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The Legend of Zelda - Twilight Princess - Tome 1

The Legend of Zelda : Twilight Princess – Tome 1

The Legend of Zelda : Twilight Princess – Tome 1 Éditeur : Soleil Manga
Titre original : Zelda no Densetsu : Twilight Princess
Dessin : Akira HIMEKAWA
Scénario : Akira HIMEKAWA
Traduction : Florent GORGES
Prix : 7.99 €
Nombre de pages : 192
Date de parution : 25/01/2017

Après un an et demi passé dans le paisible village de Toal, le jeune Link peut être fier de lui : sa gentillesse, son courage et sa dévotion lui ont permis d’être totalement intégré dans cette communauté.
Mais Link a peur que les villageois finissent par découvrir le terrible secret de son passé, au point qu’il n’en dort plus la nuit ! Et si ses cauchemars annonçaient le retour imminent des êtres maléfiques du monde de la pénombre ? Comment faire pour les empêcher de semer à nouveau le chaos ?

Cela ne fait que quelques mois que nous avons quitté le duo Akira HIMEKAWA, lorsque nous avons dévoré la Perfect Edition de leur premier manga issu de la saga The Legend of Zelda, Ocarina of Time. En revanche, pour elles, cela faisait 7 ans que leurs plumes n’avaient pas touché les terres d’Hyrule (depuis Phantom Hourglass, pour être plus précis).
C’est l’année dernière qu’elles sont revenues en fanfare, avec la publication d’un autre des titres les plus aimés de la saga : Twilight Princess. Ce retour n’est pas anodin : il célèbre non seulement les 10 ans de la sortie du jeu, mais aussi la réédition du titre sur Wii-U, et surtout le trentième anniversaire de la saga au Japon ! Le retour du duo est-il à la hauteur des espérances que ce contexte pouvaient susciter ?

Avant d’aller plus loin, je tiens à rappeler deux points importants. Le premier est que le manga est une adaptation d’un action-RPG, donc il y a forcément des points qui seront traités plus vite que dans le jeu, et il faut s’attendre aussi à des changements du scénario, qui sont surtout présents pour élargir le monde et aussi donner de la nouveauté pour les lecteurs qui auraient joué à Twilight Princess.
Le second concerne la manière dont ma chronique est rédigée. Beaucoup de détails que je traiterai sont ceux d’une personne qui connaît le jeu et donc qui sait qui sont tel ou tel personnage, et est au fait de l’intrigue. Un lecteur ne connaissant pas le jeu ne trouverait pas forcément que ce sont des défauts, mais du point de vue d’un joueur, cela risque d’être le cas.

De plus, il y a des risques que je pose certaines informations comme des évidences donc pardon par avance si vous n’étiez pas au courant. Ceci étant dit, concentrons-nous maintenant sur le premier tome de Twilight Princess.

The Legend of Zelda - Twilight Princess - Tome 1 (Planche 1)
TM&© Nintendo. All Rights Reserved. ZELDA NO DENSETSU – TWILIGHT PRINCESS © 2016 AKIRA HIMEKAWA / SHOGAKUKAN

L’une des premières choses qui frappe à la lecture de ce tome, comparé à Ocarina of Time par exemple, c’est le choix assumé de s’écarter légèrement de la chronologie du jeu, en débutant le manga sur des informations qu’on n’apprend qu’après plusieurs heures de jeux (mais j’y reviendrai plus tard, pour ne pas tout de suite commencer par un bémol).

Par la suite, les écarts avec la trame scénaristique originelle sont nombreux, mais ce n’est pas forcément un défaut, au contraire même. Si on reproche souvent aux adaptations d’aller trop vite dans l’histoire, le duo HIMEKAWA semble nous montrer, ici, son souhait de bien prendre le temps de présenter les personnages ainsi que les liens qui les unissent.
Dans une certaine mesure, c’est parfois même mieux que dans le jeu, où on avait Link interagissant avec des PNJ (« Personnages Non-Joueurs » pour les non-initiés) sans que les liens créés ne soient bien mis en valeur.

