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The Promised Neverland 1
The Promised Neverland

The Promised Neverland – Tome 1

The Promised Neverland – Tome 1 Éditeur : Kazé Manga
Titre original : Yakusoku no Neverland
Dessin : Posuka DEMIZU
Scénario : Kaiu SHIRAI
Traduction : Sylvain CHOLLET
Prix : 6.79 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 25/04/2018

Emma, Norman et Ray coulent des jours heureux à l’orphelinat Grace Field House. Entourés de leurs petits frères et sœurs, ils s’épanouissent sous l’attention pleine de tendresse de “Maman”, qu’ils considèrent comme leur véritable mère. Mais tout bascule le soir où ils découvrent l’abominable réalité qui se cache derrière la façade de leur vie paisible ! Ils doivent s’échapper, c’est une question de vie ou de mort !

Le dernier hit en puissance du célèbre magazine de publication Shônen Jump de Shueisha débarque en France chez Kazé Manga. Après un lancement très réussi de Platinum End, l’éditeur entend montrer qu’il n’a rien perdu de son savoir faire en matière d’édition en proposant la version française de The Promised Neverland (Yakusoku no Neverland) de Posuka DEMIZU et Kaiu SHIRAI.

Le premier chapitre met tout de suite le ton : personne n’est à l’abris, pas même les petites filles toutes innocentes (et un peu idiotes pour le coup). Qui aurait pensé que le survival game serait réinventé dans le Shônen Jump ? C’est quelque chose que l’on sent dès les premières pages. Entre une narration à la Catcher in the Rye (personnage narrateur qui revient sur ce qu’il a vécu) et un monde « parfait » qui n’en est pas un, le titre a de quoi interpeler le lecteur.

Ce « monde parfait » va d’ailleurs rapidement tomber en lambeaux puisque l’envers du décor est révélé dès le premier chapitre avec des pages finales qui ont du mettre une claque aux lecteurs du Jump de l’époque qui ne possédaient absolument aucune information sur le titre.
Le lecteur français aura le résumé en 4e de couverture pour lui gâcher légèrement la surprise mais en réalité, on reste dans une narration épatante de rapidité et de justesse. À aucun moment, le lecteur ne se dira qu’il y a une scène en trop. Dans l’histoire de SHIRAI, tout a son importance et chaque situation viendra donner son lot de nouveaux détails et de nouvelles interrogations.

Emma, Norman, Ray et les autres pensionnaires de Grace Field House vont donc devoir tout faire pour échapper à un sort plus que cruel. Eux qui ne sont nés que pour servir de nourriture vont se réveiller, se rebeller et aller contre ce qu’ils considéraient pourtant comme naturel.
L’équilibre entre les phases d’action et les phases de réflexion est bien maîtrisé et, si ce n’est pas uniquement grâce au découpage, ce dernier aide quand même beaucoup à bien maintenir la fluidité à un très haut niveau.

Même si c’est un shônen, The Promised Neverland possède des thèmes assez difficiles comme l’esclavage, la captivité et la domination discriminante. On ne peut pas s’empêcher d’espérer qu’ils soient développés avec un peu de détail et pas seulement touchés rapidement comme c’est le cas dans les séries pour jeunes garçons.
Avec ce premier volume, on voit quand même que les auteurs souhaitent sortir du moule donc il a un petit espoir de voir des choses toujours aussi intéressantes dans les prochains volumes, en espérant que ça ne tourne pas en rond.

Lors de la lecture du dernier bébé de Kazé, on se rend compte très vite que les personnages ne sont pas écrits n’importe comment. Ils possèdent une justesse, des traits de caractère vraiment bien dosés. Comme dans tous les titres, chacun possède ses forces et ses faiblesses sauf que, dans le cas du titre de DEMIZU et SHIRAI, une est exacerbée (Norman est l’intelligence, Emma la bonté, Ray le machiavélisme et Maman la fourberie).

The Promised Neverland est une oeuvre particulièrement prenante, à tel point qu’il est difficile de refermer ce premier tome sans l’avoir terminé. Si le scénariste maîtrise parfaitement l’art du cliffhanger si cher aux Américains, il parvient aussi à faire en sorte de maintenir un niveau de mystère parfait; juste assez pour ne pas que le lecteur se sente perdu mais aussi pour qu’il ne perde pas d’intérêt.

D’un point de vue visuel, Posuka DEMIZU nous propose un trait typé shônen, certes, mais qui possède des formes assez rectangulaires parfois, ce qui peut choquer dans un univers où tout est souvent très rond.
Le design très banal des personnages va venir mettre en valeur l’écriture qui sait les rendre intéressants sans trop en faire. Que ce soit Emma, Norman, Ray ou « Maman », on ne peut pas dire qu’ils possèdent un style exceptionnel mais ont tous le droit à une morphologie qui les rend immédiatement reconnaissables.
Le décor planté est efficace et on retrouve une Grace Field House particulièrement vivante avec une forêt luxuriante et des enfants partout dans les arrière-plans. Tantôt en train de jouer, tantôt en train de manger, ils regorgent de vie et donne une vraie force à l’ambiance du titre.

L’édition de Kazé ne change pas de ses shônen habituels. Cependant, l’éditeur a vu les choses en grand avec une couverture réversible et un tirage initial à 100 000 exemplaires soit plus ou moins ce qu’a vendu le premier tome de One Punch Man, preuve que l’éditeur y croit dur comme fer et pour le coup, il a bien raison.
Sylvain CHOLLET est toujours aussi plaisant à lire à la traduction. Son texte est d’une fluidité remarquable et il est difficile de lui trouver des points négatifs. C’est bien écrit et c’est fidèle, que demander de plus ?

Quand le chat n'est pas là, les souris dansent...

Graphisme - 74%
Histoire - 85%
Mise en scène - 82%
Originalité - 81%
Édition - 70%
Dans son genre - 79%

79%

STO Syndrome

The Promised Neverland est un titre particulièrement frais pour du shônen. Point de pouvoirs ici mais seulement une utilisation intelligente de techniques enseignées par l'ennemi ou découvertes sur le tas. À la manière d'un "escape game", on suit avec un intérêt grandissant le chemin des héros qui, à n'en pas douter, ne seront pas épargnés par leurs poursuivants. Après Platinum End, Kazé récupère donc un second hit dont on n'a pas fini d'entendre parler !




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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