de l’insignifiant.
On ne pourra que regretter le peu de travail fait sur les antagonistes qui apparaissent fades, ce qui est dommage quand on voit le chara-design assez réussi de la plupart d’entre eux.

L’histoire en elle-même est… classique. Un peu à la Hunter X Hunter, Arty part à la recherche de son père et cherche à devenir le meilleur d’une catégorie bien particulière, les Tinters, dont fait partie son père. Ces derniers maîtrisent une puissance qui peut s’utiliser via des armes ou des… stands (du moins, ça y ressemble beaucoup).
Bref, les bases du shônen sont posées et si l’auteur a cherché l’originalité en créant un lien avec l’écriture, il ne se voit pas plus que ça dans ce premier volume.

Ce que l’auteur fait bien, c’est la mise en place de l’univers de la série. Avec ce premier tome, on voit bien qu’il a passé du temps à réfléchir sur les différences entre la capitale et les villes de campagnes mais aussi sur « l’autorité » qui structure le monde de Tinta Run. Avec ses différentes milices et sa pierre sacrée qui domine tout, il met en places des choses assez intéressantes qui, on l’espère, seront réutilisées par la suite.

Le véritable point positif du titre n’est autre que son dessin. Il est inégal, autant le dire tout de suite mais extrêmement prometteur. Quand on voit les scènes de vie quotidienne, il n’y a pas de quoi être impressionné. On se dit : « Ça fait le boulot mais bon… ».
Par contre, quand on arrive aux scènes de combats, c’est complètement différent. Le dessinateur se lâche et on voit très bien qu’il se fait plaisir en proposant des planches dynamiques, faciles à suivre et surtout, impressionnantes lors de l’utilisation de certaines capacités.

Au niveau de l’édition, Glénat propose un ouvrage ultra-souple et avec du papier assez grisâtre pour ne pas changer des dernières productions. Le lecteur ne sera donc pas dépaysé.
Là où l’éditeur aurait pu intervenir mais ne l’a pas fait, c’est au niveau de la quantité de dialogue. Pour un shônen, ça parle trop, beaucoup trop. Comme dans beaucoup de global manga, on retrouve ce syndrome du « je dois expliquer tout ce qui se passe avec du texte » qui fausse énormément le rythme de ce premier tome. Il y a énormément de choses qui auraient pu (et dû) être montrées et non pas expliquées.

Français jusqu'au bout des pages...

Graphisme - 68%
Histoire - 45%
Mise en scène - 59%
Originalité - 55%
Édition - 50%
Dans son genre - 42%

53%

Aventure ?

Tinta Run tombe dans le piège du global manga qui veut faire trop français. Même si on part d'une bonne intention de l'auteur de faire une oeuvre personnelle, le format ne convient clairement pas. Le rythme est mal géré et la lecture paraît longue mais pas pour les bonnes raisons. Au final, ce premier volume n'est réellement sauvé que par un univers bien développé et ce coup de crayon assez inégal qui peut passer du moyen au sublime d'une planche à l'autre. À confirmer avec le tome 2...




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

2 commentaires

  1. Bon c’est pas avec ce titre que j’achèterai mon premier Global Manga, vivement Horion !

  2. Pas accroché 🙁 je préfère dreamland de reno ou quand c’est + manga à la radiant et horion.

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