Mis à part le chapitre 1 et quelques prolepses de temps en temps, tout le tome se passe dans le village Toal. On y retrouve le maître d’armes, les enfants, Iria, et tous les autres, et même le mini-jeu consistant à ramener les chèvres dans leur enclos (avec une vraie raison scénaristique, qui plus est). Seulement, sur console, ils ne sont quasiment là que pour donner vie au jeu, et amener la première menace crépusculaire.
Ici, les relations entre Link et les autres personnages sont davantage traitées, ce qui permet encore mieux de comprendre l’impact de certains événements, et même de mieux percevoir certains clins d’oeil (comme avec Colin, dont le nom peut faire penser à « Link » à l’envers, ce qui expliquerait son statut de héros en devenir, et les nombreux rapprochements qu’on pourrait faire entre lui et Link).

La figure de héros de Link se voit assez clairement, que ce soit à travers ses actions (il vient en aide aux autres), le regard des autres (surtout celui des enfants) ou, surtout, le fait qu’il se détache des autres par son statut d’étranger (comme d’ailleurs ses oreilles d’hylien le rappelle). De plus, l’arrivée d’une créature du crépuscule au début du chapitre 3 marque bien la naissance du nouveau héros du temps, aux sens propre comme figuré.

Néanmoins, ce n’est pas ce qui marquera le plus les esprits, d’après moi. C’est surtout l’atmosphère beaucoup plus sombre et mature qui se dégage dans ce début de série. Twilight Princess est, avec Majora’s Mask, l’un des titres de la saga avec le plus de noirceur et de tension. Pourtant, ce qu’on a pu ressentir dans le jeu est décuplé dans le manga.

En premier lieu, on le remarque dans la maîtrise du contraste fait entre les habitants du royaume d’Hyrule et ceux du Crépuscule : les premiers ont l’air sympathiques, tandis que les autres sont terrifiants. Le graphisme, la mise en scène et les actions se combinent pour bien souligner cet aspect.

The Legend of Zelda - Twilight Princess - Tome 1 (Planche 2)
TM&© Nintendo. All Rights Reserved. ZELDA NO DENSETSU – TWILIGHT PRINCESS © 2016 AKIRA HIMEKAWA / SHOGAKUKAN

D’ailleurs, les actes perpétrés par les envoyés de Xanto (le Roi autoproclamé du Crépuscule) sont beaucoup plus violents que dans le jeu : les morts sont bien visibles et explicites, il y a pas mal de sang, et surtout on voit un démembrement ! Le duo a voulu accentuer visuellement ce que le jeu n’avait pas fait (sans doute pour ne pas risquer une classification plus élevée).

En dernier lieu, le fait que les auteures aient donné un passé assez sombre à Link change de ce qu’on a l’habitude de voir, et offre une nouvelle vision du jeu à ceux qui le connaissent. Link devient un peu plus mystérieux, moins lumineux qu’avant et amorce sa partie « loup du crépuscule », déjà supposée par le loup doré, clin d’œil probable au soldat-loup qui nous apprend des coups dans le jeu.
Dès le premier tome, on est curieux de savoir ce que le duo nous réserve, entre fidélité et réappropriation du scénario originel. De plus, la nouvelle famille noble ajoutée (les Rufurio) règnent sur une région faisant penser à celle des Gerudo, à la frontière d’Hyrule.

En revanche, toujours dans ce va-et-vient entre réécriture et fidélité, il y a un petit bémol que j’ai évoqué plus haut, à savoir le chapitre 1 du volume (Amis qui n’avez pas joué au jeu et qui ne voulez pas être spoilés, votre chemin s’arrête ici).
Dès le début, on a une présentation de l’histoire du Royaume du Crépuscule, de Midona et de Xanto. Seulement, ce qu’on peut reprocher à cela, c’est que c’est trop précipité. Le joueur n’apprend ces informations (surtout tout ce qui a rapport avec Midona) que plusieurs heures après le début de l’aventure, ce qui permet d’avoir les mêmes connaissances que Link face à ce qui va frapper Hyrule. Or, dans le manga, on sait déjà d’où viennent les créatures, qui les envoie et ce qu’il a fait : on perd ainsi du suspens. Ce n’est pas très grave, juste dommage, car cela aurait pu être évité.

Mis à part ce premier chapitre (qui est très bien mis en scène, il faut l’avouer), le reste du tome montre que le duo HIMEKAWA a gagné en expérience depuis Ocarina of Time, et on sent déjà qu’au niveau de l’histoire, on prendra le temps de bien tout expliquer, sans précipitation.

The Legend of Zelda - Twilight Princess - Tome 1 (Planche 3)
TM&© Nintendo. All Rights Reserved. ZELDA NO DENSETSU – TWILIGHT PRINCESS © 2016 AKIRA HIMEKAWA / SHOGAKUKAN

Les graphismes, même s’ils restent assez proches de ceux d’Ocarina of Time, ont tout de même gagnés en profondeur et en qualité. D’ailleurs, les expressions faciales demeurent un atout du duo : les sentiments et émotions des personnages se transmettent parfaitement (j’en prends pour exemple la terreur de Colin face à l’une des créatures du Crépuscule). De même, les décors sont beaux, et on voit que les auteurs ont voulu montrer chaque personnage de plein pied, afin de montrer l’intégralité de leurs vêtements.
Personnellement, j’ai beaucoup aimé le passage de la métamorphose de Link, très bien détaillée sur plusieurs cases, et qui est plus forte que dans le jeu où elle est quasiment immédiate.

Comme à mon habitude, je conclurai cette chronique sur l’édition de Soleil Manga. En somme, on a affaire à un volume de bonne qualité. Le glaçage de la jaquette est très agréable, et celle-ci met bien en valeur l’illustration en couleur en première et en quatrième de couverture. Le papier est agréable au toucher, permettant une lecture sans accroc. On aurait cependant bien aimé avoir une ou deux pages en couleurs, cela aurait pu marquer une différence entre les deux mondes.
Par contre, on peut regretter qu’il y ait encore des erreurs typographiques, ou plutôt une erreur. En effet, à la page 14, Midona dit : « Et tant qu’ex-conseiller […] » au lieu de « en tant qu’ex-conseiller […] ». Ce n’est certes pas une grosse erreur, mais c’est tout de même dommage de la voir, surtout dans un manga aussi sympathique et beau visuellement.

Cela ne fait que quelques mois que nous avons quitté le duo Akira HIMEKAWA, lorsque nous avons dévoré la Perfect Edition de leur premier manga issu de la saga The Legend of Zelda, Ocarina of Time. En revanche, pour elles, cela faisait 7 ans que leurs plumes n'avaient pas touché les terres d'Hyrule (depuis Phantom Hourglass, pour être plus précis). C'est l'année dernière qu'elles sont revenues en fanfare, avec la publication d'un autre des titres les plus aimés de la saga : Twilight Princess. Ce retour n'est pas anodin : il célèbre non seulement les 10 ans de la sortie du jeu,…

Hello, Darkness my old friend

Graphisme - 84%
Histoire - 71%
Mise en scène - 72%
Originalité - 68%
Edition - 69%
Dans son genre - 79%

74%

Lupus

Même s'il risque de ne pas faire l'unanimité parmi les fans de la saga, l'adaptation en manga d'Akira HIMEKAWA prend des risques, et arrive à reprendre la trame du jeu sans pour autant la suivre de A à Z. Les néophytes comme les aficionados y trouveront leur compte, grâce à une écriture et un graphisme maîtrisés. En attendant le tome 2, on pourra toujours se réconforter le mois prochain, avec une autre réédition en deluxe d'un diptyque hyrulien, transcendant les âges et les saisons !




A propos de L'Otak' des Lettres

L'Otak' des Lettres
Professeur otak' qui adore fouiller en profondeur l'essence des mangas, afin d'en dégager le bon et le moins bon.

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